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ISBN : 2207140687
Éditeur : Denoël (18/01/2018)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Une petite barque, seule sur l’océan en furie.
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots.
Un combat inouï pour la survie d’une famille.

Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau argent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Colette
  14 janvier 2018
WAOUH!!! Je ressors de cette lecture totalement époustouflée et de plus en plus admirative du talent de cette auteure!
Ce roman est pour moi un gros, un énorme, un gigantesque coup de coeur!
Sandrine Collette nous plonge dès les premières pages dans une atmosphère de fin du monde. Six jours après l'effondrement d'un volcan dans l'océan. La mer a tout ravagé.
Seul paysage... l'océan à perte de vue.
Et il y a cette famille qui a survécu au grand raz-de-marée: un couple et ses neuf enfants. Juste eux, perdus au milieu de cette immensité.
Dans l'attente et l'espérance d'une décrue possible, la famille se soude et observe.
Mais non, la mer ne l'entend pas ainsi et au contraire, elle ne cesse de monter.
Seul issue possible: partir. Trouver les terres hautes. Sauf qu'avec une barque trop petite, certains devront rester et attendre qu'on revienne les chercher.
Commence alors l'incroyable histoire d'une famille déchirée. D'un côté, les trois enfants restés sur l'île et de l'autre, le périple de la famille partie en pleine mer.
J'ai adoré lire cette histoire! Comme d'habitude, Sandrine Collette trouve les mots justes pour planter son décor. Elle nous y entraîne avec une force prodigieuse. Cette atmosphère apocalyptique, avec la mer comme une entité vivante, effrayante, implacable, nous fait frissonner.
On va de surprise en surprise. Malgré un climat oppressant, comme si le monde s'était arrêté, Sandrine Collette à une imagination débordante. On ne s'ennuie pas une seconde.
Je me suis attachée à ces trois gamins abandonnés sur l'île. On vit avec eux leur détresse et cette question qui les obsède: pourquoi eux?
Douze jours à attendre le retour du père. L'auteure montre parfaitement que la notion du temps n'est pas la même quand on est enfant. Un temps qui leur paraît interminable!
Tout au long de l'histoire on se demande si à leur place on auraient préféré rester sur l'île ou être sur la barque. Car c'est aussi périlleux d'un côté comme de l'autre.
La survie est la préoccupation de chacun.
J'ai vraiment aimé la relation entre les différents membres de la famille.
L'attachement et le lien de Maddie pour ses enfants est extrêmement bien décrit. L'auteure trouve encore une fois des mots puissants pour retranscrire cet amour maternel, un amour inconditionnel.
Elle montre aussi comment l'instinct de chacun se révèle être bon ou mauvais lorsqu'il s'agit de sauver sa peau.
La fin est un peu prévisible mais elle n'enlève en aucun cas l'immense plaisir que m'a apportée cette lecture.
Ce roman mérite une vraie vague de succès! Avec les Six fourmis blanches, je le classe au top des romans de l'auteure.
Amis lecteurs, jetez-vous à l'eau sans plus attendre!
Un énorme merci à Babelio pour ce superbe roman et merci de m'offrir également l'opportunité de vivre une rencontre avec cette auteure que j'affectionne énormément.
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Antyryia
  22 janvier 2018

La seule inondation que j'ai connue remonte à l'époque où j'habitais Gouves, petit village du Pas-de-Calais d'une centaine d'habitants. le niveau de la nappe phréatique s'est élevé jusqu'à dépasser celui du sous-sol et deux mois durant, je me suis retrouvé en bottes à patauger dans une dizaine de centimètres d'eau à chacune de mes incursions à la cave et au garage. Il a fallu surélever tout ce qui y était entreposé, ce qui n'a pas empêché l'humidité et la moisissure de faire de nombreux ravages.
C'est plus ou moins la situation dans laquelle se retrouvent Louie, Perrine et Noé, trois enfants qui sont restés seuls dans leur maison à Levet, dans le Cher.
"La dernière fois, ils avaient de l'eau jusqu'aux chevilles, cela faisait une drôle d'impression de marcher sur le carrelage inondé."
En réalité non, leur situation est un peu plus complexe, voire tout à fait incomparable.

Quand le pan entier d'un volcan s'est effondré en plein océan Atlantique, la vague engendrée par la catastrophe a été monstrueuse. Imaginez un déferlement écumeux de cent mètres de haut qui arriverait sur nos côtes à la vitesse de cinq cent kilomètre à l'heure. C'est bien ce qui se passe dans le roman-catastrophe de Sandrine Collette, redessinant la carte de la France et du reste du monde. La mer est partout. Les villes ont été englouties. L'océan regorge de débris et de cadavres.

