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ISBN : 2919285149
Éditeur : Editions Antidata (15/03/2015)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Pour agrémenter le voyage, nos aimables passagers trouvèrent à leur disposition une lampe, un fauteuil rouge et un bidon d'essence.
Attention des mangeurs d'absolu sont susceptibles d'agir dans ce train.
Nous vous signalons aussi la présence d'un vieux traine-santiag et du dernier des hommes libres.
Les personnages voyageant en couple veilleront à rester amoureux à leur place pendant toute la durée du voyage, et à ne descendre sous aucun prétext... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Charybde7
  25 avril 2015
Le dernier-né des éditions Antidata agrandit encore une famille de surdoués.
Paru en mars 2015, «Terminus, 11 nouvelles sur le thème du dernier», enchantera une fois de plus les habitués des recueils de nouvelles publiés par les éditions Antidata, et devrait inciter ceux qui les découvrent à se plonger dans leurs précédents recueils collectifs, sur les thèmes de la phobie ("Jusqu'ici tout va bien", 2014), du cinéma ("Version Originale", 2013), du football ("Temps additionnel", 2012), de la musique ("Douze cordes", 2011), etc.
On pourra revivre ici les péripéties du dernier voyage et de l'ultime retour d'un écrivain casanier, qui a toujours craint les pièges et coups de poignard dans le dos, ou d'être perdu s'il s'éloignait de sa base (Philippe Jaenada, «Mon dernier voyage (je le jure)»), suivre l'escapade nostalgique, ironique et désenchantée d'un homme cherchant à échapper à un coup de vieux qui a des allures de coup de grâce (Jean-Luc Manet, «Attrape un dernier coeur»).
«Ce n'était pas une fuite, encore moins un adieu. Pas même un baroud d'honneur aux responsabilités et à la roue qui tourne. Juste le besoin de rabioter un peu de temps et – à propos de roue qui tourne – d'extraire une dernière fois le rat de sa cage.» (Jean-Luc Manet)
Un de mes plus gros coups de coeur dans ce recueil est «La lumière rend aveugle» de François Szabowski, la trajectoire désespérée mais néanmoins d'une drôlerie ultime d'un amoureux dépressif.
«Les Parisiens sont des têtards pondus dans un ficus en pot. Ils ne dorment pas. Ils clignotent fébrilement dans la ville comme une bactérie au microscope, maintenus artificiellement en vie par la caféine et les apéros afterwork. Moi je suis un animal de la forêt, aux poumons larges et aux muscles saillants, conçu pour la lutte, la survie, qui ne ménage pas sa peine pour se frayer un chemin vers le bonheur à travers la jungle de ses semblables.»
«Je me suis effondré sur l'oreiller, effaré. J'allais enfin être parfaitement heureux. C'était horrible.» (François Szabowski)
J'ai aussi adoré «Au signal sonore» de Laurent Banitz, où l'usager des transports en commun est poussé dans les retranchements ultimes d'un éternel recommencement, la course poursuite hallucinée de Stéphane Monnot, dans «Le Texan, la Gouine et le Taliban (bois mort et gel hydro-alcoolique)», toujours aussi talentueux pour brosser le portrait de névrotiques sévèrement déjantés, «Le dernier fermera la porte» de Guillaume Couty qui renouvelle avec beaucoup de talent le thème de la déshumanisation des grandes organisations kafkaïennes et de l'enfermement dans les immeubles automatisés qui les abritent, la nouvelle de Gilles Marchand, «90 Watt», qui évoque avec sensibilité et une poésie étonnamment poignante, la décompensation absurde d'un quadragénaire soumis à une pression sociale trop forte à supporter pour fonder une famille.
