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ISBN : 2370730579
Éditeur : Allary Editions (07/05/2015)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 55 notes)
Résumé :
À partir de quarante ans, la vie est toute tracée. C’est ce qu’il pensait avant de rencontrer Marie un après-midi dans un bar.

Il est chauffeur de taxi, père de trois enfants, marié depuis quinze ans, propriétaire d’une maison avec jardin en périphérie de Bruxelles et sa belle petite vie roulait tranquillement. Jusqu’à ce que Marie lui sourie et lui offre la possibilité d’un nouveau départ.

Ce n’est pas une décision qu’un homme prend fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
verobleue
  24 février 2016
Jérôme Colin, figure connue de la télé belge avec Hep Taxi ! est aussi chroniqueur dans un des magazines féminins auxquels je suis abonnée. C'est d'ailleurs là que j'ai commencé à apprécier sa prose. Plaisir que je me suis offert au salon du livre de Bruxelles. Additionné d'une dédicace, la première de ma vie de lectrice. Jérôme Colin est doté d'un certain charisme, a une prunelle séduisante et une incisive, la gauche légèrement de travers ce qui ajoute à son charme.
« Parce que je suis devenu quelqu'un d'autre »
Cette phrase de la page 70 d' « Éviter les péages » de Jérôme Colin, c'est exactement ce qu'un jour, j'ai ressenti.
La crise de la quarantaine... Etre une toute petite chose, accrochée aux barreaux de ce corps, du fond de son giron et ressentir cette injustice.
La crise de la quarantaine est un terme employé dans la société occidentale pour décrire la période de doute que ressentent certaines personnes à la « moitié de leur vie », ayant pour résultat une sensation de passer de la jeunesse à la vieillesse. Quelquefois, des évènements vécus lors de ces années là, tels que le vieillissement, la mort des parents, le départ de la maison des enfants peut déclencher cette crise. La personne atteinte souhaite alors faire des changements radicaux dans sa vie de tous les jours ou dans sa situation professionnelle, son mariage ou ses relations amoureuses. Source Wiki.
Et c'est la force de ce roman, chacun y trouve, y trouvera un peu de son histoire.
Revenons au héros du premier roman de Jérôme Colin, un night shift taxi-driver quadragénaire et hypocondriaque (il les accumule, non ?) qui travaille au son de la radio et de brefs dialogues avec ses clients.
Il s'étouffe dans la banalité de son quotidien et à ce moment de sa vie, la quarantaine, il rencontre une bouche enjôleuse, des boucles rousses. Envie de revivre ces sensations de la première fois. Faim de renouveau, faim de changement. L'interdit. le désir.
Mais il hésite, incapable de choisir, a la frousse. On suit son combat intérieur, ses errements, ses incertitudes.
Ça fait mal mais je suis assez d'accord avec la finalité : il faut du courage pour affronter son quotidien, se remettre en question, se relever et faire en sorte que l'ordinaire soit coloré et agréable à vivre.
Dévoré en deux jours. Séduite. Les phrases courtes, les mots bien choisis qui mitraillent, staccato rythmé et poétique.
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nathavh
  09 juin 2015
Jérôme Colin est un gars de chez nous. En effet, il est célèbre en Belgique car il anime le paysage audiovisuel : la présentation d'une émission tv depuis de nombreuses années : "Hep Taxi" , il reçoit dans un taxi de multiples personnalités -acteurs, chanteurs, écrivains - avec qui il partage l'intimité le temps d'une course. Il anime également une quotidienne en radio "Entrez sans frapper" talk-show sur l'actualité culturelle.
Lorsque j'ai vu qu'il publiait un premier roman, c'est naturellement que j'ai eu envie de le découvrir, une bonne idée car c'est un premier roman très réussi.
Notre narrateur est un homme ordinaire, il a trente-huit ans, est marié à Léa et père de trois enfants.
Un anti-héros qui gagne sa vie comme chauffeur de taxi, une vie qu'il n'a pas vraiment choisie. Lorsqu'il s'est marié et que son premier enfant s'est pointé, il a bien fallu arrêter de rêver et faire fasse à ses responsabilités, bosser était une nécessité et ce qui s'est présenté fut ce job qu'il a appris petit à petit à aimer.
"C'est devenu un métier. Et je me suis finalement mis à l'aimer. Découvrant peu à peu que j'aimais la solitude qu'impose l'exercice mais aussi les brèves rencontres qu'il provoque. Si je fais le calcul, en treize ans, j'ai dû charger à l'arrière de mon bahut plus ou moins cinquante mille personnes. Des gens heureux, d'autres malheureux. Des beaux, des moches. Des taiseux, des causants. Certains m'ont livré une partie d'eux-mêmes. Ensemble, nous avons fait un bout de chemin. Aussi petit soit-il mais un chemin tout de même. Ils paient. Ils ont le droit de se laisser aller. Moi je les emmène où ils veulent."