Dans cette apocalypse, l'auteure a choisi de se concentrer sur l'histoire d'une famille nombreuse : Pata et Madie, les parents, ainsi que leurs neuf enfants. Tous les onze vivent tout en haut d'une colline, ce qui leur a permis d'échapper à la mort. Mais leur répit est de courte durée. Au lieu de décroître le niveau de l'eau augmente chaque jour davantage et ils n'ont pas d'autre solution pour survivre que de rejoindre les massifs montagneux à l'Est, Vosges ou Jura, à l'aide d'un bateau réparé pour tenir la durée du voyage. Mais l'expédition vers ces "terres hautes" nécessite un sacrifice ultime : Faute de place sur l'embarcation, trois des enfants devront rester sur place et attendre leur retour. Face à ce dilemme, le père décide d'emmener ses deux fils aîné qui pourront aider à ramer, ainsi que ses quatre filles en bas âge qui ne pourront pas s'en sortir seules.
"Au milieu de cette terrible équation, il en restait trois."
Et le hasard veut que les trois enfants du milieu, délaissés, souffrent tous d'un handicap.
"Au milieu, il y avait eu un couac."
"Le boîteux, la borgne et le nain. Alors, nous laissons ceux-là, les plus abîmés. Nous finissons ce que la nature a commencé."

Sandrine Collette relatera tour à tour l'épopée dangereuse de la famille sur la barque, revenant sur ce choix impossible qui a été imposé à la mère. Pourront-ils seulement revenir à temps pour sauver le reste de la famille ou les ont-ils condamné à une noyade certaine ? Comment affronter la culpabilité, ce sentiment de les avoir abandonnés ?
Et puis parallèlement, sur leut îlot de plus en plus petit, Louie ( onze ans ) tente malgré les circonstances de prendre les choses en main en attendant le retour des siens. Avec son frère et sa soeur, ils tentent de s'organiser pour manger à leur faim, ils comptent les jours qui passent, alors que l'impression d'urgence croît avec l'inexorable montée de l'eau.
"La mer a recouvert de nouvelles terres et les niveaux sont toujours plus hauts."

Comme souvent avec cette auteure talentueuse, j'ai eu l'impression de lire davantage un conte moderne qu'un thriller. Cette impression a encore été renforcée par les multiples références auxquelles Juste après la vague fait allusion, volontairement ou non.
Pendant ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de songer à l'univers de The walking dead. Pas pour ses morts-vivants bien sûr mais pour cet aspect de fin du monde. Comme dans la série, les survivants doivent se réorganiser après la catastrophe et si pour certains l'entraide est de mise, d'autres se transforment en pillards et renforcent à l'inverse une impression de totale anarchie en s'appropriant par la violence si besoin les biens et la nourriture d'autrui. En outre ette famille qui recherche les hautes terres pour être enfin en sécurité pourrait être comparée à ces survivants qui cherchent à rejoindre la ville d'Alexandria, comme un hâvre de paix, la promesse d'une terre promise.
Mais les allusions de Sandrine Collette ici sont davantage mythologiques ou bibliques.
L'un des personnages porte quasiment le même nom que le dieu des enfers.
Les cités sous les flots, qui laissent parfois poindre un toit ou le clocher d'une église, font forcément écho à l'Atlantide.
"Noé pense aux mondes engloutis sous l'eau."
Ce long voyage sur l'eau n'est pas sans rappeler "L'odyssée", comme une version réactualisée du long périple d'Ulysse pour rentrer à Ithaque.
Et si le garçon à la patte folle se prénomme justement Noé, c'est évidemment en lien avec le déluge et l'arche du même nom, quand Dieu a décidé de punir les hommes pour leur méchanceté et leur perversité en imposant la pluie quarante jours et quarante nuits d'affilée.
"On pourrait les laisser, ça serait notre arche à nous, il nous en manque beaucoup, des animaux, mais au moins on aurait les araignées."
Je ne suis pas très croyant et je ne suis pas non plus expert de la Bible, mais les liens sont si nombreux que l'idée d'un Dieu qui serait responsable de l'effondrement du volcan pour punir des hommes incapables de prendre soin de leur planète semble dominer.
Il est question du septième jour, de Jonas ( "On dirait qu'on est dans le ventre de la baleine" ), ou encore du Léviathan ( "c'est comme une bête resurgissant des entrailles de la mer" ).
