AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

François Gaudry (Traducteur)
ISBN : 2859408312
Éditeur : Phébus (30/05/2002)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 26 notes)
Résumé :
A quatre-vingt-dix ans bientôt, le vieux loup du Grand Sud nous sort un dernier tour de son sac : l'histoire de sa vie, rien de moins. Qu'on ne s'attende pourtant pas à lire une autobiographie au sens classique du mot. Coloane, depuis son enfance dans l'île de Chiloé, fouetté par les vents du large, jusqu'aux années de la notoriété dans le sillage de son " frère " Pablo Neruda, navigue à vue - et compose son livre à l'inspiration : un livre aussi indiscipliné que sa... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  07 mars 2017
Qu'est-ce qui fait la célébrité de Chiloé ?
Indice : Patagonie (Chili).
Non, ce n'est pas Florent Pagny ; lui c'est Patagonie (Argentine).
Réponse : les pommes de terre, les maisons multicolores et Francisco Coloane.
Aujourd'hui, j'opte pour l'écrivain. Difficile de mener une petite vie pépère et sans remous quand on est né sur une île aux côtes déchiquetées par les vents et les courants, au bout du bout du monde. A Quemli, île de Chiloé, au sud du Chili, naît en 1910 le petit Francisco Coloane, qui ignore que le destin le conduira à devenir l'un des plus grands écrivains et conteurs d'Amérique latine.
Fils d'un père capitaine de bateau (qu'il perd à neuf ans) et d'une mère agricultrice, "Pancho" a mené mille vies en une. L'âpreté du climat et la rigueur de son éducation lui colleront aux basques pour toujours. Après son service militaire, son premier emploi dans une estancia consiste à châtrer les agneaux avec les dents. Forcément, ça laisse des traces. « Au souvenir de ces années à l'estancia Sara, j'ai l'impression de mieux comprendre comment et pourquoi j'ai écrit. C'est en mêlant faits réels et fantaisies, en rapprochant des événements survenus en d'autres temps et d'autres lieux, c'est en vivant, en rêvant, en observant que j'ai pu écrire mes contes et mes récits ».
Puis, il traverse rapidement plusieurs administrations, écrit pour des journaux de Santiago, n'hésite jamais à prendre la mer, s'essaie à plusieurs métiers manuels, ensemble d'activités qui lui ont fourni la matière première pour l'écriture. Très jeune, il participe à des concours littéraires qu'il remporte à chaque fois. C'est ainsi que naît son premier roman « le dernier mousse », puis « Cap Horn » et qu'il rencontre son mentor, Pablo Neruda.
Santiago est la ville où il a le plus séjourné professionnellement mais Punta Arenas (Terre de Feu) est la ville de son coeur, celle où il revient toujours.
L'observation de la vie quotidienne à Santiago, la vie de bohème dans les bars et les picadas où l'on mange et boit pour quelques sous, son engagement politique, son besoin de noircir des carnets lorsqu'un événement ou une histoire lui est contée, font de lui un homme aux sens constamment en alerte, à la nécessité viscérale de raconter.
Il a beaucoup voyagé, en Chine, en Russie, en Inde, mais le voyage qui l'a le plus bouleversé est celui qu'il a fait en Antarctique en 1947, tant la violente beauté des terres australes et les ciels étoilés ont affermi ses émotions et son imagination puissante.
Dans les congrès d'écrivains où il était régulièrement invité, il n'avait pas grand' chose à dire. Il préférait en tout la confrontation de l'homme avec les climats tempétueux.
En 1995, venant rendre visite à l'un de ses fils qui habite la France, il fit un détour par Saint-Malo à l'invite de Michel le Bris, créateur d'une confrérie de cap-horniers, à la mémoire de Jules Verne (Festival Etonnants Voyageurs). Il a trouvé beaucoup de magie dans cette « petite grande ville » dont l'histoire pleine de gloire et de désastres transpire dans son port et ses remparts.
Ce livre est un condensé d'émotions, de souvenirs parfois hétéroclites, de digressions étonnantes, de chronologie disparate et il peut ressembler à une urgence, à une nécessité. Il a été écrit en 2000. Francisco Coloane avait 90 ans. Il est mort deux ans plus tard.
La bibliographie de Coloane n'est pas très étendue mais elle recèle ses immenses talents de conteur. Dépaysant à souhait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540
Moan
  09 septembre 2012
Francisco Coloane est un journaliste écrivain chilien.
Dans le Passant du bout du monde, il raconte sa vie depuis son enfance dans l'île de Chiloé, son père marin et sa mère cultivant la terre, son arrivée au collège de Mallaganes, sa jeunesse dans les haciendas , sa vie de journaliste dans la capitale, son exil à Buenos-Aires, ses voyages dans le monde ( A Saint-Malo, pour le festival "Etonnants voyageurs")...
Francisco Coloane partage son amour pour sa terre natale et pour les hommes qui y vivaient!
Commenter  J’apprécie          150
JeanPierreV
  20 septembre 2016
J'avais découvert Francisco Coloane grâce Luis Sepulveda dans "Une sale histoire : (Notes d'un carnet de moleskine)". Coloane est pour lui "Le plus grand écrivain du Chili"...J'avais beaucoup aimé "Le Dernier mousse". Dans "Le passant du bout du monde", Coloane nous raconte son enfance, sa vie, son amour pour les îles Chiloé qui l'ont vu naître et grandir, pour la Province des Magellanes...un coin du monde dont personne ne parle, battu par le vent austral, pays de landes, de moutons...Il nous conte les légendes qui façonnent les gamins.
Un auteur né au début du XXème siècle, qui eut mille vies, ouvrier agricole dans une estancia, marin, vendeur de charbon, charpentier, journaliste, acteur de théâtre, journaliste, grand voyageur..ambassadeur de son pays... sympathisant communiste il s'opposa à Pinochet et à son régime..
Un ouvrage assez inégal dans lequel quelques (rares) passages ennuyeux, déjà lus, côtoient la petite histoire du Chili, la grand Histoire du monde. A la fois chronologique et thématique, "Le Passant du bout du monde", nous en apprend beaucoup sur la vie dans ces terres lointaines et froides, la chasse à la baleine, la castration des agneaux...avec les dents...quel passage !, les superstitions, la dure vie des marins, l'extermination ancienne et horrible des indiens, afin de gagner leurs terres pour l'élevage des moutons, les voyages, les rencontres multiples de l'auteur...et ainsi sur sa personnalité d'homme, son travail d'auteur et ses sources d'inspiration, ses écrits et aussi sur ses engagements politiques et humains, son côté "touche-à-tout":
* "Il ne fait aucun doute que le monde que j'ai connu à fait de moi ce que je suis : un travailleur de la plume ou de la machine à écrire qui a transcrit sur le papier le récit très proche de la vérité, d'expériences vécues. Je n'ai jamais éprouvé le besoin de créer artificiellement des atmosphères qui m'étaient étrangères. L'art a toujours été motivé chez moi par des élans émotionnels, je crois que c'est cela ma littérature."
Un auteur discret, engagé et courageux, protecteur de l'environnement....un beau dépaysement!

