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Éric Chédaille (Traducteur)Michel Le Bris (Préfacier, etc.)
EAN : 9782752900302
176 pages
Éditeur : Phébus (05/11/2004)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Collins aura mis plus de vingt ans avant de se décider à publier pour la librairie ce court roman où il avait logé la quintessence de son méchant esprit et de sa mauvaise éducation. Rien de moins que l'histoire d'un escroc - du genre sympathique - racontée par lui-même. Un peu son Barry Lyndon, si l'on veut... mais en beaucoup plus immoral. Dans sa préface à l'édition de 1879 qu'il avait refusé d'expurger, il annonçait sans illusion : " Il se peut que les pisse-vina... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
  26 octobre 2015
La quatrième de couverture nous promet un roman dans lequel Wilkie Colins aurait "logé la quintessence de son méchant esprit et de sa mauvaise éducation". On nous parle d'un Barry Lindon "en beaucoup plus immoral".
De ce point de vue, ce livre est plutôt décevant. Frank Softly n'est certes pas la personne la plus honnête qui soit, il est même incontestablement une "belle canaille" comme le dit le titre, mais une canaille bien sympathique pour laquelle le lecteur se prend d'affection, et à qui l'on ne souhaite que du bien, un peu à l'image d'Arsène Lupin.
Rien de bien sulfureux, donc... de nos jours. Replacé dans le contexte de l'époque victorienne, on peut comprendre que le livre ait été accueilli différemment.
Cela étant dit, l'histoire est agréable à suivre, on retrouve la "patte" de Wilkie Colins, sa façon délicieuse d'égratigner la "bonne société", son ironie, son humour, sans oublier sa façon bien à lui de manier le suspense et de promener son lecteur. Et cette touche "so british" que j'aime tant.
La dame en blanc fut mon premier livre de Wilkie Collins. Un pur régal, un chef-d'oeuvre qu'il est difficile d'égaler, un roman qui vous tient en haleine de bout en bout : pas simple pour un autre être titre de passer après et de soutenir la comparaison.
Sans avoir autant de force, cette belle canaille nous offre cependant une lecture agréable et de qualité.
Je me permets de rajouter une mise en garde aux éventuels lecteurs intéressés : ne lisez pas la préface de Michel le Bris. Elle est excessivement bavarde et révèle beaucoup trop d'éléments de l'intrigue, tout en disant, vers la fin : "Comment [...] notre héros va-t-il parvenir parvenir à [...]? Je laisse au lecteur le plaisir de le découvrir." Eh bien, si vous voulez avoir vous aussi le plaisir de la découverte, ne lisez cette préface qu'après avoir fini le roman... en somme, transformez-la en postface !
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jeandubus
  12 août 2014
Une belle canaille
De Willkie Collins je garde un excellent souvenir de "la dame blanche" lu il y a assez longtemps et je retrouve dans ce roman qui se veut court et à contre-courant une intrigue et des personnages dignes du grand talent de son auteur.
A la première personne du singulier, le narrateur conte ses aventures truculentes à la poursuite d'une femme croisée en coup de vent dans les premières pages et qui vont le mettre dans des situations imprévues.
Brillant et paresseux cet amoureux plein de délicatesse et de fougue délie les noeuds gordiens sans effort pour suivre sa route vers le bonheur.
Beaucoup d'humour, de surprises, beaucoup de fraicheur et de retenue qui permettent d'ancrer l'action dans le 19 siècle victorien, sinistre et hypocrite, que notre personnage rebelle abhorre tout comme l'auteur qui tout en tirant les ficelles nous livre une diatribe caustique et pertinente sur l'art académique , les conventions et les conformismes .
Un excellent livre qui mérite ses cinq étoiles, à ceci près que Michel le Bris, dont le nom figure partout à l'extérieur et à l'intérieur du livre, nous assène un avant-propos dans lequel il déballe toute l'histoire sauf la fin (un épilogue de 5 pages) . Un pensum désarticulé et prétentieux avec notes en bas de pages et renvois à de précédents avant-propos qu'il aurait écrits sur d'autres ouvrages de WK, s'arrogeant ainsi sans le dire la découverte de cet auteur connu, traduit et publié chez d'autres éditeurs depuis longtemps.
