AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2370731273
Éditeur : Allary Editions (01/03/2018)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Le problème avec les enfants, c'est qu'ils grandissent. Un jour, sans prévenir, ils claquent les portes, rapportent de mauvaises notes et ne s'expriment que par onomatopées. Surtout, ils cessent de vous considérer comme un dieu sur terre. Et ça, il faut l'encaisser.
La science explique qu'ils n'y sont pour rien. C'est leur cerveau en formation qui les rend feignants, impulsifs et incapables de ramasser leurs chaussettes. N'empêche. On n'a jamais rien créé de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  02 août 2018
Nous entrons dans une famille où le père sera le narrateur des aventures tumultueuses de Paul, 15 ans, qui remue tout ce petit monde par sa révolte envers l'école, ses notes incessantes, sa menace de se faire renvoyer, son jugement négatif vis-à-vis de son père, de sa mère, de sa petite soeur.
Le père affronte le fils, la mère, Léa est plus tempérée.
Dans tout ce remue-ménage et ce quotidien, il n'existe aucune place pour la vie à deux.
Le père se rend au rendez-vous fixé par le proviseur de Paul et l'entretien se passe mal.
C'est à ce moment que notre narrateur dresse un portrait impitoyable de l'école et effectue un geste rageur en douce.
Tout cela se passe pendant l'année des attentats de Paris et ceux de Bruxelles, ville où la famille habite.
Les enfants empruntent le métro chaque jour et ce sera le moment de découvrir une des facettes cachées de l'adolescent.
La valeur d'un être ne se situe pas que dans les notes scolaires.
Une fiction de vie agréable à lire où l'humour m'a surprise à de nombreuses reprises dans les situations et dans les mots.
Je connaissais Jérôme Colin comme journaliste dans "Hep Taxi" . Tout en conduisant, il mène un entretien très intéressant avec des personnes connues du cinéma, de la chanson, de la littérature. Il anime aussi une émission "Entrez sans frapper" sur la Une radio belge. Son travail est loin d'être superficiel.
"Le champ de bataille" est son deuxième roman. Il s'adresse surtout aux quadragénaires.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          563
hcdahlem
  10 mars 2018
J'ai quinze ans et je vous em…
Pour son second roman, Jérôme Colin s'appuie sur son expérience de père de famille pour raconter l'adolescence. Et mettre du baume au coeur de bien des parents.
S'il existe bien des raisons de choisir un livre, la principale – vous en conviendrez – est l'envie que l'on a d'être emporté par l'histoire. Soit qu'elle vous emmène très loin, vous fait découvrir un monde inconnu, soit qu'elle vous touche parce que vous avez vécu de semblables situations, de pareilles émotions. Jérôme Colin m'a touché au coeur. À tel point que nous avons organisé une séance de lecture collective en famille et à haute voix. Mon épouse a eu ce cri du coeur après le premier chapitre «nous ne sommes pas seuls!», mon fils de quinze ans s'est soudain trouvé tout à fait «vivable» et moi je suis pris pour un psy, capable de réconcilier tout le monde avec cette bibliothérapie!
En parlant de psy, je crois que la meilleure façon de vous faire entrer dans ce roman est de suivre la séance chez la psy du narrateur, père de famille confronté à un adolescent difficile qui use son couple:
« – Alors, comment ça se passe ? m'a-t-elle dit.
– Pas trop mal. C'est la rentrée des classes... Jusqu'ici, tout va bien.
– Très bien ! Et votre femme ?
– Elle me manque.