«Et mes amis répétaient inlassablement «tu es le dernier», sous-entendant que ne pas avoir d'enfant faisait de moi un être différent exclus de leur tribu, un éternel adolescent ou encore un loser de la relation sentimentale (ne pas avoir fondé de famille à quarante ans était synonyme d'échec total, à peu près équivalent à celui d'habiter un pavillon de banlieue dépourvu de tondeuse à gazon, de chien et de barbecue).» (Gilles Marchand)
Et enfin le dernier voyage de ce recueil, une vision mystérieuse d'Antoni Casas Ros sur l'immortalité, «Le Fauteuil rouge».
«J'ai beaucoup aimé la crémation. Partir en vrille dans le ciel. Les graisses fondent, les os craquent, les yeux se liquéfient, le cerveau se met à bouillir. Alors ce qui fut une chair de mots flottants devint une fine poussière presque bleutée glissée encore chaude dans une urne qui fut remise à ma fille. Ensuite, elle et mes amis allèrent déjeuner dans un restaurant que j'avais choisi. le cava et le Ribeiro del Duero coulaient à flots pendant que la peau du porcelet craquait sous les dents avides de mes amis, transformés en cannibales. Ils mangeaient ma chair. Ils dirent de belles choses à mon propos et déjà l'idée leur vint de rassembler mes poèmes pour en proposer l'édition intégrale à mon dernier éditeur. Mais j'écoutais d'une oreille distraite, toute ambition gommée. le temps que les cendres refroidissent sur le fauteuil rouge, que la vitre soit scellée, je me retrouvai seul, dans une absolue tranquillité.» (Antoni Casas Ros)
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/04/24/note-de-lecture-bis-terminus-collectif/
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Charybde2
  26 mars 2015
Rira bien (mais pas seulement) qui lira le dernier.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/03/26/note-de-lecture-terminus-collectif/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   26 mars 2015
Pour ça, oui, tu voulais être parfaite. Une lubie qui t’a coûté bonbon alors même que tu savais qu’elle ne vivait plus. Être parfaite et calfeutrer l’être des bottines à la tête. Que rien n’émane de ton corps tout en faisant que rien n’y entre, un mur entre le chagrin commun et les révoltes individuelles. Ne pas réaliser donc. Pas encore. Et franchir la distance jusqu’à la porte d’entrée derrière laquelle se massent les plus proches. Il faut avouer que l’exercice d’apnée débuta bien là. Tu passais ensuite les trois heures à happer l’air comme si des branchies s’étaient lovées en lieu et place des ganglions de ta gorge. Tu souris à ta cousine, l’embrasses et fais semblant de prendre sa peine. Tu prends sur toi, déjà. Un mot à chacun et s’asseoir pour inspirer sans prêter attention. Ta mère fait signe d’entrer avec elle dans la pièce réservée à l’exposition du cadavre, avec son air autoritaire et ses lèvres pincées. Pitié pour elle ce jour, figure à mettre sur le compte de la tristesse. Trop tôt. C’est non d’un regard, en corps immobile, ancré au plus intime de la chaise, tortue. Demeurer posée et imaginer l’ampleur de la coulée de plomb que tu vas avaler et qui marquera. Tu portes la casquette gavroche grise à petits pois dorés, si petits qu’ils se perdent dans la trame du tissu. Il fallait obstruer la sortie supérieure. Ressembler au capitaine McWhirr menant son vapeur au travers du typhon sans ciller et parler, monologue de lui vers toi. Toutes les réponses ne sont pas dans les livres, le courage non plus. Voilà pourquoi tu dois entrer et regarder le corps sans âme de celle qui fut ta tante, le substitut maternel, la cuisinière à forte poitrine et à franches rigolades, le caractère égal et joyeux, le molleton des chagrins. Tu y pensais sans arrêt sur ton île, en te serinant qu’il fallait appeler, appeler, venir la voir. Les jours passent et à la trentaine il faut consolider sa propre existence. Le temps est compté pour chacun. Tu regrettes. (Marie Van Moere)
