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ISBN : 2070145786
Éditeur : Gallimard (05/05/2014)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 29 notes)
Résumé :

Ederlezi retrace l'histoire, à travers le XXe siècle, d'un fameux orchestre tzigane composé de musiciens virtuoses, buveurs, conteurs invétérés, séducteurs et bagarreurs incorrigibles.

Ils colportent leurs blagues paillardes, leurs aphorismes douteux et leurs chansons lacrymogènes de village en village. L'orchestre sombrera dans les grands remous de l'histoire : englouti en 1943 dans un des camps d'extermination où périrent des milliers d'aut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  03 juin 2014
Sur leur passage tout est bouleversé, ils remuent ceux qui aiment le confort d'une vie sédentaire car ils sont des hommes aux semelles de vent et à l'âme de feu, "poètes et trafiquants d'armes". La lascivité de leurs danses et de leurs chants trouble la quiétude des villages qu'ils traversent, ils inquiètent.


Velibor Colic nous offre là une bible tzigane qui nous conte l'épopée légendaire sublime et tragique d'une lignée de musiciens et chanteurs, de ces semeurs d'étoiles qui font vibrer ceux qui les entendent à travers «des complaintes vieilles comme la douleur», des hommes qui traversent les tragédies du XXe siècle en vivant passionnément, des nuits d'ivresse faites de chants et d'amour, des hommes qui seront pris dans les mâchoires d'un monde qui a de plus en plus «une gueule de chien enragé».

Un livre emprunt d'une sagesse éternelle pleine d'humour jusque dans la tragédie, dont on sort ébloui, le coeur plein de rires et de larmes.

«Quand vous trouvez un os sur le chemin, souvenez-vous qu'un jour la viande le recouvrait. Retenez bien ceci, mes amis : ce n'est pas la chair qui est réelle, c'est l'âme. La chair est tendre, l'âme est flamme.»
«En bon Tzigane, Ezequiel parlait cinq ou six langues, mais seulement au futur.
--- Pour moi, confirma-t-il, le présent n'existera pas, seulement l'éternité.
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wellibus2
  30 mai 2015
Ce n'est pas un roman à lire d'une traite car il n'est pas facile à lire bien que l'écriture et la narration soit fluides. L'action est lente et répétitive. Il faut prendre le temps de savourer les nombreuses anecdotes qui étayent le roman, de s'imprégner des légendes (comme le célèbre duel entre la vieille Marishka, un peu sorcière et la terrible Papillone- une vampire)
.
Les descriptions détaillées des personnages (tous superbes) permettent d'entrer dans l'ambiance particulière du roman.
Souvent l'auteur passe d'un personnage à l'autre sans préciser ni le temps ni le lieu. Certains personnages se retrouvent plusieurs fois au cours du siècle. D'autres disparaissent à jamais, à moins qu'eux aussi ne se réincarnent ?
Tout n'est pas dit ou expliqué et il arrive souvent qu'on perde la trace d'Azlan pendant quelques jours, semaines, mois ou années pour s'attacher à tel ou tel autre personnage secondaire pendant ce temps. Ces digressions peuvent perturber les lecteurs trop jeunes ou les impatients :)
Dans ce roman, l'auteur rend hommage au peuple tzigane et à son patrimoine culturel. Il rend hommage aussi à ces femmes et à ces hommes inconnus et à la richesse de leur culture. Azlan devient le symbole du Rom errant éternellement sur les routes, traversant les décennies porté par la seule musique. Il est impossible de de le supprimer car il renaît de ses cendres et revient toujours avec courage pour recommencer à vivre... Perpétuel bouc émissaire, Azlan représente la "figure intemporelle de celui qui n'a pas de pays et fuit toujours ne sachant pas où aller ni où se poser".
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OumG
  19 novembre 2017
Pas d'humeur à écrire une critique, aujourd'hui, et vous n'avez sans doute pas envie de lire tout un texte, alors si vous voulez, écoutez juste https://www.youtube.com/watch?v=lcyZS2plxvk