Dans son taxi, il y a des moments de solitude qu'il apprécie, les brèves rencontres avec les clients mais aussi la musique qui occupe une place importante dans sa vie et parfois qui lui donne des réponses à ses questions.
"Marcher sur l'eau. Eviter les péages. Jamais souffrir. Juste faire hennir les chevaux du plaisir"
"La nuit, je mens, je prends des trains à travers la plaine..." "Que ne durent les moments doux" , Bashung, d'autres belles références musicales , des chansons qui nous suivent, qui nous accompagnent durant notre vie et durant le lecture : Léonard Cohen, Jeff Buckley....
Des réponses car notre narrateur va se remettre en question : A-t-il fait le bon choix de vie ? Il a une famille, une maison, un lave-vaisselle, bien malgré lui une routine s'est imposée à son insu, depuis quand ?
Il se donne le droit au départ d'une rencontre, celle d'une jolie rousse, de se poser la question : Ma vie est-elle celle que je veux vivre ? Dois-je en essayer une autre ? Puis-je toucher d'autres peaux ?
La crise de la quarantaine est le thème principal de ce roman, mais aussi l'absence, le deuil à faire de sa vie, de son père qui l'a quitté mais qui est tellement présent, avec qui il aurait aimer débattre de tout cela. de la vision qu'il a eu de son père et de celle qu'il donnera de lui à ses enfants.

Que de questions qui à la lecture nous viennent à l'esprit. Un sujet partant du vécu de l'auteur qui nous interpelle tous au masculin ou au féminin. Quand bascule-t-on dans une vie normée ?
En lisant le roman, je me suis d'abord dit que ce n'était pas un grand exploit littéraire quand à l'écriture et au style, mais quelques jours après cette lecture, je pense le contraire car on est emporté, on tourne les pages, le roman se lit très vite et au final il en reste énormément de choses. Beaucoup de jolies phrases qui me parlent et raisonnent au plus profond de moi.
L'écriture est fluide, directe, proche de l'oralité, parfois rude, ironique et drôle aussi, elle nous secoue comme dans la vie.
La vie c'est plein de rencontres effectuées dans son taxi, diverses trajectoires de vies, une petite étude sociologique qui nourrit notre anti-héros. J'ai particulièrement aimé sa rencontre avec Henry. Les dialogues et réflexions avec son père disparu m'ont émue. C'est aussi un livre qui aborde l'acceptation du deuil.
Un livre vraiment touchant, une belle découverte, une belle plume avec laquelle j'ai passé un agréable moment de lecture. Deux mini-soirées pour avaler littéralement le roman, partagé avec le même enthousiasme par mon mari qui lui aussi a aimé cette petite perle d'émotion. Son avis suit.
Un petit coup de coeur pour moi, à découvrir sans plus attendre.
Ma note ♥♥♥♥♥
Un autre regard, l'avis de mon mari

