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EAN : 9782290385524
256 pages
J'ai lu (29/03/2023)
3.52/5   390 notes
Résumé :
Il a 30 ans. Il aime des garçons ; Samy, à moitié voyou ; Jamel, fils de l'Islam et de Coca-Cola. Et les corps anonymes qui s'emparent de lui dans les rites pervers des nuits fauves. Il aime des filles de passage. Et Laura. Il veut tout. Ou peut-être rien. Il est séropositif. Lâcheté ou panique, il ne l'a pas dit à Laura, la première fois qu'ils ont fait l'amour. Il l'a peut-être contaminée. Elle a 17 ans. Elle l'aime, sans mesure, jusqu'à la folie, usant de tout po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
3,52

sur 390 notes
Réservé aux adultes.
Je n'ai pas besoin de mes notes. le livre de Cyril Collard, je l'ai dans la peau, je l'ai vécu, en partie.
Ce furent les années 70-90.
Comme Cyril Collard, j'ai fait de belles études ;
comme Cyril Collard, je suis de la génération Peace and Love ; ce fut plutôt sida and sex, le principe de réalité a dépassé le principe de plaisir ;
comme Cyril Collard, j'avais un sexe à la place du cerveau ;
beaucoup d'autres aussi ; femmes comme hommes ;
même après avoir su que le sida existait, nous voulions, inconsciemment et par consentement mutuel, faire l'amour sans protection, sinon, on ne sent rien !
comme pour Cyril Collard, une femme s'est accrochée à moi, Laura avait Cyril dans la peau ;
pour ma Malbaraise, j'étais "un pied-de-riz" ;
Comme Cyril Collard, j'ai quitté trente fois ma Malbaraise ;
Laura le harcelait au téléphone ;
ma Malbaraise faisait du vaudou : prières à Saint-Expédit et magie noire pour que je revienne ;
Comme Cyril Collard, je me suis raccroché à mon boulot...
.
Les Nuits Fauves de Cyril furent pires que ma vie de patachon ;
Cyril pratiquait l'amour tous sexes confondus et tous en même temps, pas moi ;
le milieu dans lequel baignait Cyril Collard, le milieu artistique de Paris est bobo, interlope, civilisé-champagne en apparence, mais pervers-sauvage en réalité ;
Cyril allait encore plus loin :
les Nuits Fauves, ce sont aussi et surtout les Nuits sombres sous les ponts, où il prenait des hommes dans la pénombre, ou se faisait prendre ;
.
Les Anges ont essayé de faire leur boulot ;
ils ont réussi concernant la vitesse excessive que nous pratiquions, Cyril et moi, dans notre Alfa-Roméo, à 11.000 km de distance :
Cyril a bousillé une voiture sans faire de blessés ;
j'en ai bousillé sept, sans faire de blessés non plus.
Mais ce fut trop de travail pour les Anges de Cyril :
sexe, alcool et drogues dures, il est mort du sida en 1994, en contaminant une ou plusieurs personnes, il valait mieux qu'il soit là-haut !
.
Pour ma part, mes Anges Célestes m'ont épargné, et un Ange Terrestre, Lise, m'a fait revenir à la raison. Ayant traversé la tempête du sexe, j'ai trouvé la Princesse de ma vie, je suis arrivé à bon port, je me suis calmé sexuellement, et également au volant.
Les Anges considèrent que ma tâche sur Terre n'est pas finie : grâce à nos efforts communs, à Lise et à moi-même, je dois récupérer les trois petits bouts, grands maintenant, qui sont comme des reproches vivants de ma dette karmique.
.
Trois étoiles seulement pour ce livre, car, même si c'est très bien écrit, avec les gros mots et la violence nécessaires à cette vie dépravée où l'homme descend de plusieurs niveaux éthiques, ce fut, pour moi, nauséabond de revivre cette période de bien être apparent, mais de mal être réel.
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j'ai lu ce livre, il y a fort longtemps, à sa sortie, et il m'a beaucoup secouée sur le plan émotionnel à l'époque, car on ne parlait du SIDA que sur le mode conservateur : c'était la maladie des homosexuels, une maladie honteuse donc, un châtiment divin...
on ne savait encore que peu de choses sur la maladie. le mode de vie de Cyril avec ses rencontres nocturnes montre un homme qui souffre et qui se perd, dans la solitude et l'attente des résultats des test le terrifie.
certaines phrases, certaines situations sont très crues
le personnage de Laura est touchant aussi, elle aime Cyril et tente de le suivre dans son combat, contre le virus, contre la mort. elle vient adoucir un peu la violence du roman
le film m'avait un peu déçue à l'époque.
ce roman en tout cas laisse un souvenir dans la mémoire car même si j'ai oublié des choses importantes la trame est toujours présente...
comparer la façon dont on parlait de l'homosexualité à cette époque-là et de nos jours, on a l'impression qu'un siècle s'est écoulé mais....
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Cyril est un bisexuel, et fervent pratiquant. Malheureusement pour lui, il est né à la mauvaise époque, celle de l'apparition du sida. En multipliant les aventures sans protection aucune, l'inévitable se produit : Cyril est diagnostiqué séropositif.