Šaban Bajramović (ai-je bien posé les accents ? j'ai fait un copier/coller) est un peu un des personnages du livre, dans sa deuxième incarnation, avec son mambo noir, il n'est pas mort dans un camp de concentration, ni dans une purification ethnique ou dans la jungle de Calais, mais il a appris à chanter au bagne.
Velibor Čolić (idem pour les accents), exilé lui aussi, de son pays, comme de sa langue, livre une galerie incroyable de portraits de musiciens et sages Tziganes sur plus d'un siècle, avec leur pauvreté, leurs légendes, leur sagesse d'alcooliques, leur excentricité, leurs rendez-vous dramatiques avec les gadjos, et surtout leur musique, mais malgré tout pleine d'entrain et de bons mots. Et en guise de conclusion, rien à dire de plus que https://www.youtube.com/watch?v=CuRJh93oNQI
(« il y a deux façons de jouer de la musique : on peut la jouer juste ou la jouer comme des tziganes »).
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JeanPierreV
  02 août 2016
Un titre qui ne peut qu'intriguer, un mot inconnu dans la langue française, un auteur, dont je n'avais pas entendu parler, édité chez Gallimard, il n'en faut pas plus pour saisir un livre sur les étagères d'une bibliothèque...Quelques pages lues au hasard et immédiatement l'espoir de tenir entre les mains quelques heures de dépaysement, de découverte, d'humour et de gravité.
Ederlezi, ou fête de la Saint Georges célèbre l'arrivée du printemps, du renouveau, du départ pour les Tziganes qui à cette date quittent leur villégiature hivernale, leur village Strehaïa, pour courir le monde..Ne le cherchez pas sur une carte....Un village qui au cours des périodes du livre sera tantôt en Macédoine, tantôt en Yougoslavie, tantôt dans le royaume serbe
Azlan, est le personnage principal de ce roman, un personnage à trois identités, meurt, on le sait dès la première ligne du livre "...je m'appelle Azlan Tchorelo, Azlan Bahtalo, Azlan Chavoro Baïramovitch, et je suis mort ce matin. Hier encore j'étais un Rom et un parrain, mari, oncle et frère -maintenant je suis juste un corps, long et froid, avec quelques taches gris cendre sur mon visage. Hier encore j'étais chanteur, arnaqueur, ange noir, maître du couteau et bourlingueur, aujourd'hui, je me trouve sur une table en métal déposé quelque part dans un hôpital de Calais"
Quelques lignes qui résument ce livre, et quel livre !
Velibor Čolić va nous transporter dans trois époques du XXème siècle, de la deuxième guerre Mondiale, à la jungle de Calais, en passant par la guerre des Balkans en accompagnant un orchestre Tzigane, qui chaque fois renaît à la vie, comme son chanteur, et ses membres morts tous de morts violentes ...des renaissances qui font de ce roman picaresque un conte.
Un conte pour nous rappeler les traditions de ce peuple tzigane millénaire, traditions qui nous transportent en Inde.
Des traditions dont l'auteur et les personnages se moquent avec humour, amateurs de femmes, mangeurs de hérissons rotis, crasseux, alcooliques, chapardeurs, et surtout musiciens de talents, musique qu'ils ont dans le sang, dans les gènes. Des personnages qu'il nous dépeint aussi avec gravité...des hommes toujours en butte à l'ostracisme, au rejet, à la police, aux persécutions. le burlesque côtoie le drame, l'amour des femmes et de l'alcool côtoie le couteau et la mort violente
Alternant pour chaque période du roman humour, dérision et gravité, Velibor Čolić, s'attache à nous décrire la permanence de cette culture, qui malgré les crimes de l'histoire renaît de ces cendres
Et si Azlan renait joyeusement à la vie quelques années après sa mort, toujours violente, en conservant les stigmates de ses morts précédentes, c'est sans aucun doute pour nous dire que ce peuple, aussi, a été de tout temps rejeté, exterminé, sans jamais être détruit. Il vit dans une apparente insouciance, faite de musique, de vie au jour le jour, sans s'attacher aux biens matériels, et surtout sans oublier d'où il vient, les étapes de mort qu'il a dû affronter au cours de l'Histoire.
L'éditeur précise à la fin du livre : " Dans ce texte, l'auteur a utilisé, librement et selon les besoins du récit diverses citations" et il cite de nombreux auteurs allant de Freud à Rimbaud, Woody Alleen, Boby Lapointe et bien d'autres...auteurs qui n'ont jamais écrit sur le monde tzigane. Une façon comme une autre, selon moi, de dire : "Ce qui a été écrit en d'autres occasions s'applique aussi à la culture de ce peuple tzigane, un peuple qui appartient lui aussi à notre monde"
Un merveilleux roman pour découvrir ce peuple tzigane, ses traditions, sa culture, et une partie de l'histoire de ses persécutions. Un livre d'amour dans tous les cas.
N'hésitez pas!

