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EAN : 9782253011712
158 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (20/01/2004)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 383 notes)
Résumé :
Lorsque débute leur vie commune, Alain et Camille sont deux amis d'enfance que tout en apparence rapproche mais que leurs secrètes rêveries divisent. " Mon mariage, reconnaît Alain, contente tout le monde et Camille, et il y a des moments où à me contente aussi, mais..

. " Ce qu'Alain aime en Camille, c'est une beauté idéalisée faite d'immobilité et de silence. Aussi est-il déconcerté par son exubérance.

Comme l'arrivée d'une saison no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  15 mars 2013
On le sait, Colette était une fervente admiratrice des félins, au point d'écrire en leur compagnie, et, surtout, de les transposer dans ses romans. Ce court texte est d'abord paru, d'avril à juin 1933, sous la forme d'un feuilleton dans le journal Marianne. le livre sortit en septembre de la même année. Les critiques furent divisées. Il faut dire qu'au premier abord, l'histoire semble un peu ridicule : Camille, jeune épouse est jalouse de Saha, la chatte de son mari Alain, car celui-ci y prête un peu trop d'attention à son goût. Elle en arrive à vouloir la tuer... Alain supportera-t-il cet affront ?

Bien évidemment, il ne faut pas en rester là. Ce texte est bien plus profond que ça. le mariage de ces deux personnes a été arrangé. Alain n'est pas heureux dans son couple, lui qui se refuse à grandir. Sa jeune épouse lui fait peur. Elle est trop moderne, trop sexy pour quelqu'un de si peu sûr de lui. Son compagnon à quatre pattes représente un monde dans lequel il voudrait se réfugier, celui de son enfance. Et c'est justement ce que ne comprend pas Camille qui traite le félin comme une rivale sans se rendre compte qu'elle ne représente aux yeux de son époux qu'un passé révolu, "une chimère" selon la mère d'Alain.

