AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782354887919
Éditeur : Gulf Stream Editeur (13/08/2020)
4.44/5   24 notes
Résumé :
Mona, lycéenne lumineuse, a tout pour être heureuse : une chouette famille, du talent pour le dessin – passion dont elle veut faire son métier – et depuis peu, un amoureux prévenant et merveilleux. Elle ne remarque pas qu’insidieusement, ce dernier l’enferme dans une étreinte malsaine, transformant son existence en cauchemar. Désormais, face au miroir, les traits tirés, qui aurait cru que Mona ressemblerait un jour à ce tableau qu’elle a tant étudié, celui de la Fem... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
4,44

sur 24 notes
5
8 avis
4
4 avis
3
0 avis
2
0 avis
1
0 avis

Saiwhisper
  12 juin 2020
Alerte à la pépite ! Ce roman grands ados/adultes m'a fait passer par un panel d'émotions. D'ailleurs, lorsque j'ai terminé cette lecture en fin de soirée, j'ai mis du temps à m'endormir et j'y ai repensé toute la journée du lendemain… Ce livre m'a marquée. Je félicite Marie Colot et Nancy Guilbert qui ont encore une fois réussi à me toucher avec leur plume fluide, entraînante et sensible. Les personnages dépeints sont tous développés, intéressants, complexes et crédibles. Ce fut un réel plaisir d'apprendre à les connaître et de suivre leur évolution au fil de l'intrigue. Celle qui m'a le plus bouleversée est évidemment Mona, cette jeune femme passionnée de dessin qui va vivre une véritable descente aux enfers…
L'oeuvre va aborder une pluie de thèmes : l'écologie, l'art, la photographie, le théâtre, la natation synchronisée, le sport de compétition, … Et surtout la violence psychologique et physique au sein d'un couple. Ma dernière lecture sur le sujet remonte au mois dernier avec la BD autobiographique très réussie de Sophie Lambda : « Tant pis pour l'amour : Ou comment j'ai survécu à un manipulateur ». On est dans le même cas de figure : les deux artistes, passionnées de dessin, vont tomber amoureuses d'un homme qui, petit à petit, va les manipuler et les rabaisser plus bas que terre, sans qu'elles puissent s'échapper. Suivre cette relation toxique m'a donné un pincement au coeur, en particulier lors des scènes en appartement ou que ce soit lors de la soirée d'anniversaire avec Marin, avec Batna ou encore le repas de famille. J'avais envie de hurler devant mon livre, frustrée par le manège malsain de ce bon orateur. Que ce soit la rencontre, la romance progressive ou la déchéance lente mais inexorable, j'ai ressenti énormément d'empathie pour l'héroïne. Bien qu'elle soit un personnage de roman, j'ai eu beaucoup d'attachement pour elle. J'avais envie de la protéger, de l'aider et de me battre pour elle. Car, ce type de relation n'est malheureusement pas une fiction : des monstres comme ça, il en existe des tonnes ! Je m'y suis déjà frottée, que ce soit dans le cadre d'une relation amoureuse ou au travail. Or, les auteures ont su donner de la crédibilité et de la consistance à ce tandem. En échangeant avec Nancy Guilbert, j'ai appris que certaines choses ou personnages n'étaient pas si éloignées de la réalité. Cela ne m'étonne pas, car j'ai parfois réellement eu l'impression de réalisme.
La narration donne évidemment la parole à la belle artiste, mais aussi à plusieurs protagonistes intéressants. On distingue par exemple Marin, alias « Curry », véritable ami dévoué, très engagé dans l'écologie. Je l'ai tout simplement adoré ! J'aurais aimé avec une amitié de longue date aussi forte que la leur. de ce fait, lorsque j'ai vu que leur relation se dégradait petit à petit à cause du petit-ami de Mona, j'ai eu une boule au ventre. Esther, la soeur du manipulateur, a été une très belle surprise. J'ai mis un peu de temps avant de l'apprécier pour ce qu'elle était réellement, mais j'ai fini par m'attacher à elle autant que l'héroïne. C'est une véritable battante, surtout si l'on regarde le contexte familial dans lequel elle évolue… Lya, la voisine, a également su trouver une place dans mon coeur. Ses interventions, son autodérision, sa douceur et sa vigilance m'ont émue. En revanche, j'ai eu un peu plus de mal avec Ycare (dont j'apprécie quand même le développement) et Cassien (très intéressant aussi, mais je reconnais que j'étais surtout focalisée sur Mona). Les chapitres sont généralement courts, vifs et percutants. On change souvent de narrateur. Cela apporte du rythme au récit.
