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Émile Daurand Forgues (Traducteur)Anne-Sylvie Homassel (Traducteur)
ISBN : 2264039647
Éditeur : 10-18 (02/08/2005)

Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes)
Résumé :

Même si l’on semble découvrir aujourd’hui seulement les grands romans victoriens que sont la Femme en Blanc, La Pierre de Lune ou Armadale, leur auteur, Wilkie Collins, a toujours été lu et apprécié en France, un pays qu’il visita souvent et où il avait eu la chance de trouver un traducteur qui était aussi un ami, Emile Forgues… Si les nouvelles qui composent La Reine de Cœur ne sont pas in... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
hannah851
  06 avril 2015
La Reine de Coeur est une compilation de nouvelles que l'auteur à l'idée de rassembler autour d'un défi que doivent relever trois vieux gentlemen. Owen, Griffith et Morgan coulent des jours paisibles et solitaires dans leur vieille maison, bâtie dans un coin reculé du pays de Galle, jusqu'à l'arrivée de la pupille de Griffith. Jessie Yelverton, jeune londonienne vive et espiègle, qui doit séjourner quelques temps chez eux. Son séjour touche à sa fin lorsque Griffith reçoit une lettre de son fils, George. Ce dernier revient de la guerre de Crimée. Il lui demande de convaincre Jessie de rester jusqu'à son retour pour qu'il puisse lui faire sa demande en mariage. Cette dernière doit cependant ne pas être mise au courant.
Comment retenir une jeune fille, adepte de la mode et des bals, dans une vieille maison aux multiples courants d'air, dans un climat pluvieux et venteux, et perdue au milieu de la lande?
En lui racontant tous les soirs, tel les contes des Mille et une Nuits, une histoire écrite par l'un des trois frères et tirée au sort.
Pendant dix longues et passionnantes soirées, Jessie et le lecteur vont découvrir et vivre avec frayeur et angoisse certaines histoires comme celle de "la chaumière noire", de "la femme rêvée" ou de "la Main du Mort". A travers ces récits, on retrouve le talent de l'auteur à construire des intrigues qui captivent le lecteur. Ne délaissant jamais pour longtemps son thème favori du roman policier, William Wilkie Collins ne peut s'empêcher de faire apparaître quelques mystères que des apprentis détectives résoudront avec plus ou moins de perspicacité.
En toile de fond de ces nouvelles, le lecture découvre la société victorienne avec son carcan d'interdits, la pauvreté et la précarité des classes populaires ou la violence dont sont victimes les femmes quelque soit leur milieu social.
Les nouvelles sont aussi des prétextes pour faire frémir le lecteur victorien par les thèmes qu'elles abordent: la mort, les fantômes, l'amour, le rêve... où les mystères, les intrigues et la tension nerveuse sont des ingrédients de la recette du roman victorien à succès. La nouvelle "Monkton le fou" est probablement ma préférée dans la mesure où elle rassemble avec brio l'ensemble de ces ingrédients avec une atmosphère rappelant les tableaux de Carl David Friedrich dans la description de Wincott Abbey qui n'est pas sans rappeler le roman gothique.
Si l'intrigue principale ne laisse que peu de doutes au lecteur sur l'heureuse conclusion, les nouvelles sont plus complexes. En effet, William Wilkie Collins n'hésite pas à donner plus de légèreté et d'humour à l'intrigue principale comme pour introduire des temps de pause avant d'évoquer des sujets plus mystérieux et inquiétants dans les nouvelles. Les passages où l'auteur décrit l'arrivée de Jessie et le remue-ménage que cela entraîne ou la prétendue passion amoureuse de Jessie pour Morgan, le plus bourru des trois, sont assez divertissants.