Eviter les péages', une référence à la chanson ‘Osez Joséphine' d'Alain Bashung dont le souvenir du grand artiste qu'il fût est évoqué dans ce livre. Un premier livre pour cet homme de télévision et de radio, amoureux des livres et de la musique. Musique quasi omniprésente qui rythme les pages de ce récit. de Jeff Buckley à Leonard Cohen, les poètes de la chanson américaine mélangent dans leurs paroles tristesse, douleur mais aussi espérance et lumière.
C'est cela que l'on ressent à la lecture de ce livre qui comprend aussi des passages plus humoristiques voire carrément trash que j'ai un peu moins appréciés.
Quelle direction donner à sa vie? Quels choix entreprendre pour être soi-disant plus libre, plus heureux et réussir sa vie? Questions que se pose notre chauffeur de taxi arrivant à un tournant de sa vie (sa ‘midlife crisis'). Les rencontres avec ses clients, soit furtives, soit prolongées comme cet homme qui lui donne rendez-vous plusieurs soirs par semaine, lui donneront quelques clés quant à la décision à prendre.
Un premier essai transformé. Passé les premières pages, j'ai été happé par l'univers de notre taximan. Je me voyais conduire dans Bruxelles la nuit en écoutant Tom Waits. L'écriture est fluide en laissant une grande part aux dialogues entre les personnages. Il y a clairement une part autobiographique dans ce roman, notamment dans l'évocation de son père décédé.
J'ai hâte de découvrir son deuxième roman auquel il s'attelle déjà.
Sa note : 8.5/10

Lien : http://nathavh49.blogspot.be..
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svecs
  26 juin 2015
Cette chronique a été réalisée dans la cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.

Il est chauffeur de taxi à Bruxelles. Il sillonne la ville le soir, rencontre des clients sans vraiment les rencontrer.Il en a un régulier: Henry, vieux monsieur qui ne porte que des chemises à fleurs qu'il embarque chaque vendredi, samedi et dimanche à hauteur du 1243 Boulevard Anspach, à 20:30.
Il l'emmène dans un bar miteux de le rue des Hortensias, à l'autre bout de la ville. Pour le retour, Henry préfère la solitude.
Le reste se sont des courses qui se ressemblent toutes. A peine une sur 100 qui sort du lot.Et encore...Il n'avait pas rêvé cette vie-là.Il voulait être journaliste.
Diplôme en poche, il pensait que sa voie était tracée.Mais, à 23 ans, le premier enfant, pas vraiment programmé. Il fallait un taf. Face à l'urgence de sa situation, il a pris ce qui se présentait, en attendant mieux. Juste le temps de se retourner.Cela fait 15 ans que ça dure.Entre temps, deux autres enfants sont venus. Il s'en est pris pour 30 ans de crédit pour une maison.Parce qu'il en faut bien un pour sa famille.Pour sa femme, Léa, qu'il a follement aimé.Qu'il aime encore...L'aime-t-il seulement encore ?Il ne sait plus.
De cette vie de famille, il ne ressent plus que la routine, les tâches quotidiennes, les corvées...Un nid douillet dans lequel il étouffe.Léa semblent s'y plaire. Lui s'y noie un peu plus chaque jour.
Chaque matin, il dresse l'inventaire des douleurs qui l'assaillent. Cette douleur au testicule droit est-elle le signe d'un cancer? Et cette douleur intercostale qui l'ennuie depuis 12 ans, quel maladie annonce-t-elle ? Et cette raideur dans la nuque?Heureusement, il y a la musique qui l'accompagne partout.
Les souvenirs de concert.
Les chansons.Bashung. Souvenir intense de son dernier concert à l'AB.
Et ces paroles, comme un mantra
Marcher sur l'eau
Éviter les péages
Jamais souffrir
Juste faire hennir les chevaux du plaisir

