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ISBN : 2021145743
Éditeur : Seuil (07/05/2015)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
1er janvier 1965. Dans un parc de Tokyo, peu avant l'aube, un homme entame le rituel du seppuku, le suicide des samouraïs d'antan. Quelques jours après, un attaché de l'ambassade de France au Japon reçoit un curieux paquet abritant une suite de trente-six carnets : l'histoire d'Émile Monroig, ami et mentor du narrateur au pays du Soleil-Levant. Français comme lui, Monroig a choisi de lui confier, en guise de testament, le roman de sa vie. Qui était Monroig? Comment ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Dominique_Lin
29 juin 2015
Seppuku, plus connu chez nous sous le terme de Hara-kiri, est ce rituel japonais très codifié qu'on ne peut pratiquer qu'avec une certaine dose de courage — ou de folie — et surtout une bonne connaissance de la culture japonaise en général et samouraï en particulier.
Le 1er janvier 1965 avant le petit jour, sur un tumulus surplombant la ville de Tokyo, Émile Monroig met fin à ses jours selon cette tradition après avoir envoyé 36 carnets autobiographiques à l'ambassadeur de France au Japon. Malgré l'horreur que l'on peut éventuellement éprouver pour un tel acte, c'est de loin la plus fine et délicate scène du roman, 10 pages d'une beauté éclatante, ce qui n'enlève rien aux 390 pages suivantes.
R. C. — étrange similitude avec les initiales de l'auteur —, le narrateur qui reçoit ces carnets et qui ne sera jamais cité réellement, va lire sans interruption l'histoire peu commune de cet homme qui commence à Berlin, début des années 1930. Monroig a 10 ans pendant la Deuxième Guerre mondiale. Fils d'un haut militaire nazi et d'une mère issue du sud-ouest de la France, l'enfant, qui a réussi à échapper aux jeunesses hitlériennes, balloté entre deux cultures, deux identités, voit son père évoluer dans le monde de la médecine sans comprendre de quelles expériences il parle quand il évoque un lieu nommé Auschwitz ; il fait « avancer » la science, pendant que sa mère joue du piano en l'attendant, dans une grande demeure épargnée par la guerre.
Sa première rencontre importante sera celle d'Émile, un enfant juif que le père ramène sous son toit, car son fils se sent seul et qu'il ne veut pas de chien. Émile vivra caché du monde et deviendra l'alter ego de Monroig. Ce sera ensuite un Japonais invité à loger dans la demeure et qui l'initiera à la méditation et lui fera vivre sa première expérience marquante alors qu'il occupait une chambre à côté de la sienne.
La guerre va s'inviter dans la maison sous les traits de bombardements intensifs et de l'armée soviétique.
Sa vie va basculer, ce sera l'exil, des rencontres fortes, l'amour, la guerre encore, comme si cet enfant devenu homme devait toutes les faire.
Les 36 carnets vont se suivre dans un rythme haletant, avec force de précision, de sensations, d'émotions. Richard Collasse n'épargne pas le lecteur, certaines scènes sont dures, poignantes, mais elles font partie de la vie de cet homme. On n'a pas envie de lâcher le livre, on est avec Monroig, on devient Monroig. On a froid avec lui, on nage avec lui, on marche avec lui, on rit et on pleure encore avec lui. L'écriture est, il me semble, imprégnée de la culture japonaise, par sa précision, sa finesse, sa force, ce qui ne l'empêche pas d'être alternativement tendre et dure à la fois. Les personnages sont criants de vérité, on traverse des paysages et des scènes qu'on croirait parcourus par l'auteur pour tant de précisions encore.
Richard Collasse a pris un risque en écrivant Seppuku, celui de quitter le Japon, même si le livre y commence. Après avoir lu 3 romans complètement imprégnés de la culture japonaise, c'est là que je l'attendais, surtout avec ce titre. Mais non, l'auteur nous emporte complètement ailleurs et c'est tout l'art de l'écrivain, embarquer ses lecteurs là où on ne l'attend pas, les surprendre et les satisfaire tout autant.