Cette annonce ne modifie pourtant pas drastiquement ses habitudes de vie. Il continue à coucher à gauche et à droite sans prendre de précautions particulières. Il ne dévoile pas sa maladie à ses partenaires, ou s'il le fait, c'est un brin trop tard…

Il est toujours difficile de juger un livre sans avoir vécu le contexte de l'époque, et Les nuits fauves ont fait sensation à leur sortie comme premier livre autobiographique à parler ouvertement, et crûment, du sida. Je suis toutefois assez déçu du livre, qui parle finalement très peu du seul thème qui m'intéressait : pourquoi Cyril n'a-t-il pas changé de comportement après l'annonce de sa maladie et a pris le risque d'infecter à son tour ses partenaires ? Un désir de vengeance ? La peur d'un jugement tellement sévère que la contamination paraît finalement un moindre mal ? L'auteur n'en parle pas. À la place, il détaille pendant des pages et des pages sa relation d'amour-haine avec une fille qu'il a rencontré après son diagnostic. Et lire le compte-rendu des messages laissés sur son répondeur pendant vingt pages m'a vite lassé.

Au final, j'ai l'impression que Les nuits fauves était un roman à lire à sa sortie, mais qu'il répond difficilement aux interrogations des lecteurs d'aujourd'hui.
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Tout ceci n'a ni queue ni tête et parlera peu de l'oeuvre en question.

Je ne me souviens plus par quel malentendu ironique ma mère avait introduit ce livre à la maison, après la sortie du film sur lequel je m' étais précipité discrètement dans ma petite salle de province. Je me souviens en revanche d'un repas en famille pendant lequel je piquais du nez et un fard dans mes petits pois alors que ma mère expliquait en quoi ce bouquin était "une litanie de scènes de sexe degueulasses" devant mon père partageant son avis d'office: après tout, ce n était qu'histoires de sales pédés... ah, des bi? Oui, bon, du pareil au même. Et oui, nous étions en 93, mais je ne doute pas que 30 ans plus tard, d'autres assiettes de petits pois masquent à grand peine les hontes adolescentes face à des désirs nébuleux et la bêtise à manger du foin de certains géniteurs. J'avais néanmoins réussi à subtiliser le livre désormais marqué du sceau de l infamie à la vigilance toute relative de mère. Manoeuvre fourbe me permettant de prolonger la fascination exercée sur moi par le film et son auteur.

Concernant le pitch: le narrateur, 30 ans, travaille dans le cinéma. Bisexuel, il se grise de drogues et de sexe dans le Paris de la fin des années 80 et rencontre Laura, une jeune fille de 17 ans avec qui il vivra une passion amoureuse et sexuelle, compliquée par ses rencontres masculines et le Sida.

Livre et film, dyptique indissociable. le ton est brutal, cru et poétique, des mots, des sentiments comme nus, sans fioritures, parfois violents, parfois morbides. Pourtant la vie s'accroche en des instants teintés de joie et de désespoir, en des plaisirs délétères.
Urgence à écrire/à montrer/à raconter ces années là, sans recul, dans le vif. C'était donc ça l'époque de mon adolescence, ce qui m'attendait et qui me paraissant encore loin, mort d'ennui et de rêves désordonnés dans ma chambre, une vie parisienne dangereuse et vibrante fantasmée par un petit provincial n'ayant encore aucune expérience de la vie et de sa dureté ( ma propre experience parisienne, quelques années plus tard, aura été plus safe mais aussi plus décevante, que voulez-vous, je suis un garçon terriblement "random", comme disent les jeunes ).
Tant que j'y pense, Romane Bohringer, pour toujours je vous aime.

Alors certes, le narcissisme du Collard est agaçant. Il se voit comme un ange maudit et romantise peut-être la maladie comme un chemin de croix christique.
La poésie de l'auteur se fait parfois déviante lorsque le narrateur atteint l extase en se faisant pisser dessus dans la nuit et le froid sous les quais d Austerlitz.
Je vous accorde tout ça, mais l'oeuvre a les défauts de ses qualités et sa fougue est toute adolescente, jusque dans ses excès.

