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ISBN : 2851972650
Éditeur : L'Herne (05/11/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Comme beaucoup de grandes amours, celui que je porte à Paris a commencé par l'aversion. J'avais vingt ans et je sortais, à la suite d'un mari de seize ans mon aîné, déjà chauve et un peu adipeux, d'une enfance campagnarde tout enchantée de jardins, de courses à travers champs, d'étangs mystérieux. Comme mon premier logis parisien me parut triste ! [...] A quel moment ai-je découvert que Paris n'existait pas, qu'il n'était qu'un amalgame de provinces liées par le plu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Lune
  28 février 2015
Paris, je t'aime!
Déclaration d'amour, d'un amour qui se construit petit à petit chez Colette depuis son arrivée en 1893 (année de son mariage avec Henry Gauthier-Villars connu sous le nom de Willy) alors jeune provinciale jusqu'à sa mort en 1954, devenue l'une des plus célèbres habitantes du Palais-Royal.
Ces textes (certains inédits et de facture inégale) chantent et louangent la ville lumière dont Colette écrivit : "Comme beaucoup de grandes amours, celui que je porte à Paris a commencé par l'aversion".
Le passage à vingt ans d'une existence sous les cieux d'une campagne auréolée de ses moeurs villageoises à celle d'une capitale bouillonnante dût être déstabilisant (elle nous le conta dans plusieurs livres).
Puis elle y trouva des points de repères en différents lieux qu'elle désigna 'provinciaux" puisque s'y regroupait un petit monde d'habitués, un essaim de travailleuses et de travailleurs amoureux de leur quartier de Paris, connaissant passages, cours et jardinets dissimulés aux regards, secrets des alentours, n'hésitant pas à disposer un pot de géraniums rouges, qui sur le rebord d'un balcon, qui à la devanture d'un étalage...
Tout devenait familier, parfumé, coloré pour Colette dont les sens palpitaient devant ces réminiscences de campagne et de douceur provinciale.
Elle la trouvait cette province à chacun de ses déménagements voulus ou forcés (à peu près 14 sur 60 années de vie parisienne).
La plus belle fut certes celle du Palais-Royal dont le quadrilatère parfait, les jets d'eau bruissant, les bruits du râteau passé sur le gravier crissant, les jeux des enfants, le gardien familier, les voisins, le habitués (dont un portrait lucide et tristement impitoyable de prostituées lorsque Colette habitait l'entresol), la rendirent fidèle à ce lieu aimé entre tous : "mon bien-aimé Palais-Royal".
Ces textes montrent la relation de Colette avec son "Paris, je t'aime!".
On y lit aussi ses différentes conceptions personnelles pour arranger le meilleur des logis ainsi que le texte écrit à l'occasion du bicentenaire du Grand Véfour où officiait Raymond Oliver.
La préface et les annotations sont de Frédéric Maget de la Société des Amis de Colette qui eut certainement préféré un peu plus de soin dans la typographie.
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Commenter  J’apprécie          70
beatriceferon
  23 février 2015
Avant de l'ouvrir, j'admire ce livre, un bel objet, recouvert d'une jaquette sur laquelle se détache une photo de Colette dans le jardin du boulevard Suchet. Vêtue d'une robe à carreaux protégée par une pèlerine, elle a, bien évidemment, un chat dans les bras.
Les pages de papier crème épais, agrémentées çà et là de photos de l'écrivain, aux couleurs bleutées, donnent envie de se plonger dans la lecture.
Depuis toujours, j'aime Colette. Je l'aime énormément. J'ai lu son oeuvre, sa correspondance, beaucoup d'ouvrages qui lui sont consacrés. Que vais-je encore pouvoir découvrir dans ce recueil ?
« Des maisons de Colette, on cite souvent la maison natale de Saint-Sauveur-en-Puisaye, la Treille-Muscate à Saint-Tropez, Rozven près de Saint-Malo, plus rarement Castel-Novel en Corrèze ou les Monts-Boucons en Franche-Comté. Et bien sûr, le Palais-Royal, sa dernière demeure. On oublierait presque que l'écrivaine passa plus de soixante ans à Paris... » précise Frédéric Maget dans sa préface. Il a donc rassemblé ici onze textes, pour la plupart publiés par Colette dans des revues et inédits en volume. Tous sont consacrés à divers endroits de Paris qu'elle nomme ses « provinces ». Je les ai découverts avec ravissement. Retrouver la plume si vive, si juste, si colorée d'un de mes auteurs préférés m'enchante : « Pétits ! Pétits ! Venez, mes pétits ! Une grêle de grains, un bruit d'éventails, une bonne voix de fermière qui rassemble la basse-cour » (page 27). « J'entends un râteau patient peigner le gravier » (page 37). « Le grand ciel rectangulaire a la couleur des pensées bleues, et (…) une brume étouffe l'éclat des étoiles » (page 41). Ce ne sont que quelques unes des images tellement parlantes, des métaphores étonnantes imaginées par Colette et que l'on ne trouve plus dans l'écriture contemporaine, à mon avis.