Elle m'a regardé comme les psys savent le faire. J'ai embrayé. J'avais envie de retrouver notre vie d'avant les enfants. de retrouver la femme dont j'étais tombé amoureux, celle qui laissait traîner ses culottes, qui acceptait de rester au lit toute la journée pour regarder des films, et qui, en passant derrière moi, , caressait doucement mes fesses. Tout avait disparu. Combien de temps reste-t-il pour s'aimer quand vous devez vous réveiller à l'aube, préparer le petit déjeuner, torcher un cul, ramasser du vomi, donner à manger, changer le lange, habiller l'enfant, calmer ses pleurs, le mettre dans la voiture alors que le jour n'est pas encore levé ? L'attacher à ce satané siège-auto. L'emmener chez la gardienne et le lâcher avec une certaine culpabilité pour être à l'heure au travail. Supporter ensuite les demandes infondées et l'autorité abusive d'un patron pendant huit heures. Perdre son temps dans les embouteillages. Reprendre le gamin. Apprendre qu'il a tapé un petit copain chez la gardienne. Rentrer chez soi. Les mettre dans son parc. Payer quelques factures. Donner à manger. Torcher le cul. Faire une lessive. Relever ses e-mails pour ne pas être mal vu au boulot. Donner le biberon. Raconter une histoire. Mettre la lessive au sèche-linge. Repasser. Payer le reste des factures. Et enfin, alors qu'on termine à peine le rangement de la cuisine, aller se coucher. À l'instant où notre tête s'affaisse sur l'oreiller, penser que c'est décidément le plus beau moment du monde. Demander à son conjoint s'il a passé une bonne journée. Tomber de sommeil avant même d'entendre sa réponse. Et se réveiller toutes les trois heures. Combien de temps reste-t-il pour s'aimer dans cette vie là? »
Un long extrait, mais qui résume bien l'état d'esprit du narrateur. Et donne une bonne idée du style de ce roman qui sonde le quotidien avec un sens de l'observation très pointu et un humour dévastateur. Vous allez beaucoup rire à partager les péripéties familiales et sans doute aussi avoir quelque fois la larme à l'oeil. Mais n'anticipons pas.
Si avec Léa, la femme de sa vie, «l'indicible a disparu», il imagine que partir pourrait être une solution. Mais il ne part pas de peur d'être seul. Et sans doute pour essayer de se prouver qu'il peut encore sauver cette famille. Mais je vous laisse découvrir l'épisode de reconquête de son épouse préparé avec minutie («Cet anniversaire, c'était notre Everest. Un sommet auquel nous avions souvent rêvé») pour en venir à la pièce de résistance de ce roman lu d'une seule traite, à savoir Paul, le fils rebelle qui nous vaut cette belle définition : « Avoir un adolescent, c'est accepter de savoir perdre son temps. Et avoir de fréquentes envies de meurtre sans jamais passer à l'acte. » Car ce dernier a tous les symptômes de la crise d'adolescence. Il essaie de franchir les limites, il décide que les adultes sont des incapables et qu'ils ne sont sur terre que pour «faire chier», ils transforme sa chambre en foutoir, il s'en prend même à sa petite soeur Élise et, bien entendu, il ne travaille plus à l'école. Ce dernier point offre au père l'occasion de se solidariser avec son fils, car il s'oppose lui aussi cette école du Moyen-Âge et ce proviseur affublé du surnom de Monsieur Mollasson. L'école doit plutôt accueillir, aider et soutenir que rejeter et sanctionner. Mais Paul n'a cure des théories paternelles et poursuit son travail de sape.
Au fur et à mesure que le ton monte, que se mère essaie de recoller les pots cassés, on sent l'ampleur de la tâche, la difficulté à vivre ce psychodrame permanent. On attend le prochain coup plutôt que la rémission.
Jusqu'à ce jour où Bruxelles est à son tout victime d'attentats terroristes. Que la seule chose qui compte alors est de s'assurer que Paul et Élise sont sains et saufs. Que l'amour qu'on porte à ses enfants est au-dessus de leurs crises. Je n'en dirais toutefois pas davantage. S'il est un champ de bataille sur lequel vous devez vous précipiter, c'est bien celui-là! (pour ma part, je cours chercher le premier roman de Jérôme Colin que je n'ai pas encore lu).

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
AudreyT
  10 mars 2018
****
C'est un père qui parle... Un homme de 40 ans, qui se bat un peu plus chaque jour pour tenir face à son fils de 15 ans. Cet adolescent se fout de tout, des règles comme des professeurs, de ses parents comme de sa petite soeur. L'école le rejette et il devient difficile de lui parler.
