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EAN : 9782010192098
225 pages
Éditeur : Hachette (03/02/1993)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Farou, auteur dramatique à succès, est occupé par les répétitions de sa nouvelle pièce, Le Logis sans femmes. Fanny sait que pendant cette phase de la création son mari n’offre aucune résistance aux tentations extra-conjugales ; elle en a pris son parti.

Mais sa jalousie est tout autre quand elle s’aperçoit que Jane, la secrétaire modèle qui vit aussi chez eux, ne peut cacher la sienne à ce moment-là. Fanny se rend compte que son amitié pour la jeune... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Thrinecis
  14 octobre 2020
Ce roman de Colette réécrit le triangle amoureux d'un point de vue féminin assez choquant pour l'époque, car il envisage ouvertement la possibilité d'un ménage à trois et l'alliance de deux femmes face au mâle.
Colette a mis un peu d'elle-même dans ce roman, ayant vécu une situation similaire avec Germaine Patat, maîtresse de son mari Henri de Jouvenel. Elle approfondira d'ailleurs plus tard cette thématique de la jalousie dans son étude « Le Pur et l'Impur ».
Dans La Seconde, Colette met en scène la relation triangulaire entre la brune Fanny, épouse indolente de Farou, écrivain de pièces de théâtre et la blonde Jane, de sept ans plus jeune que Fanny.
Il y a quelque chose de léonin dans le personnage de Farou, yeux jaunes et chevelure bouclée, qui accumule les éphémères infidélités avec des actrices ou la modiste et qui ne se complaît qu'entouré de femmes, jusqu'à son nom Farou, à la puissance animale.
Fanny est habituée à ces aventures et les accepte passivement, sûre que Farou lui reviendra assez vite. Jane est arrivée dans leur foyer en tant que secrétaire de Farou, pour l'aider à travailler sur ses manuscrits et est rapidement devenue indispensable au couple par ses compétences discrètes mais efficaces et pratiques, assurant à Fanny et Farou une tranquillité bien appréciée. Progressivement, Fanny en a fait sa confidente et amie. Mais quand elle découvre que Farou la trompe avec Jane, elle ressent douloureusement cette double trahison. Meurtrie, Fanny éprouve cette fois une jalousie qu'elle ne connaissait pas, mais aussi des sentiments ambigus qu'elle peine à maîtriser : colère, impuissance, regret, indifférence... Mis devant les faits, Farou se comporte comme le bel animal insouciant et sauvage qu'il a toujours été : fuyant ses responsabilités, il se dérobe, abandonnant aux deux femmes les décisions à prendre.
Étonnamment, les deux femmes vont découvrir qu'elles tiennent avant tout à préserver leur amitié, quitte à accepter l'inacceptable. le roman se termine sur cette éventualité, sans plus de précisions mais laisse aussi la porte ouverte à bien des possibles : ménage à trois, relation saphique entre Fanny et Jane ?
Outre ces trois personnages, Colette en a ajouté un quatrième en la figure du jeune beau-fils de Fanny, Jean Farou, observateur malheureux du trio car amoureux de Jane et jaloux de son père, homme en devenir dans lequel on peut voir une réminiscence de Chéri, de Phil (Le Blé en herbe) et bien sûr de Bertrand de Jouvenel.
Un beau roman qui explore avec délicatesse la complexité des sentiments féminins face à la trahison, servi comme toujours par la magnifique plume de Colette.
Challenge multi-défis 2020
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Lune
  09 février 2011
Ce roman fut achevé le 31 décembre 1928, au château d'Ardenne, en Belgique, "un peu avant les douze coups de minuit". Ce roman particulier traite de la solidarité féminine face à l'homme séducteur et aimé. L'accueil critique et convenu ne se fit pas attendre. Deux femmes soudées face à la toute puissance masculine ne pouvaient que choquer des consciences étriquées et conservatrices. Parallèlement, Colette, alors épouse de Henry de Jouvenel qui vivait une liaison avec la couturière Germaine Patat, se lia d'amitié avec cette dernière (toujours chez Colette, la fiction/réalité). Ce livre est bâti sur fond de milieu théâtral parisien de l'époque. On y suit Farou, auteur en pleine création, comédiens et comédiennes (rivalités, séduction...), échanges d'esprit piquants, "avant-première", personnages roués, etc... La première partie du livre nous donne quelques splendides descriptions de la Franche-Comté. Toute la sensualité d'une Fanny un peu grasse s'y épanouit et la mélancolie de Jane, "la seconde", s'y étiole un peu plus. Les deux héroïnes finiront par se rejoindre et parviendront à créer un climat amical qui rendra mal à l'aise "l'homme" désarçonné par l'ambiguïté de cet accord. Il y a aussi "le petit Farou", adolescent mal dans sa peau, amoureux, graine d'homme à croquer. On ne peut s'empêcher de penser à Phil (le Blé en herbe), à Chéri et à ... Bertrand (fiction/réalité). Pénétrer les dédales de l'âme humaine, ceux de l'âme féminine et ses rapports amoureux, voilà de quoi lire et relire ce roman qui ne livre pas tout à la première lecture.