Si vous n'avez pas peur de ce sombre sujet, je vous recommande ce one-shot « coup de poing ». La thématique principale est bien traitée, tandis que les personnages sonnent « vrai ». Une oeuvre bouleversante qu'on ne lâche pas, qui ne laisse pas de marbre et qu'il est important de lire, surtout si on a été victime d'un manipulateur. Dans tous les cas, cela peut servir de mise en garde pour faire face à des individus toxiques et au harcèlement, qu'il soit de nature physique comme psychologique…
Lien : https://lespagesquitournent...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          242
DreamBookeuse
  16 novembre 2020
Je suis devant ma page de blog et je ne sais pas par quoi commencer. Dois-je privilégier la narration ? En chapitres courts, l'écriture fluide, les changements de point de vue qui en font un roman choral ? Ou bien plutôt les personnages ? Ou encore le fond tout simplement et l'ensemble des thématiques abordées dans ce roman ?
Commençons par un petit Trigger Warning. Ce roman, en abordant une relation toxique, peut parfaitement perturber bon nombre de personnes par sa violence verbale et physique par exemple. Je mets particulièrement en garde les personnes qui auraient pu avoir vécu ce genre de choses. A destination des grands ados ou des adultes, c'est toutefois un remarquable roman qui peut vous aider à prévenir ce genre de relations, mieux observer votre prochain, et pourquoi pas vous aider à agir. Ne pensez pas que des sujets soient trop durs ou trop complexes, ce sont des sujets qui existent, qui bouleversent certes, mais qui sont réalistes, des maux de notre époque dont il faut prendre conscience pour mieux les combattre.
Alors oui j'ai adoré Point de fuite. C'est un roman qui dit beaucoup de choses. Qui dit l'amour, qui dit la haine, qui dit l'amitié et la violence, qui dit les silences et les solitudes. A travers ses différents personnages, on observe petit à petit la toile se former autour de Mona avec en son centre une araignée, insidieuse et charismatique. Pris dans les fils : Marin, le meilleur ami de Mona, écologiste et dévoué ; Lya, la voisine de palier ayant échapper au pire avec son ex-compagnon ; Cassien, rescapé du massacre au Rwanda et devenu poète – écrivain ; Esther, la soeur de l'araignée, presque championne de gymnastique aquatique ; Ycare, l'araignée elle-même (dont on a peu de chapitre). Tout ce beau monde finit par se croiser à un moment ou un autre navigant entre présent et passé, violence et tendresse.
Bien sûr Mona reste « l'héroïne » de cette histoire, c'est sa descente aux enfers, son désarroi, sa peur, sa culpabilité que l'on suit, mais les autres ne sont pas que des faire valoir, au contraire chacun a son rôle à jouer, sa place dans la narration, et aucun n'est cousu de fils blancs. Ainsi j'ai particulièrement aimé Cassien pour sa délicatesse et sa poésie qui donne un aspect plus tendre et des respirations dans le récit ; mais Lya aussi pour sa force de caractère, sa bravoure, et son humour qui tente de percer les ténèbres ; enfin Esther m'a agréablement surprise alors qu'elle m'était plutôt indifférente au départ. Leur présence, ce qu'ils apportent autant à Mona qu'à l'intrigue, prouve aussi qu'il est difficile de s'en sortir seul et qu'il est souvent indispensable qu'il y ait une personne qui ouvre les yeux à ta place, qui comprenne avant que tu en es conscience que quelque chose cloche.
Le personnage de Mona est quant à lui extrêmement réaliste. Parfois même trop. J'avais l'impression de glisser à ses côtés, de trébucher, sans m'en rendre compte je me suis complètement imprégnée de ce personnage, m'en suis peinturluré le coeur et le visage jusqu'à en avoir la gorge serrée, à refermer le livre les mains tremblantes. Pourtant, évidemment, Mona n'est pas un personnage auquel on a envie de ressembler, dont on envie la place, les pouvoirs magiques ou que sais-je, mais les autrices ont réussi à lui donner de la tangibilité et l'ont investi du souvenir de millier de femmes à travers le monde, subissant les mêmes choses en silence. Elles ont remarquablement dessiner son corps en transformation, sa perte de poids, ses cernes, sa perte de repères, le resserrement progressif de son monde autour d'une seule et même personne, bourreau et amant, martyre et salaud. Je le redis mais l'impression de glisser, de chavirer était extrêmement forte. le pire étant que, comme dans Trancher d'Amélie Cordonnier, Mona a une certaine conscience de ce qui se passe, des fois où il va trop loin, le refoule une fois, puis quand il jure qu'il ne recommencera pas, accepte, une fois, deux fois, jusqu'à ce que ça devienne « sa » faute s'il pète les plombs. Alors lorsqu'Esther hurle dans un téléphone « je vais le tuer », je ressentais tellement sa rage et sa colère !