Mais c'est aussi un mari... Un homme de 40 ans, qui voit chaque jour ses 20 ans et sa femme s'éloigner et qui a du mal à faire le deuil de ses vies rêvées.
Alors il s'isole, dans les toilettes familiales, au milieu des carreaux bleus et du silence...
Jérôme Colin écrit ici un très beau et bon roman. Il évoque avec beaucoup de justesse et de pudeur, la vie de famille, la vie de couple, le temps qui passe et les rêves qui s'éloignent. Comment être un bon père, un bon époux mais aussi s'épanouir et aimer qui l'on devient. Chaque mot est pesé, chaque mot sonne juste, et on ressent tout autant le malaise, l'amour, le désespoir et la fierté, que chaque parent peut vivre face à ses enfants qu'on ne voudrait pas voir grandir trop vite...
Merci à NetGalley et aux éditions Allary pour le partage de ce roman...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
nathavh
  22 février 2018
Attention pépite, gros coup de coeur. A lire absolument. Soyez curieux.
C'est le deuxième roman de Jérôme Colin, un auteur qui se confirme. J'ai vraiment dévoré "Le champ de bataille". Ce roman est un magnifique cri d'amour familial.
Le narrateur est en plein questionnement, marié depuis vingt ans, père de deux enfants, Paul et Elise. Il ne va pas bien. Son fils Paul a quinze ans, du jour au lendemain, le monstre est passé; l'adolescence !
En commençant la lecture de ce roman, j'ai eu l'impression que Jérôme Colin était chez nous, à la maison. Maman d'un jeune ado de treize ans, réclamant sans cesse contre l'injustice, claquant les portes pour un oui, pour un non, râlant continuellement lorsque l'on aborde le sujet de l'école... , je me suis dit, ce n'est pas possible, il décrit ce que l'on vit. On s'identifie, on se pose les mêmes questions.
"Combien de temps reste-t-il pour s'aimer" Quelle est en effet la place du couple aux assauts de l'adolescence ?, est une autre question posée au début du récit. On s'aime, les enfants arrivent, ils grandissent, la fatigue s'accumule, la routine s'installe, les conflits naissent de plus en plus souvent à cause des enfants qui s'affirment. Comment faire pour sauvegarder l'amour et le couple ? Éviter la crise, entretenir la flamme ?
Le narrateur ne va pas bien du tout, il a du mal à trouver sa place dans son couple, dans sa famille en tant que père. Il cherche une façon de communiquer, d'aimer. Il se pose énormément de questions, il est maladroit dans sa façon d'aimer.
Depuis le départ, il a le sentiment de s'éloigner de sa femme qui imperturbable "construit" son puzzle. L'air de rien, elle construit l'unité familiale, colmatant les brèches par son calme, son bon sens. Elle a réponse à tout, est calme, constructive, réfléchie, prend du recul et est solide comme un roc. A mon sens, elle est le fil rouge essentiel du livre, elle veille à garder l'unité de cette famille.
La violence est un des sujets du livre à plus d'un titre, familiale avec les problèmes de communication de l'ado, scolaire mais aussi celle du monde dans lequel on vit. Comment préserver la famille, conserver l'amour face à la révolte provenant de nos ados ?

L'auteur nous amène habilement d'un champ de bataille à un autre, on parle aussi de l'école, de sa violence, de l'exclusion scolaire beaucoup trop pratiquée chez nous. Souvent par facilité, les écoles font passer leurs droits avant ceux des autres, les droits des adultes priment souvent sur les droits des enfants.
On parlera enfin de la violence présente dans le monde, être ado aujourd'hui est sans conteste plus compliqué que de l'avoir été par le passé. Les réseaux sociaux, les médias relaient continuellement l'agressivité, l'animosité quotidienne du monde, les jeunes sont continuellement connectés. Je ne vous en dévoile pas plus mais ce roman intègre intelligemment l'actualité de notre époque, l'insécurité.
