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François Gaudry (Traducteur)
ISBN : 2859403868
Éditeur : Phébus (06/09/1995)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 25 notes)
Résumé :
La maison de Riera le Pelé, dans le Grand Sud chilien, accueillent gens de mer et de terre, chasseurs de phoques ou de baleines, chercheurs d'or, gardiens de troupeaux. Un jour, Esther, la femme du Pelé, trébuche sur le corps d'une jeune Indienne, allongée au pied de la meule.
A travers l'histoire de Men Nar, « Ombre de sang », et celle de sa fille, l'auteur de Tierra del Fuego et de Cap Horn convoque les Indiens Ona, peuple dont le sort est indissociable-men... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
le_Bison
  23 janvier 2014
Ce soir ou jamais, je t'emmène à l'autre bout du monde…
Cap au sud-sud-ouest…
Cap à l'extrême.
Enfile ton poncho, j'emporte le disque de Florent Pagny, objet futile mais indispensable à toute traversée de la Patagonie. Là-bas, de l'autre coté de l'océan si calme par chez nous, si fougueux en terre australe, il y a des noms qui feront rêver l'aventurière qui sommeille en toi. Terre de Feu, Cap Horn, Ushuaia. Des lieux magiques traversés par ce grand écrivain Francisco Coloane, fabuleux conteur maritime.
Bon, je te l'accorde volontiers, l'auteur ne connaissait certainement pas Florent Pagny, mais il te fera partager la vie de Men Nar, la dernière indienne Ona. Il est donc temps de partir à sa rencontre et de chasser le grand guanaco.
Mais ne crois pas que ce voyage sera une simple balade onirique. Tu crois peut-être aux contes de fée – et tu dois avoir raison – mais Francisco t'emmènera dans un monde certes majestueux mais aussi brutal où la pauvre Men Nar se fera violée dès son plus jeune âge par trois blancs, chasseurs d'indiens. Tu croiseras la route de quelques évadés des bagnes d'Ushuaia, des bandits violeurs, des aventuriers chercheurs d'or, des propriétaires fonciers, des missionnaires épris de foi et des guanacos. Les récits s'enchainent comme autant de digressions dans le passé, juste pour comprendre l'impact des blancs sur cette Terre nouvellement conquise. Un vent violent balaye ce territoire sauvage et cloue sur place tout désir de s'échapper. Lorsque le soleil se couche, que la nuit étoilée illumine le ciel, tu repenses à ces marins venus échouer leur navire aux larges du Cap Horn, des marins déchiquetés par les flots avant d'être recueillis par quelques tribus autochtones. Naïfs ou simplement humains, ces natifs ne survivront pas bien longtemps à la venue de ces estrangers venus d'Europe et malgré la beauté des contes indiens que te racontera Francisco, tu sentiras sous tes yeux la mort d'un peuple, au profit d'un troupeau de moutons, petits guanacos blancs. Ne restera ensuite que des légendes…
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tristantristan
  29 mai 2019
Le style de Francisco Coloane ne se renouvelle pas. C'est limite glacial, comme pour Vargas Llosa. Ici, l'auteur nous présente des faits humains mêlés à des légendes.
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Acerola13
  21 mai 2018
Mêlant légendes des Indiens patagons et récit des colons européens venus occuper des terres qu'on leur avait octroyées, El Guanaco conte la Patagonie, cette région isolée de tous et où se retrouvent victimes indiennes, femmes banales et hommes violents.
Une trame douce-amère, où la poésie lutte avec la dure réalité de la vie.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   23 novembre 2013
A cette époque, j’étais heureux de porter une cape de guanaco, avec la laine à l’extérieur, ça ne tenait pas très chaud mais j’étais propre et plus fort pour affronter le froid ; je ne portais pas la laine du guanaco blanc, comme aujourd’hui. Les Ona vivaient longtemps, pleins de santé, robustes, fiers et heureux. Je n’aime pas la civilisation, il y a trop d’inconvénients, on n’est jamais propriétaire de son toit, de sa maison, parce qu’il faut acheter la terre à l’État. L’État dit que la terre lui appartient, mais la terre appartient aux Ona, alors comment peuvent-ils la vendre? Faut-il être civilisé pour posséder une terre? L’Ona est propriétaire de son arc, de ses flèches, de ses mocassins, de sa cape et de tout ce qu’il y a dans l’air, dans les plaines et au bord de la mer. Autrefois, l’Ona allait partout, personne ne lui demandait: D’où tu viens? Où tu vas? Qu’est-ce que tu fais? C’était mieux avant les barbelés. L’Indien n’aime pas les barbelés. Après il y a eu les troupeaux de guanacos blancs, les moutons, et les propriétaires ont commencé à traquer les Indiens, ils disaient qu’ils leur volaient des bêtes. Mais les indiens chassaient les vrais guanacos, presque aussi grands que les chevaux ; ils couraient plus vite que les chevaux, ils bondissaient au-dessus des clôtures. Un jour, un Ona dû prendre un mouton pour ne pas mourir de faim ; il ne savait pas que les moutons ont un propriétaire. Et pourquoi n’en manger qu’un alors qu’il y en avait des milliers ? C’est ce qu’ils disaient. Comme les vrais guanacos commençaient à manquer, les Ona capturaient des guanacos blancs, pour se nourrir, pas pour faire le commerce. Alors, les propriétaires ont commencé à tuer des Ona.
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le_Bisonle_Bison   23 octobre 2013
Enfin, l’une de ces créatures expliqua aux hommes que dans le jaind vivait Halpen, une femme au corps informe et gros comme une baleine, qui habitait sous la terre et se nourrissait de chair humaine, dévorant, tous ceux qui passaient à sa portée. En amour elle avait une sensualité de fauve. Elle était insatiable. Elle épuisait la virilité de tous les hommes qu’elle capturait, avant de les dévorer. Copulations et meurtres se succédaient pour cette femme qui ressemblait à une grosse baleine bleue. Après l’amour, la seule façon d’apaiser sa faim était de lui donner de grandes quantités de chair de guanaco. Alors seulement elle cessait de pourchasser les hommes.
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le_Bisonle_Bison   15 novembre 2013
Les tempêtes qui rongent inlassablement le sommet du Cap Horn redoublent de violence à mesure qu’elles se rapprochent de la Terre de Feu. Les rafales chargées d’aiguilles de glace obligent les bateaux à naviguer sous le vent. A l’ouest du cap, à l’extrémité de la péninsule Hardy, la montagne rouge plonge dans la mer comme une tête de rhinocéros sur le point de charger. Un piton rocheux se dresse comme une corne menaçante, et un autre rocher, qui émerge à peine, suggère l’autre corne de la bête et ses fosses nasales d’où semblent jaillir bourrasques et tornades.
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le_Bisonle_Bison   12 novembre 2013
Aux Malouines, j’ai failli me noyer trois fois. Quand j’étais gosse, je suis tombé à l’eau. L’éclair circulaire de la mort, je le connais depuis qu’on ma sauvé des flots… Ma mère et ma tante m’ont sauvé à coups de baiser sur la bouche. Baiser… parfois je ne croie plus qu’en ça… Aux Malouines on dit : « Chie bien et tu vivras mieux.
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le_Bisonle_Bison   21 octobre 2013
Et il s'endormit en ronflant comme un porc. Ainsi s'achevaient la plupart du temps les beuveries de Cochon Rouge. Sam vida la bouteille. L'afflux d'alcool dans son sang fit surgir l'image d'un corps de femme à la peau brune, aux fesses nues, allongé à plat ventre dans l'herbe.
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