Peu fan des avant-propos, j'ai heureusement lu cette dizaine de pages après le roman. Bien m'en a pris et je vous recommande de passer directement au prologue en oubliant ce fâcheux.
Pour revenir à cette édition le parti pris du traducteur d'employer systématiquement l'imparfait du subjonctif est un contre sens puisqu'il tend justement à rattraper l'anticonformisme ou l'amoralité de cette belle canaille par un débit littéraire compassé qui serait la langue du 19°.Hugo, Balzac, Dickens, Sue, Féval auxquels Michel le Bris fait référence en glosant sur WK nous en ont donné une autre version plus palpitante. On imagine la traduction de Shakespeare bourrée de « parvinsse, escaladasse et consorts » par ce traducteur-là, capable de vider les théâtres et les bibliothèques.
A ceci près je donne cinq étoiles à WK moins une pour l'édition, et moins une autre pour le parasitage le Brisien.

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Ys
  26 juillet 2012
De tous les romans de Collins que j'ai lus, Une belle canaille est sans doute l'un des meilleurs – dans un genre bien à part. L'un des plus légers, aussi. Pas de grands tourments, de grandes terreurs, ici : juste les pérégrinations amoureuses et crapuleuses d'une fort sympathique canaille, dénuée de tout sens moral comme de toute réelle méchanceté et bien résolue à tirer, d'une manière ou d'une autre, son épingle du grand jeu de la vie.
Le principal malheur de Franck Softly est d'être né d'ascendance noble – et pauvre –, ce qui le condamne au paraître tout en lui interdisant les expédients les plus fructueux. Sa grande chance est de faire l'objet d'un testament – pas en sa faveur, non, mais qui attribue à sa soeur un héritage conséquent, sous condition que lui-même survive à leur grand-mère. Testament qui pousse son beau-frère pingre à prendre un soin jaloux de sa personne, y compris et surtout lorsqu'il se retrouve prêt à tomber sous le couperet de la justice. C'est que la vieille est coriace !
Sous la plume délicieusement sarcastique, cynique et désinvolte de Softly, qui pour notre instruction rédige ici ses mémoires, Collins écornifle allégrement conventions, absurdités, mesquineries et hypocrisies de l'Angleterre traditionnelle, au fond bien plus condamnables que celui qui s'en joue pour en tirer profit. C'est drôle, férocement et joyeusement drôle, avec en prime la petite touche de mystère et de suspense dont l'auteur ne se dépare jamais.
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soleil
  01 mars 2018
Frank Softly est un peu le rebelle de cette famille anglaise bien née du 19ème siècle. Il ne souhaite pas embrasser la carrière de médecin de son père et alors que sa soeur a trouvé un parti, lui se destine à la caricature ce qui horrifie sa grand-mère, Lady Malkinshaw. Après cette première expérience graphique, le voilà qui devient peintre.....mais quel peintre....! Mr Softly ne fait jamais dans les convenances. Et il va suivre cette filière qui va certes lui faire rencontrer la délicieuse Alicia mais qui va aussi être à l'origine de sa perte ; quoique....pas si sûre. Un tel homme sait toujours se sortir d'un mauvais pas, non ?
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C'est avec un très grand plaisir que j'ai retrouvé William Wilkie Collins que j'avais déjà lu. L'univers est un peu différent de ses autres romans. Ce contemporain et ami de Dickens a mis plus de 20 ans avant de publier ce roman dont il n'avait rien voulu expurger. Michel le Bris signe une belle préface.