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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5Arabella
  19 juillet 2017
Strehaïa, un village quelque part en Bosnie. Peuplé de tziganes, un peu mélangé à toutes les populations qui vivent autour, mais tziganes avant tout. Séducteurs, un peu voleurs, mais surtout musiciens. Un homme symbolise un peu tous ces Tziganes, Azlan Tchorelo Baïramovitch, né au début du XXe siècle. Il va fonder un orchestre fameux, qui va voyager et jouer une musique nourrie aux inspirations diverses jusqu'à la deuxième guerre mondiale. Mais l'histoire va rattraper les musiciens, et les faire taire. Mais comme les chats, les Baïramovitch ont plusieurs vies, et Azlan va connaître deux réincarnations, une qui lui permettra de vivre l'époque troublée de l'après guerre, de Tito, et une autre qui lui fera connaître l'ère des bouleversements post communistes, des mouvements de populations, en particulier des Tziganes, à travers l'Europe, bien peu accueillante. le tout en musique.
Un récit entre conte, poésie, rêve, qui fait revivre un siècle de l'histoire européenne vue par prisme des Tziganes. On peut parler de réalisme magique, cela évoque les films de Kusturica. Nous ne sommes pas dans un récit structuré qui recherche la vraisemblance, des épisodes très proches reviennent régulièrement, des personnages sont des archétypes, il n'y a pas de véritables portraits psychologiques. Cela va très vite, et il vaut mieux connaître un peu les événements politiques évoqués en arrière plan pour suivre tout cela.
Cela a du charme, et Velibor Čolić écrit merveilleusement bien, ce qui est d'autant plus méritoire qu'il écrit maintenant en français. C'est incontestablement un bon livre, même si je trouve qu'on reste un peu dans de l'attendu par rapport au sujet, qu'on survole un peu tout cela (le livre fait 200 pages). Mais un beau voyage, on aimerait presque pour l'apprécier davantage avoir en arrière fond la musique jouée par ces sacrés Baïramovitch.
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critiques presse (3)
LePoint   03 novembre 2014
Čolić qui, tel un peintre flamand, fait surgir des pages, visages, dégaines, jusqu'aux odeurs, dépeint ses personnages en jouisseurs invétérés et joue sur les clichés.
Lire la critique sur le site : LePoint
LePoint   13 juin 2014
Avec "Ederlezi", son dernier livre, l'écrivain bosniaque Velibor Čolić signe une comédie flamboyante qui interroge la figure du "Rom errant".
Lire la critique sur le site : LePoint
LePoint   11 juin 2014
Avec "Ederlezi", son dernier livre, l'écrivain bosniaque Velibor Colic signe une comédie flamboyante qui interroge la figure du "Rom errant".
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   02 juin 2014
De mon vivant, j’étais de partout et de nulle part, j’étais tout le monde mais aussi personne. J’étais un grand soleil et parfois des nuages ; tantôt l’ombre mais très souvent la lumière. J’étais l’eau fraîche et le sang chaud, l’enfant illégitime de chaque nation. Moustachu, barbu et pieds nus ; j’étais le saint des pauvres et le sel de la terre. J’étais l’oiseau, les percussions et chaque instrument à cordes. Compteur et conteur, poète et chanteur. J’étais celui qui porte le violon sur son épaule ; celui qui rendait vos rêves possibles. J’étais voyageur, fou du roi, paysan sans terre et apôtre, témoin et traître.J’ai fait mille fois l’amour et jamais la guerre.

(...) Une chose est sûre : mon nom est Azlan Tchorelo, Azlan Bahtalo et Azlan Chavoro Baïramovitch et je suis mort ce matin.

Voici mon histoire
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OumGOumG   09 novembre 2017
Parmi les innombrables histoires le concernant, il en est une qui prétend que Salko Baïramovitch, qui se croyait musulman, fut « converti » au christianisme. Lors d’un voyage en Bosnie, il se présenta, selon cette histoire, chez le célèbre ouléma et imam de Sarajevo, hodja Ildan Dizdarevic.
- J’ai un problème avec ma femme, se plaignit-il, elle me trompe.
- Chasse-la ! rétorqua aussitôt hodja Ildan.
- Oui, mais je l’aime beaucoup…
- D’accord, je vois, soupira le hodja, garde-la alors chez toi.
- Mais, insista Salko, elle me trompe tout le temps…
- Eh bien, que faire ? Chasse-la, je t’ai déjà dit !
- Mais comment… Je l’aime tant…
- Ecoute, Salko, s’écria finalement hodja Ildan, sais-tu ce qu’il te faut faire ?
- Quoi ?
- Changer de religion, mon fils.
- Mais pourquoi ?
- Tu iras un peu embêter le pope, pour changer, conclut le hodja.
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nadejdanadejda   02 juin 2014
Nanosh Baïramovski soufflait dans sa trompette comme si sa vie en dépendait. Et rien qu’à ces moments-là on aurait pu oublier son corps faible et frêle, son visage de clown triste et ses mains qui tremblaient au rythme irrégulier de ses poumons malades. Le son qui sortait de son instrument cabossé était cristallin. On avait l’impression que chaque note se transformait en un papillon nocturne, bleu et éphémère, qui à son tour devenait une part infime d’une sublime mélodie.
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OumGOumG   16 novembre 2017
Il existe sept sortes de tristesse, enseigna le maître Zohan, la tristesse de la mère qui a perdu son enfant, celle des jeunes filles abandonnées, celle de l’homme qui a la nostalgie de sa terre natale. La tristesse du départ, la douleur de l’oubli et les pleurs de l’homme qui s’aperçoit qu’il a raté sa vie. Mais la pire de toutes est celle du chien privé de son os. Car il ne comprend pas pourquoi il ne l’a plus, bien qu’il l’ait mérité. Voilà, pour devenir le chanteur, mon neveu, il faut aboyer et aboyer toute sa foutue vie comme ce chien.
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wellibus2wellibus2   30 mai 2015
Sur le chemin du retour, l'orchestre s'arrêta plusieurs jours à Gradacac, ville bosniaque célèbre pour sa slivovitz particulièrement parfumée et douce, où Azlan tomba amoureux d'une jeune fille noble, issue de la famille du glorieux résistant et héros bosniaque Husein le Capitaine.
La belle Azra n'était pas indifférent non plus mais son oncle coupa net, et avec une matraque, cette idylle naissante.
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