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ISBN : 2369141204
Éditeur : Libretto (05/05/2014)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Pedro Nauto, né de père inconnu, prend un mauvais départ : sa mère est retrouvée noyée et, à treize ans, il est confronté à la violence du monde adulte dans les tripots de Puerto Montt. Rêvant secrètement d'aventures au grand large, de pêche miraculeuse et de monstres de légende, il s'embarque avec Julio Albarrán, un vieux loup de mer, aux commandes d'un baleinier qui fait cap sur l'Antarctique...

«C'est le bateau fantôme des îles, mon vieux, celui qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  15 août 2017
Savez-vous pourquoi les tiges articulées des parapluies s'appellent des baleines ? Parce que, à l'origine, elles étaient réalisées dans les fanons de cétacé.
Cela, et beaucoup d'autres choses, je l'ai appris dans ce roman sauvage, cruel mais de toute beauté, de Francisco Coloane. Il met beaucoup de lui-même dans cette aventure australe puisque son père commandait une baleinière et s'est noyé en mer. La vie rude et difficile des habitants de l'archipel de Chiloé connaît bon nombre de légendes et bon nombre de drames.
En 1920, le petit Pedro, né de père inconnu, a 13 ans lorsqu'il retrouve sa mère noyée au retour de la pêche. Seul au monde, fuyant un grand-père hautain et méprisant devenu riche propriétaire terrien, Pedro achève son année scolaire puis va offrir ses bras aux voisins pour les moissons et le meulage du blé, en paiement des dettes de sa mère. Premiers émois aussi.
Vient le temps où il travaille pour un pêcheur d'huîtres qui garde secrets les bancs exceptionnels qu'il vient de trouver jusqu'au jour où il se fait arnaquer par un ami et perd jusqu'à sa maison.
Ce livre impressionnant de documentation comprend deux parties : la première évoque avec beaucoup de réalisme la vie de ces hommes et de ces femmes du bout du monde aux prises continuelles avec les tempêtes de l'Antarctique, les mauvaises pêches ou les récoltes dévastées mais aussi avec la solidarité indispensable, les veillées par belles nuits où plane l'ombre du Caleuche, du Trauco ou de la Pincoya pour faire sourire les vieux et apeurer les enfants.
Un coup de chapeau tout particulier au traducteur, François Gaudry, qui a eu l'excellente idée de conserver certains mots dans leur jus pour colorer d'aridité ou de mystère cette nature sauvage, ces techniques primitives et ces croyances locales.
La deuxième partie, dense, secouante sur des flots furieux, éprouvante jusqu'à l'horreur, raconte la vie du Leviatan, de son capitaine et de ses marins, y compris Pedro comme timonier, qui doivent gagner leur vie au péril de la leur en chassant les baleines ou les cachalots. Bêtes et hommes, dans des combats forcenés, luttent pour leur survie dans des brassées d'eau salée, de déflagrations du canon harponneur, de remous à casser le dos, d'odeurs écoeurantes et d'hémoglobine au seau.
Pas de sensationnalisme, pas de longueurs répugnantes, pas d'héroïsme mal placé. Juste la vie acharnée et violente de ces hommes qui partent pour plusieurs jours de chasse sans merci pour ramener des tonnes de viande et des tonneaux d'huile de lampe à la compagnie qui les emploie. Et qui en veut toujours plus. Imaginez des bêtes de 25 à 35 m de long, pesant plusieurs tonnes, qu'il faut traiter immédiatement pour empêcher le pourrissement des chairs et l'inconsommabilité de la viande. Nous sommes encore loin de la pêche industrielle, américaine et norvégienne surtout, qui a fini par être sévèrement encadrée par des lois internationales et qui est déjà évoquée très précisément par Francisco Coloane.
L'auteur a vécu ces pêches, a entendu raconter son père et les marins, a été dégouté par les massacres de ces bêtes gigantesques et a lutté activement pour que cessent les carnages apocalyptiques.
Ecriture précise, hyperréaliste, sans effet de manches, telle est la marque de fabrique de cet immense conteur qui n'a pas son pareil pour dire sa terre natale, cette Tierra del Fuego, cette Patagonie qui a fait rêver tant d'aventuriers.
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andman
  06 septembre 2014
Depuis les années soixante, la jeunesse chilienne a gardé un faible pour Francisco Coloane.
