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EAN : 9782207124369
288 pages
Éditeur : Denoël (22/01/2015)
3.94/5   747 notes
Résumé :
Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce pays... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (264) Voir plus Ajouter une critique
3,94

sur 747 notes

marina53
  12 février 2015
Un grand merci à Babelio et aux éditions Denoël pour cette escapade hivernale..
Le soleil offre ses premiers rayons dans un ciel limpide. le jardin vert pâle tranche avec la blancheur des montagnes. L'Albanie, un pays qu'ils ne connaissaient pas du tout. Mais un organisme de tourisme leur a offert un trekking et Elias et Lou ont de suite accepté. En compagnie d'un autre jeune couple, Arielle et Lucas et deux hommes, Marc et Etienne. Ils se réjouissent tous à l'idée de cette randonnée dans ces hautes montagnes enneigées, pouvoir dormir à la belle étoile et se sentir libres. Direction Valbona, à l'hôtel où ils doivent retrouver leur guide. Vigan, un homme grand, robuste et impénétrable, se présente à eux. le départ est donné pour ce qui devait être une agréable balade dans ce pays inconnu. Mais, bien vite, les choses se compliquent, le temps se dégrade petit à petit, les sacs pèsent lourd sur ces épaules si frêles et un sentiment étrange et oppressant les habite...
Gravissant la montagne, une chèvre judicieusement choisie parmi un troupeau marchant à ses côtés, Mathias s'apprête à sacrifier cette bête au nom de la nature, des Dieux et des esprits. Appelé par les paysans, parfois un village entier, il est le seul sacrificateur à qui l'on implore de conjurer le mauvais sort...
Enfilez vos moufles, votre bonnet et votre anorak les plus chauds, chaussez votre meilleure paire de chaussures de marche et forgez-vous un moral d'acier car l'ascension risque d'être éprouvante...
Dans son nouveau roman, Sandrine Collette nous emmène au coeur de ces hauts sommets enneigés et glacials. L'on part pourtant en toute tranquillité et pleins de confiance sur ces sentiers. Mais, faut-il croire que les mauvais esprits rôdent encore ou que la chance a tourné? Pour un trekking qui se voulait convivial et enrichissant, même s'ils en ressortiront inévitablement grandis et enrichis, aussi bien sur le monde qui les entoure que sur leur propre capacité, Lou, Elias et leurs compagnons de voyage ne sont guère au bout de leurs surprises. L'auteur réussit à créer une ambiance oppressante et redoutable, la tension est palpable et va crescendo. L'on est emporté dans le tourbillon de ces pages et l'on est soufflé par ce scénario implacable. Alternant le récit entre Mathias et Lou, ce roman, construit habilement, nous saisit et nous frigorifie de par sa noirceur et cette nature si hostile et si inhospitalière.
Six fourmis blanches... cinq fourmis blanches...
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CasusBelli
  09 février 2021
C'est mon deuxième rendez-vous avec Sandrine Collette et ma première impression est confirmée, j'aime beaucoup le style et le rythme imprimés à ses romans.
Avec ces six fourmis blanches le parti pris narratif proposé va être celui d'alterner deux histoires un chapitre sur deux, Lou et Mathias, deux histoires distinctes que l'on devine pourtant susceptibles de se croiser à un moment ou à un autre.
Deux histoires dramatiques cela va de soi et dont le point commun tient avant tout au contexte.
Il y a bien sûr des personnages bien dessinés, ni héros, ni anti-héros, des gens "normaux" qui nous ressemblent, des personnages qui vont être confrontés au caprice d'un destin qu'ils ne maîtrisent pas, à la peur, à eux-mêmes, car à un moment tout peut basculer sans préavis et pulvériser leurs plus belles certitudes sur ce qu'ils croient être.
Difficile de parler de ce roman sans dévoiler le plan de l'auteur et ce qui va nous bluffer, car le scénario est diablement subtil et efficace, chapeau bas, je ne l'avais pas vu venir, je n'en dirai donc rien pour garder le suspense intact.
Par contre je peux dire sans trahir que le véritable acteur de ce roman est la montagne, mais pas celle des cartes postales, non.
Il s'agit de celle, impitoyable dont on nous dit qu'on ne doit pas l'affronter sans préparation car le temps peut-être changeant, car la neige peut être traîtresse et le froid tuer.
Un vrai bon thriller, du suspense, un style brillant, n'hésitez pas ça se lit tout seul.
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Yggdrasila
  09 février 2015
Imaginez que vous gagnez un voyage pour un trek de trois jours dans les belles montagnes neigeuses d'Albanie.
Imaginez que vous êtes parmi un groupe de six randonneurs plutôt joyeux, avec un guide beau gosse pour vous accompagner.
Alléchant non ?
C'est ce qu'ils ont cru au départ...
Après Des noeuds d'acier que j'avais beaucoup aimé, Sandrine Collette a réussi à me surprendre encore plus avec ce roman époustouflant.