Cette dentelle de mots, on ne peut se contenter de la suivre des yeux. Il faut se la réciter à mi-voix pour en goûter toute la musicalité. A travers les lignes décrivant le Palais-Royal, me voilà transportée sur les lieux. Plus d'une fois, je me suis promenée dans le jardin, j'ai levé les yeux vers les fenêtres derrière lesquelles j'ai guetté l'ombre de la grande dame.
Je referme l'opuscule à regret. Quoi ? Seulement 75 pages ? C'est trop peu !
Pourtant, quelques bémols pondèrent mon enthousiasme : les notes de bas de page sont écrites en caractères d'à peine un millimètre de haut. Pas facile à lire si on n'a plus ses yeux de vingt ans ! Ici ou là, une faute d'orthographe que Colette n'a certainement pas commise : « La moindre touche bleu dans la pénombre » (page 47), « la chaude entente tacite dura autant qu'il fût nécessaire » (page 69), « Le soir – tête nue pour n'être point remarqué des rares passants » (page 33). Comme c'est Colette qui parle, remarquée devrait être au féminin !
Ou encore, une phrase mal recopiée : « ses affiches signées par de tyrans ou par des traites obséquieux » (page 63). Je suppose qu'il faut lire des tyrans et des traîtres ? Sans doute la « relecture attentive » ne le fut-elle pas assez ?
Malgré ces petits défauts, ce livre a été pour moi une magnifique découverte et un cadeau infiniment précieux dont je remercie mille fois l'opération masse critique et les éditions de l'Herne qui m'ont permis d'en bénéficier.
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Melisende
  09 mars 2015
Colette est une auteure que j'ai encore (trop) peu lue, alors qu'elle est très présente dans ma bibliothèque. Mais dès la première rencontre avec son oeuvre, ça a été le coup de foudre aussi bien pour sa plume que pour sa vie à elle. Colette n'est pas juste une femme ayant écrit des livres plus ou moins appréciés par les lecteurs (plus « plus » que « moins » d'ailleurs), c'est surtout une personnalité fascinante qui a marqué la première moitié du XXe siècle et continue à intriguer.
Auteure oui, mais aussi danseuse et mime au music-hall (elle se présentait sur scène à moitié nue, avant 1910), mariée trois fois, folle amoureuse pendant 5 ans du fils à peine adulte d'un de ses époux (alors qu'elle avait plus de 40 ans), s'affichant sans complexe dans des relations avec d'autres femmes… Colette scandalise, Colette vit de façon libérée pour l'époque.
Ici, point de cabaret mais une plongée dans le quotidien et l'intimité d'une femme ayant déménagé 14 fois en 60 ans, d'un immeuble parisien à l'autre, cherchant à chaque fois à retrouver un petit bout de sa Province natale (à savoir la Bourgogne). Installée à sa fenêtre, spectatrice en hauteur du monde, Colette peint quelques tableaux avec ses mots.
79 petites pages proposées ici par les éditions de L'Herne, regroupant 11 très courts textes, 11 réflexions, 11 tranches de vie très précises. Une façon de se rapprocher encore un peu plus de Colette, d'apprendre à la connaître davantage, dans les petits riens de la vie de tous les jours.
Ce que j'apprécie le plus chez cette auteure, ce ne sont pas tant les sujets qu'elle traite (même si je les apprécie) que la façon dont elle le fait. Je trouve qu'elle a une plume très sensible et sensuelle (elle fait appel à tous nos sens) et nous offre ainsi des images fortes et tenaces. J'ai lu Chéri il y a au moins 5 ou 6 ans de cela et je garde très précisément en tête la description des bruissements de tissus (les draps en l'occurrence). Colette possède une certaine intensité dans son style, très certainement inspirée par la vie elle aussi très intense qu'elle a pu vivre.
