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EAN : 9791094176351
Éditeur : Espaces & Signes (06/10/2018)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
La première tournée de Sarah Bernhardt aux États-Unis (1880 - 1881) fut un véritable événement : 256 représentations données dans 50 villes. Celle qui était considérée comme l’une des plus grandes comédiennes de son époque y souleva des vagues d’enthousiasme mais aussi de violentes bourrasques de haine. Incarnation de la beauté et de la grâce absolues pour certains, elle sera la représentation vivante du démon tentateur pour les autres.

Marie Colombie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
cecilit
  02 juillet 2019
"Méfiez-vous de vos copines !", aurait pu dire Sarah Bernahrdt de Marie Colombier, sa partenaire de scène qui l'accompagna dans sa tournée aux Etats-Unis, en 1880/1881.
De cet épisode outre-Atlantique, Marie Colombier, observatrice sacarstique, a écrit deux ouvrages. Dans ce premier pamphlet, l'accent est porté surtout sur le puritanisme américain . "Mère sans époux, actrice-courtisane" , comme la décrivait une certaine presse très conservatrice, la Divine était l'incarnation même de la débauche des Européens et une invitation à la luxure. Même si son talent fut bien sûr reconnu par beaucoup d'autres, force est de constater que le séjour de la tragédienne chez les Yankees fut parfois houleux et a beaucoup occupé les ligues de vertu, défenseuse de l'image d'une femme soumise et au foyer.
Au-delà de ce phénomène d'amour/haine, Marie Colombier égratigne au passage la grande Sarah qui pouvait se sentir outragėe d'attendre même un instant, de ne pas être adulée comme cela était le cas en France, qui exigeait le meilleur tout en ne refusant pas les coup de pub en tous genres, qui trimballait, en grande star exigeante qu'elle était, des tonnes de malles et tout un staff à son service.
Même si cela est mordant, cela n'est pas... encore... bien méchant.
Cela fut fait en 1883 avec Sarah Barnum, second ouvrage de Marie Colombier qui a provoqué la rupture entre les deux femmes. Procès, arrêt de la publication, duels entre Octave Mirbeau et l'éditeur, appartement de Marie saccagé par le fils de Sarah... cela a mal fini entre ces deux actrices, c'est moins que l'on puisse dire...
Je tiens à remercier les ėditions Espaces & Signes et la Masse critique de Babelio qui m'ont permis de découvrir la première partie de cette affaire (c'est comme cela que l'on en parlait d'ailleurs à l'époque : "L'affaire Marie Colombier" ) que je ne connaissais pas. Et au-delà, d'avoir une photographie intéressante du New York de cette époque.
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Kloliane
  28 juillet 2019
Dans le cadre dans mon travail où j'ai l'opportunité de découvrir des livres anciens, j'ai eu entre les mains l'édition originale des "Mémoires de Sarah Barnum". Et tout en préparant une fiche de présentation pour cet ouvrage, j'appris qu'il fut un pamphlet des plus acerbes envers l'une des plus grandes comédiennes de la fin du XIXème, Sarah Bernhardt. Piquée de curiosité et ne connaissant que cette grande figure du théâtre français par des éloges et par les célèbres affiches d'Alfons Mucha, j'ai eu très envie de le lire. Malheureusement, il s'est vendu trop vite et je n'ai pu le faire. Je me vois encore, la mine attristée derrière mon comptoir, le voir partir dans le sac d'un client heureux... Il faut vraiment que j'arrête de scénariser mes souvenirs. Bref ! Je me suis contentée de lire quelques articles sur le sujet. Puis les mois passent et voilà, avec surprise, que je suis sélectionnée pour un ouvrage reprenant une partie du récit de son célèbre voyage aux Etats-Unis par celle qui est connue comme sa plus grande détractrice, Marie Colombier.
Et que vous dire que j'ai dévoré cet ouvrage très vite. Dans un style agréable, teinté d'une ironie mordante, Marie Colombier est la narratrice de ce texte et nous relate les premiers pas de Sarah Bernhardt sur les terres américaines. Rapidement, l'autrice met face à l'image glorieuse qui entoure la comédienne, un portrait quelque peu salé (caprice de célébrité, désirant être adulée, besoin d'être entourée d'un semblant de "cour" etc...). Mais cela n'empêche pas pour autant de lire aussi une certaine admiration de sa part face au talent artistique et son époustouflant jeu dramatique sur les planches.
