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EAN : 9791091211178
272 pages
Éditeur : Editions de l'Epée (13/02/2014)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 567 notes)
Résumé :
Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges, Octave, le maître des lieux, regarde sa sœur Camille d'un œil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l'endroit au plus vite. Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais l'étrange fascination d'Octave met son frère mal à l'aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme au visage lacéré par une vieille blessure. Ils se disputent et, le t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (196) Voir plus Ajouter une critique
Roggy
  31 mars 2019
Ce deuxième roman de Sandrine Collette est un avertissement : n'acceptez jamais une invitation chez les personnages de ses romans au risque extrêmement élevé de ne pas sortir indemnes.
Le récit est tendu, coupant, lancinant, un bon jeu d'incertitudes emmêle rapidement le lecteur et les questions se dessinent sans forme bien définie.
La beauté de la nature comme cadre de la folie de ses habitants, abritant les pires horreurs sorties tout droit du journal intime d'un serial killer, sont paradoxales au huis clos qui se dégage tout au long du récit.
C'est un page-turner a du romanesque, du rythme, du suspense, de la psychologie et de l'empathie pour les personnages cabossés, des dialogues efficaces et des scènes brûlantes.
Comme toujours chez l'auteure, tout va valdinguer et s'hybrider. Les personnages sont irrésistibles.
Commenter  J’apprécie          843
LydiaB
  19 juin 2014
J'avais lu, il y a trois mois, l'autre roman de Sandrine Collette, Noeuds d'acier, roman noir, se jouant pratiquement à huis-clos. On retrouve ici le même schéma, avec une histoire radicalement différente : Octave, Andreas et Laure rentrent d'un mariage. L'ambiance festive est rapidement gâchée par un terrible accident de la route. Laure est décapitée, Andreas est dans le coma et Octave, le seul à s'en sortir "à peu près bien" (tout est relatif) est défiguré (je disais bien que tout était relatif).

Une dizaine d'années plus tard, on retrouve les deux hommes, propriétaires de vignes. Ils sont assez mystérieux : Andreas est enfermé chez lui, aux prises avec la folie. Seul Octave ose sortir pour accueillir les employés avec Lubin, son fidèle ami qui gère avec lui l'exploitation. Parmi les vendangeurs, se trouvent Camille et son frère Malo, apportant une bouffée de jeunesse dans le groupe. Oui mais voilà... Camille rappelle à Octave la femme d'Andreas, Laure. Et cette dernière semble bien éprouver quelque chose pour ce Quasimodo des temps modernes, au grand désespoir de Malo qui flaire le danger. Ce dernier piquera une très forte colère en surprenant Octave avec sa soeur. le lendemain, lorsque Camille viendra le chercher pour aller vendanger, elle ne le trouvera pas. Sa disparition devient inquiétante, surtout dans ce contexte...

Sandrine Collette, je le disais, reprend le schéma de son premier livre : deux personnages asociaux, Octave et Andreas, féroces, à moitié cinglés, évoluent dans cette maison au milieu des vignes tout comme les deux vieux de Noeuds d'acier. L'auteur joue sur les non-dits, sur l'imagination du lecteur, oscillant entre passages peu ragoûtants et puissance évocatrice due aux ellipses. La fin est surprenante.

Voilà une romancière à suivre !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Crossroads
  09 mars 2014
Colossal, phénoménal, banal, magistral, Pinocchio ne tarissait pas d'adjectifs concernant ce deuxième Sandrine Collette. A sa décharge, l'un, pour une fois, s'est avéré tristement représentatif. Un indice vous qui êtes chez vous, il se termine en  "al".
Le meilleur Collette lu à ce jour. En même temps, ce devrait être le seul et unique...
Sandrine Collette / Jean Alési même combat. Départ canon, bac à sable au bout de 100m, course terminée, merci et au revoir.
Quand je pense que ce bouquin est paru aux éditions Sueurs Froides, j'ai juste envie de dire bonne vanne.
