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EAN : 9782070455072
512 pages
Éditeur : Gallimard (20/05/2014)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 238 notes)
Résumé :
2012. A la fin de l'émission où il est invité pour son livre sur la "Tuerie du Caire", un attentat qui a fait 40 victimes dont son père en 1954, Stanislas Kervyn reçoit un coup de téléphone qui bouleverse tout ce qu'il croyait savoir.
1948. Nathan Katz, un jeune juif rescapé des camps, arrive à New York pour essayer de reconstruire sa vie. Il est rapidement repéré par "Le Chat", une organisation prête à exploiter sa colère et sa haine.
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Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  17 février 2020
Stanislas Kervyn est invité sur le plateau d'une émission de télévision pour parler de son livre, "La victime oubliée", au coeur duquel il évoque la tuerie du Caire, une fusillade qui eut lieu en 1954, à l'aéroport du Caire et qui fit 21 morts et des dizaines de blessés. Un drame qui le touche personnellement puisque, parmi ces victimes, se trouvait son père, qu'il n'aura finalement pas connu. Après des années de recherche, d'interviews, de voyages dans le monde, il tente, dans son ouvrage, d'expliquer les raisons de cette tuerie, aujourd'hui encore certain qu'un seul homme était visé parmi le groupe. Ses convictions vont être ébranlées suite à l'appel d'un homme, à la fin de l'émission, qui va lui révéler certaines choses et le replonger dans ses recherches...
Nathan Katz, à presque 18 ans, débarque à New-York en 1948, le coeur encore serré des horreurs de la guerre et des camps de concentration. Seul survivant de sa famille avec son père, Bernard, il aime à espérer qu'un nouveau départ est possible même si certaines images de son passé le hanteront à jamais, il en est certain. Devenu un étudiant sérieux, il se fait des amis à l'université. Mais, bientôt, l'un d'eux se fait lyncher dans la rue, les mots "sale youpin" lâchés sournoisement par les agresseurs. Nathan tient à se venger et, peu de temps après, fiche une bonne raclée à l'un des agresseurs. Son acte de bravoure fait le tour de la faculté et plus encore... C'est ainsi qu'il se fait recruter par le Chat, une organisation secrète qui cherche à éliminer les anciens SS...
Nathan Katz et Stanislas Kervyn, deux hommes, deux lieux différents, deux dates différentes. L'un, jeune juif ayant échappé aux camps de concentration, va se venger, avec d'autres hommes comme lui, des nazis qui n'ont pas hésité à tuer des centaines, des milliers de juifs, et qui, aujourd'hui, mènent presque une vie paisible. L'autre, hanté par la mort de son père, va tenter d'éclaircir les zones d'ombres qui planent au-dessus de la Tuerie du Caire. Immanquablement, ces deux hommes, meurtris et cabossés, vont se croiser. Et ce, au bout d'un incroyable et passionnant récit. Alternant avec habilité ces deux histoires, Paul Colize nous plonge au coeur d'un récit dense, étoffé, documenté et parfaitement construit. Il aborde intelligemment les notions de bien et de mal, de vengeance, de justice et de pardon. Entre polar historique et autobiographie, ce long moment de silence, captivant, remarquable et teinté d'humour, laisse sans voix une fois la dernière page tournée...
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nameless
  30 novembre 2019
Stanislas Kervyn, polonais par sa mère, est un businessman qui a réussi dans la création de logiciels et la protection informatique. Un chroniqueur sur Internet le décrit comme un taiseux, solitaire, introverti, asocial et misanthrope, tableau peu flatteur et incomplet puisqu'il faut ajouter qu'il est migraineux et obsédé par le sexe. Il n'a pas connu son père mort lors de la Tuerie du Caire en 1954. Stan avait alors un an et depuis, hanté par ce drame, par des questions restées sans réponse, par son histoire familiale lacunaire, il consacre sa vie à des recherches historiques qui ont abouti à la rédaction d'un livre.