Ce texte est d'autant plus intense qu'il se déroule pratiquement à huis-clos. Toute l'intensité dramatique est là. Si les personnages sont réduits à l'essentiel, les actions sont rapides : on observe, on agit. Et n'est-ce pas mimétique de l'écriture de Colette ?
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Nowowak
  12 juin 2020
Comme beaucoup de bonheurs, cela commence par l'apparence du malheur. J'ai vécu de nombreuses vies. Je n'ai jamais réclamé les mêmes droits que les hommes. J'ai préféré les faire danser. C'est mon corps qui pense. Il est comme un chat sur le perron, au soleil, il sait ce qu'il aime. Il est plus intelligent que mon cerveau. Il ressent plus finement, plus complètement que mon cerveau. Toute ma peau a une âme qui ôte son corset et réclame des heures furieuses avec de jeunes amants. Mes petits chats. Les douceurs viennent quand nous n'entendons d'autre bruit que celui de nos souffles écrasés l'un dans l'autre, quand nos corps s'emmêlent. Elles viennent quand c'est le moment de coucher sous les draps les ombres tendres. Elles sont là quand on ne compte pas les minutes, quand aucune horloge ne nous presse. le papier attendra. Les manuscrits dorment si bien dans les tiroirs. le moteur ronronne, la passion chauffe, il ne faut pas la laisser refroidir.
– Madame, je vous apporte thé, café ?
Ce serveur est un adolescent timide qui se demande à quoi il pourrait bien réfléchir. C'est un novice dont je ferais bien mon quatre-heures s'il était résolu à jouir des biens dont la nature m'a gratifiés. Moi que l'on dit perchée, toujours une branche plus haut que la fois d'avant, je rêve que cette petite graine affamée ait besoin d'une bienfaitrice pour émanciper ses envies d'osmose. Je lui offre une joie populacière, un chaperon pour traverser la forêt des plaisirs défendus. J'ai besoin de quelqu'un qui ne fasse pas semblant, pas un homme qui a l'air mauvais quand il est gai, qui rit par méchanceté ou par moquerie. Cet apprenti je l'imagine révolté puis soumis, se tapant la tête contre les murs, enchaîné à mes plaisirs, incapable d'être libre. Je prendrais mon temps pour qu'il sente bien le joug, je fermerais ses lèvres d'un doigt sur sa bouche, je poserais une main sur sa jeune tête comme on calme une bête. Mes ongles cruels iront labourer son dos tandis que je l'autoriserais à m'explorer les cuisses avec servilité. Ses pas exilés me serviront de tapis pour essuyer mes escarpins.
Il y a deux sortes de tyrans en amour : l'amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l'amour satisfait, qui vous rend idiot. Quand un vilain matou vous baigne dans ses silences, quand vous attendez un signe pour revivre, vous avez envie de le chasser à tout jamais de votre mémoire, de lui claquer la porte au nez à son coeur s'il récidive. J'ai la fourrure délicate, je suis une chatte qui s'agace des mouches méridionales qui la houspillent. Je possède le renoncement fatigué des incompris. Mes pudiques réserves, mes caprices de diva énervent tout le monde. J'abuse de mes droits. Je miaule à tous les vents. Je suis une princesse. J'adore être servie et mettre sous les pattes sous la table. Je ne suis pas un jouet, je suis un hôte délicat. Mes humeurs changeantes font partie de ma félinité. J'ai droit à tout, plus on me donne, plus j'en veux. Je ne suis jamais là où l'on m'attend. Je suis partout chez moi. Je griffe les intrus qui en veulent à mon bien-être, à mon indépendance, à ma fierté. Les forbans, s'ils sortent le mauvais bâton je disparais comme par magie !
Pour qui se prend cet être que vous aimez et qui ose vous faire attendre ? Quand l'être aimé partage sans délais sans retenue ses désirs vous baignez dans une torpeur qui devient vite habitude, je n'ai pas dit lassitude. Bien que ce risque soit présent avec les chats de gouttière. Que faut-il choisir ? Rien. L'amour est parfois proche du désamour. Je me méfie des mélanges. C'est dangereux de s'arrêter aux détails. Quand vous grimpez aux arbres vous risquez de perdre vos racines. Alors les malins tentent de ne rien établir, de ne pas faire de plan, de ne pas élaborer de stratégie, de trouver des excuses à l'absence, au silence. le jour où il ne donne plus signe de vie cela ne peut signifier qu'une chose : il vous a remplacée. Ce matou insolent vous a oubliée, il vous a chassée. Au moment où vous pleurez toutes les larmes de votre corps, le voilà qui refait surface, la bouche en coeur, comme si de rien n'était, troublé d'avoir semé le trouble, surpris, étonné comme peut l'être un enfant qui reçoit une punition après avoir été sage comme une image.
Se murer dans le silence vous libère sans doute des nécessités de répondre. Ébat après ébat… je n'aime que les débats. J'en ai assez de ce panier. Je voudrais jouer à chat. Je miaule aigu. Quel puma voudrait de moi pour me prendre en tutelle, pour donner un sens à ma vie, pour embellir mes jours et combler mes nuits ? Je suis prête à lécher la main qui me caresse et à mordre le coup de pied qui me vrille les fesses. J'ai l'estomac dans les talons et des fourmis un peu plus haut. le sexe m'excite. Il n'y a pas de vice. Renversée sur la table, j'offre à qui veut mon ventre candide et la noblesse de mes vertiges. Je relève l'ourlet de ma robe. Mes bas se défilent. Ma culotte me quitte sans un mot. Nue, je suis devenue le menu du soir. le plat sans résistance. Écrire, c'est de la cuisine, j'ai mon désir angora sur le feu, il s'impatiente. Maouf ! Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne. Ai-je réussi cette mission ? J'en ronronne d'aise et je redresse ma queue.
– Madame, votre café.
J'avais commandé un bol de lait. Je lui renvoie son odieux breuvage. Un pli creuse ma joue. Je n'aime pas être contrariée par des niaiseries. J'ai le cerveau sensible. J'en ai assez des vieux beaux, j'aimerais un jeune beau. de petits chamours, des chadorés, des chabadas. Un rien les déshabille. Les moches je les envoie se faire faire. Je tourne en rond, je me liquéfie, je bouine, je brasse du vent quand je n'ai rien sous la patte. Je suis une chachatte bourgeoise. Les animaux de mon standing rayonnent d'une immoralité exclusivement féminine. Mes petites narines fraîches sont dilatées par mon doux ronronnement. Je suis cambrée, je me tortille. Je m'adresse à la nuque du serveur qui est déjà reparti sans caresser ma douce échine, sans me prendre dans ses bras. le respect se perd. Aucune notion de l'hospitalité. La honte affreuse. Je me noie dans mes désirs. J'ai l'impression d'avoir un poisson entre les jambes.
L'imbécile m'a oubliée. Je suis pourtant parfaite avec mes jolis défauts. le jabot gonflé, les oreilles basses, la bouche expressive d'une carpe, il s'occupe des petites chiennes qui font leur belle assises sur leurs pattes arrière. Elles ne demandent qu'une chose : prendre chair. Se faire enfiler par le trou de l'anguille. le soleil joue sur mon pelage. Je suis pure de race, silhouette longiligne, la truffe humide, l'oeil tendre, la bouche en émail, le poil soyeux, courtisane de luxe, met délicat, je suis une confiserie rare encore dans son emballage, prête à être consommée et à suivre le premier matou voyou qui m'entraînera sur le champ frais des draps. Je suis l'élite et je n'ai pas de rivales. le plus difficile, ce n'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner. le temps passé avec un chat n'est jamais perdu surtout quand c'est une chatte. Maouf.
Nowowak