J'ai vraiment aimé plongé dans ces petites peintures, ces réflexions imagées du quotidien, mais je ressens tout de même un goût de trop peu. 79 petites pages seulement en compagnie de Colette. Et malgré le sujet commun à tous les textes, j'ai parfois eu un peu de mal à faire le lien entre chaque. Il faut picorer quelques pages de temps en temps à mon avis, et non tout lire d'une traite.
Je regrette également les trop rares photos-portraits habillant parcimonieusement le texte. Je sais que l'impression d'images coûte cher et que l'intérêt de ce petit recueil réside dans les mots… oui, mais moi j'avais envie de voir plus souvent le visage de Colette à sa fenêtre parisienne, une plume à la main ou un chat dans les bras.
Je ne suis pas parisienne et notre capitale française n'est pas une ville que je porte vraiment dans mon coeur, mais après avoir parcouru les mots de Colette, j'ai presqu'envie de changer d'avis et de voir, moi aussi, une nouvelle province dans chaque quartier parisien. En attendant d'en arriver-là, je commencerai peut-être par un petit « pèlerinage » lors d'un futur séjour à Paris, pour jeter un oeil aux nombreuses adresses occupées par l'auteure (la liste complète et détaillée est disponible en fin d'ouvrage) et notamment le fameux appartement du Palais Royal où elle a passé de nombreuses années, à sa fenêtre, immobilisée par l'arthrite, jusqu'à la fin de sa vie.
Lien : http://bazardelalitterature...
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roadinette
  23 février 2015
Postulat de départ, me semble-t'il, il faut aimer soit Colette, soit Paris ou encore mieux les deux pour se complaire à lire ce petit livre.
Uniquement consacré à l'amour de Colette pour Paris, dans lequel, finalement, à chacun de ses presque 15 déménagements, elle ne fait que rechercher sa province natale, ce petit livre se laisse lire comme si nous faisions une promenade au bras de Colette.
De sa plume toujours vive et précise, elle nous donne à découvrir Paris et en particulier le Palais Royal dans toute sa quotidienneté mais aussi « l'envers du décor » que seuls les habitués peuvent connaître.
Par la description des menus faits se déroulant devant ses yeux : les jeux des enfants, les pigeons, les roses toujours présentes, les petits actes de la vie quotidienne, jusqu'aux nuisances du grand restaurant, et les désagréments d'appartements pas toujours très sains, Colette arrive malgré tout à nous faire idéaliser la vie dans ce jardin.
Chaque chapitre est très court et la lecture de ce petit livre est très agréable. J'apprécie également, moi qui suis toujours à l'affût de la présence en tel ou tel lieu de grands personnages, dont George Sand ou Colette à Paris, la présence en fin de livre des différentes adresses où a vécu Colette.
Une fois encore, lorsque j'irai au jardin du Palais-Royal, je m'assiérai en face de ses fenêtres, mais cette fois-ci, avec l'impression d'avoir partagé des moments d'intimité avec l'écrivain.
Je recommande la lecture de ce petit livre et remercie les éditions de l'Herne de me l'avoir fait parvenir
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MurielT
  30 août 2015
Paris, je t'aime Colette
Paris, je t'aime est un joli petit livre illustré où l'on voit Colette avec des chats et avec ses amis ou seule. Dans de courts textes tirés de ses écrits, Colette nous parle de son Paris tel qu'il était à son époque et tel qu'elle le voyait. Elle y parle beaucoup du Palais-Royal, endroit qu'elle à particulièrement aimé
J'ai particulièrement aimé ces textes qui m'ont accompagné pendant quelques jours durant mes vacances, le matin après le petit déjeuner au frais sur la terrasse.
Je n'ai que de vague souvenir de textes de Colette lus il y a longtemps je crois que je vais me remettre à la lecture de ses livres.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MurielTMurielT   30 août 2015
Comme beaucoup de grandes amours, celui que je porte à Paris a commencé par l'aversion.
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roadinetteroadinette   23 février 2015
Ce long, ce grand amour qui m'a tenue et me tient encore attachée à Paris, il n'a pas fleuri sans effort.
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beatriceferonbeatriceferon   22 février 2015
Je n'oublie pas le vivace et stupide espoir qui me soutenait: ce grand mal, la vie citadine, ne pouvait durer, il serait guéri miraculeusement par ma mort et ma résurrection, par un choc qui me rendrait à ma maison natale, au jardin... (p.22)
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