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EAN : 9782010192098
225 pages
Éditeur : Hachette (03/02/1993)
3.66/5   58 notes
Résumé :
Farou, auteur dramatique à succès, est occupé par les répétitions de sa nouvelle pièce, Le Logis sans femmes. Fanny sait que pendant cette phase de la création son mari n’offre aucune résistance aux tentations extra-conjugales ; elle en a pris son parti.

Mais sa jalousie est tout autre quand elle s’aperçoit que Jane, la secrétaire modèle qui vit aussi chez eux, ne peut cacher la sienne à ce moment-là. Fanny se rend compte que son amitié pour la jeune... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
afriqueah
  09 avril 2021
Une larme roule sur la joue de Jane, scintille sur le bord duveté de la lèvre : Fanny l‘entrevoit avant de se rendormir, sieste après avoir trop mangé et chaleur de cette fin d'été à la campagne.
Chagrin, Jane ? Jalousie, Jane ? de ces petites qui cherchent autour du grand Farou un rôle, une aventure, ce qu'il leur donne de toute façon.
Fanny le sait, et a dépassé les premières crises pour arriver à comprendre les priorités : et la priorité, c'est son mariage depuis 12 ans avec Farou, homme de théâtre, l'éducation de son beau fils tout jeune le petit Farou, son amour pour les deux.
Sauf que le chagrin même caché, surtout caché, de Jane, sa manière de critiquer l'indulgence de Fanny et son absence d'inquiétude alors que « Farou s'applique n'importe quelle grue de théâtre » alertent Fanny quant à son amie.
Des termes crus ! Attention !
Autant il était facile d'accepter les incartades sans conséquence de Farou qui a besoin de s'aérer, autant Fanny se rebelle : « Mais c'est mon livre qu'elle prend ! C'est mon beau fils à qui elle donne des ordres ! C'est ma maison ! »
Car Jane vit avec eux, elles cousent, cuisinent ensemble, Jane la blonde prenant soin de Fanny au look d'Andalouse , peau très blanche et bandeaux de cheveux bruns ;la blonde remplit le rôle tout à la fois de secrétaire du mari, femme de chambre « et une demi –heure d'amour – par dessus le marché ! cette pensée ragaillardit Fanny . .
Farou, lui, lorsqu'il comprend que les deux femmes savent, est au dessous de tout, entre un déni, une stupeur que Fanny, cette fois –ci, fasse un drame de son infidélité, son refus de choisir entre les deux, sa muflerie envers Jane, sa revendication d'être un homme et d'être comme ça, et, plus que tout, son désir absolu de partir loin de cette pénible scène.
Magnifique analyse, car Jane ne se fait aucune illusion sur Farou, et cela choque
Fanny que l'autre disposât du seul mot « rancune pour nommer l'ingratitude, la sardonique rigueur dont la femelle paie, dans toutes les races, le mâle auquel, non sans mal, elle échappe ».
Fanny médite : la main de Jane, lui apportant son étole de vigogne, relevant le col de son manteau, cette main épouse de ma main pendant les promenades de vacances et sa présence depuis ces quatre années est une valeur plus sûre que ce Farou fuyant.
L'important, c'est cette amitié, pas la peine d'y mêler Farou.
Farou ne mérite pas qu'elle lui sacrifie Jane.
Selon moi, un des meilleurs livres de Colette, encore une fois, comme dit Sylviedoc, tout en nuances, en sentiments vrais, non conventionnels, en rapprochement de la féminité avec elle même.



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LambertValerie
  21 juillet 2021
Je n'avais jamais rien lu de Colette et je me disais que c'était un peu dommage. En 2018, j'ai vu le film Colette qui m'a donné envie de connaître cette femme hors norme, hors convention.
C'est ainsi qu'à l'occasion de la lecture fortuite de: La seconde, j'ai découvert son univers.
Ce quatuor de personnages, Fanny, la femme du grand Farou, Jade, la secrétaire de son mari et l'amie de Fanny et le petit Farou, fils du grand Farou, d'une précédente union va évoluer dans un univers presque à huit clos.
D'entrée de jeu, le grand Farou, metteur en scène en vogue nous apparaît antipathique, jouissant d'un pouvoir sur les femmes surtout les jeunes actrices qui sont prêtes à tout pour qu'il leurs donnent un rôle dans ses pièces.