On est loin des statistiques, des données chiffrées, des petites citations qui nous interpellent parfois dans la rue, sur ces femmes battues, tuées, réduites au silence. Impossible de se dire « mais pourquoi ? pourquoi ne part-elle pas ? » comme on peut l'entendre par fois. Marie Colot et Nancy Guilbert refusent le jugement et l'égoïsme de cette pensée pour nous offrir de la compassion et un « comment l'aider » au pourquoi.
En résumé
Point de fuite est un roman bouleversant dont il est difficile de sortir indemne. La dernière page refermée ce sont des larmes aquarelles et des poings froissés qui viennent nous dessiner de la colère et de la tristesse au ventre. Parce que Mona est une personne comme tout le monde, parce que ce ne sont pas que des statistiques mais des personnages dont on s'imprègne, éponge sur tache d'encre, et parce que Marie Colot et Nacy Guilbert nous rendent cette histoire tangible, réelle, puissante. Un coup de coeur percutant qui ouvre les yeux sur les relations toxiques et les pièges dans lesquels tombent parfois les femmes sans s'en rendre compte, véritable descente aux enfers; avec ce qu'il faut de poésie et d'amitié pour nous rendre l'indicible supportable.
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Nikouette
  13 janvier 2021
Point de fuite est un récit choral qui nous dépeint le calvaire vécu par la jeune Mona, qui est à peine majeure et qui a l'impression d'avoir rencontré le prince charmant alors qu'en réalité il s'agit plutôt de Barbe bleue… Passionnée de dessin elle essaie d'intégrer une école d'art et prend pour cela des cours qui ont lieu au musée. Un jour alors qu'elle y contemple un tableau elle est abordée par un jeune homme qui travaille là et elle tombe immédiatement sous son charme. le piège va alors rapidement se refermer... Tout à son amour naissant et dévorant elle néglige tout le reste, à commencer par le concours d'entrée à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts auquel elle finit par échouer. Joshua va l'isoler de son entourage et en premier lieu de son meilleur ami Marin. Il va lui souffler sans cesse le chaud et le froid jusqu'à ce qu'elle soit incapable de réfléchir par elle-même. Son petit jeu cruel va entraîner chez Mona perte de poids, dépression, peur constante, doutes incessants, échecs répétés, etc. En somme elle n'est plus que l'ombre d'elle-même mais elle ne doute jamais de son amour pour lui. Heureusement certains veillent autour d'elle et leur action conjointe va l'aider à se sortir de ses griffes.
J'ai trouvé le personnage de Marin, le meilleur ami de Mona, éminemment agaçant et « bien pensant » dans les premiers chapitres. Il me donnait l'impression de voir l'adulte à la barre derrière lui, quelqu'un qui lui soufflait son texte et ses beaux idéaux pour en faire l'ado parfait et typique, le transformant du même coup en caricature. L'autrice essaye de faire passer trop de messages (auxquels je suis pourtant la première à adhérer) et de façon peu subtile, rendant cet adolescent assez tête à claques. Au départ donc, pour moi, les personnages masculins manquaient de subtilité et contribuaient à faire sonner le récit assez faux. Mais passé le tiers du roman (une fois que les personnages masculins de Marin et Ycare n'avaient plus voix au chapitre) j'ai davantage accroché, j'avais terriblement envie de savoir ce que devenait Mona et j'ai trouvé le texte beaucoup plus juste. Je me suis réellement attachée aux personnages de Mona, Esther (la soeur de Joshua), Lya (la voisine de Mona) et Cassien (un jeune homme sensible en lien avec Lya) et j'avais vraiment envie de les voir s'en sortir et trouver le bonheur. Leurs différentes interventions apportent des respirations dans le récit et un autre point de vue sur ce que vit Mona, ou ce que peuvent vivre d'autres personnes sous emprise, et celui-ci est bienvenu.