Nathan, lui, n'a pas oublié sa mère, ses soeurs, ces femmes et ces enfants, ces hommes massacrés durant l'Holocauste ; pour lui c'est un honneur de les venger et de donner une nouvelle signification à sa vie de rescapé de Mauthausen. C'est ainsi que peu de temps après la seconde guerre mondiale, il intègre une organisation secrète, le Chat, qui s'est auto-chargée d'une entreprise de dératisation en traquant, jugeant et exterminant, où qu'ils se trouvent, les nazis reconvertis dans des vies banales et discrètes avec l'indulgence coupable de certains pays ou de l'Eglise. On pense bien sûr au travail de Simon Wiesenthal ou de Serge et Beate Klarsfeld, infatigables chasseurs de nazis ; Paul Colize prête d'ailleurs vie à un personnage, avocat parisien nommé Karl Susfeld, amusante anagramme du précédent, enrichie de deux lettres.

Nathan et Stan vont finir par se croiser, on s'en doute, mais seulement au terme d'Un long moment de silence, d'un roman éblouissant, intelligent, à la construction rigoureuse et implacable, dont l'indétectable épilogue laissera le plus exigeant des lecteurs sur le flanc. Au sommet de sa forme littéraire, Paul Colize raconte la grande Histoire à travers une histoire individuelle complexe, douloureuse, la sienne, par certains aspects la mienne, puisque nous partageons les mêmes origines, et celle de tant d'autres émigrés, quelles que soient leur provenance et leur destination. Le travail documentaire de l'auteur est monumental, le style alerte, le ton juste, les dialogues utiles. Un très grand et riche roman, émouvant, qui invite à s'interroger sur la vengeance et le pardon, et dont les dernières pages touchent en plein coeur.
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Crossroads
  27 janvier 2015
Prix Landerneau-Polar 2013
Prix du Boulevard de l'Imaginaire 2013
Prix Polars Pourpres 2013
Un bouquin bardé de prix qui devraient parler plus que n'importe quel discours, m'en vais quand même en rajouter une p'tite couche.
Colize fait partie de ces auteurs, découverts l'an dernier avec Drvenkar, qui semblent posséder la faculté et de se renouveler, et de vous embarquer dans un périple que l'on sent grandiose et ce dès les toutes premières pages.
Un Long Moment de Silence ne fait pas exception.
Deux époques distinctes, deux récits semblant totalement étrangers et pourtant...
2012 : la quête, celle de Stanislas Kevryn, écrivain renommé, connard assumé.
Un paternel qui meurt tragiquement lors de la tuerie du Caire de 1954. Un bouquin comme exorcisme avant que ne survienne la révélation remettant tous les compteurs à zéro. Une seule obsession désormais, découvrir une vérité qui pourrait bien le laisser sur le carreau.
1948 : Nathan Katz a connu les camps de la mort, il en a réchappé.
Jeune, revanchard et impitoyable, il va se faire un nom au sein du Chat et faire miauler de douleur ses proies à grands coups de griffes ravageurs.
Tout d'abord, énorme coup de sombrero à tout lecteur qui sera susceptible d'appréhender le final avant qu'il ne soit dévoilé.
Tout du long, Colize nous balade dans les couloirs du temps avec une maîtrise narrative et un sens du twist (même pas à Moscou, bouuuuuh) absolus.
S'il était monsieur météo, ce serait brouillard matin, midi et soir tant les pistes fourmillent sans jamais véritablement prendre corps.
Le Petit Poucet que vous êtes se perdra mille fois dans les méandres de ce récit diabolique sans pour autant vouloir lâcher prise et pour cause, Colize désarçonne autant qu'il passionne.
Le puzzle est complexe, dense et protéiforme mais est garanti sans esbrouffe ajoutée.
Un Long Moment de Silence est un remarquable thriller historique qui se dévore en un rien de temps !
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latina
  23 janvier 2020
Quand je pense que je dis toujours à mes élèves : « Si la narration est en « je », c'est pour que le lecteur s'identifie complètement au personnage ».