J'ai beaucoup aimé cette belle canaille pleine d'humour sur elle-même et ses déconvenues. J'ai apprécié qu'il m'apostrophe, moi, lectrice et qu'il fasse preuve de sarcasme à son endroit. Je me suis très vite rangée à ses côtés. Je les ai soutenus, lui et Alicia. J'ai vite plongé aux côtés des membres de sa famille, prenant parti pour l'un, m'agaçant d'un autre, curieuse de voir quand Lady Malkinshaw allait passer de vie à trépas. 
Et puis qu'un auteur me fasse découvrir de nouveaux mots est toujours pour moi un délice. A vos dictionnaires pour orviétan, oncques, béjaune, abstruse.
Encore conquise par cet auteur duquel je ne me lasse ni de la richesse de son écriture ni de ses univers variés.
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Titine75
  16 avril 2010
Francis Softly est la belle canaille du roman de Wilkie Collins. Sa mère est issue d'une noble lignée, tandis que son père est un honorable médecin. Il tente d'ailleurs de faire embrasser cette carrière à son fils qui n'éprouve qu'un profond ennui à cette idée. Pour s'occuper et gagner de l'argent, Francis dessine des caricatures de l'aristocratie rencontrée dans les salons de sa grand-mère. Malheureusement, son père le découvre et le jette à la porte. Notre ami étant plein de ressources, il s'essaie à la carrière de portraitiste qui ne rapporte pas assez. “Cela eût suffi à décourager des personnes mieux intentionnées et pourvues d'un caractère moins bien trempé ; mais votre franche canaille est dotée d'un tempérament élastique, non aisément comprimable sous la pression du désastre quelle qu'elle soit.” Francis se trouve donc une nouvelle activité : la copie d'oeuvres de grands maîtres. Mais les aventures de Francis ne font que commencer…
Ce roman réjouissant de Wilkie Collins fut écrit à Paris en 1856. Il fut ensuite publié en feuilleton dans Household Words, le journal de Charles Dickens. Wilkie Collins rencontra l'auteur d'“Oliver Twist” en 1851 et tous deux devinrent amis et collaborateurs. Dickens emmena son jeune ami en villégiature à travers l'Europe et ils se retrouvèrent à Paris en février 1856. Dickens exigeait beaucoup de travail de Wilkie Collins qui devait écrire en cachette ses oeuvres. L'amitié du grand écrivain était probablement teintée de jalousie et il étouffait quelque peu la créativité de son cadet. Il n'en publia pas moins “A Rogue's life” dans son hebdomadaire mais il essaya de modifier la fin de l'histoire qui manquait singulièrement de morale. Fort heureusement Wilkie ne changea rien à son texte.
Ce qui m'a tant plu chez Francis Softly est justement ce que Dickens lui reprochait : son manque de morale. C'est un personnage frivole, désinvolte et bourré d'humour. le ton du roman est très surprenant lorsque l'on a abordé l'oeuvre de Wilkie Collins par “La dame en blanc” et “Pierre de lune“. L'auteur est connu essentiellement pour ses romans à suspense, ses intrigues mystérieuses. Ici on ne trouve rien de tout cela, il s'agit uniquement du portrait d'une belle canaille qui se joue de tous les obstacles, de toutes les mésaventures avec panache et amusement. Ce Wilkie Collins est extrêmement jouissif, quelle légèreté dans le ton, quel plaisir de lecture ! le rythme du roman est une grande réussite. Les aventures de Francis Softly sont pleines de rebondissements : jeté à la porte par son père, il devient portraitiste, faussaire, secrétaire d'une institution culturelle et faux-monnayeur par amour ! “Existence passablement changeante que la mienne, n'est-il pas? (…) Shakespeare devait penser prophétiquement à moi lorsqu'il évoquait “tel homme jouant maints rôles en son temps”. Quel personnage j'aurais composé pour lui, si seulement il avait encore été de ce monde !” le récit de la vie de Francis Softly est entraînant et se lit d'une traite. le roman est court, contrairement aux oeuvres victoriennes qui étaient en général conséquentes (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle “Une belle canaille” n'a été publiée en volume qu'en 1879). Les aventures se succèdent de manière enlevée, dynamique et on ne s'ennuie à aucun moment.