Dès le départ, le ton est donné : on a affaire à un paysage glacial où le Mal semble régner.
D'un côté nous avons Mathias, un sacrificateur respecté et connu pour apaiser les mauvais esprits des montagnes en leur offrant des sacrifices. de l'autre, nous avons Lou, une jeune femme partie avec son compagnon Elias faire cette fameuse randonnée.
J'ai beaucoup aimé ce groupe avec ces personnages si différents les uns des autres. Mais surtout, il y a en permanence cette présence maléfique dans la montagne, qui semble suivre notre petit groupe.
La tension monte au fil des pages, que ce soit du côté de Mathias aussi bien que chez les randonneurs. le cauchemar s'installe et l'enthousiasme général du groupe retombe pour laisser place au stress et à la survie.
Les descriptions de ce paysage blanc, de son climat, des conditions physique des personnages mêlées à leurs états d'âme font progressivement monter l'adrénaline du lecteur.
Ce roman se dévore ! On a du suspense, de la tension et des surprises. J'étais captivée par cette histoire jusqu'à la dernière page. Bref, un livre qu'on ne peut pas lâcher si on l'a commencé. J'ai adoré !
Je remercie bien chaleureusement Babelio et les éditions Denoël qui m'ont envoyé ce livre grâce à l'opération de Masse critique. J'ai reçu ce roman avec un petit marque-page et une carte sympathique me souhaitant une bonne lecture. Et je confirme que la lecture a vraiment été excellente !
Un très bon roman à ne pas rater !
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Crossroads
  18 février 2015
Costa Croisères Hiver vous propose deux balades dont vous ne reviendrez pas !
Vous vous sentez l'âme d'un Edmund Hillary, ce trek hivernal en groupe restreint devrait marquer durablement les esprits.
Vous ne concevez pas de vous évader sans revenir l'esprit apaisé, repu de souvenirs touchants fondamentalement associés à la bouleversante quiétude des lieux. J'ai. le sacrificateur. Fort d'une expérience enviée par les plus grands, il saura vous imprégner de son savoir-faire et pourquoi pas, susciter des vocations dans le métier. Toute candidature issue de quelque refuge pour animaux que ce soit sera immédiatement rejetée pour des raisons évidentes d'équilibre mental à moins que le lancer de chèvres en milieu hostile ne constitue secrètement l'un de vos passe-temps favoris...
Quoi qu'il en soit, vous allez en bouffer de la poudreuse, jusqu'au dégoût.
La montagne, ça vous gagne. Mais parfois, c'est elle qui décroche la timballe.
Ne jamais rien prendre pour acquis si ce n'est son incapacité à lutter face à la toute puissance d'une nature bougonne qui se serait levée du versant gauche.
Glaçant, percutant et sans décrochage notoire, ce qui est toujours préférable en montagne, ce Six Fourmis Blanches trace son blanc sillon – qui aurait parfois tendance à tirer sur le vermillon, j'aime pas balancer mais quand même - à grands coups de piolets méthodiquement dosés et assurés.
Deux récits concomitants narrés à la première personne, l'immersion en terre inconnue fonctionne à plein, à l'instar des déboires de tous nos candidats à la récompense ultime, la survie, que l'on prend dans la tronche comme autant d'avalanches d'emmerdes semblant ne jamais vouloir s'arrêter.
Si la trajectoire mortelle de Lou et de ses acolytes trekkers est plutôt convenue, le monde féérique de Mathias et son petit lexique du sacrificateur pour les nuls passionne durablement.
On frémit tout en s'intruisant, j'en redemande.
Collette fait monter le récit en température - et l'on s'étonnera des avalanches, m'enfin...- jusqu'au dénouement final particulièrement réussi, une fois n'est pas coutume dans le genre.
Au sortir d'une telle lecture, il sera vital de respecter les divers paliers de décompression au risque d'éprouver pour les sommets une aversion sincère et durable, pour le plus grand plaisir des chèvres, cependant...
Un Vent de Cendres m'avait laissé de glace, Six Fourmis Blanches m'a réchauffé le coeur, comme quoi...
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gouelan
  21 décembre 2019
Ils sont jeunes, enthousiastes. Gagner un trek pour une randonnée en montagne cela rend léger, aventureux.
Il est fort et ténébreux, Matthias est sacrificateur dans ces villages de montagne d'Albanie ; une sorte de sorcier que les paysans craignent. Ils leur doivent la tranquillité, la paix avec les esprits, avec le destin.
Pour ce groupe de jeunes touristes, six petites fourmis blanches, la montagne a un goût de poésie, de neige scintillante, de flocons qui chantent et d'aventure partagée. Plus tard ils pourront raconter aux copains, ranger cette parenthèse lumineuse dans la boite à souvenirs.
