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EAN : 978B003X83DJQ
Éditeur : EDITIONS LIVRE DE POCHE N°373 (01/01/1990)
3.95/5   29 notes
Résumé :
Donner à voir des manuscrits, d'ordinaire inaccessibles, rendre visible le travail d'écriture, en montrant les mouvements d'une plume qui trace, rature, avance, revient, dessine parfois, se glisse entre les lignes ou envahit les marges, tel est le propos de la collection Manuscrits.

Chaque volume présente un dossier manuscrit complet reproduit en fac-similé. En regard, page à page, une transcription aide au déchiffrement. La préface éclaire les proce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Arimbo
  04 septembre 2021

Une belle critique sur Babelio m'a amené à relire ce court récit de Colette.
Comme il y a beaucoup de critiques magnifiques sur le site, je vais faire court et essayer de donner mon ressenti.
Un texte absolument merveilleux, plein de nostalgie, dans lequel Colette évoque sa mère « Sido », son père, « le capitaine » et ses frères « les sauvages ».
Et à la relecture, j'ai revu une mère admirée, vénérée, comme une déesse du jardin familial, omnisciente sur les plantes et sur le temps qu'il va faire, mais à la fois tendre et dure avec sa fille, ses filles même puisque l'aînée, une demi-soeur plus âgée et qui ne vit plus dans le domicile familial est considérée avec mépris. Mais même avec la petite dernière, on sent entre les lignes que cette mère aime plus ses fils que ses filles. Et que sa fille a voulu magnifier une relation qui était sans doute plus difficile. Cela ne m'était pas apparu aussi fort à ma première lecture qui, il est vrai, remonte à pas mal d'années.
Le portrait du père est plus touchant finalement, moins idéalisé que celui de Sido, plus fin, plus nuancé. Un père amputé à la guerre, qui occupe un emploi subalterne, mais cultivé, un écrivain fantasmé mais QI n'écrira pas, un père qui cache sous une légèreté de façade, une grande timidité et une difficulté à communiquer avec sa fille.
Un père qui aime follement Sido, même si beaucoup de pudeur habite leur relation. Et un père dont Colette découvrira après sa mort toute la tendresse.
Et enfin les frères « les sauvages », en fait son demi- frère Achille, le plus plus âgé qui deviendra médecin, et son frère Léo très doué pour la musique mais qui n'en fera pas son métier, mais son passe-temps. Les souvenirs des «aventures » et de la soif de lectures de ces deux-là, ont un goût de paradis perdu, d'autant que s'y insère un dialogue nostalgique entre la narratrice et le frère Léo, devenu vieux, frère qui vient y raconter, avec détails, sa visite au village de l'enfance.
En conclusion, une évocation magnifique, pleine de sensibilité, émouvante, et avec cette si belle écriture, du « temps perdu ».
Et une invite à ce que je relise Les vrilles de la vigne.
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kuroineko
  17 février 2018
Livre pendant à La Maison de Claudine; Colette, alias Bel-Gazou, signe ici la renaissance de la mère de son enfance. "Sido", aimée du capitaine Colette revenu estropié de la guerre. Évocation teintée d'une fine nostalgie qui jamais trop ne s'appesantit. Derrière la figure maternelle se dessinent le père, la soeur aînée lointaine quoique présente, les deux grands frères, la maison de l'Yonne. Ou plutôt son jardin dans lequel règne Sido, moderne Démeter que Colette esquisse redressant un tuteur, contemplant un merle dévorer les cerises, se dressant à l'écoute des vents pour déterminer les changements de temps. Quasi en guerre contre le vent d'Est, "l'ennemi", celui qui a déjà amené la neige en plein été.
Il y a une infinie poésie dans les souvenirs de Colette. La Nature y est célébrée avec tout un vocabulaire proche du paganisme. Entité grande et immuable - du moins par réminiscence - qui se retrouve également dans plusieurs des courts récits qui constituent Les Vrilles de la Vigne succédant aux chapitres de Sido. L'auteure y dépeint de petites tranches de sa vie adulte, scénettes parfois vues à travers le regard de ses animaux. Chiens et chats sont très présents dans ces textes. Tour à tour mélancolique et enjouée, contemplative ou pleine d'ironie,  Colette fait montre de son talent à recréer en quelques phrases des ambiances, des existences, des anecdotes. Parfois piquante sa plume ne devient jamais méchante. Elle offre à de petits riens un écrin somptueux par la grâce de son écriture vive et imagée.
Ce recueil est pour moi une nouvelle bonne trouvaille dans une boîte à livres. Il se déguste non pas d'une traite mais en prenant son temps; chaque récit pareil à un délectable chocolat dans la boîte d'un maître chocolatier.
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oiseaulire
  02 août 2021
Dans cette autobiographie romancée que Colette écrivit à 56 ans, elle évoque successivement sa mère Sido, sorte de déesse omnisciente, le Capitaine, son père, homme tendre et distant, cachant sa mélancolie sous des fredonnements enjoués, ses deux frères "les sauvages" et sa demie-soeur, isolée au sein de la famille, probablement malheureuse, sans doute mal aimée, qui s'évadera dans un mariage désapprouvé.
On connaît l'importance du personnage de Sido dans la généalogie de l'oeuvre de Colette, mère recréée, sublimée, toute-puissante et inspiratrice. Je l'ai ressentie comme une présence incontournable, se mêlant de tout, surveillant tout, sachant tout, écrasante. Elle apparaît plus dévouée à ses fils qu'aimante envers ses filles, oublieuse de l'aînée et alternant mots tendres et rosseries envers la plus jeune. Bien sûr, le personnage est puissant et solaire, mais ridiculement sentencieux et extrêmement conventionnel malgré les efforts de l'auteure pour lui conférer une tournure d'esprit originale. Cette femme que Colette a voulu nous montrer comme cosmique et en fusion avec la nature pour en faire sa source de création, était, on peut le supposer aussi, et cela transparaît à travers les évocations, une femme piquante tenant son entourage sous sa férule.
Son époux au contraire, le Capitaine attire aussitôt la sympathie : il est un mutilé de la grande guerre où il perdit une jambe, décoré et devenu percepteur de sa commune, politicien raté, écrivain fantasmé, médiocre gestionnaire de ses affaires ; mais adroit de ses mains, excellent nageur malgré son handicap, un être doux et secret, époux probablement fidèle, jouant patiemment le jeu de la paternité sans y paraître vraiment investi tant le véritable centre de son univers était son épouse, Sido. Malgré tout aimant ses enfants, et valorisant surtout sa cadette : ayant remarqué très tôt ses capacités intellectuelles, il lui soumettait ses discours de politicien local pour avis.
Les portraits des deux frères de l'auteure sont remplis de tendresse et dignes de la grande littérature. Que dire enfin de sa pauvre soeur aînée, mal aimée, mal mariée, et dont on sait qu'elle finira pas se suicider ?
Voilà donc en plus des bois et du terroir bourguignon qu'elle aimera à la folie, le terreau humain où Colette assoira sa création.
Un grand style sert cette oeuvre clé : Sido est l'un des plus beau livre de Colette, et aussi l'un des plus courts.
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jbicrel
  06 juin 2021