J'ai vraiment adoré la plume, la sensibilité de l'auteur à la recherche de la manière d'être un bon père.
Ce père qui essaie de comprendre qu'être ado n'est pas comme il le pensait indolore pour ses proches. C'est difficile, il l'exprime très bien. C'est difficile aussi de dire qu'on dit jamais assez aux gens qu'on aime, qu'on les aime, qu'on est fier de ses enfants.
Je suis sous le charme vous l'avez compris, j'ai terminé cette pépite les larmes aux yeux touchée au plus profond de moi par l'émotion.
Merci Jérôme Colin pour ce magnifique témoignage d'amour.
Foncez, ça en vaut vraiment la peine. Un auteur belge à découvrir absolument. Je suis fière des auteurs de mon pays.
Ma note : un immense coup de ♥
Lien : https://nathavh49.blogspot.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          206
beatriceferon
  09 juin 2018
Un bilan dans la vie du narrateur, quadragénaire mal dans sa peau. Éloignement progressif d'avec Léa, sa femme, disputes incessantes avec Paul, l'adolescent dans toute son horreur, sur le point d'être renvoyé de l'école. Heureusement, il y a Élise, la petite dernière, si gentille avec son papa, mais pour combien de temps encore ?
Sûrement, tout va s'arranger. Pour son anniversaire de mariage, il a préparé une soirée mémorable. Sauf que, pour être mémorable, elle le sera : c'est ce jour-là que les terroristes ont choisi pour mettre Paris à genoux.
Ce roman, je ne peux pas dire que je l'attendais impatiemment. Il y a d'abord la couverture, peu engageante, qui me confronte au regard buté et arrogant d'un jeune homme maussade. Mais passons. Les bons lecteurs ne s'arrêtent pas à de tels détails. Et, comme on me le prête, ce livre, je vais le lire.
Peu de personnages. Nous sommes plongés dans le huis clos d'une famille. Il y a Léa, la mère, une pharmacienne accaparée par son boulot, d'autant que son officine est au rez-de-chaussée de l'habitation, et que des gens n'hésitent pas à sonner, les nuits de garde, pour réclamer de l'aspirine ou des stimulants sexuels. Paul, seize ans, « affalé sur le divan, le téléphone portable sur les genoux, la télécommande de la télévision dans une main et un paquet de chips dans l'autre » ne parle qu'avec des « mots de moins de six lettres », pour la plupart des insultes. On dirait que son seul but dans la vie est de faire enrager son entourage, « mettre [la] famille à feu et à sang », collectionner les mauvaises notes, rapports de discipline et plaintes du corps enseignant. Quand il daigne adresser la parole à son père, c'est pour lui lancer des « tu commences à me faire chier » ou le traiter de « Boulet ». Ambiance électrique partiellement améliorée par la gentillesse d'Élise, douze ans, qui révise avec papa, mais est, hélas, réfractaire aux matières scientifiques.
Le narrateur n'est jamais nommé. Dépassé par les événements, il consulte une psychologue en secret, mais est bien plus intéressé par son « jean moulant et une chemise blanche à col rond qui laissait deviner de tout petits seins » que par la recherche de solutions à ses problèmes. Chez lui, il fuit et se réfugie aux toilettes où il a entassé des classeurs consacrés aux destinations de rêve qui lui permettent de s'évader, de nier la grisaille de son quotidien. Il me paraît détestable. En dépit de ses quarante ans, il se comporte lui-même comme un adolescent attardé. Il est incapable de nouer un dialogue avec son entourage. Il ne se pose pas de questions sur sa responsabilité dans les problèmes qui empoisonnent sa vie. Et pourquoi le ferait-il, puisqu'il a un coupable tout désigné : l'école, qui ne comprend pas son fils (lui non plus) et ne cherche qu'à le brimer. Rappelons tout de même que Paul a uriné contre la porte de sa classe et a hurlé « Allahou akbar » dans la cour, sans même se demander ce que cela signifiait. Son père imagine de beaux dialogues avec son affreux rejeton, mais, puisqu'il ne les prononce pas à voix haute, ils ne servent à rien.