Eh bien, ça alors, je peux dire que ce roman est une exception ! Jamais, jamais je ne pourrais m'identifier, càd ressentir les mêmes émotions que le narrateur contemporain, Stanislas Kervyn, un ignoble patron d'entreprise, obsédé sexuel de surcroit. Je ne vous explique pas son rapport aux femmes !
Donc, ça commençait mal. Pour moi, du moins.
Pour Stanislas aussi, de toute façon, ça a mal commencé : le meurtre de son père alors qu'il avait 1 an, et puis un cauchemar récurrent le hante des années, où sa mère murmure après un coup de téléphone qui l'a anéantie : « Je regrette tellement ».
Mystère.
Mais nous sommes dans un polar, et l'enquête que mène ce répugnant personnage pour éclaircir le souvenir lancinant de son enfance croisera une organisation pourchassant les anciens nazis.
Allers-retours années 40, monde contemporain, de la Belgique à New-York, en passant nécessairement par l'Egypte et l'Italie.
Allers-retours qui, à vrai dire, m'ont semblé toujours forgés dans le même moule, et donc m'ont passablement ennuyée.
Evènements répétitifs, passés ou présents, qui ont émoussé ma patience.
L'amour, la vengeance, la paternité, le pardon sont les thèmes que l'on peut rencontrer. Intéressants, mais pour moi trop peu fouillés, cantonnés uniquement à des faits, encore des faits, où l'analyse psychologique est quasi inexistante.
Je ne vais pas m'attarder sur cette relative déception, après avoir lu l'excellent « Back up ».
Paul Colize, auteur belge, est certainement encore à découvrir.
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michfred
  05 novembre 2019
Oui, décidément, oui, on peut , pendant 400 pages, s'identifier à un butor de la plus belle eau, et ne pas lâcher le thriller qui suit ses investigations, ses fausses-pistes et ses déductions ( car le butor est loin d'être un imbécile, et il raisonne juste,  même s'il pense mal).
Le butor est un (affreux) patron de boîte,  un auteur à succès, un veuf aigri, un amant sans ambages ni préliminaires , un père sans tendresse, et, surtout, un fils sans père. Celui-ci a été tué un an après sa naissance,  dans un attentat, au Caire. Cinquante ans après, c'est toujours son tendon d'Achille ( car le butor a sa fragilité secrète ).
Un coup de fil vient faire saigner cette blessure jamais cicatrisée et Stanislas se met en chasse d'une piste ancienne et bien embrouillée, sans s'accorder de répit, sans écouter non plus les signaux d'alarme de son corps ( car le butor ne s'écoute ni ne s'aime guère,  et on peut tout lui reprocher sauf son manque de courage).
Heureusement,  épargnant notre pudeur offensée ( car le butor est un obsédé sexuel doublé d'un macho sans scrupules,  qui considère que "baiser est pour (lui) un acte thérapeutique,  au même titre qu'une séance d'ostéopathie crânienne ou de réflexologie plantaire"),   Paul Colize a la délicatesse de croiser ce premier niveau de récit avec un second, plus distancié,  ( à la fois dans le temps,   c'est juste après la guerre , et dans la forme, c'est écrit à la troisième personne, car le butor c'était presque nous, il parlait à la première personne ). On y suit l'évolution du jeune Nathan,  fraîchement immigré à  New York, après avoir échappé à l'Holocauste.
Rien à priori ne semble devoir rapprocher Stanislas Kervyn,  notre butor , de Nathan Katz, le rescapé de Mauthausen, devenu le vengeur de son peuple martyr et le tueur en chef d'un commando du" Chat", un groupe occulte  d'activistes juifs,  traqueurs, juges et exécuteurs  de nazis impunis , dans l'après-guerre agité par la guerre froide.
Leurs routes pourtant vont se croiser,  et même étroitement.
Comme toujours, Paul Colize jongle avec une parfaite dextérité entre ces deux époques et ces deux intrigues. Toujours clair, sobre, il sait pourtant brillamment brouiller les cartes, et se montre sur les deux époques incroyablement bien documenté- c'est tout sauf un bluffeur ou un amateur.