Surfant visiblement sur un premier roman unanimement salué par la critique et les lecteurs, Collette récidive dans la foulée histoire de battre le fer tant qu'il est chaud.
Le contexte, Camille et Malo partagent les mêmes racines familiales. Et de racines, il en est fortement question ici puisqu'ils s'apprêtent à faire les vendanges histoire de se mettre quelques sou-sou dans la popoche. Petit bémol notoire, Octave, maître des lieux en titre au visage couturé de cicatrices, ne cesse de reluquer Camille d'un mauvais oeil. S'en suivront de longues journées harassantes, une disparition inquiétante, une consternante bluette parfum guimauve, un final peu crédible, la découverte enivrante de l'ultime mot : oublie ( oui, je sais, c'est moche de spoiler ), puis un énorme ouf de soulagement assorti d'un monstrueux beuglement de contentement au sortir de ce Angélique Marquise des Anges vs Geoffrey de Peyrac revisité.
Mou, sans imagination, aussi intense émotionnellement que le 1529e épisode des Feux de l'Amour. Mais si, vous savez, celui où John-Brandon annonce à Cindy-Raymonde qu'elle ne fait pas de l'oedème mais attend bel et bien un heureux événement à 109 ans passé du mois de juin. Magique. Non, gonflant au point de m'être astreint à revisionner les épisodes les plus punchy de Loulou la Brocante histoire de retrouver l'envie.
Point positif, un univers viticole admirablement retranscrit.
Point négatif, tout le reste.
Une écriture agréable ne saurait sauver ce livre qui tient bien plus d'une triste piquette que d'un grand cru millésimé.
Un Vent de Cendres, une douce brise tout au plus...
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Commenter  J’apprécie          5915
marina53
  07 mars 2014
Tout d'abord, un grand merci à Babelio pour l'envoi de ce livre...
Laure, Octave et Andreas rentrent d'un mariage. Malheureusement, un terrible accident de la route se produit. Les deux garçons en sortent grièvement blessés, Andreas plongé dans le coma, tandis que Laure est décapitée. Un terrible choc pour le jeune homme qui voulait l'épouser ...
10 ans plus tard, on retrouve Camille et son frère Malo qui ont décidé d'accompagner leurs amis pour faire les vendanges. C'est dans une humeur joyeuse et bon enfant qu'ils se retrouvent pour aller ensemble au domaine viticole de Vaux. Les propriétaires des lieux, Octave et Andreas, semblent au premier abord les impressionner. En effet, c'est Octave, bien que défiguré par le terrible accident, qui s'occupe des lieux essentiellement puisque Andreas vit reclus dans une aile du château et ne sort jamais. C'est en compagnie du régisseur, Lubin qui leur montre leur dortoir et leur explique les directives pour les prochains jours, que les jeunes réunis ici pour une semaine prennent place. Mais, quelque chose semble inquiéter Malo: il a remarqué qu'Octave n'a d'yeux que pour sa soeur et la regarde sans discontinuer bizarrement et n'apprécie guère ses manières. Il devient méfiant et informe la jeune femme de ses impressions. Cette dernière ne tarde pas à rembarrer son frère, elle aussi étant attirée étrangement par cet homme balafré et boiteux. Evidemment, il ne sait pas que Camille ressemble à s'y méprendre à Laure. Octave se rapproche alors de la jeune femme qui se laisse faire. Ceci ne plaît guère à Malo qui se disputera alors violemment avec sa soeur. Suite à cela, ce dernier reste introuvable...
Sandrine Collette revient en force et vite avec ce deuxième roman. A peine avons nous délié nos noeuds qu'elle nous souffle dessus avec ce polar, certes beaucoup moins noir, violent et oppressant mais qui reste de très bonne facture. le problème est que Sandrine Collette nous a mis en appétit et en pâmoison, peut-être trop vite. L'histoire est prenante dès les premières pages et l'écriture est si efficace que les pages se tournent toutes seules. le rythme est là, même s'il a tendance à s'essouffler. le décor, à savoir celui du milieu des vendanges, est agréable à souhait, très bien décrit et dépaysant. La comparaison est malheureusement inévitable lorsque la lecture des deux polars est trop proche. Malgré tout, elle a su se renouveler et l'on ne peut pas le lui reprocher.