Son attitude machiste me hérisse. Il est mécontent lorsque la psy ne porte pas les tenues sexy qui l'émoustillent. Il croise la directrice de l'école et la jauge d'un coup d'oeil : elle portait un legging gris qui laissait déborder de larges bourrelets juste au-dessus des genoux. Pourquoi son mari la laissait-il sortir dans une pareille tenue ? »
Il n'accorde visiblement d'importance qu'à l'apparence. Une femme qui ne répond pas aux diktats de la mode est forcément une mocheté et une idiote. Il oublie qu'on ne vit plus à l'époque où les maris pouvaient imposer une tenue vestimentaire à leur épouse. Il ne sait que répondre au proviseur (son fils est accusé de trafic de drogue) et se venge comme un gosse. Il se sent terriblement fier en imaginant Paul comme un héros, mais ne songe pas qu'il aurait dû être à l'école au lieu de se promener en ville et qu'il aurait pu lui-même figurer au nombre des victimes.
L'auteur déteste manifestement l'enseignement et ses représentants. Peut-être a-t-il eu lui-même une scolarité éprouvante. Mais je n'accepte pas qu'il dénigre tous les professeurs sans exception. Oui, sans doute, il y en a qui ne font pas bien leur métier. Tout comme il y a des médecins qui vendent des certificats de complaisance ou des entrepreneurs qui facturent un matériel de qualité et utilisent, en réalité, des produits bas de gamme. Pour ma part, j'en connais beaucoup qui se dévouent corps et âme (moi-même, j'y ai laissé une partie de ma santé). Ils s'attachent à transmettre des connaissance et des techniques propres à former des adultes capables de se débrouiller dans la vie, quelle que soit la situation à laquelle ils devront faire face. Pour Jérôme Colin, ce ne sont que des bourreaux sadiques : « je l'imaginais (…) produire avec une certaine jouissance, un crissement avec la craie sur le tableau noir ». Selon lui, « l'école (…) juge toujours nos enfants sur leur capacité à accepter, tête baissée son système hiérarchique. » En ce qui me concerne, j'ai toujours mis mes élèves en garde contre l'argument d'autorité (c'est celui qui consiste à dire « c'est comme ça parce que », sans expliquer) et je leur ai répété des milliers de fois « vous n'êtes pas des béni-oui-oui ».
Apparemment, aucun professeur « n'avait pensé à émettre ne fût-ce qu'un infime signe d'encouragement. Il fallait casser. Fracasser. Déclasser. »
Quand je songe à tous mes anciens élèves qui me remercient d'avoir décelé chez eux des aptitudes dont ils se croyaient dépourvus, je suis triste de lire des phrases comme celle-là !
C'est pourtant le même homme qui, lorsque Paul lui lance : « qu'est-ce que ça peut te foutre ? C'est ma vie » rétorque « mais c'est nous qui te l'avons donnée ». Ce qui ne me paraît ni constructif, ni encourageant. Mais sans doute les enseignants doivent-ils faire avec les enfants des autres ce que les parents sont incapables de faire eux-mêmes. Notre narrateur, lui, ne trouve rien de mieux que de s'enfermer aux WC pour bouder, ou de détruire le mobilier.
Donc, non, je n'ai pas aimé ce roman. Il m'a révoltée et peinée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

critiques presse (2)
Lexpress   03 avril 2018
Jérôme Colin évoque avec une sorte de drôlerie dépressive cette nuit fatale où la bête dévore l'innocence pour en régurgiter un adolescent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   01 mars 2018
Jérôme Colin sort son deuxième roman : Quand les ados mettent la famille à feu et à sang
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   02 août 2018
J'ai expliqué à Elise qu'elle était malheureusement obligée de se plier à l'autorité du professeur, et qu'elle devait donc apprendre cette satanée définition. Toute sa vie, elle rencontrerait des cons et, malheureusement pour elle, ils occuperaient pour la plupart des postes hiérarchiques.