Puisque ce billet est plus un retour aux sources qu'une critique de l'oeuvre en question, j'en profite pour faire un petit coucou à ma pote de lycée Manue, qui est venue me trouver un après-midi caniculaire de bac blanc, découpée en ombre chinoise dans ce couloir de lycée sombre et frais pour m'annoncer avec des larmes dans la voix: Cyril Collard est mort. Et moi qui essayais de faire le ptit mec à côté de mes potes en me foutant de sa gueule et de ses tremolos, alors que j avais envie de chialer.
Pardon donc Manue, et pardon M'sieur Collard, parce qu'en fait moi, j aurais bien aimé savoir ce que vous alliez devenir, ce que vous alliez nous donner après, et j en aurais bien repris une louche de votre poésie de guitare sèche et de périphériques arpentés à toute bringue, peuplée d'enfants perdus à la sexualité frénétique. Car si je retiens une chose de vous, c est que nous sommes faits pour vibrer, jusqu'à la fin.
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Un roman autobiographique "coup de poing" générationnel bouleversant , qui sur un sujet tabou considéré comme "maladie honteuse" a emporté et fauché de nombreuses personnes en plein vol ..ce sida insidieux comme une bête noir installant les prémices d'une prise de conscience très salutaire pour toute une génération à venir.

ce roman porté au cinéma a été un vrai "porte parole"...à ce jour c'est un un récit qui ne m'a jamais quitté., une "grande claque émotionnelle" ressentie à l'époque de sa sortie.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
J’avais conscience de m’enfoncer chaque jour un peu plus dans une tombe que je me creusais, une fosse aux parois de verre ou de boue qui me dérobait au monde.
J’étais de moins en moins capable de communication, d’autres relations que celles du travail ou du sexe. Le talent, seul, provoquait encore ma générosité.
(...)
À Paris, le test du sida venait juste d’être commercialisé. On me conseilla d’aller voir un médecin qui consultait à l’hôpital Necker. Il palpa les ganglions à la base de mon cou et le long des veines jugulaires. Je regardai par la fenêtre : le jour souriait, mauvais. Je tournais la tête vers le médecin et je vis dans ses yeux qu’il savait. Il dit : « On va faire le test. »
J’eus les résultats quinze jours plus tard : j’étais séropositif. Une vague blanche et glacée remonta le long de mes membres. Les mots apaisants du médecin faisaient dans la pièce une rumeur molle et lointaine.
Quelques heures plus tard, j’étais presque soulagé.
Ne pas savoir avait été pire que tout. Tout avait changé, mais tout restait exactement semblable.
Je me demandais qui m’avait contaminé, mais je n’en voulais à personne qu’à moi-même. Je revoyais des visages oubliés, vite remplacés par l’image du virus : une boule hérissée de pointes, un fléau d’armes médiéval.
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J'eus les résultats quinze jours plus tard : j'étais séropositif. Une vague blanche et glacée remonta le long de mes membres. Les mots apaisants du médecin faisaient dans la pièce une rumeur molle et lointaine.
Quelques heures plus tard, j'étais presque soulagé.
Ne pas savoir avait été pire que tout. Tout avait changé, mais tout restait exactement semblable.
Je me demandais qui m'avait contaminé, mais je n'en voulais à personne qu'à moi-même. Je revoyais des visages brouillés, vite remplacés par l'image du virus : une boule hérissée de pointes, un fléau d'armes médiéval.

NDL : superbe passage sur une terrible maladie, contre laquelle, en 1987, on n'a aucun moyen de lutter.
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Je me réveillai en sursaut. La mort était là ; dans la forme effrayante d'un tas de vêtements posés sur une chaise au pied de mon lit, distingué des ténèbres par un rayon de lune. [...] Elle était là depuis que j'avais lu les premiers articles sur le sida. J'avais eu la certitude immédiate que la maladie serait une catastrophe planétaire qui m'emporterait avec des millions d'autres damnés.
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Le premier soir, je m’allongeai sur le lit d’une chambre d’hôtel et y vis une Bible posée sur la table de chevet. Je l’ouvris, la feuilletai machinalement. Sur les pages de gardes, je trouvai une déclaration d’amour exaltée qu’un certain Armand avait écrite pour une Juliette qui, bien sûr, ne la lirait jamais. D’autres, comme moi, la lisent, destinataires hasardeux d’un trop-plein d’amour.
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Avant tout, avant même d'allumer la lumière, je regarde le nombre de messages sur le répondeur. Ça devient une obsession : je suis happé par le chiffre inscrit en rouge sur le compteur. J'attends des voix, des signes de l'extérieur, des mots de Laura, un point fixe, une bouée à laquelle m'accrocher pour garder la tête hors de l'eau, pour surnager dans un océan de terreur.
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Graziella Di Michele. Clip réalisé par Cyril Collard
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