Devoir peut-être condamner trois de ses enfants faute de place sur l'embarcation n'est pas non plus sans rappeler Abraham, à qui Dieu avait demandé de sacrifier son fils unique en signe de soumission.
Et les références ne s'arrêtent pas là : La barque passera au-dessus de statues de Joseph, Marie et leur fils, appartenant désormais au royaume aquatique.
"comme une couronne d'épines géantes", pourra-t-on également lire en comparaison d'un radeau fraîchement construit.
Et pourtant, même si c'est Dieu qui est à l'origine de ce châtiment, c'est tout de même vers lui que les personnages auront tendance à se tourner, sans doute parce que seule la foi ( l'espoir ? ) peut encore les aider à surmonter ces terribles épreuves.
"Les yeux fermés devant la mer immense, les mains jointes dans une supplique muette, Louie prie de toutes ses forces."
A nouveau, Sandrine Collette excelle dans une forme de littérature très sombre, où elle n'a pas son pareil pour décrire le malheur, la misère, quand le sort s'acharne sur des personnages si attachants, souvent innocents et victimes des circonstances. Malgré cette noirceur, l'humanité des personnages demeure une étincelle dans les ténèbres, une raison de continuer à y croire même si l'optimisme n'est pas toujours de rigueur.
"Le chagrin à la mesure de l'espoir anéanti : immense."
C'est au regard des liens familiaux que se joue ici toute l'empathie du lecteur.
D'un côté, nous avons donc ces trois enfants qui n'ont pas pu être emmenés, qui se demandent si leurs parents reviendront réellement les chercher. Ils ont le sentiment d'avoir été abandonnés en raison de leur handicap et se retrouvent complètement livrés à eux-mêmes. L'aîné, Louie, se retrouve brusquement avec des responsabilités qu'aucun enfant de onze ans ne devrait avoir à supporter, et de ses décisions peut dépendre la survie de son frère et de sa soeur. Que décider alors que les jours s'écoulent si lentement et que la mer menace de les dévorer d'un jour à l'autre ?
Quant aux huit personnes sur la barque, l'auteure s'attarde principalement sur le point de vue et les réactions des deux parents. le père a du prendre une décision pour assurer la survie et l'avenir de la majorité de leur famille, un choix monstrueux, à la fois compréhensible et inacceptable.
Mais c'est la mère, Madie, qui nous offre les plus grands moments d'abnégation, d'altruisme et de souffrance.
"Si une mère ne sait plus protéger ses petits."
Elle a l'impression que ses enfants lui ont été arrachés de force, et tant par amour que par devoir, elle est bien décidée à ne pas baisser les bras tant qu'elle n'aura pas tout fait pour leur venir en aide, ce qui promet des moments aussi cruels que libérateurs.
L'auteure a donc réussi à insuffler beaucoup d'émotions dans Juste après la vague, et le lecteur ne cesse d'osciller entre la peur et l'espoir.
Le style est quant à lui toujours le même, on reconnaît en quelques lignes seulement l'écriture inimitable de celle qui a écrit Il reste la poussière et Les larmes noires sur la terre. Des phrases longues, d'autres qui finissent abruptement et qui donnent souvent l'impression de suffoquer.
"C'est le hasard qui. Oh la tristesse."
Et comme dans bon nombre de ses romans, la nature joue un rôle plus important que jamais avec trois de ses éléments : La terre qui est réduite à de petits monticules, des îles minuscules sur lesquelles il est parfois possible de se reposer, de trouver de quoi de nourrir.
L'air et l'eau jouent quant à eux un rôle similaire, écrasant l'homme entre leurs deux gigantesques masses. Parce que si la mer est décrite comme un dragon affamé qui se repaît de tout ce qui se trouve sur son passage, c'est bien le ciel et ses tempêtes qui la rende aussi menaçante, et les yeux de nos survivants sont d'ailleurs davantage tournés vers les nuages pour mesurer les dangers éventuels de navigation.
"Etrange climat que le grand raz-de-marée leur a imposé, avec ces orages incessants, ce ciel qui vire et tourneboule."
Juste après la vague est encore une belle réussite de la part de Sandrine Collette, qui parvient une nouvelle fois à se renouveler avec ce roman d'anticipation au sujet original, qui n'est pas sans rappeler le film Waterworld.
Roman à l'écriture sublime, mêlant amour et désespoir, il passionne et questionne tant sur la foi que sur les bouleversements climatiques et les liens familiaux.
Et vous, si la fin du monde était prévue pour demain et que vous ne pouviez sauver que huit personnes, qui choisiriez-vous ?