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leolechat
  18 mars 2018
« Déjà elle embaumait la menthe, le géranium et le buis. Il la tenait confiante et périssable, promise à dix ans de vie peut-être, et il souffrait en pensant à la brièveté d'un si grand amour.
- Après toi je serai sans doute à qui voudra... A une femme, à des femmes. Mais jamais à un autre chat. »
Alain vénère Saha, une chatte de la race des chartreux qui partage son coeur et son jardin de verdure. Il passe son temps à la cajoler et à s'extasier sur sa majestueuse beauté. Rien n'est trop beau ni trop bon pour cet animal qu'il gâte outrageusement. Un comportement qui n'est pas du goût de Camille, la jeune fille qu'il vient d'épouser. Si cette dernière est follement éprise de son jeune mari, Alain lui préfère de loin sa tendre et silencieuse Saha. Le jeune homme de 24 ans, oisif et très infantile, voit avec effroi son univers douillet se fissurer par la présence bien trop envahissante de cette jeune femme épousée suite à un arrangement entre familles du même milieu social. Un bancal ménage à trois va se mettre en place, la chatte prenant de plus en plus de place dans cette union boiteuse qui ne tient qu'à un fil. Camille va prendre en grippe sa féline rivale et tenter de l'écarter de son chemin par tous les moyens.
Qui remportera la mise ? La femme amoureuse ou la chatte ?
C'est toujours avec beaucoup de plaisir que je retrouve la plume poétique et inimitable de Colette dont j'ai dévoré les écrits quand j'étais adolescente. Cruel et délectable à la fois, ce court roman qui nous raconte l'histoire d'une passion exclusive et dévorante entre un homme et son félin n'a rien perdu de sa justesse et de son originalité. Avec une grande subtilité, l'auteure dissèque à la perfection les affres de la jalousie et les liens étroits et privilégiés que peuvent entretenir un animal et son maître. Voilà un récit dérangeant (car comment l'être humain qui croit en sa suprématie pourrait-il songer ne serait-ce qu'un instant d'être détrôné par une bête ?) mais ô combien réaliste !

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sabine59
  08 décembre 2018
Je m'appelle Saha, je suis une chatte de la race des Chartreux, et j'adore mon maître: Alain. Jusqu'ici, je coulais des jours heureux dans sa maison d'enfance , je vagabondais dans le jardin, et nous nous retrouvions , complices, je dormais la nuit dans sa chambre. J'étais " son pigeon bleu", " son démon couleur de perle"...
Mais " elle", l'étrangère , est venue troubler notre beau lien, cette Camille qu'il va épouser. Je sais qu'il ne l'aime pas vraiment, il n'aime que moi. Il comprend mon langage, et il m'admire , moi, " une petite créature sans reproche, bleue comme les meilleurs rêves, une petite âme." Mais pourtant, mon maitre m'a abandonnée, pour aller vivre ailleurs....
... pas longtemps! Je dépérissais, il m'a emmenée chez lui. Et alors...terrible confrontation avec ma rivale. Rien ne se glissera jamais entre mon maitre et moi, rien ni personne!
Avec un sens aigu de l'observation, Colette livre une histoire intense, passionnelle et cruelle, où animalité et humanité se mêlent, Saha , la belle chatte orgueilleuse n'étant pas forcément la plus animale des deux ennemies!
Je garde l'image de Saha, tout en élégance, possessivité et mystère.