Le phénomène était inexplicable sur le papier mais empiriquement vérifié.
Commenter  J’apprécie          300
jeunejanejeunejane   01 août 2018
Mon doigt était pointé sur la note en rouge du proviseur. Il enchaîna :
- Et donc, plus personne ne peut dire " Allahou Akbar" sans se prendre une punition ou aller en prison.
.....
Et bien, tu n'as qu'à dire au proviseur que je priais, comme ça je serai excusé !
...
Non, vous me faites chier avec vos règles à la con ! Si ça continue, je vais me jeter par la fenêtre !
- Ben fais attention, ça fait mal !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
nathavhnathavh   27 février 2018
Trente ans plus tard, l'école n'a pas changé. Elle juge toujours nos enfants sur leur capacité à accepter tête baissée son système hiérarchique. Elle continue de célébrer ceux qui acceptent ses règles et d'éconduire au fond de la classe ceux qui ne parviennent pas à s'y plier. Elle persiste dans l'idée que toute promotion sociale doit automatiquement passer par elle. Et disqualifie ce faisant toute autre forme d'univers formatif : le groupe, la famille, les loisirs, la culture. Il n'y a que ses notes qui comptent. et elles sont fondées sur l'obéissance à des règles primitives : gavage, régurgitation. Pour ce faire, elle prend nos enfants en otage à temps plein dès qu'ils ont trois ans, pour qu'ils ne puissent jamais se douter de la possibilité d'une vie au-dehors.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
AgathethebookAgathethebook   29 juin 2018
Paul est notre fils aîné. Il nous déteste par amnésie. Il croit que nous sommes apparus dans sa vie il y a quelques mois pour lui dire de ranger sa chambre et travailler à l’école. Avant il n’y a rien eu. Nous n’avons pas pleuré de joie à sa naissance. Nous n’avons pas cherché son prénom avec excitation. Nous n’avons pas fêté son premier anniversaire et tous ceux qui ont suivi. Nous ne lui avons pas montré la mer. Nous ne lui avons pas appris à faire du vélo. Nous ne lui avons pas torché le derrière. Nous n’avons pas tendu nos mains vers lui quand il a fait ses premiers pas. Nous n’avons pas versé de larmes en l’emmenant pour la première fois à l’école. Nous n’avons pas passé nos samedis à le regarder jouer au football. Nous ne l’avons pas serré dans nos bras. Nous ne l’avons pas porté quand ses petites jambes lui faisaient mal. Nous n’avons pas fait de notre mieux. Non, nous ne sommes pas arrivés le jour de son quinzième anniversaire pour lui dire de ramasser ses mouchoirs et de mettre ses slips dans le bac à linge sale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
JuinJuin   25 juillet 2018
Ils n'ont pas besoin de t'avoir en permanence sur le dos, a-t-elle dit en me faisant signe de lui donner la serviette. Tu sais comment on élève les enfants? Les élever...Tu as compris le sens de ce mot ? Eh bien, on met beaucoup d'amour et un peu d'eau ! Voilà comment on fait ! Les élever, ce n'est pas tous les jours leur rappeler combien ils sont chiants, combien ils sont ingrats, combien ils sont paresseux, combien ils sont mauvais élèves. Tu veux leur rendre service? lâche-leur les baskets ! parce que, tu veux que je te dise ?
Elle a hésité un instant. Je lui ai fait oui de la tête.
- tu es inapte à être père !
(p 148)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Jérôme Colin (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jérôme Colin
Le 11.03.19, Simon Johannin était l'invité de Jérôme Colin dans ?Entrez sans frapper? (RTBF, La 1ère).
autres livres classés : littérature belgeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Jérôme Colin (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Français ou Belge ?

Georges Simenon

Francais
Belge

10 questions
317 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , littérature française , littérature belgeCréer un quiz sur ce livre
.. ..