Lien : https://mesbelleslectures.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
thomas141
  31 août 2014
Coloane nous livre sa vie dans cet ouvrage que j'ai trouvé un peu inégal. Si l'on retrouve sa force dans ses brèves mais intenses descriptions des paysages fuégiens, sa passion pour les contes et légendes, on ne prend pas le même plaisir qu'à la lecture de ses romans. L'on se passionne pour le chapitre premier, sur son enfance, mais beaucoup moins pour ses récits de voyage ou encore pour sa vie à Santiago. Ceci étant dit, ce livre éclaire les autres de l'auteur ; l'on apprend d'où viennent les légendes qu'il exploita dans ses nouvelles, quand et dans quelles conditions ont été écrits ses livres. L'on se rend compte que l'homme était bel et bien un baroudeur, un explorateur, qu'il navigua sur les mers les plus dangereuses, qu'il travailla dans une estancia, qu'il côtoya, finalement, ces mythes, ces légendes, ces gens décrits dans Tierra del Fuego et autres.
C'est donc un livre que je conseillerais aux curieux qui ont aimé les livres de Coloane, afin de mieux saisir l'ampleur de l'oeuvre. Il me reste d'autres ouvrages de cet homme à lire, et je m'y consacrerai prochainement, pour mon plus grand plaisir. En quatrième de couverture, il est toujours cité pour ses livres cette phrase de Sepùlveda : « le plus grand écrivain du Chili… un géant ! » Si je n'ai pas la prétention de maîtriser ni même de bien connaître la littérature chilienne, mon instinct de lecteur me dit que j'ai bien à faire à un géant et cette autobiographie est une bénédiction pour les étudiants en littérature et, je le disais, les curieux amateurs des ouvrages de Coloane.