Un beau programme qu'il s'est ingénié à ne pas respecter.
Les péages, il n'en a pas raté un seul.Il a 38 ans.Il rencontre MarieIl a déjà remarqué cette jolie rousse déjà aperçue dans les cafés de la place Flagey, lorsqu'il traîne avec son ami Benjamin, sans jamais avoir osé l'aborder.Un jour, il se lance.Il lui parle.Elle répond.S'en suivent 3 semaines de passion débridée.Et puis ?Rien. Tout s'arrête.Il ne sait pas quoi faire.
Quitter sa femme ? Tirer un trait sur 16 ans de sa vie ? Tirer un trait sur ses 3 enfants qu'il aime ? Tirer un trait sur une femme qu'il a aimé et qu'il n'est pas sûr de ne plus aimer.Et pourquoi ? Pour une passion éphémère qui ne débouchera peut-être sur rien d'autre qu'une nouvelles routine ? D'autres lave-vaisselle à vider ? D'autres étagères à fixer ? Un autre crédit ?Il ne sait pas.

Quand s'est-il retrouvé, sans le vouloir, sur cet autoroute de la vie, avec ses péages, mais sans chevaux hennissant de plaisir?Il cherche une réponse.Comme si sa vie en dépendait.D'ailleurs, sa vie en dépend.Il doit choisir.Léa ou Marie?Marie ou Léa?Il se raccroche à la musique qui rythme ses journées et ses nuits.Bashung, évidemment.Léonard Cohen.
Et, qui sait ? A Love Supreme de John Coltrane.
L'auteur de ce premier roman, Jérôme Colin est un journaliste culturel belge, connu pour Entrez sans frapper émission culturelle quotidienne sur la Première et comme présentateur d'une des meilleurs émissions d'interviews francophones: Hep taxi, dans laquelle il recueille les confidences de ses invités dans un taxi. Autant dire que le personnage principal de son roman est fortement inspiré de lui-même.
Pour son premier roman, il a pris pour sujet cette crise de la quarantaine, qu'il vient de traverser. Son livre est nourri de détails et de réflexions qui sonnent justes. Puis il y une écriture élégante et fluide qui vous entraîne.Et une bande originale qui transcende chaque page.Évidemment, question de génération et de goûts musicaux, ce livre me parle tout particulièrement.Bashung a l'AB, j'y étais en 2008.Anthem de Leonard Cohen, ma femme me l'a fait découvrir il y a longtemps
There is a crack in everything
That's how the light gets in.
Ça me parle.Son aversion pathologique d'Indochine, un peu moins. Jérôme Colin touche juste. Il a une plume, des idées, de belles références et une grande humanité.Il signe un beau premier livre, touchant et amusant.
Lien : http://chroniqueseclectiques..
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labibliothequedurat
  06 juin 2015
Cher Jérôme,