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Ydamelc
  24 janvier 2018
Un volcan qui s'effondre dans l'océan.
Un énorme raz de marée ravageur, meurtrier, qui fait tout disparaître autour de Madie, Pata et leurs 9 enfants.
Un monde post-apocalyptique, à perte de vue.
La décision de partir et trouver refuge vers des terres plus hautes pour leur survie.
Une barque,
8 places seulement.
Un choix impossible, mais inévitable...
Le décor est planté.
L'ambiance aussi...
Et pas qu'un peu.
Sandrine Collette, elle sait y faire, pour vous foutre la boule au ventre et faire en sorte qu'elle ne vous quitte plus jusqu'à la fin.
Oh ça oui, elle maitrise !
J'ai tremblé, j'ai espéré, j'ai tellement eu peur...
Face à cet océan enragé, ces espaces indomptables, si menaçants, si vastes, malgré cette atmosphère si oppressante, ces enfants innocents, si petits et si grands à la fois, faisant face à l'impensable, n'ayant que pour arme, leur instinct de survie...
Face à cet acharnement du malheur et toute cette misère, cette noirceur omniprésente, ce choix, ces décisions, cette culpabilité, cette résilience , je me suis sentie bien impuissante, meurtrie...
Je n'ai pas une famille aussi nombreuse, mais malgré tout cette histoire nous pousse à la réflexion.
Elle n'est pas sans rappeler certains faits d'actualité.
Les migrants, les réfugiés, le réchauffement climatique et les bouleversements, catastrophes naturelles qui en résultent...
Cette mère, ça peut très bien être moi.
Qu'aurais je fait à sa place ?
Je n'en sais rien et je ne veux pas le savoir.
Non, jamais.
Sandrine Collette, c'est mon petit rendez vous incontournable de début d'année.
Renod, merci, de m'avoir accompagnée pour la 3ème année consécutive dans ces sombres aventures.
Une auteure, qui, une nouvelle fois, m'a ravie et bouleversée.
Ce livre, je le dois à un autre de mes amis. Je l'embrasse fort. Merci.
Et pis, aujourd'hui, c'est un peu un jour spécial...
C'est mon anniversaire Babelio.
3 ans.
Il fallait donc que je célèbre cela, comme il se doit, avec un titre qui me touche tant.
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Tostaky61
  08 février 2018
Me voici rattrapé par mon passé,  hanté par mes vieux démons, soumis à mes phobies.
Un requin de carton pâte,  terrorisant les plages de la station balnéaire d'Amity avait déjà bien oeuvré pour m'écarter des fonds marins. Un jeu aussi stupide que dangereux, quelques mois plus tard, avait failli me coûter la vie (Je me demande encore, d'ailleurs, comment ce jour-là, j'ai réussi à échapper à la noyade), et avait définitivement contribué  à  mon aquaphobie.
Sandrine Collette  vient d'en remettre une couche avec son nouveau roman, Juste après la vague.
Bon, vous me direz qu'elle ne m'a pas pris par surprise, le titre est explicite.
Une tempête, un volcan qui fait des siennes,  un raz-de-marée. Un monde disparaît. Reste un ilot. Une mère,  un père, 9 enfants. Une barque. Pas de place pour tout le monde.
Et voilà c'est parti.
Sandrine Collette est cette auteure qui crée des huis clos dans des immensités et qui le fait avec talent. Ici c'est la mer. L'eau. Qui monte.  Angoissante. En mouvement perpétuel. Qui remue. Qui n'en finit  pas. Qui engloutit. Qui terrorise. Qui tue. Sournoise. Qui laisse de l'espoir avant de rugir plus fort encore. Et puis l'eau c'est aussi les larmes. de parents, d'enfants, de peurs  de souffrances, de détresse.
Un roman noir comme les fonds marins.
Où l'espoir de survivre s'amenuise de jour en jour. On scrute cet horizon sans fin, on cherche la terre, le bateau, l'humain.
La nature déchaînée, et l'homme si petit qui lutte contre les éléments, qui est capable, par instinct, du pire comme du meilleur.
Et nous, qu'aurions-nous fait ?
Que serions-nous capables de faire ?
Que serions-nous coupable de faire ?
N'ayez pas peur de vous noyer, en bon lecteur que vous êtes,  plongez dans cette lecture addictive. Moi, je reste sur la terre ferme, je garde juste un oeil sur la Saône tout près de chez moi, trop près ?
Quand à Sandrine Collette, après les sentiers de randonnée, la haute montagne, les vignes, la Patagonie,  une casse automobile, vers quelle contrée  m'entrainera-telle dans son prochain ? le Kamtchatka ?