Pour Matthias, le sacrificateur de chèvres, la montagne est coléreuse, elle domine, elle décide. Le vent rugit, la neige crache, les crevasses sont des mâchoires, les falaises déchirent.
Deux trajectoires se confondent dans une tempête de neige, où le mal qui rôde est prêt à fondre sur eux. Il hante ces montagnes, il est éternel, il est promesse de ténèbres, de souffrances ou d'oubli.
À moins que ce ne soient les hommes qui incarnent ce mal…
Où est le bien, où est le mal ?
Un thriller sur la couleur du destin : « il n'y a pas de raison pour que les choses adviennent », sur ces moments où la vie bascule, où les petites fourmis blanches ne peuvent rien, juste glisser dans ses mâchoires glaciales.
La couverture du livre est très belle : cette cordée fragile et minuscule sous la lune énorme et l'ombre blanche de la montagne. Comme Sisyphe, on dirait que ces fourmis roulent la lune jusqu'au sommet de l'enfer blanc.
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critiques presse (1)
Lexpress   04 mai 2015
Mystères et frissons garantis.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (108) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   12 février 2015
Quelle horrible impression, celle de nos propres limites: jamais, dans la vie ordinaire, nous n'avons besoin d'aller aux frontières de ce dont nous sommes capables, à l'extrême de nos forces. Le sentiment d'arriver au bout nous est étranger. Nous nous croyons invincibles, quand nous n'avons simplement pas à utiliser nos réserves. Nous sommes des protégés, des assistés qui s'ignorent. Des faibles. (..) Devant l'immensité des éléments, dans des situations extrêmes, nous ne sommes plus rien.
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SiabelleSiabelle   24 décembre 2016
Valbona est ici, à un kilomètre... Puisqu'on part à, mmm... j'ai oublié le nom, enfin, ça devrait être par là.
- De toute façon, dit Arielle, on s'en fout, on a un guide. Et puis je vous rappelle qu'on est nuls. Soyons à la hauteur.
Nous applaudissons en riant. C'est vrai. Nous avons baptisé notre groupe ainsi lors de notre rencontre, la montagne pour les nuls. Il y a une certaine jouissance à se parer des adjectifs les plus idiots en sachant que c'est faux, qu'on y arrivera, à vaincre les glaciers hostiles - et les ours, a ajouté Lucas ce soir-là. C 'est l'objectif de cette randonnée de l'Extrême, comme on nous l'a vendue : les hauts sommets pour les débutants. Enfin, hauts... qui culminent à deux mille cinq cents, deux mille sept cents mètres. Mais pas de remontée mécaniques : un peu de 4 X 4 pour nous faire grimper au maximum, et après tout à pied.
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SiabelleSiabelle   22 août 2016
Mathias
Je suis seul, ni femme ni famille - le lot de ces races presque éteintes dont je suis, car qui nous attendrait des semaines et des mois sans protester, qui nous prendrait tels que nous sommes, nomades et brutaux, nous embrasserait à notre retour comme si nous avons toujours été là, et que nous n'allions pas repartir le lendemain heureux et chantants. Insoumis et ivres d'espaces. J'ai appris à vivre avec pour ces compagnes ces chèvres blanches, brunes ou noires dont l'odeur sature jusqu'au tissu de mes vêtements jusqu'aux poils de ma barbe quand j'oublie de la couper trois ou quatre jours. Parfois leurs bêlement sont les seules paroles que j'entende de toute une semaine. Quand elles sont timides et muettes comme celle que j'emmène aujourd'hui, le silence chante en dedans de ma tête.
Je tire sur la corde.
- Allez.
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BazartBazart   19 mai 2015
En ce début de journée du mois de mars 2013, nous ressemblons à une courte file de fourmis montant à l’assaut des montagnes, sages et ordonnés bien en ligne, et peut-être les autres se demandent-ils comme moi pourquoi ils ont plongé dans cette escapade, à quoi cela leur sert, et si le plaisir de raconter ce qu’ils auront vécu là-haut vaut la peine que nous avons à enchainer un pas après l’autre, inlassablement, entre les pauses pour boire, respirer, boire encore. Vigan nous a prévenus : nous perdons un litre d’eau par tranches de cinq heures en altitude, et nous perdons aussi le sentiment de la soif, à cause du froid.
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Nastie92Nastie92   15 avril 2016
Aujourd'hui nous avons trente mille pas devant nous. Si tu ne vois que ces trente mille pas, autant t'asseoir et abandonner tout de suite. Mais si, quand tu fais un pas, tu conçois qu'il n'en reste plus que vingt-neuf mille neuf cents quatre-vingt-dix-neuf, puis vingt-huit mille, vingt-cinq, et qu'à un moment il en restera moins à faire que tu en as déjà fait, alors tu comprendras que cela vaut la peine d'avancer.
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MÉDIATHÈQUE FRANÇOIS MITTERRAND ROMAN ADULTE : Ces orages là - Sandrine Collette (Editions J.C. Lattès)
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