Si le titre de votre premier roman invite à ‘‘éviter les péages'', c'est parce que c'est au coeur d'un Bruxelles nocturne, sur la banquette arrière de votre héros, chauffeur de taxi, que vous posez le lecteur pour lui offrir une ‘‘ballade'' sur la vie, le courage, l'amour, ce que l'on devient ou ne devient pas avec l'âge qui ne cesse de nous tirer vers notre mort promise…
Au volant donc, un homme de trente-huit ans rempli à ras-bord de doutes, d'interrogations, de sentiments, d'angoisses de différentes natures. Et, parmi toutes celles-ci, l'interrogation du devenir de son couple. le questionnement quant au fait de rester auprès de sa femme qu'il n'est plus totalement sûr d'encore aimer, ou de tout casser pour partir avec Marie, une jeune femme rencontrée dans un bar au coeur d'une soirée entre amis, mais qu'il connait à peine ?
Voilà l'interrogation que votre héros trimballe en lui et à laquelle il va se confronter pour savoir s' il existe une réponse.
Un premier roman, quel que soit son sujet, sa force, sa couleur, c'est toujours une plongée étonnante. C'est tout d'abord découvrir des mots sur une page, et le style qui les porte. Et puis c'est découvrir un univers, une série d'endroits dans lesquels l'auteur nous emmène et qui sont empreints d'émotions, de significations, et de bien d'autres choses.
C'est exactement ce que vous avez réussi à réaliser avec talent. Tout est là, posé au creux des cent nonante-cinq pages. Votre incroyable force est de filer à l'essentiel, de ne pas avoir laissé votre plume s'égarer dans des détours qui auraient pu amoindrir l'histoire. Elle est forte, avec toute cette douceur, cette mélancolie, cet espoir, ce courage qu'il faut avoir pour traversé les moments les plus délicats d'une existence. Vous ne trichez pas, vous ne faites pas que simplement raconter, vous vivez au travers de votre plume les moments que vous couchez sur le papier.
Du coup, en vous lisant, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai été pas mal mélancolique; j'ai été baladé dans les pas de votre héros et de tout son ressenti.
L'autre force est de parler à mots couverts de vous car, avouez, je pense que c'est le cas… Sauf que vous, vous avez réussi à me faire croire que vous parliez de moi, à me laisser rentrer dans le héros en tant que lecteur. Je me suis d'ailleurs dit que votre roman, c'est un peu comme une veste ne m'appartenant pas et que j'aurais enfilée pour ne pas attraper froid, découvrant alors que celle-ci est parfaitement taillée pour moi, que son odeur me rappelle des éléments de ma propre existence.
Eh bien, votre bouquin m'a donné exactement cette sensation !
Votre livre est savoureux au point que j'ai retardé autant que possible le moment où viendraient se glisser dans mon regard les mots de la fin. Il m'a secoué, poussé dans des bouts de moi-même que je ne vais pas visiter tous les jours, probablement par manque de courage et par peur de me retrouver à broyer du noir sur mon canapé…
‘‘Éviter les péages'' c'est une sorte de cheminement qui nourrit l'intérieur, fait grandir le lecteur que je suis. C'est profondément une sorte de leçon sans prétention que vous refermez sur cette pensée qui, à mes yeux, est le souffle de votre roman :
« Car, le courage, parait-il, ça vient doucement »

François-Xavier van Caulaert – chroniqueur associé
Blog : http://lesplaisirsdemarcpage.skynetblogs.be/archive/2015/05/17/eviter-les-peages-jerome-colin-allary-editions-2015-8439927.html
Lien : http://lesplaisirsdemarcpage..
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alex23
  11 juin 2015
Ce livre a su me toucher par la justesse des mots de l'auteur. le narrateur, chauffeur de taxi, nous installe sur la banquette arrière et nous invite à partager un moment de sa vie.
Ce roman, c'est simplement l'histoire d'une vie banale avec toutes les questions que l'on se pose. Ai-je fais les bons choix ? Au bon moment ? Avec les bonnes personnes ?
L'auteur appuie là où ça fait mal en parlant de courage et d'amour. On ressent naturellement une emphatie pour cet homme qui ressemble un peu à nous tous. Arrivé dans la vie sans le mode d'emploi et essayant juste de faire de son mieux.
Le style d'écriture est simple, les phrases courtes et percutantes.
J'ai adoré cette balade nocturne dans Bruxelles et j'aurais volontiers prolongé ce moment.
Je remercie Babelio et les éditions Allary pour l'envoi de ce livre dans le cadre de masse critique.
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   24 juillet 2018
Le vieux refrain du père qui tente de partager avec ses mômes les films et les livres qui l’ont marqué quand il avait leur âge. Un truc qui ne marche qu’à moitié. Un soir, je leur ai proposé de voir Le Cercle des poètes disparus. Le film qui a bouleversé mes quinze ans. C’était en 1989. Le mur de Berlin tombait, les Simpson naissaient, Dali et Cassavetes s’éteignaient. Et moi, je devais encore attendre quelques longs mois avant de perdre ma virginité. Dieu que c’était long l’adolescence. Et qu’il fut bon de découvrir Le Cercle des poètes disparus. Je fantasmai longtemps sur ces gamins qui se retrouvaient le soir pour réciter de la poésie, qui tentaient de comprendre l’amour et se promettaient de vivre fort.