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Charybde2Charybde2   26 mars 2015
J’avais choisi ma place. Chambre avec vue. Je l’avais visitée et fait aménager, remplaçant l’unique ouverture et sa porte de fer par un espace vitré. Les dimensions exiguës, 30x40x50 cm convenaient parfaitement à un amas de cendre, ce que je serai au moment d’emménager. Sur les hauteurs, entre les cyprès, je voyais le port, ses grues jaunes, les containers empilés pour la Chine, le Japon, l’Afrique, cubes de couleurs pastel, espaces clos et sombres où tout pouvait prendre place, des jouets pour enfants aux paquets de cocaïne arrivés de Colombie. Barcelone était la plaque tournante de la drogue en Europe. La blanche valait un euro le gramme au départ, vingt à son arrivée au port, quarante à Paris. J’avais fait construire un petit fauteuil rouge de trente centimètres de haut, le genre de fauteuil dans lequel on pouvait lire L’Homme sans qualités ou tout autre roman océanique. Il était téméraire de penser qu’une conscience aurait besoin d’un fauteuil et plus encore qu’elle prendrait plaisir à lire mais ce genre de présupposés m’avait diverti et c’est avec précision que j’avais noté dans mon testament : « Le fauteuil sera disposé face à la mer, les cendres répandues, l’urne jetée et lorsque les dernières poussières se seront déposées, je veux qu’on place discrètement mon appareil de photo, batterie complètement chargée, sur le fauteuil. Ensuite, on scellera la petite dalle de verre et on me laissera reposer en paix. » (Antoni Casas Ros)
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Charybde2Charybde2   26 mars 2015
Et puis soudain, il a fallu que j’aille à Jaligny-sur-Besbre. Un petit salon du livre – où devait être remise la «Dinde d’honneur». Rompu depuis peu aux périls émoustillants du voyage au long cours, j’en étais, par avance, transporté de joie. Bien entendu, j’ai proposé à cette fille fabuleuse qui s’appelait Anne-Catherine de m’accompagner. L’idée l’a enthousiasmée car, contrairement à moi, elle ne se sentait vraiment vivre que lorsqu’elle bougeait. Ces deux jours d’amour et de littérature au grand air s’annonçaient épatants.
Par malheur, le patron du Saxo Bar (Nenad, un Serbe dur comme le roc et sentimental comme un cric) a refusé de lui accorder deux jours de vacances après seulement une semaine de travail. Je l’aurais tué – si j’avais eu un fusil de chasse et si j’avais trouvé quatre ou cinq anciens catcheurs pour le maintenir fermement au sol pendant que je visais. Mais n’ayant ni carabine ni relations dans le sport de haut niveau, je me suis contenté de penser, en laissant un sourire fataliste éclairer mon beau visage : « Bah, ce n’est pas si grave. Je vais passer deux jours agréables et, à mon retour, elle sera là. Avec tout ce que cela comporte. » (Philippe Jaenada)
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Charybde2Charybde2   26 mars 2015
Mon projet de vie autarcique était sur le grill depuis pas mal de temps… à cause de Thoreau et Walden… je m’étais construit cent fois la cabane, devant l’étang et son héron. C’est peut-être pas un héron dans le bouquin mais ça l’est devenu dans ma tête. Quand j’ai atterri dans la finance, j’ai pu mettre des sous de côté si tu vois ce que je veux dire. Me suis pas fait gauler moi ! Ça m’a permis de concrétiser. Je savais pas trop comment au début puis je suis tombé sur Laissez bronzer les cadavres de Manchette et Bastide qui m’a donné l’idée du hameau d’altitude, puis sur Les Jumeaux de Black Hills de Chatwin qui m’a rappelé l’histoire des frères Lopez. Fastoche !
Y’a des gens qui se laissent dicter leur chemin par les toubibs, les curés, les gourous, les flics de la pensée, les coaches en tous genres ou même les animateurs télé… moi ce sont les livres. (Stéphane Monnot)
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