Cela sonne d'ailleurs tellement vrai, tellement juste, qu'une fois la dernière page tournée - dont je salue l'humour et le sens très caustique de l'ellipse- une petite note personnelle de l'auteur explicite la part très largement autobiographique de son récit: on n'est pas étonné, on l'avait même subodoré ( car le butor, fin limier, a fait des émules).
Un très bon roman noir, entre le polar et le récit autobiographique.
Dois-je ajouter, pour les âmes sensibles, que le butor gagne en humanité au fil du récit, grâce à la résistance ironique et intelligente d'une belle traductrice italienne qui a l'insigne mérite de lui tenir, jusqu'au bout, la dragée haute ? 
N.B. Merci à  toi, sabine59 : le conseil était excellent!
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critiques presse (2)
LeSoir   12 novembre 2013
Ça marche pour Colize. Ce dernier roman ne cède cependant pas à la facilité et place même la barre très haut vis-à-vis de lecteurs habitués à suivre des personnages pour lesquels ils éprouvent un minimum d’empathie.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LesEchos   05 juillet 2013
Le roman pose de façon sobre et magistrale le problème de la vengeance et du pardon.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   17 février 2020
De nombreuses sociétés développent des trésors de créativité pour fidéliser leur personnel. Leur prodigalité va du plan de pension à la voiture toutes options en passant par un salaire de présidentiable, des primes de fin d'année, des bonus, des assurances, des participations bénéficiaires, des voyages de motivation, des formations de toutes sortes, des chèque repas, une crèche pour les mouflets et un service de repassage. À quand la pute de service ou le gigolo de fonction ?
Malgré ces largesses, il suffit qu'un concurrent fasse de l'œil à l'un de leurs assistés et lui propose cent euros de mieux pour que le gaillard fasse sa valise dans l'heure. L'entreprise flouée réagit en augmentant l'enveloppe salariale de tout le personnel pour éviter que cela ne se reproduise. Ils se plaignent ensuite que leurs employés sont des enfants gâtés ou des fonctionnaires syndiqués.
Bande de cons.
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namelessnameless   29 novembre 2019
En vingt ans, j'ai testé un tas de logiciels censés m'aider à y voir plus clair dans mon enquête, depuis de simples programmes de gestion de projets jusqu'à des applications sophistiquées de mind mapping.
Je me suis posé les sept questions d'Aristote : quoi, qui, quand, où, comment, pourquoi, avec qui ? J'ai élaboré des topogrammes, dessiné des cartes mentales, développé des diagrammes d'Ishikawa, pondu des schémas heuristiques.
Perte de temps.
Au final, je suis revenu au papier, au crayon et à ma méthode personnelle.
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patrick75patrick75   07 juin 2014
Les hommes qui veulent baiser font généralement preuve d'hypocrisie et trichent avec eux-mêmes. Ils se font charmeurs, attentionnés, drôles ou cultivés pour arriver à leurs fins. Les efforts que cette comédie leur demande tiennent rarement la distance. Après quelques jours, ils s'essoufflent. Leur éclat pâlit, ils oublient d'ouvrir la porte, trouvent les fleurs inutiles, les restos ruineux. Leurs humour s'alourdit, leur culture se tarit.
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patrick75patrick75   08 juin 2014
- Au fond de chaque homme, il y a aussi une part de bonté, d'indulgence et d'amour. Pourquoi ne pas laisser cette part s'exprimer et pardonner, tout simplement pardonner ? C'est cette part d'humanité qui fait la grandeur de l'homme.
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namelessnameless   28 novembre 2019
- Plus d'un million d'entre nous ont été massacrés à Auschwitz. Tout le monde le sait aujourd'hui. Ce que l'on sait moins, c'est qu'entre 1940 et 1945, plus de huit mille SS ont officié à Auschwitz. Le plus jeune avait seize ans, le plus vieux soixante-quatre. Tous sont coupables, du premier au dernier. Combien d'entre eux ont payé pour les crimes qu'ils ont commis ?
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