Surtout connu à l'étranger pour son talent de nouvelliste, révélé par les formidables recueils “Cap Horn” et “Tierra del Fuego”, l'auteur chilien a également à son actif plusieurs romans. “Le sillage de la baleine”, une fiction parue en 1962, est largement inspirée du parcours de vie de l'écrivain des mers australes.

Coloane a vu le jour au début du siècle dernier sur l'île côtière de Chiloé d'une superficie comparable à celle de la Corse et située à mi-chemin entre la capitale Santiago et la Terre de Feu. “Le sillage de la baleine” débute un lendemain de tempête, le jour même où un adolescent de treize ans, Pedro Nauto, découvre le corps sans vie de sa maman sur une plage au nord-est de l'île.
L'être qu'il chérissait n'est plus et le chagrin qui tenaille Pedro est encore accentué par le fait qu'il ne connaîtra jamais l'identité de son père. Mais le petit bonhomme est courageux et se fait fort de terminer son année scolaire, d'obtenir son certificat d'études primaires. Lorsque la marée le permet, c'est à la rame qu'il se rend à l'école située de l'autre côté de la rade ; il n'aime rien tant que d'apercevoir un plongeon nourricier de son ami le martin-pêcheur ou d'observer dans le sillage de son embarcation son ami le phoque.
Son premier été livré à lui-même se passe en partie chez des voisins auxquels sa maman devait des journées de travail. Les moissons sont éreintantes mais les ballades avec Rosalía, une voisine de son âge au joli minois, font oublier la fatigue…
Un temps assistant d'un pêcheur d'huîtres en eaux profondes, Pedro finit par succomber à l'appel du large et embarque sur un baleinier.

Quel documentaire remarquable que cette première moitié du roman ! Francisco Coloane profite des pérégrinations estivales de Pedro pour donner au lecteur un aperçu de la beauté de Chiloé. Un zeste de botanique par ci, un soupçon d'ornithologie par là, un brin d'ethnographie pour conter une légende locale ou une superstition insulaire, apportent de la densité au récit.

La seconde partie à bord du baleinier, le Leviatán, est autrement plus agitée et nécessite d'avoir le pied marin. Les scènes de chasse sont stupéfiantes de réalisme : repérage, poursuite, harponnage et remorquage des cétacés se succèdent dans un tourbillon d'eau, d'écume et de sang.
L'ultime chasse du capitaine Julio Albarrán, au milieu des icebergs de l'Antarctique, conclut de façon magistrale ce roman à l'écriture simple et directe.
Le jeune Pedro, maintenant intégré au sein d'un équipage d'hommes aguerris, se rappellera longtemps cette folle aventure tempétueuse.
Septembre est le mois idéal pour changer d'hémisphère, d'atmosphère.
Partons ensemble, si vous le voulez bien, à la découverte des mers du sud et laissons-nous entraîner vers l'inconnu dans “Le sillage de la baleine” !
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Sachenka
  07 décembre 2018
La semaine dernière, alors que j'étais à la bibliothèque, je me suis retrouvé devant les romans de Francisco Coloane et j'en ai emprunté deux : le dernier mousse puis le sillage de la baleine. Ils semblaient porter des mêmes thèmes, surtout la vie de marin dans les mers du sud, mais ça ne m'a pas dérangé. Finalement, même si c'est effectivement le cas, ils sont assez différents dans leur traitement. le premier était écrit dans un style un peu plus léger – quoique magnifique – autant accessible pour les jeunes que les moins jeunes. de son côté, le deuxième roman semble aborder des thèmes un plus matures et sérieux. L'univers décrit est le même mais raconté avec plus de détails et un vocabulaire plus précis et riche, peut-être pas à la porté des plus petits.