Sido, c'est le titre de ce recueil, écrit par Colette en 1929 pour évoquer son enfance et sa famille. Certes l'ouvrage se compose de trois chapitres, "Sido", "Le Capitaine" et "Les Sauvages" accordant aux fils et au père une partie a priori égale à celle qui est consacrée à la mère, Sido mais l'ensemble est clairement dominé par l'image de Sido, de sa complicité avec l'autrice enfant dans leur jardin rempli de fleurs et d'échos.
Pour recréer par l'écriture, ce jardin d'Éden de sa maison natale, Colette alors qu'elle est désormais âgée de 56 ans, retrouve les mille et un noms et couleurs des plantes cultivées par sa mère : "O géraniums, o digitales... Celles-ci fusant des bois taillis, ceux-là en rampe allumés au long de la terrasse, [...] "Sido" aimait au jardin le rouge, le rose, les sanguines filles du rosier, de la croix-de-Malte, des hortensias et des bâtons-de-Saint-Jacques, et même le coqueret-alkékenge, encore qu'elle accusât sa fleur, veinée de rouge sur pulpe rose, de lui rappeler un mou de veau frais" Elle ajoute aussi quelques " bulbes de muguet, quelques bégonias et des crocus mauves, veilleuses des froids crépuscules" sans oublier les arbres, "bosquet de lauriers-cerises dominés par un junko-biloba."...
Au milieu de ce jardin d'Eden, Sido telle une majestueuse déesse, "repoussait en arrière la grande capeline de paille rousse, qui tombait sur son dos, retenue à son cou par un ruban de taffetas marron, et elle renversait la tête pour offrir au ciel son intrépide regard gris, son visage couleur de pomme d'automne. Sa voix frappait-elle l'oiseau de la girouette, la bondrée planante, la dernière feuille du noyer, ou la lucarne qui avalait, au petit matin, les chouettes ? Ô ¨surprise, ô certitude... D'une nue à gauche une voix de prophète enrhumé versait un "Non, Madame Colê...ê...tte !" qui semblait traverser à grand peine une barbe en anneaux, des pelotes de brumes, et glisser sur des étangs fumants de froid."
Colette fait ainsi renaître les sensations de son enfance et avec elles tout un passé pourtant révolu. En effet, cette déesse-mère qui lui apprenait la vie et la nommait "mon Joyau-tout-en-or" finit par mourir laissant après elle son "Capitaine" qui "l'aimait sans mesure" mais qui "ne s'intéressait pas beaucoup, en apparence du moins, à ses enfants" et sa fille aînée "habitée par le fantôme littéraire des héros" et mal mariée, son fils aîné, un "sauvage" devenue médecin, son fils cadet, resté "sauvage" bien après l'enfance et notre Colette dont la plume magique fait renaître son enfance dans le paradis de la maison natale de Saint-Sauveur-en-Puisaye que j'espère visiter un jour.