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kuroineko
  02 décembre 2018
Colette et les chats... toute une histoire d'amour. Il en est d'ailleurs question ici. D'amour oui, et de chat. D'une chatte pour être plus exacte, Saha, compagne féline, gracieuse et complice d'Alain.
Lui, s'il aime Camille, son amie d'enfance, c'est comme une image, belle, idéalisée, sans grand rapport avec la réalité. Mais voilà, ils vont se marier. Pourtant, à Alain, ça lui convenait bien cette vie de célibataire en compagnie de Saha. Commence un huis-clos où la cohabitation Camille-Saha se révèle problématique. La jeune épouse, aussi idiot que ça puisse paraître à première vue, voit en l'animal sa rivale. La jalousie devient vite haine, avec un Alain qui peine à modifier véritablement son mode de vie.
Sous un aspect de prime abord léger voire ridicule, Colette met en place un enfer domestique. le court récit dépeint sans fard les personnalités du trio. Camille est loin d'être la Beauté immobile vue par Alain mais au contraire une jeune femme moderne et sexy. le jeune homme, lui, pourrait aujourd'hui être taxé d'adulescent. Quant à la belle Saha, elle garde son félin mystère tout en cristallisant la disharmonie du couple et leur incapacité à vivre ensemble.
J'ai beaucoup apprécié ce petit roman de Colette - petit par la taille, je précise. Cette auteure possède une écriture qui me séduit toujours plus à chaque lecture.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   09 août 2014
Charrier couteaux en croix, charrier sous percés, charrier ciné parlant, Dieu le Père… / Poissons à nez grec, de lunes et de mentons. / Une petite chanson nègre à bouche fermée. / Un frais cynisme polynésien. / Deux demi-visages divisés par le petit nez régulier, doués chacun d’un grand œil qui cillait peu. / Cheveux propres, lavés souvent, gommés, et couleur de piano neuf… / Poussière astrale de nez. / Mais il se sentit paralysé par le regard chaud et dangereux d’un figurant brun, au profil grec, perforé d’un grand œil de carpe… /Camille brillait comme baignée d’huile, une grande flaque-miroir sur ses cheveux, la bouche en émail vitrifié d’un noir d’encre, les yeux vastes entre deux palissades de cils. /Jura un gros juron. / Jeunes femmes tziganes à naseaux de cavales. / Elle ouvrait des yeux caves. / Murmure et haleine de cave sèche. / Belle négresse blanche. / Des vieux domestiques poncés par l’usage, inhumés à mi-corps. / Deux visages inverses et délayés. / Tu vas me faire dégommer mes cils… / Qu’il crève tout violet, cet enfant de Pénélope couverte par une tortue mâle ! / Il fut détrompé par l’expression des parois de sa chambre, hargneuses et guettant un œil ailé qui voletait. / Et puis quand on couche le pare-brise, / Il entr’ouvrit ses cils, / Beurre raide, / Un petit bruit avide. / Le soleil s’éteignait. / Ses yeux profondément enchâssés. / Un sourire horizontal à joues raides. / Je suis fou de sommeil. / Dès qu’il supprima la lumière, /
L’histoire est intéressante, mais le style… Quant aux expressions, Yann Moix n’a rien inventé. Peut-être est-ce de la poésie comme disent les autres critiques et n’ai-je rien compris ?
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VanessaVVanessaV   11 mars 2008
Il parlait à la chatte qui, l’œil vide et doré, atteint par l’odeur démesurée des héliotropes, entrouvrait la bouche, et manifestait la nauséeuse extase du fauve soumis aux parfums outranciers..
Elle goûta une herbe pour se remettre, écouta les voix, se frotta le museau aux dures brindilles des troènes taillés. Mais elle ne se livra à aucune exubérance, nulle gaité irresponsable, et elle marche noblement sous le petit nimbe d’argent qui l’enserrait de toutes parts.
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LydiaBLydiaB   15 mars 2013
La voix éclatante de Camille, comme il atteignait le palier, franchit la porte fermée :
- C'est cette sacrée cochonnerie de bête ! Et qu'elle crève, bon Dieu ! Quoi ?... Non, madame Buque, quand vous direz... Je m'en fous ! Je m'en fous !
Il distingua encore quelques mots injurieux. Très doucement il tourna la clé dans la serrure, mais ne put consentir, passé son propre seuil, à écouter sans être vu. "Une sacrée cochonnerie de bête ? Mais quelle bête ? Une bête dans la maison ?"
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MariaIvaldiLozanoMariaIvaldiLozano   22 mai 2015
– Cette chatte, cette chatte… dit la voix maternelle. Elle n’a aucune notion de l’hospitalité. Regarde comme elle se réjouit du départ de nos amis !  
Alain jeta un éclat de rire enfantin, le rire qu’il gardait pour la maison et l’étroite intimité, qui ne franchissait pas la charmille d’ormes ni la grille noire. Puis il bâilla frénétiquement.
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AdrienneAdrienne   12 novembre 2011
Vers dix heures, les joueurs du poker familial donnaient des signes de lassitude. Camille luttait contre la fatigue comme on lutte à dix-neuf ans, c'est-à-dire que par sursauts elle redevenait fraîche et claire; puis elle bâillait derrière ses mains jointes et reparaissait pâle, le menton blanc, les joues un peu noires sous leur poudre teintée d'ocre, et deux petites larmes dans le coin des yeux.
- Camille, tu devrais aller te coucher!
- A dix heures, maman, à dix heures! Qui est-ce qui se couche à dix heures?
Elle en appelait du regard à son fiancé, vaincu au fond d'un fauteuil.
- Laissez-les, dit une autre voix de mère. Ils ont encore sept jours à s'attendre. Ils sont un peu bêtes en ce moment-ci, ça se conçoit.
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