Seule faiblesse de ce roman, l'absence du Japon (malgré ce que j'ai écrit plus haut), puisque Monroig va y passer assez d'années pour en apprendre ses lois profondes. On aimerait en savoir un peu plus, comprendre le parcours… mais cela n'empêche pas d'apprécier non seulement la richesse de l'histoire, la hardiesse du rythme et la finesse des sentiments exprimés.
Seppuku fait partie de ces livres qui vous habitent une fois refermés… et ils sont rares.
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vnzt
31 octobre 2015
A l'aurore du premier matin de 1965, au moment où une violente bourrasque de neige s'abat sur Tokyo, dans un parc un homme entame le rituel du Suppuku (Hara-kiri), ancienne façon de se repentir d'un péché impardonnable et ainsi ''laver '' son honneur de samouraï. Quelques jours plus tard un attaché de l'ambassade de France au Japon reçoit un paquet contenant douze 78 tours d'une même artiste, une pianiste française Emerence von Spanner et trente-six carnets enveloppés dans une toile noire. Sur chacun d'eux une étiquette avec un numéro d'un à trente-six calligraphié à l'encre, pas d'autre indication. C'est l'histoire d' Emile Monroig qui lui confie en guise de testament, le roman de sa vie.
A mesure que les carnets défilent, le lecteur est emporté dans les méandres de la grande Histoire, de Berlin à Paris pendant la période nazie, jusqu'à la Corée pendant la guerre froide.
Richard Collasse, avec Suppuku, nous décrit une page sombre de notre histoire. La folie humaine. Un rythme haletant se dégage des trente-six carnets. Ils n'épargnent pas le lecteur de l'émotion et de sensations intenses. La description des scènes de guerre est poignante, dure et d'une précision ahurissante. On croirait même que l'auteur les a vécues. Les autres personnages du roman sont criants de vérité. Comme des infirmes ballottés dans le vaste océan de la vie, vous ne sortirez pas indemnes de ce roman. Suppuku fait partie de ces livres, rares, qui une fois refermés, vous suivent inlassablement toute votre vie.
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Thunacat
14 octobre 2015
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui18 septembre 2015
La facilité de sa musique, ces airs que chacun est capable de fredonner, ils sont en fait si difficiles à interpréter correctement ! Je dis bien, « correctement ». Je n’envisage même pas la virtuosité ! Rien n’est plus trompeur que l’apparente facilité des choses. Votre blessure souligne la perfection de votre visage mais elle me paraît trop évidente pour être honnête !
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rkhettaouirkhettaoui18 septembre 2015
C’est bien entendu la musique, seul espace de consensus dépassant les frontières, qui permit de déjouer l’obstacle à priori infranchissable pour une jeune Française d’aller vivre chez l’ennemi héréditaire, au milieu des plaies vives laissées par le conflit et les rancœurs montantes causées par l’humiliation du traité de Versailles.
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rkhettaouirkhettaoui18 septembre 2015
Pour accomplir son dessein, c’était l’endroit idéal. Il n’avait pas eu à chercher bien longtemps. Certains lieux s’imposent d’eux-mêmes. Ils sont eux aussi, pourrait-on dire, dans l’ordre des choses et du monde. En tout cas, cet endroit était dans l’ordre de ses choses et de son monde à lui.
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vnztvnzt31 octobre 2015
Dans le monde de fureur et de haine qui nous enveloppait, d'idéologie mécanique et glacée qui tentait de forger le surhomme de demain dans le cœur duquel il n'y avait pas de place pour la compassion, il pensait que l'amour était notre raison d'être.
Nous aimerons, Maurice. Cela ne durera peut-être qu'un fugitif instant, mais nous aimerons. Il faut vivre pour cette étincelle !
Même si elle n'allume aucune flamme ? Avais-je répondu avec l'emphase des adolescents.
Ce n'est pas ce qui compte. Ce qui compte, c'est que cela donne une raison à ta vie. C'est la réponse à la question que tu te poseras inévitablement sur le pourquoi de ta naissance au moment de ta mort.
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rkhettaouirkhettaoui18 septembre 2015
Quand la mort le décide, elle rôde, elle prend son temps, elle folâtre autour de sa victime, elle s’ébat, elle butine sa douleur. Elle se fait parfois désirer mais elle finit toujours par l’emporter.
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