Le sillage de la baleine commence sur une ile excentrée du sud du Chili. Un pauvre adolescent, Pedro Nauto, fils naturel d'un père inconnu, perd sa mère et se retrouve orphelin. Passons rapidement sur son grand-père riche et égoïste. le garçon est travailleur et déterminé mais, avant de se lancer à l'aventure, il choisit d'honorer les engagements de sa mère. Il vit de petits métiers dans sa région natale, à aider à la récolte dans les champs, chez le meunier ou encore à pêcher les huîtres. J'ai trouvé cette partie un peu longue, j'ai eu parfois l'impression de lire un roman du terroir. C'est un peu de ma faute, je savais qu'il souhaitait s'engager sur un navire et j'avais hâte de le voir prendre le large. Heureusement, cette partie n'est pas exempte de bons moments, quelques uns romantique (ah, la belle Rosalia, j'aurais souhaité qu'elle soit plus présente, surtout dans la deuxième partie du roman !) et d'autres un peu plus mystérieux, frôlant le fantastique : les attroupements étranges des mouettes, les supposées apparitions du trauco (un gnome violeur), sans oublier ces histoires de sorciers et de sirènes puis, plus important encore, le Caleuche, une sorte de vaisseau fantôme. Ce folklore chilien, agrémenté de plein de termes espagnols de l'endroit, ajoutent des couches et de la richesse à cette histoire humaine.
Et Francisco Coloane trouve le moyen d'insérer ça et là quelques poèmes en espagnol. Je n'en comprenais que la moitié (il y a des traductions en bas de pages) mais c'était si joli, si agréable lire ! Décidément, je suis en train de tomber en amour avec la plume de cet auteur.
Avec la deuxième partie de son roman le sillage de baleine, on quitte la terre ferme pour un bateau, le Leviathan. Déjà, avec un nom pareil, symboliquement chargé avec cette référence au monstre marin biblique, le lecteur peut se demander dans quelle aventure le jeune Pedro s'est engagée. Avec lui, il découvre la vie de matelot, la chasse à la baleine. C'est rempli de détails intéressants sans la lourdeur qu'on retrouve parfois quand les auteurs tiennent à tout décire. Elle devait être rude, cette vie de marin, mais en même temps ô combien honnête et concrète. Il me semble que, à la fin d'une journée, j'en tirerai le sentiment du travail bien accompli. Et que dire de ce voyage dans les mers du sud, entre les ilots chiliens et l'Antarctique, sans oublier le détroit de Magellan, le cap Horn et les icebergs, à traquer les baleines et autres grands mamifères marins. Je m'imaginais avec eux, à « scruter la mer, froide et grise comme le ciel, mais d'une clarté scintillante qui réduisait la visibilité. La lumière australe s'étendait à l'infini entre les miroirs opaques de l'eau et du ciel. » (p. 183) Aussi, cette partie n'est pas exempte de mystères et de folklore, comme cette visite à un petit cimetière sur une île, où fut érigé un obélisque de marbre noir pour les treize hommes d'un baleinier coulé en 1912. Treize ! Les superstitions étaient encore tenaces.
Si Pedro Nauto est le protagoniste, d'autres personnages sont presque autant importants et marquant. Je pense à José Andrade, le plongeur d'huîtres, mais surtout au capitaine Albarran. Il ne chasse pas la baleine blanche mais c'est tout comme parce que, tout au long de ma lecture, je faisais des parallèles avec Achab. Il y a quelque chose de poétique dans cet homme lucide, qui a passé sa vie sur le pont d'un navire et qui voit venir la retraite parce que son oeil n'est plus aussi sûr (pour harponner). J'ai été sensible au tragique de sa situation.
Pour finir, il y a tellement d'autres éléments que j'aurais souhaité aborder (comme le secret sur l'identité de son père) mais je vais m'arrêter ici. Je termine en précisant que la fin, magistrale et ouverte, est très réussie. Je ne peux que vous encourager à lire le sillage de la baleine.
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joedi
  21 janvier 2016
Coup de coeur, l'écriture de Francisco Coloane est belle, c'est avec poésie qu'il décrit l'environnement tandis que c'est d'une écriture réaliste qu'il raconte la vie des autochtones et la capture des baleines. Il a obtenu, en 1964, le Prix national de littérature du Chili et a été fait Chevalier des Arts et des Lettres. L'histoire que nous livre Francisco Coloane a des relents autobiographique car, comme lui, Pedro Nauto est né sur l'île de Chiloé et naviguera sur un baleinier.
Le roman débute lorsque Pedro Nauto, âgé de treize ans, né de père inconnu, découvre le cadavre de sa mère sur la plage. Il enfourche son cheval et part avertir son grand-père. Après les obsèques, il se met au service des voisins auprès de qui sa mère était en dette car il ne veut rien de son grand-père qui avait renié sa fille enceinte. Ses dettes réglées, Pedro embarque, son rêve depuis toujours ; il espère aussi découvrir son père. Pedro a seize ans lorsqu'il est engagé sur un baleinier, début d'une grande aventure ...
