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ISBN : 2010112407
Éditeur : Hachette (17/04/1985)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Au cours d'un séjour à la campagne, Michel découvre une liaison entre sa femme Alice, qu'il adore, et le trop séduisant Ambrogio. Liaison ancienne et semble-t-il terminée; mais le doute et la jalousie, quands ils s'emparent d'une âme, peuvent-ils lâcher prise à si bon compte ?
Face à l'homme partagé entre la colère et le chagrin, Alice tente de conjurer la crise. Gomment faire comprendre à Michel ce qui a de l'importance et ce qui n'en a pas, lui faire sentir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Lune
  15 mars 2011
1934 - Duo
1939 - le Toutounier
Avec "Duo", nous pénétrons dans un huis-clos tourmenté et passionnel. Un homme et une femme s'affrontent. Les affres de la jalousie détruiront une confiance très ancienne et dans le sillage de l'obsession, Michel ne le supportera pas et se détruire lui-même laissant une Alice plus étonnée de la faiblesse de l'homme aimé que de son acte. Colette relate les échanges et les souffrances de chacun se débattant avec ses propres démons. Son écriture sensuelle nous place d'emblée dans le lieu (le jardin, le village où Alice "descend" s'approvisionner en crayons, le sous-main violacé qui intrigue et met l'eau à la bouche comme l'un de ces bonbons à la violette que l'on convoite enfant), la maison (ses odeurs, sa chaleur printanière, le parfum du tilleul servi après le repas du soir), les habitudes de chacun (la description de Maria, la "gouvernante" est savoureuse), les coquetteries de l'homme d'un milieu artistique des années trente, la fatalité d'Alice que nous ressentons beaucoup plus que l'exaltation d'un Michel tantôt "homme enfant" tantôt "homme martyr" qui agace un peu. Leur duel est beau jusqu'à la désespérance de l'incommunicabilité de deux êtres qui n'auraient pas dû détruire.
Nous retrouvons Alice dans "Le Toutounier" après la seule fin que nous n'imaginions pas (je vous la laisse découvrir). Alice retrouve ses soeurs et tentera de se reconstruire au sein de la chaleur qui les unit et dont le centre n'est autre que ce "toutounier", en fait un divan, élément foetal qui les unit.
Un très beau télé-film de Claude Santelli a été réalisé en 1990. Evelyne Bouix (Alice), Pierre Arditi (Michel), Denise Gence (Maria) ont prêté avec finesse leur voix, silhouette et traits à ces personnages.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   27 août 2011
[ Incipit ]

Il ouvrit la porte rudement, et se tint un moment debout sur le seuil. Il soupira : « Oh ! mes enfants ! », se jeta sur le divan à tâtons et s’abandonna au bain de l’ombre fraîche. Mais il préféra les récriminations au repos, et se redressa d’un coup de reins.
– On ne m’a fait grâce de rien ! Chevestre m’a traîné partout, regarde mes chaussures... Et l’étable qui tombe sur les bœufs, et les oseraies inondées, et le riverain d’en face qui pêche à la cartouche... Il m’a fallu, entends-moi bien, il m’a fallu...
Il s’interrompit.
– Tu es bien jolie, ici. Ceci mérite considération, évidemment...
Sa femme avait disposé le bureau, ancien et sans beauté, dans la profonde embrasure de la fenêtre, sous le rayon de midi étoilé de poussière suspendue. Devant elle, un bouquet d’orchis pourprés trempait dans une petite auge de verre épais, et témoignait qu’Alice remontait des prés les plus humides, feutrés de racines de vernes et d’osiers. Sous sa main, un buvard de cuir répétait la couleur des fleurs, et son reflet, frappant le visage d’Alice, troublait le gris verdissant de ses yeux, que Michel comparait à la feuille des saules.
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mandarine43mandarine43   27 août 2011
Elle ne bougeait, ni ne détournait son regard. Mais Michel vit que sous la frange épaisse des cheveux un des sourcils d’Alice dansait imperceptiblement, au gré d’une petite convulsion nerveuse. En même temps parvint à ses narines l’odeur qui révélait l’émotion, la sueur arrachée cruellement aux pores par la peur, par l’angoisse, l’odeur qui caricaturait le parfum du santal, du buis échauffé, le parfum réservé aux heures de l’amour et aux longs jours du plein été.
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mandarine43mandarine43   29 août 2011
Dans le rayon qui chevauchait la table, les mains lumineuses d’Alice et de Michel maniaient les couverts et rompaient le pain. Alice regardait le petit doigt frivole de son mari, et Michel suivait les jeux des longues mains agiles d’Alice, la longue main qui avait écrit à Ambrogio, qui avait ouvert à Ambrogio une porte dont les gonds ne criaient pas... La main qui s’était attardée, tantôt crispée, tantôt assoupie et ouverte, dans une chevelure d’homme, au gré des chuchotantes, des abominables confidences... De sa rive d’ombre, il épiait les mains illuminées, clignait de petits yeux de pêcheur patient, mais n’oubliait aucune réplique de son rôle.
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mandarine43mandarine43   28 août 2011
– Je peux lui faire dire demain.
– Oh ! demain... dit-il mollement.
Alice se retourna si vite qu’elle faillit renverser la lampe.
– Quoi, « oh ! demain... » ? C’est vrai, demain, la vie s’arrête, n’est-ce pas, la terre tourne dans l’autre sens ?... La maison s’écroule, on divorce, on ne se connaît plus, tu me dis vous et je t’appelle monsieur ? C’est ça, hein, ton « oh ! demain » ? Dis-le, va, dis-le !
Il clignait des paupières, se retenait de reculer sous la volubilité, sous la terrible manière d’attaquer, de renverser les rôles, de prendre le pas sur tout ce qu’il avait projeté, sur tout ce qu’il n’avait pas eu le temps de projeter.
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mandarine43mandarine43   29 août 2011
Elle attendit. Mais elle commit la maladresse de laisser voir qu’elle attendait. L’attente, le bourdonnement léger de son sang à ses oreilles, la sonnerie quotidienne du téléphone, le grelot suspendu à la bicyclette du facteur, les trains invisibles qui passaient la rivière et qui abandonnaient, sur la vallée, leur nuage horizontal et blanc ; tous les sons, tous les aspects rappelaient Alice au calcul du temps, et elle tendait le cou avec une expression un peu hallucinée.
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