Le regard critique de l'autrice ne se porte seulement sur Sarah Bernhardt, mais aussi sur la société américaine puritaine. Son statut de comédienne, mère célibataire, femme émancipée, les moeurs européennes vues comme légères et d'un mauvais oeil et bien d'autres jugements marquèrent son arrivée, sur le Nouveau-Continent. Elle fut vue telle une vile tentatrice qui n'apporterait que décadence et perversion dans la bonne société américaine. Mais comme souligne l'autrice, ces détracteurs n'empêcha pas à Sarah Bernhardt de connaître un succès colossal aux Etats-Unis. D'ailleurs, celle-ci ne se gêna pas de les mettre face à leur propre hypocrisie avec des répliques bien salées.
Conclusion:
"La parisienne sulfureuse" a ce petit côté "presse people" prêt à vous divulguer ce qui se passe dans les coulisses, à vous donner les derniers petits détails croustillants sur la célébrité visée, voire à dévoiler ses petits secrets honteux.
Au-delà des petites piques adressées à Sarah Bernhardt qui sont loin d'être féroces ( au contraire de son second ouvrage " Les Mémoires de Sarah Barnum" ), Marie Colombier nous offre un très bon témoignage des premiers pas de la comédienne en Amérique. Et celui-ci est d'ailleurs enrichi d'un portrait critique de la haute société américaine puritaine qui sous réserve de se vouloir être irréprochable,  fait preuve d'une belle hypocrisie dans leurs jugements.
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brinvilliers
  30 juin 2019
Merci à Babelio et aux éditions Espaces et Signes pour la sélection et l'envoi de ce livre.
Sarah Bernhardt part faire une tournée en Amérique, elle sera accompagnée de Marie Colombier.
C'est Marie qui nous conte la traversée vers l'Amérique et les débuts de Sarah sur la scène. L'Amérique puritaine voit d'un oeil sceptique cette comédienne française venue se produire chez eux. Ses vêtements, son maquillage, ses scènes de théâtre font scandale dans cette Amérique étriquée sur ses valeurs.
Cependant le talent de Sarah les laissera pantois.
Un récit intéressant, écrit avec intelligence et perspicacité.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
cecilitcecilit   30 juin 2019
C'est la première fois que j'entre dans un wagon américain. Celui qu'on nous a réservé est un veritable salon. Glaces, fauteuils, tapis, rien ne manque. On peut s'y promener, sortir prendre l'air ou causer au coin du feu, tout en admirant par la large baie de la portière les paysages de neige qui se succèdent dans le crépuscule de la nuit tombante. Je n'ai pu m'empêcher de trouver que la comparaison n'était pas à l'avantage des cages à poules décorées en France du nom de wagon, où les voyageurs sont empilés comme des colis.
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cecilitcecilit   30 juin 2019
Les derniers jours qui ont précédé n'ont pas été perdus pour le puritanisme américain, lequel semble décidément avoir pris Sarah pour objectif d'une croisade sainte. C'est d'abord un certain docteur Crosby, l'un des plus grands fameux prêcheurs des États-Unis, qui, dans un long sermon, a tonné contre "la courtisane européenne venue pour ruiner les moeurs du peuple yankee". Puis, c'est encore Le Méthodiste, journal religieux, tirant à plus de 200 000 exemplaires. Dans son numéro de dimanche, il publie des phrases indignées contre la société corrompue de Londres qui, sans scrupule, a ouvert ses homes vertueux à une "actrice-courtisane, mère sans époux ". La feuille chrétienne termine en adjurant les honnêtes gens d'épargner à la métropole américaine une "honte" de ce genre en se commettant avec "cet apôtre éhonté de l'amour libre".
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cecilitcecilit   30 juin 2019
- Qu'y a-t-il donc ?
- Tu le vois bien ! Ils font un inventaire de mes malles... On veut me faire payer des droits sur tout ce que j'apporte de France : les robes, les costumes, les marbres, les bronzes...
- Les costumes aussi ?
- Est-ce que je sais, moi ? Je n'ai jamais rien vu de pareil ! Partout, en Angleterre, en Belgique, en Danemark, en Hollande, partout on a respecté mes bagages !
- Que veux-tu, ma chère, la seule royauté qu'on reconnaisse, en ce pays, c'est celle du dollar... Plus on t'admire, plus il faut payer !
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brinvilliersbrinvilliers   30 juin 2019
Sarah monte dans une voiture qui l'emporte à l'hôtel. Pour moi, je vais assister d'abord à l'ouverture des malles à la douane, dont j'ait entendu vanter la sévérité. Un Français m'édifie sur ce point d'une manière bien concluante. Il ouvre sa malle et place sous les yeux de l'employé un billet américain de 25 francs, très apparent...Le douanier pose la main gauche dessus comme par mégarde. Quand il la relève, le billet a disparu. De la main droite pendant ce temps, il marque la malle à la craie et crie à haute voix : "Rien à déclarer. Passez !".
Je suis en Amérique.
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cecilitcecilit   30 juin 2019
C'est embêtant la mer ! Toujours la même chose.
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