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sandrine57
  07 novembre 2015
Pour Laure, Andreas et Octave, la vie s'est arrêtée par une belle journée ensoleillée. Jeunes, beaux et insouciants, ils rentraient d'un mariage quand la voiture d'Andreas, lancée à pleine puissance, s'est encastrée dans un camion en panne en travers de la route. Laure meurt sur le coup dans des conditions effroyables.
Dix ans plus tard, Andreas vit toujours dans le souvenir du drame, entretenant le souvenir de celle qu'il voulait épouser, reclus dans sa propriété viticole. Octave, boiteux et défiguré s'occupe du domaine. Réservé, il ne se mêle jamais aux jeunes qui viennent prêter main forte pour les vendanges. Mais cette année, il est immédiatement subjugué par Camille, fidèle portrait de Laure. Des regards appuyés, un baiser échangé, la jeune fille n'est pas insensible au charme ténébreux d'Octave. Par contre, Malo, son frère, voit d'un mauvais oeil cette idylle naissante. Il crie, il menace et, le lendemain, il disparaît. Ses amis pensent à une fuite dictée par la colère mais Camille, sans nouvelles, soupçonne le pire.
Un roman noir au charme indéniable, dû sans doute à l'atmosphère du vignoble champenois, mais qui manque d'endurance... Un départ du feu de dieu avec un terrible et sanglant accident, puis un suspense savamment distillé, une ambiance pesante, un malaise latent et, malheureusement, un final usé jusqu'à la corde aux allures grand-guignolesques. Dans l'ensemble, Un vent de cendres est une déception, une idée originale qui sombre dans le banal. Tout à fait dispensable.
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critiques presse (2)
Lexpress   18 avril 2014
Après un premier roman noir primé, Sandrine Colette monte encore le niveau avec Un vent de cendres, un livre qui ne ressemble à aucun autre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   02 avril 2014
Elle choisit une écriture comportementaliste, évitant la psychologie et la graisse des états d'âme. Jusqu'à la dernière page, effroyable et distanciée.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   09 septembre 2014
Tout le monde a fait l'expérience une fois dans sa vie de ces moments étranges qui donnent l'impression d'avoir déjà été vécus. Une sensation au détour d'un chemin, un lieu à la fois inconnu et familier, lointain et au bord de la conscience en même temps ; la certitude d'avoir un jour prononcé les mêmes mots, d'avoir fait les même es gestes. Mais où, quand, pourquoi, impossible de le dire. Cette sensation reste, ardente et vaine. Perdus d'avance, ces souvenirs ne reviennent jamais en mémoire, inaccessibles, d'un autre temps, d'un autre monde.
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Commenter  J’apprécie          230
NathalCNathalC   15 janvier 2018
Il existe des temps suspendus, ces temps d'un autre monde qui précèdent les tempêtes et dont, si nous n'étions pas fous, nous nous garderions avec prudence. Ces instants et ces heures qui endorment toute méfiance, qui nous font croire à la possibilité de faire table rase du passé, de tout recommencer ; ces temps de mensonge.
Commenter  J’apprécie          350
ladesiderienneladesiderienne   08 septembre 2014
... la mort de Laure est une blessure. Comme toute blessure, elle guérira, de gré ou de force. Mais elle laissera une cicatrice. Qui lui fera mal par mauvais temps, quand la pression atmosphérique sera trop haute. Ou quand il y aura du vague à l'âme, comme on dit qu'il y a du vent. Une cicatrice refermée qui restera l'endroit le plus fragile de son corps et de son âme.