Lien : http://le-salon-de-thomas.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
urbanbike
  18 février 2008
C'est bien plus le récit d'une vie d'aventures qu'une stricte autobiographie barbante et officielle… Et cela vous happe rapidement car les mille vies de Coloane sont la source de tous ses romans. C'est âpre car la vie dans ce coin reculé du Chili n'était franchement pas facile même si la description de sa petite enfance dans cet univers sauvage est superbement décrite. Ce sont les îles Chiloé (Quemchi à visualiser avec ce lien sur maps.google) bien en dessous de Puerto Montt. Pour information, l'auteur a vécu ensuite à Punta Arenas dans le territoire des Magallanes qui ne devint Province qu'en 1929.
Suite ici :
http://www.urbanbike.com/index.php/site/1769/
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
ClaireGClaireG   07 mars 2017
On m’a souvent demandé comment j’écris, quelles sont mes habitudes, mes manies. Il semble que nombre de mes collègues s’adonnent à des rites particuliers devant la page blanche, prononcent des formules, se livrent à des actes étranges destinés à convoquer les Muses ou je ne sais qui. Certains fument, d’autres boivent du café, ou boivent tout court. Moi, je me suis habitué à écrire au lit.

p. 135
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          271
ClaireGClaireG   09 mars 2017
J’ai toujours su que je pouvais me débrouiller sans la littérature car, outre écrivain et journaliste, j’ai été charpentier, ébéniste, gazier et peintre en bâtiment. Tant que j’avais les mains libres et souples, et des pieds en bon état, j’étais capable de faire n’importe quoi pour gagner ma vie.

p. 83
Commenter  J’apprécie          300
JeanPierreVJeanPierreV   20 septembre 2016
C’est en mêlant faits réels et fantaisie, en rapprochant des événements survenus en d’autres temps ou d’autres lieux, c’est en vivant, en rêvant, en observant que j’ai pu écrire mes contes et mes récits. Peut-être est-il plus facile de créer de fausses réalités, mais le lecteur adulte ou enfant, éprouvera de la tristesse à l’idée qu’on l’a trompé. Oui, il est plus facile d’inventer une réalité de toutes pièces que de pénétrer dans celle qui nous est la plus proche. Car pour approcher le fantastique qui se cache toujours au cœur de la réalité, il faut du courage, de la détermination. Les écrivains sont comme des dresseurs de chevaux. Tout le monde peut monter à cheval, mais rares sont ceux qui soient capables d’amadouer un animal sauvage. Le problème majeur de la création littéraire est, selon moi, d’harmoniser la profondeur de la pensée avec le reflet de la vérité de la véritable vie, à travers l’image, le symbole ou le mot simple accessible à tous. ( P. 94)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
MoanMoan   09 septembre 2012
Popper, puis les estancieros qui introduisirent l'élevage des ovins,payaient une livre sterling pour une paire d'oreilles d'Indien mort. Comme on remarqua de plus en plus d'Indiens privés d'oreilles, le système changea et la prime fut payée contre la présentation de la tête. Puis les fusils des sbires se tournèrent massivement contre les animaux. Les guanacos étaient tués par milliers afin de satisfaire l'avidité des envahisseurs qui recherchaient le pelage des petits, les chulengos. Ils ne consommaient pas la chair, qu'ils faisaient distribuer aux Indiens après l'avoir empoisonnée à la strychnine. Beaucoup mouraient ainsi. Le même procédé fut plus tard appliqué aux cadavres de moutons, officiellement pour empoisonner les rapaces, mais au passage également les natifs, considérés par les Blancs comme moins qu'humains. Car,déplacés de leurs terres et poussés vers les endroits les plus inhospitaliers de l'île, les Onas avaient commencé à chasser , pour survivre, ces étranges "guanacos blancs" que les intrus élevaient.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Maya26Maya26   12 janvier 2017
Un 14 décembre de je ne sais plus quelle année éclata une tempête, inhabituelle en plein été. Le lendemain se levait un soleil merveilleux avec de gros nuages à l'horizon. Je regardai ce ciel d'un bleu très pur et je comptai cent vingt-sept albatros qui volaient au-dessus des eaux. L'un d'eux allait en tête suivi des autres qui traçaient deux lignes parallèles parfaites. Je suivis longuement des yeux leur vol magnifique, régulier, imperturbable, obéissant à un mystérieux dessein collectif.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Video de Francisco Coloane (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Francisco Coloane
Vidéo de Francisco Coloane
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
autres livres classés : littérature chilienneVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
448 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre