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EAN : 9782330153250
256 pages
Actes Sud (01/09/2021)
4.52/5   30 notes
Résumé :
À presque seize ans, Eden a déjà porté quatre noms de famille, vécu dans trois foyers sociaux, deux états américains, de Salt Lake City à Page en Arizona.
Depuis son dernier abandon, Eden cache un terrible secret qui l’empêche d’envisager un avenir meilleur. Alors qu’elle réclame son émancipation, son éducateur l’oblige à s’inscrire dans une nouvelle agence d’adoption. Il lui faut à nouveau supporter tout ce cirque des catalogues d’enfants et des défilés où ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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iris29
  19 janvier 2022
Il est rare dans ma longue vie de lectrice de romans américains, d'apprendre encore quelque chose sur les modes de fonctionnement, les lois qui régissent ce pays. Quelque chose qui heurte, quelque chose qui choque, quelque chose qui me fasse hurler...
Ce livre est né d'un hasard , l'auteure étant tombée sur un reportage à la télévision, un documentaire de Sophie Przychodny sur le ""rehoming" ( pratique qui permet à une famille américaine de céder à une autre, vite fait bien fait et la plupart du temps avec transaction financière, l'enfant qu'elle a adopté, Cette pratique est courante dans certains états américains. ")
Agences spécialisées, catalogue avec photos d'enfants, vidéos, défilés sur tapis rouges, petits entretiens autour d'une table, d'un quart d'heure... je vous laisse imaginer , toutes les dérives qu'il peut y avoir (pédophilie..) et le déséquilibre émotionnel et psychologique que cela engendre chez ces enfants, ballotés de famille, en famille, jetés comme des objets périmés au moindre "défaut"... Affreux !
Marie Colot, autrice belge , a donc réussi l'extrême prouesse de traiter parfaitement ce sujet difficile, tout en nous imergeant dans un pays qui n'est pas le sien, dans ce roman bouleversant, révoltant , avec sa petite Eden, fille de personne.
Lorsqu'on fait sa connaissance , Eden a presque seize ans, c'est l'été , elle travaille dans une superette pour gagner quelques sous, histoire d'améliorer son ordinaire. Son ordinaire, c'est dans un foyer de gosses comme elles, cabossés, traumatisés, écorchés, détruits... Elle a déjà vécu dans quatre familles, la dernière, elle y croyait, jusqu'au drame qui l'a bannie de la maison. Drame qu'elle porte comme un fardeau.
Un couple de personnes agées veut l'adopter, c'est sa dernière chance, il faut mettre le paquet, séduire...
Mais Eden, a un caractère bien trempé, et traîne beaucoup de désillusions.
Entre petites révoltes, amitiés trahies, espoir, premier amour, Eden se construit pas à pas. On espère vers le meilleur , un lendemain .
Le parallèle qui est fait avec les animaux abandonnés de la SPA, est percutant. le chien qui s'appelle Tomorrow...
La petite ville américaine où il ne se passe rien, écrasée par la chaleur, on s'y croierait...
L'éducateur, Peter, qui ne baisse jamais les bras, terriblement humain.
Tout.
J'ai tout aimé dans ce roman. Pas une virgule à enlever, un mot à changer.
Gros, gros coup de coeur...
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mariemangetonpain
  19 novembre 2021
Lu pour le "Challenge Jeunesse - Young Adult 2021/2022
2nde Edition"
Eden, la fille sans nom,
C'est l'histoire d'une jeune fille, presque adulte. Pas encore adulte mais elle a déjà tant vécu. Elle passe de familles en familles. Pas des familles d'accueil, non, non des familles qui adoptent et qui ont le droit (dans certains états-d 'Amérique) de remettre l'enfant sur le « marché de la REadoption. Des filières, des fondations, des particuliers gèrent cela par des défilés d'enfants, par d'autres moyens tout aussi nauséabonds pour que ceux qui ont le moins de chance de se faire réadopter puissent séduire un futur papa ou une future maman.
Pourtant, Eden se plaisait bien dans cette dernière famille, les parents étaient aimants et elle s'était construite une famille avec une petite soeur qu'elle adorait. Que s'est-il passé ? Quel est le drame qu'Eden cache, quel est cet événement qui a enfoncé encore plus profondément la blessure de l'abandon ?
J'aime la comparaison subtile entre l'animal et l'homme. Abandon, défauts, morsure, mauvais comportement, bon maître, pas parfait avec son histoire et son vécu qui engendre des réactions. Positives, négatives ou inclassables.
Je me suis sentie proche de cette Eden. En effet, je retrouve beaucoup de points communs entre ses états d'âmes et les miens au même âge. Ou une furieuse envie d'avoir des points communs.
La co-locataire d'Eden, elle, n'est jamais choisie. Elle est envieuse d'Eden et lui fait bien payer en lui vomissant dessus toute sa douleur. Les filles n'ont rien trouvé d'autres que de transformer cette souffrance qui grandit depuis leur naissance, en mots et gestes acides. Les éducateurs vont les aider à se fortifier, à utiliser leur souffrance autrement que par des tirages de cheveux. Tout doucement, elles vont se soutenir (en secret), ne pas se dénoncer, quelques gestes minimes qui vont donner de l'espoir au lecteur.

Lettre à mes parents adoptifs.
Les similitudes sont dans les oppositions.
Éden était presque en âge de devenir adulte. En tout cas, on lui demande d'être autonome.
Moi j'ai été adoptée bébé.
Ces histoires de ressemblances. En tant qu'enfants qui a peur qu'on nous abandonne, on a peur que ce soit un critère pour ne pas être aimé comme ceux de la fratrie. Je n'avais pas les doigts potelés. Je ne ressemblais pas à ma grand-mère ni à mes cousins.
J'aurais eu envie de cracher, de mordre, de ne pas lâcher, de faire mal. Ne pas lâcher, ne me lâchez pas.
Je m'étais protégée dans un monde où je n'avais pas besoins de parler. Où j'étais sage. Faire le moins de remous. C'était ma pierre à moi, mes parents imaginaires, mon refuge. Si je suis parfaite, on m'aimera. C'est obligé.
La vie de parents n'est pas plus facile que la vie d'enfants. On a beau dire, on ne le fera plus. Savoir qu'il faut parler, discuter, essayer, recommencer, ne pas mordre, espérer. Les choses ne se déroulent pas comme prévu.
Éden comme un paradi
Elisabeth comme une reine. (Elisabeth étant mon prénom donné en Inde par un pasteur.
« Ce n'est pas d'où vous venez qui compte, mais où vous allez. » Ella Fitzgerald

Tu ne peux pas vivre en autonomie alors que tu te sens aussi seule que le dernier animal d'une espèce en voie d'extinction. Comment tu comptes gérer toute cette tristesse sans personne pour t'épauler ?
– Je me démerde
Ce mec me remuait de l'intérieur et j'ignorais pourquoi. Un truc en lui me troublait, peut-être ce je ne sais quoi d'ombrageux et d'incandescent présent dans chacun de ses mouvements.
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Desmotsetdesimages
  06 novembre 2021
Entre ennui et tristesse, foyers sociaux et familles d'accueil, déménagements et abandons, Eden, bientôt 16 ans, n'en fini pas de subir une vie chaotique. Alors qu'elle souhaite son émancipation, son éducateur l'oblige à s'inscrire dans une nouvelle agence d'adoption...
Ainsi, durant un été étouffant dans l'ouest américain qui s'étire comme du "chewing-gum " au sein d'un foyer et de "son cortège de coeurs bousillés", et au coeur d'un petit boulot dans une épicerie, mais surtout dans la tempête que provoque un coup de foudre et un terrible secret qui l'empêche d'espérer un avenir meilleur, on suit Eden, cette ado écorchée, qui essuie désillusion sur désillusion jusqu'à ce que…
Entre amitiés, inimitiés, premiers émois et ce couple de personnes un peu âgées qui souhaite l'adopter, on vit un été riche en émotions aux côtés de notre jeune héroïne que la vie n'a pas épargnée.
Que cette Eden m'a embarquée dans sa détresse et ses espoirs portés par une écriture vive, brute parfois poétique (les comparaisons y sont remarquables) à l'instar de la verve et de l'imagination de notre héroïne, attachante, pleine d'émotions sans fard et à fleur de peau.
C'est en découvrant un reportage à la fois captivant et déchirant que notre autrice a découvert le marché de la réadoption, le "rehoming", courant dans certains États américains et a ainsi donné une voix à ceux qui défilent sur de sombres tapis pour être choisis par de potentiels parents qui pourront, si tel leur chante et moyennant finance, échanger ou vendre ces pauvres âmes. Pratique révoltante qui lui a également permis, en parallèle, d'aborder la question de l'abandon des animaux domestiques et leur accueil en chenils. Puisque dans ce roman, les animaux y ont une place de choix.
J'ai également été sensible aux prénoms choisis par l'autrice. Je ne sais pas quelle place tient l'onomastique dans son travail mais elle n'est sûrement pas due au hasard. Aussi, les prénoms Eden, Damon et Tomorrow pour ne citer qu'eux, prennent tout leur sens dans ce roman riche en émotions.
Dès lors, le rapprochement avec le héros éponyme de Jack London, Martin Eden, n'engage que moi mais me plaît beaucoup. Eden deviendrait alors le pendant féminin de notre cher Martin, qui lui aussi trimballe une vie de misère avant sa rencontre avec Ruth… seules leurs fins diffèrent, nécessairement.
Un roman bouleversant et empli d'espoir qui nous rappelle que c'est quand on n'attend « plus rien que tout arrive ». Un véritable coup de coeur.
D'une oeuvre à une autre, il me semble que le talent d'un auteur réside dans sa capacité à nous embarquer dans des univers complètement différents et inattendus à chaque nouvelle oeuvre.  Un peu à la manière des meilleurs acteurs qui savent incarner tout type de rôles. Marie Colot a ce don et je mesure la chance que certains ado auront à se retrouver dans ses lignes et celle que j'ai d'avoir nombre de ses oeuvres dans ma bibliothèque.
Un grand merci aux éditions Acte Sud Junior pour cette lecture marquante.
« Sans boussole, sans rames, sans port à l'horizon, il se laisse aller à la dérive, sans lutter davantage, puisque lutter c'est vivre et que vivre c'est souffrir. » (Martin Eden, chap. XXXIX).
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lirado
  28 octobre 2021
Je me souviens avoir découvert avec une certaine stupeur le documentaire de Sophie Przuchodny Etats-Unis, enfants jetables, à sa sortie en 2016 et dont Marie Colot s'est inspirée pour écrire Eden, fille de personne. Dans le documentaire, on découvre ce que je ne pensais pas pouvoir exister : le marché de la réadoption ( le « rehoming ») tel qu'il est autorisé dans certains états américains. Pour faire simple, les adoptants peuvent tout à fait décider de mettre fin à l'adoption d'un enfant pour quelques motifs que ce soit…Eden, l'héroïne de ce roman a ainsi connu quatre familles différentes. Aujourd'hui, elle est de nouveau sur le marché de l'adoption. Les photos, les speed-dating, les rencontres pour se vendre auprès de parents potentiels…Eden connaît et à 16 ans elle n'y croit plu…
Eden, fille de personne m'a replongée dans les souvenirs du documentaire de Sophie Przuchodny sur le « réhoming ». J'ai redécouvert ce système et j'en reste toujours aussi choquée, je dirais même plus écoeurée. On suit le parcours touchant d'Eden, on découvre cette adolescente rebelle au coeur tendre, tout simplement désabusée, le temps d'un été. On plonge dans son quotidien, dans ses sentiments les plus intimes. le ton n'est jamais larmoyant, mais au contraire très réaliste. Eden se bat avec ses émotions, son passé, son identité et son histoire. Elle a vécu des drames, un en particulier, et même si c'est dur pour elle d'y croire, de se laisser aller, elle va aussi vivre un dernier espoir avec deux nouveaux adoptants : les Knight.
Eden, fille de personne est une lecture originale et très intéressante, sur un sujet qui n'est presque jamais abordé. La thématique est dure et cruelle mais Marie Colot offre un texte optimiste. A lire et faire découvrir sans hésiter !
Lien : https://www.lirado.fr/eden-f..
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KeroulenBib
  25 octobre 2021
Ce roman a tout d'un roman made in America : un décor typique de petite ville des États-Unis rongée par la chaleur, son ambiance middle-class, des habitants pittoresques et attachants : de l'éducateur spécialisé un peu trop paternaliste, au patron d'un mini market guidé par ses principes, en passant par un vieil alcoolique et son chien, un copain fugueur fan d'Usain Bolt, une directrice de refuge pour animaux un brin ésotérique, un vieux couple au grand coeur, un ado mystérieux qui nourrit une dizaine de chats... et plein d'enfants perdus, qui vivent dans un centre d'accueil. Des enfants qui, pour la plupart, ont été abandonnés, puis adoptés, puis de nouveau abandonnés. C'est le cas d'Eden, qui, à bientôt 16 ans, a déjà porté 4 noms de famille. Il y a 2 ans, la famille avec laquelle elle vivait depuis ses 8 ans s'est séparée d'elle à cause d'un drame qui a laissé la jeune fille emplie d'une tristesse et d'une culpabilité que rien ne saurait réconforter. Surtout qu'on la presse d'accepter de participer à une nouvelle campagne d'adoption, dans laquelle elle doit se constituer un CV attractif et défiler sur un tapis rouge devant des parents-clients potentiels.
Mais cet été lui réservera bien des surprises... Et notamment des rencontres bouleversantes qui la ramèneront à la vie.
Eden est une jeune fille rebelle en mal d'amour à laquelle on s'attache intensément. Avec elle, on découvre une pratique impensable en France, mais hélas courante dans certains États des U.S.A., le « rehoming » : Un marché écoeurant, celui de la ré-adoption, organisé par des agences spécialisées, qui permet à des parents adoptifs de renoncer aux enfants qu'ils avaient adoptés et de les céder à d'autres familles potentiellement intéressées, tout cela contre transaction financière...
Au-delà de ça, le récit de l'été d'Eden, ses rencontres, ses apprentissages, le récit de ses blessures et sa guérison nous emportent dans un tourbillon d'émotions fort et délicieux. Un grand roman.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   19 janvier 2022
Mes parents avaient décampé après l'accouchement, mon père sûrement avant. Ça ne m'avait jamais donné envie de connaître leur identité. Depuis longtemps,j'avais décidé que je ne les chercherais pas à ma majorité. Ces absents n'étaient que des carcasses vides, des inconscients qui m'avaient conçue par accident et laissée sur la bande d'arrêt d'urgence. A cause d'eux, j'avais démarré dans l'existence avec des pneus crevés, le moteur qui cale et un coffre vide. Aucun passager, pas de bagages. Juste une route déserte à pleurer pour un road-trip en solo.
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iris29iris29   19 janvier 2022
(...), je me suis offert un tee-shirt de marque soldé au prix d'une matinée de travail chez Ted et Ruth. Sur l' étiquette, j'ai inscrit à l'indélébile Eden Obama DiCaprio.
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iris29iris29   19 janvier 2022
A l' Amarrage, on pleurait en cachette pour ne pas montrer aux autres que notre coeur ressemblait à un hérisson écrabouillé.
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iris29iris29   20 janvier 2022
- Repasse quand tu veux.
- J'aime pas pousser les portes qu'on me ferme.
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iris29iris29   20 janvier 2022
Aux tables voisines, de vrais familles pianotaient sur les téléphones ou cherchaient des choses à se raconter. Ces cons ignoraient la chance qu'ils avaient d'être ensemble.
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