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Colchik
  19 août 2017
La rudesse d'un homme, ses exigences, ses rebuffades, son insouciance peuvent-elles faire accepter à son épouse le partage de ce même homme avec une autre ?
Colette pose moins ici la question de l'adultère que celle de la solitude dans le couple. L'adultère n'est pas acceptable, car il est source de souffrance, mais la solitude, le délaissement sont encore pires.
Avec un glissement remarquable, Colette conduit Fanny de l'amitié féminine à la jalousie, et de la jalousie à la révélation de son abandon. Non pas un abandon affectif, son mari lui garde toutes les marques de l'attachement, mais la relégation à une condition de femme dépendante. Fanny n'a pas de ressources financières propres, elle est coupée du monde extérieur, ignorante du travail de son mari, elle est donc vulnérable sur tous les plans.
La blonde et pâle Jane, la femme active et efficace est aussi une victime du fauve Farou. C'est elle qui révèle à Fanny son état en lui avouant que son amitié pour elle est plus profonde que son lien avec Farou. Elle aime Fanny avec l'intelligence d'une femme qui a une expérience des hommes et ne s'arrête pas à une rivalité de façade.
Ni Fanny ni Jane ne peuvent gagner face à un homme tel que Farou. Leur seule chance est de s'allier face au mari et à l'amant, non pas pour évincer une autre rivale (c'est peine perdue devant la gourmandise brutale de Farou), mais pour préserver leur personnalité, leur être profond dans la confrontation à un individu égoïste, ombrageux, suffisant. C'est une attitude digne devant celui qui est le maître, non par son talent, mais par son argent, sa réputation, son existence socialement reconnue.
On voit combien Colette connaît son sujet et a éprouvé la réalité de la condition féminine au début du 20ème siècle. Jane, la maîtresse, n'a qu'un tout petit avantage sur Fanny dont le statut de femme au foyer comprend aussi l'éducation du rejeton de Farou, père distrait et agacé, celui de la nouveauté. Elle sait que dans une opposition frontale à l'épouse, elle perdra une alliée, une amie. Elle s'appuie sur la seule dignité qui lui reste : sa lucidité de l'état de Seconde.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PetitebijouPetitebijou   02 juin 2012
Elle se leva doucement, adroite et pleine de précautions, comme si elle se mouvait dans l'obscurité. Farou soupira, endormi, se retourna, moulant sur lui tout le drap comme un grand pli d'onde. Vingt fois, la malignité publique, la négligence de Farou lui-même, avaient convaincu Fanny d'imaginer ce corps d'homme luttant pour le plaisir, domptant un doux corps féminin... Maint repli de sa mémoire cachait des souvenirs de petites larmes aigres, d'insomnies, de lettres soustraites, puis restituées en secret à Farou. Prénoms, écritures inconnues, dessins effaçables... Les embellies venaient vite, elle les pouvait escompter, et faisait bon visage en les attendant.
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ThrinecisThrinecis   11 octobre 2020
Chagrine, lâche, puis sage et dissimulée, se fiant à son visage qui, plein et douillet comme celui des enfants, ne trahissait guère que les grands tumultes, elle errait entre une douleur ennuyeuse et la crainte de tout ce qui est désordre extérieur, cris, aveux, convulsion des visages et des corps...
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TarekbrahimiTarekbrahimi   12 avril 2020
Vous ne savez pas, vous ne savez plus, madame, ce qui est une jeune fille... toute la force intacte, toute l'ignorance que je porte en moi, ce que je peux commettre de pire, ce que je peux réaliser de plus beau, je le lance contre vous, je le jette dans le combat, pour lui!..
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VelemVelem   14 août 2016
Elle est épatante. Par cette chaleur! Et si gentille, en dehors de ses crises de susceptibilité. Un tout petit trop utile pour être une amie... Voilà : un tout petit trop utile...
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VelemVelem   14 août 2016
Mais vous dites oui, et encore oui... Si encore ça vous servait à quelque chose, votre "ouimonchérisme" d'esclave... Les femmes, vraiment...
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