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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   10 février 2014
Nous avons tiré le numéro trois ce soir-là. Lorsque le manuscrit qui lui correspondait a été montré à l'auditoire, il s'est avéré que mon tour de lecture était revenu.
- Je peux, à défaut d'autre chose, te proposer un peu de variété ce soir, dis-je à notre aimable invitée. Ce n'est pas une histoire sortie de ma plume, mais la copie d'une correspondance très insolite que j'ai trouvée dans mes archives professionnelles.
Le visage de Jessica se rembrunit.
- Mais est-ce qu'il y a une histoire là-dedans ? demanda-t-elle, assez fâchée.
- Il y a une histoire, rassure-toi, répondis-je, une histoire bien plus légère que toutes celles que nous avons lues jusqu'à présent, et qui pour cette raison qu'elle tranche avec les autres et n'accable pas l'auditeur, recevra ton approbation, même si ses autres qualités te laissent indifférentes. J'ai obtenu l'original de cette correspondance, il faut le préciser, des bureaux de la Police criminelle de Londres.
Le visage de Jessie s'éclaira.
- Le début est prometteur ! dit-elle.
- Il y a quelques années de cela, continuai-je, les autorités voulurent accroître en nombre et en efficacité les effectifs de la Police criminelle, et l'on me fit l'honneur de me consulter, à titre privé, sur ce sujet. Le principal obstacle à la réalisation de ce plan, c'était de trouver de nouvelles recrues. Dans les rangs inférieurs de la police de Londres, les hommes sont sobres, fiables et courageux, mais ils manquent collectivement d'intelligence, hélas. Sachant bien cela, les autorités prirent en considération un projet qui faisait très joli sur le papier : ils essayèrent de s'attirer les compétences de cette classe d'individus réputée pour sa finesse, les clercs d'avocat, pour peu qu'ils aient de l'expérience. Parmi ceux à qui l'on demanda leur avis sur la question, je fus le seul à ne pas approuver ce projet. J'avais la certitude que les clercs qui jouissent d'une vraie expérience, ceux à qui l'on confie les enquêtes privées et la recherche de preuves, ceux-là étaient trop bien payés et trop indépendants dans leurs bureaux respectifs pour souhaiter intégrer les rangs de la police criminelle et se soumettre à la sévère discipline de Scotland Yard. J'émis même l'hypothèse que seuls les clercs d'une étoffe inférieure, ceux en qui l'on ne devait pas avoir confiance, auraient envie de présenter leur candidature. On ne tint pas compte de mon avis, et l'on fit quelques tentatives de recrutement parmi les clercs. Le résultat, bien sûr, m'intéressait, et au bout d'un moment, je demandai des nouvelles de l'expérience. En guise de réponse, l'on m'envoya les originaux des lettres dont je vais maintenant vous lire les copies. On ajouta d'ailleurs que la correspondance en question était le fidèle reflet des résultats qu'avaient donnés les autres recrutements. Ces lettres m'amusèrent fort, et j'obtins le droit de les faire copier avant de les renvoyer. Vous allez maintenant entendre, de sa bouche même, l'art et la manière avec lesquels un certain clerc d'avocat réussit à conduire sa première enquête, et comment les membres ordinaires de la police criminelle purent l'aider dans ses débuts. (pages 228 à 230)
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fanfan50fanfan50   29 janvier 2014
J'avais peur - oui, littéralement peur - d'aborder en un jour de pluie le sujet de la prolongation de son séjour à Glen Tower, et changeai donc de sujet, en désespoir de cause, pour lui parler des romans éparpillés autour d'elle.
- Il n'y a rien là-dedans, demandai-je, qui puisse te distraire en ce matin de pluie ?
- Il y a bien deux ou trois bons romans, dit-elle, désinvolte, mais je les avais déjà lus à Londres, avant de venir.
- Et les autres ne te feront pas passer le temps, par un triste jour à la campagne ? poursuivis-je.
- Il y a des gens qu'ils pourraient sans doute amuser, répondit-elle, mais pas moi. Je suis sans doute assez spéciale dans mes goûts. Les romans sérieux m'ennuient à mourir. Les torrents d'éloquence, la philanthropie à l'esprit large, les descriptions détaillées, l'anatomie point par point du coeur humain, et toutes ces sortes de choses m'ennuient à mourir. Bonté divine ! N'est-ce pas l'intention première, ou le propos d'une oeuvre de fiction - je ne sais quel nom l'on donne à cela - de s'engager tout bonnement à raconter une histoire ? Et parmi ces livres, combien, je vous le demande, s'en tiennent à cela ? A vrai dire, et lorsqu'on parle d'histoire, la plupart de ces ouvrages pourraient vraiment s'appeler sermons, plutôt que romans !Assez ! Ce que je veux, c'est quelque chose qui s'empare de mon attention et me fait oublier qu'il est l'heure de me changer pour aller dîner ; quelque chose qui me fait tourner page après page, le souffle coupé, pour savoir comment les choses finissent. Vous voyez ce que je veux dire, vous le devriez, du moins.
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HermantMHermantM   13 mai 2015
Bonté divine ! N'est-ce pas l'intention première, ou le propos d'une œuvre de fiction - je ne sais quel nom l'on donne à cela - de s'engager tout bonnement à raconter une histoire ? [...] Ce que je veux, c'est quelque chose qui s'empare de mon attention et me fait oublier qu'il est l'heure de me changer pour aller dîner ; quelque chose qui me fait tourner page après page, le souffle coupé pour savoir comment les choses finissent.
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fanfan50fanfan50   06 février 2014
Généralement plus disposé à écouter qu'à parler, sa conversation quand il prenait la parole, n'indiquait en rien le moindre dérangement d'esprit. Il était évident qu'il avait lu, non seulement beaucoup, mais avec profondeur, et savait fort heureusement appliquer ses lectures à presque tous les sujets en discussion, sans mettre jamais, à étaler ou à cacher son savoir, une vanité absurde ou une affectation ridicule. Ses manières semblaient une constante protestation contre le surnom de "Monkton-le-Fou". Il était si réservé, si calme, ses manières étaient si parfaites et ses gestes si pondérés que, par moments, je me sentais presque tenté de lui trouver quelque chose d'efféminé. Nous causâmes longtemps ensemble, le soir de notre première rencontre. Nous nous revîmes souvent depuis, et ne laissâmes jamais échapper la plus petite occasion de resserrer notre liaison. (page 144)
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hannah851hannah851   06 avril 2015
En tête de table, toute radieuse de soieries et de bijoux, de fleurs et de falbalas, la Reine de coeur était assise.
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Vidéo de William Wilkie Collins
Bande annonce de The Moonstone (2016), mini série de la BBC et adaptation du roman de Wilkie Collins, paru en français sous le titre La pierre de lune.
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