 

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tynn
  23 janvier 2018
« Ils étaient onze, juste eux onze au monde »
Mais qu'a-t-elle donc dans la tête, Sandrine Collette, pour avoir ce talent des contextes improbables? Ces livres se racontent toujours avec en décor des situations de vie extrêmes, où se transcende la violence des individus, de la nature ou des éléments. Et jusqu'à présent, j'y ai toujours trouvé mon compte.
Que d'eau, que d'eau!
Quelle angoisse d'accompagner la survie de quelques enfants sur une île submersible, et le voyage de quelques autres sur un petit rafiot ivre au milieu de l'océan!
Douleurs, pertes, séparations et dépassement de soi sont les piliers de cette tragédie humaine sur fond d'anticipation prémonitoire. Au-delà du réel se jouent des questions profondément humaines sur le pragmatisme à tenir face aux situations d'urgence, la résilience et l'obstination.
J'ai quand même eu des gros creux de vagues. Tant de malheurs, un suspense haletant de drames annoncés et prévisibles ! Je finissais par ne plus en pouvoir de cette galère familiale décrite avec un pointillisme visuel. Les amateurs du genre apprécieront la thématique « horreur » car on n'en est pas loin; je dirais même que tous les éléments possibles de dramaturgie sont utilisés.
J'ai vraiment souqué avec difficulté, bu la tasse plusieurs fois en menaçant de lâcher prise. Avec son écriture très descriptive et hyper réaliste, Sandrine Collette s'y entend à vriller l'estomac de son lecteur mais à trop le secouer, le mal de mer est assuré.
« Too much » me semble-t-il.
De toutes les façons, je n'ai jamais eu le pied marin. ;-)
Sans doute que d'autres garderont mieux le cap...
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critiques presse (1)
Actualitte   15 février 2018
Plus que le suspense ou les rebondissements, c’est avant tout une ambiance pesante, un cadre resserré, une situation tragique inéluctable d’emblée exposée, qui ancrent le lecteur dans un état de stress et d’angoisse et lui laissent peu d’échappatoire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
ILLEILLE   19 février 2018
Machinalement,elle a compté les enfants nerveux entassés dans l'embarcation:de un à six.A six,quelque chose s'est brisé au-dedans d'elle,quelque chose qui sait que six,ce n'est pas le bon chiffre.
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ILLEILLE   19 février 2018
Ils ont ces visages fatigués par l'angoisse,les traits tirés par la peur de rester là à jamais.
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ktylauneyktylauney   15 février 2018
Peut-être si Liam et le père ramaient fort, douze jours. Mais douze jours, cela ne réglait toujours pas le problème. Le problème, c’était ce que le père n’arrivait pas à dire et qui lui arrachait la gueule : ils n’avaient qu’une seule barque. Et la mère avait tout compris, comme il s’en doutait, parce qu’à ce moment-là elle posa sur lui un regard de feu, haine et désespoir mêlés, un regard qui l’accusait définitivement – et elle murmura, comme si c’était lui, rien que lui, comme si tout était sa faute, la mer, la tempête et le malheur :
— Qui vas-tu laisser ?
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ktylauneyktylauney   15 février 2018
Elle est tout entière fermée, repliée sur son désespoir – les yeux cachés derrière les paumes, et le père est fasciné par ces mains soudain, celles d’une vieille femme de quarante ans, avec des veines bleues et saillantes, des taches sur la peau aux reflets jaunes, des mains qui se sont trop agrippées à la barque ces derniers jours et qui semblent ne plus jamais pouvoir s’ouvrir, recourbées comme des griffes.
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ktylauneyktylauney   15 février 2018
Alors ils s’étendent sur le plancher, les yeux dans les étoiles, en rêvant au lendemain, à la sensation du sable chaud coulant entre leurs doigts de pied, à leur course quand ils pourront, enfin, se dégourdir les jambes, aux poissons grillés, aux fruits qu’ils imaginent déjà trouver, une sorte d’eden impossible, de ceux qu’on imagine le soir et que le matin désenchante chaque fois.
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Videos de Sandrine Collette (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sandrine Collette
Deux propositions, des réponses courtes, Sandrine Collette s?est prêtée au jeu du "A c?ur ouvert".
Elle aime la province, les poules et le café, découvrez-en un peu plus sur Sandrine Collette, auteure de thrillers et de romans noirs, dont Juste après la vague, sorti le 18 janvier 2018 aux éditions Denoël.
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