Lien : http://www.lirelire.net/2021..
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jfponge
  07 avril 2019
Sido, la mère, le Capitaine, le père, Les Sauvages, ses deux frères. L'enfance de Colette s'est déroulée entre ces quatre êtres, au sein d'un foyer fusionnel dominé par la figure de la mère. Dans ce court roman, l'auteure brosse leur portrait, à sa manière, certes quelque peu "maniérée" mais dans une langue si riche et si belle qu'on ne s'ennuie jamais même lorsqu'au bout du compte on se demande de quoi elle a bien voulu parler. Une enfance heureuse, donc, de l'aveu de Colette, même si on peut émettre quelques doutes, tant la figure de Sido semble fortement retouchée. Cette femme fantasque, rebelle et tout à la fois fortement attachée aux traditions, autoritaire et pourtant aimée à la folie, a dû quelque peu perturber cette fillette qui a bien du mal à trouver sa place entre ses deux frères, choyés par leur mère, et une grande soeur qui a su très tôt prendre le large. Une chronique familiale pleine de tendresse, s'efforçant à la sincérité, à lire et à relire pour comprendre le destin étrange de cette écrivaine, devenue à la force du poignet un fleuron de la littérature française du vingtième siècle…
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
indelebilevagabondeindelebilevagabonde   21 août 2017
Mais que tu as donc l'air bête aujourd'hui, ma fille ! ... D'ailleurs tu es beaucoup plus jolie quand tu as l'air bête. C'est dommage que cela t'arrive si rarement. Tu pèches déjà, comme moi, par excès d'expression. J'ai toujours l'air, quand j'égare mondé, d'avoir perdu un parent bien-aimé... Quand tu prends l'air bête, tu as les yeux plus grand, la bouche entrouverte, et tu rajeunis... A quoi penses-tu ?

- A rien, maman...

- Je ne te crois pas, mais c'est très bien imité. Vraiment très bien, ma fille. Tu es un miracle de gentillesse et de fadeur !
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kuroinekokuroineko   08 février 2018
Je ne peux m'empêcher de rire en constatant combien tous les Parisiens sont fiers d'habiter Paris, les vrais parce qu'ils assimilent cela à un titre nobiliaire, les faux parce qu'ils s'imaginent avoir monté en grade.
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jbicreljbicrel   06 juin 2021
Surtout elle nous rapportait son regard gris voltigeant, son teint vermeil que la fatigue rougissait, elle revenait ailes battantes, inquiète de tout ce qui, privé d’elle, perdait la chaleur et le goût de vivre. Elle n’a jamais su qu’à chaque retour l’odeur de sa pelisse en ventre-de-gris, pénétrée d’un parfum châtain clair, féminin, chaste, éloigné des basses séductions axillaires, m’ôtait la parole et jusqu’à l’effusion.

D’un geste, d’un regard elle reprenait tout. Quelle promptitude de main ! Elle coupait des bolducs roses, déchaînait des comestibles coloniaux, repliait avec soin les papiers noirs goudronnés qui sentaient le calfatage. Elle parlait, appelait la chatte, observait à la dérobée mon père amaigri, touchait et flairait mes longues tresses pour s’assurer que j’avais brossé mes cheveux… Une fois qu’elle dénouait un cordon d’or sifflant, elle s’aperçut qu’au géranium prisonnier contre la vitre d’une des fenêtres, sous le rideau de tulle, un rameau pendait, rompu, vivant encore. La ficelle d’or à peine déroulée s’enroula vingt fois autour du rameau rebouté, étayé d’une petite éclisse de carton… Je frissonnai, et crus frémir de jalousie, alors qu’il s’agissait seulement d’une résonance poétique, éveillée par la magie du secours efficace scellé d’or…
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kuroinekokuroineko   12 février 2018
Ouvre la fenêtre et la porte, et courons vers la fin dorée de ce jour gris, car je veux cueillir sur la grève les fleurs de ton pays apportées par la vague, - fleurs impérissables effeuillées en pétales de nacre rose, ô coquillages...

Jour gris
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indelebilevagabondeindelebilevagabonde   25 février 2017
Ta tranquille joie veillait sur ma folie, et quand j'ai tendu la main pour atteindre ces églantines, tu sais, d'un rose si ému,----la tienne a rompu la branche avant moi, et tu as enlevé, une à une, les peties épines courbes, couleur de corail, en forme de griffes....Tu m'as donné les fleurs désarmées...p.108
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Vidéo de Sidonie-Gabrielle Colette
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La présentation de Pour un herbier est disponible sur la chaîne de Citadelles & Mazenod : https://www.youtube.com/watch?v=MN8I8...​
Celle de Les jardins de Weleda sur la chaine des éditions du Rouergue : https://www.youtube.com/watch?v=Lv0w6...​
Musique du générique d'intro par Anna Sentina.
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