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ibon
  04 janvier 2015
Roman qui s'inspire beaucoup de la vie de son auteur, Francisco Coloane. Une vie d'épreuves et de labeur dès le plus jeune âge.
La chasse à la baleine, une quête de la bête jusqu'aux portes de la folie. Oui, il y a évidemment quelques points communs avec le "Moby Dick" d'Herman Merville.
Mais il ne s'agit pas exclusivement de cela. Au départ, en faisant la connaissance d'un adolescent de 13 ans, Pedro Nauto, on découvre aussi dans les deux tiers du livre, la vie éprouvante des paysans et des pêcheurs d'huîtres à Chiloe, au Chili.
Le roman est bien documenté sur ces sujets. Il n'omet pas non plus les superstitions ou les croyances que l'on peut retrouver aussi parfois dans certaines légendes européennes.
Le roman commence par un drame. Né de père inconnu, Pedro est souvent moqué de ses camarades et son amie le soupçonne même d'être le fils d'un lutin. Ce qui est insultant! Quand sa mère décède mystérieusement, c'est le choc. Il n'a plus de famille mis à part un riche grand-père très arrogant. Ce drame annonce, après avoir réglé ses comptes au sens propre comme au sens figuré avec quelques individus, le moment du départ du jeune Pedro de son île.
De là , Coloane ne cherche pas à dessiner le portrait d'un aventurier. Il précise bien qu'il n'y a pas de héros à bord des baleiniers. Personne n'est avide de sensations fortes . Ce sont simplement des hommes embarqués pour fuir quelque chose qui ressemblerait à la pauvreté!
Cela dit, même s'il n'a pas de héros, vous ne lâcherez pas les 100 dernières pages (sur 300) de ce livre placé justement dans le sillage des monstres marins.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   06 décembre 2018
- Et comme la mer n'appartient à personne, tout le monde s'imagine avoir le droit d'y prendre ce qu'il veut, dit Elvira.
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ClaireGClaireG   15 août 2017
Ne connaissant pas l’homme, ils s’étaient approchés [les pingouins], avec leurs becs rouges et leurs yeux brillants ourlés de jaune. On aurait dit des écoliers en vacances. Les marins avaient tué les premiers à coups de rames, puis comme ils étaient si nombreux et qu’ils ne fuyaient pas, à coups de pieds. Une bonne provision de nourriture.

p. 148
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joedijoedi   20 janvier 2016
L'instinct du chasseur s'éveille étrangement chez tout homme qui monte à bord d'un baleinier. Cet instinct, porté au sublime chez le capitaine harponneur, est contagieux ; il s'empare du pilote, s'insinue dans l'esprit du contremaître et des matelots, contamine les mécaniciens et même le cuisinier, à qui il revient de trancher rituellement les nageoires caudales afin de pouvoir lier la queue de la baleine.
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andmanandman   08 septembre 2014
Entre le chasseur et sa proie, la distance s'amenuise. La baleine n'est pas encore morte mais, privée de ses forces, elle oscille à la surface,comme un pendule, dérivant bord à bord, accrochée à la ligne. Quand elle sort son énorme mufle hors de l'eau, ses lippes s'ouvrent, ses fanons dégorgent des flots mousseux de sang qui s'étalent sur la mer, et une profonde note d'orgue retentit comme échappée des portes entrouvertes d'une église.
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kathykathy   13 juillet 2012
La lune poursuivait sa course vers l'ouest et éclairait de profil le visage de Rosalia. Elle avait le teint d'une pâleur olivacée et ses pupilles noires brillaient.
Pedro la regarda bien en face et lu dans ses yeux une étrange suggestion : ils exerçaient sur lui une attraction irrésistible, et tout son être voulait sortir de lui-même pour se noyer en eux et disparaître dans leurs eaux mystérieuses.
Par un violent effort de volonté il réprima son désir de se jeter sur la jeune fille. Il se rapprocha d'elle.
-Pourquoi tu me regardes comme ça? murmura Rosalia.
-Tes yeux... il y a quelque chose dans tes yeux.
-Qu'est-ce qu'ils ont?
-Je ne sais pas. Ils me donnent envie d'entrer en eux. Ou de te les arracher pour les emporter.
-Tous les yeux se ressemblent, dit-elle en feignant l'indifférence.
-Les tiens ont quelque chose...
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