Le personnage de Francis Softly est terriblement plaisant, sa drôlerie et son irrévérence m'ont conquises. Wilkie Collins semble s'être follement amusé à nous raconter cette histoire et c'est contagieux. Je dois cette lecture à Cryssilda, fan numéro 1 de Wilkie, car malheureusement “Une belle canaille” n'est plus rééditée. C'est fort dommage car cette oeuvre mérite d'être largement diffusée.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   26 octobre 2015
Étant parfaitement conscient du rapport absolu qui lie l'art du portrait à celui de la flatterie, je décidai que la première esquisse serait déjà un compliment adressé à mon modèle.
Plus facile à dire qu'à faire. D'une part, ma main retrouvait malgré moi ses vieilles habitudes de caricaturiste. D'autre part, les traits de mon beau-frère étaient si irrémédiablement laids qu'ils constituaient un insurmontable défi à tous les artifices de l'embellissement pictural. Quand un nez ne mesure qu'un pouce de long avec des narines disposées perpendiculairement, impossible de l'enjoliver ; il faut soit lui substituer un nez imaginaire soit se résigner à le représenter. Quand des yeux aux paupières indiscernables jaillissent de leur orbite au point que l'on s'attend, dès que leur propriétaire va se pencher en avant, à devoir les lui ramasser, comment la main et les pinceaux d'un mortel pourraient-ils les parer d'une expression flatteuse ? Il faut soit leur faire hideusement justice soit renoncer tout bonnement à les peindre.
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Nastie92Nastie92   04 novembre 2015
Jugeant qu'elle serait en danger de basculer dans l'ivresse si je lui servais un verre de plus, je gardai la main sur la bouteille et débitai une nouvelle fois mon histoire, dans une version très abrégée et fort peu cérémonieuse, et sans lui laisser l'occasion du moindre commentaire, qu'il fût de nature geignarde, complice, éthylique, bourrue ou exclamative.
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cecilitcecilit   20 avril 2014
De mon temps, les tenants de la peinture moderne se limitaient à quelques aristocrates et personnages de vieille souche qui, en matière de goût au moins, ne se permettaient jamais de penser par eux-mêmes. Ils héritaient ou bien achetaient une galerie plus ou moins garnie de tableaux anciens. Placer leur foi en ces oeuvres sur la base de ouï-dire procédait autant de leur éducation que placer leur foi en le roi, en la Chambre des Lords et en celle des communes. C'était un article de leur credo que de croire que les grands peintres étaient les peintres défunts et que, plus les vivants imitaient les morts, plus ils avaient de chances de devenir eux-mêmes, à l'avenir et dans une moindre mesure, grands.
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YsYs   26 juillet 2012
Quoiqu'il s'en dise dans les livres, nulle émotion humaine n'a jamais duré ni ne durera jamais bien longtemps. Même si la plus forte brûlure revient vous visiter de temps à autre, elle connait nécessairement des intervalles d'apaisement ou de rémission. Dans la vraie vie, le chagrin le plus aigu trouve envers et contre tout à se calmer et finit par sécher ses larmes ; il n'est de désespoir si lourd qu'il n'atteigne un certain niveau, en dessous duquel il ne descendra pas, pour laisser à l'espoir, malgré que nous en ayons, une chance de renaître. Même la joie d'une rencontre inopinée est toujours une sensation imparfaite, car elle ne dure jamais suffisamment pour justifier le bien-fondé de nos attentes secrètes ; et notre bonheur se ramène très vite à un simple contentement au jour le jour.
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OlivOliv   19 avril 2012
On décrit généralement l'amour comme une tendre passion. Quand je repense à l'effet insidieusement émollient qu'il exerça sur l'ensemble de mes facultés, j'incline à modifier la définition communément admise et à parler de bain de vapeur mental.
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Vidéo de William Wilkie Collins
Bande annonce de The Moonstone (2016), mini série de la BBC et adaptation du roman de Wilkie Collins, paru en français sous le titre La pierre de lune.
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