Commenter  J’apprécie          280
collectifpolarcollectifpolar   22 octobre 2019
Au moment où Andréas laisse revenir le volant dans l'axe, après ce sale virage, la chose est déjà là, tapie quelque part. Mais il ne la perçoit pas. Ça plane au-dessus de lui sans un bruit, sans un signe, impalpable. La faute peut-être aux champs de colza qui défilent en longues bandes jaunes floutées sur le bas-côté, et leur parfum entêtant, et Laure qui fredonne en regardant le paysage par la vitre baissée. Laure dont les cheveux s'envolent et lui reviennent sans cesse dans les yeux à cause du toit ouvrant, mais il fait si doux. Elle a levé le bras pour sentir l'air lui passer entre les doigts, Andréas roule vite, comme toujours. Elle en a les larmes aux yeux. Une poussière sans doute, elle rit toute seule. Resserre le col de sa chemise - elle est si fragile. Tu as froid, dit Andréas. - Non, je fais attention, c'est tout. Tu me connais. - On s'arrête prendre un café ? - Bientôt.
À l'arrière, Octave se redresse, se penche entre eux deux.
- Un café, je suis pour. On n'a pas assez dormi. Andréas le repousse en souriant.
- Bientôt, on a dit.
Une si belle journée. Laure renverse la tête en arrière et exhale un profond soupir avant de reporter machinalement son attention sur la route. C'est là, à quelques poignées de secondes cette fois. Cela flotte dans la tension de l'air. Mais si bien caché, et tellement impossible. Zut, dit Laure, je crois que j'ai oublié mon livre là-bas.
- Ils nous l'enverront.
- Petite tête, se moque Octave depuis la banquette arrière. Un sourire en coin sur le visage d'Andréas. Et puis le silence à nouveau qui les tenaille, comme la fatigue, le bruit du moteur et le souffle de l'air en bercement; de temps en temps Laure jette un oeil sur Andréas pour vérifier qu'il ne s'endort pas. Elle n'a pas besoin de demander, il la regarde et il comprend, secoue doucement la tête, tout va bien. Il est clair. Elle acquiesce, elle aussi.
- Il était bien ce mariage, non ? Andréas hausse un sourcil.
- Je croyais que tu détestais ça.
- Je déteste ça, confirme-t-elle en appuyant sur les trois mots.
Il sourit, baisse le pare-soleil. La lumière l'a ébloui en traversant les arbres. La route file tout droit maintenant et il la devine devant lui de colline en colline, s'effaçant dans les creux et réapparaissant en haut des petits monts. Comme si elle lisait dans ses pensées, Laure murmure :
- C'est joli par ici. Ça nous change.
- C'est toujours l'histoire de l'herbe plus verte... Tu ne les aimes pas, nos coteaux de vignes ?
Elle sourit. Si. Si bien sûr. Tu as raison. Soudain elle se redresse sur son siège, tend le doigt devant elle.
- Regarde là-bas, c'est Matthieu et Aude, non ? On les a rattrapés. On est partis au moins un quart d'heure après eux.
Andréas pousse un cri joueur et appuie sur l'accélérateur, faisant bondir la Mercedes. En cinq cents mètres ils rattrapent la voiture blanche.
- Attends ! se précipite Laure.
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SiabelleSiabelle   09 avril 2017
Camille ne dit rien, elle a horreur de ces objets-là, la superstition elle a ça dans le sang, à cause de leur grand-mère qui était rebouteuse. Les gousses d'ail et les corbeaux crevés, elle en a encore l'odeur dans le nez. Des psalmodies lui reviennent aux oreilles, souvenirs d'il y a dix ans. Malo ne venait jamais; plein de mépris pour ces histoires de bonnes femmes. Enfermé dans le garage des parents, il réparait des mobylettes et les revendait à ses copains pour trois cents balles.
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Sandrine Collette vous présente son ouvrage "Ces orages-là" aux éditions Lattès.
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