Mes enfants avaient les yeux rivés sur l’écran. Personne ne bougeait. Avec eux, j’avais quinze ans. « Cueille dès maintenant les fleurs de la vie. ». Je retrouvai intact l’émotion que cette phrase m’avait procurée près de vingt-cinq ans plus tôt. Et quand les élèves se levèrent un à un sur leur banc, déclamant chacun le fameux « Ô Capitaine, mon capitaine », je versai une larme.
- Regarde, y a papa qui pleure, dit ma fille à ses deux frères, qui me regardèrent avec compassion.
- Mais papa, pourquoi tu regardes des films s’ils te font pleurer ? demanda le petit.
- Tu as aimé ce truc quand tu étais ado ? enchaîna l’ainé, incrédule.
- Oui, répondis-je avec aplomb.
- Franchement, je comprends pas qu’on puisse aimer un film sur des mecs qui vont à l’école, lisent des bouquins et montent sur des bancs. Y a pas de bagnole, y a pas de bagarre, y a pas de gros mots. Y a même pas Vin Diesel.
- Ni Dany Boon, conclut le cadet.
Accablé, je décidai de me taire. Après le générique de fin, on a regardé cette pétasse d’Hannah Montana avec ses chansons à la con. Il n’y avait pas de sexe, pas de violence, pas de poésie. Rien. Personne n’a pleuré. Tout le monde était content.
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le_Bisonle_Bison   22 mai 2018
- Vous, vous avez l’alcool triste lui lançai-je en souriant.
- Non. Je suis un mec triste. L’alcool n’a rien à voir là-dedans. Faut pas blâmer l’alcool. Le mot bonheur, j’aime pas. Ça me fait penser à Euro Disney. Ou au Loto. « Ah, j’ai les six bonnes boules, faites vos valises les enfants, on part ! » Je trouve ça dégueulasse. Les morpions aussi, je trouve ça dégueulasse. T’as eu des morpions déjà ?
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le_Bisonle_Bison   14 mai 2018
Contrairement à ce que les mauvaises langues vous diront, la branlette est probablement l’activité la plus rentable et salutaire qu’il nous est offert de pratiquer sur cette terre. Pas besoin de partenaire, quelques minutes suffisent, gratuité totale, bonheur assuré, oubli de soi et du monde. Voilà bel et bien un passe-temps qui n’offre que des avantages. Il est seulement regrettable que, passé un certain âge, on n’ait plus immédiatement droit à un deuxième tour de manège…
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le_Bisonle_Bison   15 mai 2018
- Vous n’auriez pas préféré une petite vie peinarde. Avec une belle maison et un beau jardin ?
- Qu’est-ce que tu veux que je foute d’une vie peinarde ? Avec un chien qui s’appelle Basile ? Ou Toby ? Toby qui m’attend. Et les mômes qui chialent ? Et ma femme qui râle parce qu’elle n’a pas assez dormi ? Non, qu’est-ce que tu veux que je foute de ça, putain ? Et qu’est-ce que tu veux que je foute d’une meuf qui ne veuille plus que je la baise dès qu’elle a ses règles ? Moi, j’aime bien quand elles ont leurs règles. C’est bon. Je n’aime que les meufs qui saignent… comme moi !
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le_Bisonle_Bison   23 mai 2018
Alors que j’empruntais pour la dix millième fois la petite ceinture du centre-ville, encore troublé par cette étrange rencontre, la voix de Bashung fit irruption dans l’habitacle. Je la pris comme une gifle. « Marcher sur l’eau. Eviter les péages. Jamais souffrir. Juste faire hennir les chevaux du plaisir. » Je souris. Si seulement je pouvais…
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Le 11.03.19, Simon Johannin était l'invité de Jérôme Colin dans ?Entrez sans frapper? (RTBF, La 1ère).
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