Fanny, sa femme, vit dans son ombre ou peut-être même dans l'ombre, supportant les différentes passade de son mari et s'occupant de l'éducation de son beau-fils, le jeune Farou.
Jane, c'est l'autre femme "de la maison", celle qui deviendra la seconde. Jane au rôle indéfini, secrétaire, un peu bonne à tout faire.
Colette évoque une amitié entre ces deux femmes, peut-être même une amitié amoureuse qui correspondra aux passions que vivra Colette avec les femmes.
Mais Fanny est trahie aussi par Jade qui succombe aux charmes du séducteur Farou.C'est cet amour de trop qui perturbe grandement Fanny.
Au final, je n'ai pas perçu une réelle intensité dans cette histoire, peut-être Fanny se découvre-t-elle?
Je reste un peu sur ma faim, peut-être aurais-je du choisir un autre titre comme: le blé en herbe.?
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Thrinecis
  14 octobre 2020
Ce roman de Colette réécrit le triangle amoureux d'un point de vue féminin assez choquant pour l'époque, car il envisage ouvertement la possibilité d'un ménage à trois et l'alliance de deux femmes face au mâle.
Colette a mis un peu d'elle-même dans ce roman, ayant vécu une situation similaire avec Germaine Patat, maîtresse de son mari Henri de Jouvenel. Elle approfondira d'ailleurs plus tard cette thématique de la jalousie dans son étude « Le Pur et l'Impur ».
Dans La Seconde, Colette met en scène la relation triangulaire entre la brune Fanny, épouse indolente de Farou, écrivain de pièces de théâtre et la blonde Jane, de sept ans plus jeune que Fanny.
Il y a quelque chose de léonin dans le personnage de Farou, yeux jaunes et chevelure bouclée, qui accumule les éphémères infidélités avec des actrices ou la modiste et qui ne se complaît qu'entouré de femmes, jusqu'à son nom Farou, à la puissance animale.
Fanny est habituée à ces aventures et les accepte passivement, sûre que Farou lui reviendra assez vite. Jane est arrivée dans leur foyer en tant que secrétaire de Farou, pour l'aider à travailler sur ses manuscrits et est rapidement devenue indispensable au couple par ses compétences discrètes mais efficaces et pratiques, assurant à Fanny et Farou une tranquillité bien appréciée. Progressivement, Fanny en a fait sa confidente et amie. Mais quand elle découvre que Farou la trompe avec Jane, elle ressent douloureusement cette double trahison. Meurtrie, Fanny éprouve cette fois une jalousie qu'elle ne connaissait pas, mais aussi des sentiments ambigus qu'elle peine à maîtriser : colère, impuissance, regret, indifférence... Mis devant les faits, Farou se comporte comme le bel animal insouciant et sauvage qu'il a toujours été : fuyant ses responsabilités, il se dérobe, abandonnant aux deux femmes les décisions à prendre.
Étonnamment, les deux femmes vont découvrir qu'elles tiennent avant tout à préserver leur amitié, quitte à accepter l'inacceptable. le roman se termine sur cette éventualité, sans plus de précisions mais laisse aussi la porte ouverte à bien des possibles : ménage à trois, relation saphique entre Fanny et Jane ?
Outre ces trois personnages, Colette en a ajouté un quatrième en la figure du jeune beau-fils de Fanny, Jean Farou, observateur malheureux du trio car amoureux de Jane et jaloux de son père, homme en devenir dans lequel on peut voir une réminiscence de Chéri, de Phil (Le Blé en herbe) et bien sûr de Bertrand de Jouvenel.
Un beau roman qui explore avec délicatesse la complexité des sentiments féminins face à la trahison, servi comme toujours par la magnifique plume de Colette.
Challenge multi-défis 2020
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saphoo
  27 février 2021
Une lecture qui ne m'a pas du tout emballée. le début ennuyeux, ça tourne en rond, on ne sait pas trop où on va atterrir et la suite ne fut pas plus intéressante.
Je n'ai pas trouvé d'intérêt à ce roman pour ma part personnelle, malgré tout j'ai apprécié comme toujours la plume de Colette bien que la poésie était moins présente.
A ce jour, c'est bien "La naissance du jour" qui reste mon préféré et ma référence quand on aborde le sujet Colette avec les passionnés de lecture.
En résumé, une lecture qui a traîné en longueur car sans attrait à mon goût.
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Lune
  09 février 2011
Ce roman fut achevé le 31 décembre 1928, au château d'Ardenne, en Belgique, "un peu avant les douze coups de minuit".
Ce roman particulier traite de la solidarité féminine face à l'homme séducteur et aimé.
L'accueil critique et convenu ne se fit pas attendre.
Deux femmes soudées face à la toute puissance masculine ne pouvaient que choquer des consciences étriquées et conservatrices.
Parallèlement, Colette, alors épouse de Henry de Jouvenel qui vivait une liaison avec la couturière Germaine Patat, se lia d'amitié avec cette dernière (toujours chez Colette, la fiction/réalité).
Ce livre est bâti sur fond de milieu théâtral parisien de l'époque. On y suit Farou, auteur en pleine création, comédiens et comédiennes (rivalités, séduction...), échanges d'esprit piquants, "avant-première", personnages roués, etc...
La première partie du livre nous donne quelques splendides descriptions de la Franche-Comté.
Toute la sensualité d'une Fanny un peu grasse s'y épanouit et la mélancolie de Jane, "la seconde", s'y étiole un peu plus.
Les deux héroïnes finiront par se rejoindre et parviendront à créer un climat amical qui rendra mal à l'aise "l'homme" désarçonné par l'ambiguïté de cet accord.
Il y a aussi "le petit Farou", adolescent mal dans sa peau, amoureux, graine d'homme à croquer.
On ne peut s'empêcher de penser à Phil (le Blé en herbe), à Chéri et à ... Bertrand (fiction/réalité).
Pénétrer les dédales de l'âme humaine, ceux de l'âme féminine et ses rapports amoureux, voilà de quoi lire et relire ce roman qui ne livre pas tout à la première lecture.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
PetitebijouPetitebijou   02 juin 2012
Elle se leva doucement, adroite et pleine de précautions, comme si elle se mouvait dans l'obscurité. Farou soupira, endormi, se retourna, moulant sur lui tout le drap comme un grand pli d'onde. Vingt fois, la malignité publique, la négligence de Farou lui-même, avaient convaincu Fanny d'imaginer ce corps d'homme luttant pour le plaisir, domptant un doux corps féminin... Maint repli de sa mémoire cachait des souvenirs de petites larmes aigres, d'insomnies, de lettres soustraites, puis restituées en secret à Farou. Prénoms, écritures inconnues, dessins effaçables... Les embellies venaient vite, elle les pouvait escompter, et faisait bon visage en les attendant.
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afriqueahafriqueah   09 avril 2021
Maint repli de sa mémoire cachait des souvenirs de petites larmes aigres, d'insomnies, de lettres soustraites, puis restituées en secret à Farou . Prénoms, écritures inconnus, dessins effaçables... Ls embellies venaient vite, elle les pouvait escompter, et faisait bon visage en attendant.
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ThrinecisThrinecis   11 octobre 2020
Chagrine, lâche, puis sage et dissimulée, se fiant à son visage qui, plein et douillet comme celui des enfants, ne trahissait guère que les grands tumultes, elle errait entre une douleur ennuyeuse et la crainte de tout ce qui est désordre extérieur, cris, aveux, convulsion des visages et des corps...
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TaraxacumTaraxacum   06 mars 2021
Jean passa devant elle sans répondre, disparut dans le hall, et Jane hocha la tête vers le balcon du premier étage :
"Ma chère, il m'a fait un œil! Monsieur n'entend pas la plaisanterie !
-On n'entend pas la plaisanterie à son âge, dit Fanny, pensive. Nous passons notre temps à écorcher vif cet enfant sans le vouloir. "
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TarekbrahimiTarekbrahimi   12 avril 2020
Vous ne savez pas, vous ne savez plus, madame, ce qui est une jeune fille... toute la force intacte, toute l'ignorance que je porte en moi, ce que je peux commettre de pire, ce que je peux réaliser de plus beau, je le lance contre vous, je le jette dans le combat, pour lui!..
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Vidéo de Sidonie-Gabrielle Colette
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La présentation de Pour un herbier est disponible sur la chaîne de Citadelles & Mazenod : https://www.youtube.com/watch?v=MN8I8...​
Celle de Les jardins de Weleda sur la chaine des éditions du Rouergue : https://www.youtube.com/watch?v=Lv0w6...​
Musique du générique d'intro par Anna Sentina.
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