De nombreuses références culturelles, notamment en peinture et mythologie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
josette-costeux
  16 mai 2021
Roman particulièrement dense mais combien riche non seulement en émotions mais aussi en prise de conscience et découvertes. Les autrices abordent le douloureux sujet de la violence faite aux femmes et elles le traitent avec réalisme, précision, justesse sans jamais tomber dans le voyeurisme, la sensibilité facile. j'ai perçu le sérieux de leur travail surtout au niveau du ressenti des personnages. Toutes les facettes de ces violences sont exposées ce qui rend la lecture à certains moments oppressante et traumatisante. J'ai compris que les conséquences de toutes ces formes de violences sont lourdes et longues à porter. J'ai apprécié que les héroïnes soient jeunes, à peine sorties de l'adolescence car ce fléau touche toutes les couches de la population , toutes les tranches d'âge. Petits plus : - le style, le vocabulaire qui plaira aux jeunes (j'ai d'ailleurs eu besoin d'un petit temps d'adaptation) - le bel hommage rendu à l'amitié, à l'entraide - les jolies références à l'art, à de belles oeuvres, à des artistes. - coup de coeur pour Cassien, sa bienveillance, son passé, L Histoire et son histoire, sa poésie , il apporte une bouffée d 'oxygène à ce roman qui, sans cela, serait bien noir ! Et pour prolonger ma lecture, j'ai vérifié le sens du point de fuite en dessin et je peux affirmer que le titre est extrêmement bien choisi !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Anarya
  13 juillet 2020
Mona prépare son concours d'entrée à l'école des Beaux-Arts et passe un temps considérable avec son groupe d'artistes dans les musées où ils continuent de s'exercer. Et puis elle rencontre ce garçon, beau et merveilleux, dont elle tombe follement amoureuse. Mais bien vite, son amoureux si prévenant lui fait couper les ponts avec son meilleur ami Marin, l'éloigne progressivement de sa famille, lui fait rater son concours... La lumineuse Mona ressemble soudainement à cette Femme qui pleure, un tableau de Picasso qui l'a toujours fascinée.
Vous l'aurez compris, Marie Colot et Nancy Guilbert racontent dans ce roman l'emprise. Et pour ce faire, nous allons entendre la voix de nombreux personnages : Mona, bien sûr, jeune fille passionnée et promise à un bel avenir qui se ternit en peu de temps ; son meilleur ami Marin, garçon engagé qui soutient Mona dans tous ses projets ; puis Ycare, ce fameux amoureux dont on sent tout de suite la fascination étrange qu'il éprouve pour Mona. Viendront ensuite d'autres personnages, Lya, Esther ou encore Cassien que je vous laisse le plaisir de découvrir car ils ont tous les trois des histoires passionnantes qui font toutes écho à celle de Mona. Car au-delà de la relation de Mona avec son tyran, il est question plus généralement de la violence, celle faite aux femmes mais pas que !
Si j'ai eu un peu de mal à entrer dans le roman dans les premières pages, notamment à cause des passages d'Ycare, Marie Colot et Nancy Guilbert ont finalement réussi à m'embarquer. Grâce au rythme provoqué par les changements de voix, grâce à un retournement plutôt inattendu. Et surtout parce qu'elles parviennent à faire un roman qui ne tombe jamais dans le glauque ou le voyeurisme facile. L'écriture est subtile, toute en pudeur, et c'est plutôt appréciable pour un roman sur un tel sujet. Pas de sensationnel, pas de listes d'horreurs mais une compréhension progressive des mécanismes de l'emprise, de la difficulté à en reconnaître les signes (pour Mona comme pour les autres) et à intervenir et venir en aide. C'est le réalisme, saisissant, de cette histoire qui nous touche, mais également les personnages et la façon dont ils vont tous finir par être liés dans une dernière partie salutaire.
Si vous aviez aimé Je te plumerai la tête qui évoquait la manipulation au sein de la famille, vous serez assurément sensibles à Point de fuite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
SaiwhisperSaiwhisper   11 juin 2020
Dans tous les cas, Marin, on ne porte jamais quelqu'un sur ses épaules, parce qu'on finit par tomber avec elle, mais on reste là, à côté. Et si on voit que ce n'est pas suffisant, parce qu'on sent une urgence, on demande de l'aide à quelqu'un de compétent, dont c'est le métier.
Commenter  J’apprécie          102
SaiwhisperSaiwhisper   11 juin 2020
Dans mon carnet de croquis, je dessine pendant des heures, partout et n'importe quoi. Des inconnus qui lisent leur journal, ma mère au téléphone et mon père fourré dans ses guides de voyage, un baiser d'Adri et Mathis, une casserole en feu, une canette abandonnée dans la cour du lycée ou le prof qui explique des théorèmes sans intérêt. Je croque mon quotidien à longueur de journée, mon crayon bien taillé entre les doigts. C'est plus sain qu'une cigarette, plus addictif aussi, je crois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
LivrealairLivrealair   30 novembre 2020
Dans la voiture, Joshua pousse un gros soupir.
- Ce repas était d'un pénible ! Tu aurais pu essayer d'écourter. Je donne ma première conférence mercredi et je n'ai pas de temps à perdre, surtout avec des gens aussi insignifiants. J'ignore lequel des quatre est le plus désespérant. Ta soeur qui parle de bébé ? Mathis et son sourire de ravi de la crèche ? Tes parents, ces parvenus qui se prennent pour des globe-trotters alors qu'ils n'y connaissent rien ? Vivement dans quinze jours, qu'ils soient dans l'avion et nous fichent la paix !
Pendant qu'il déverse son venin, la voiture accélère et l'aiguille grimpe sur le compteur.
- J'aimerais que tu conduises moins vite, s'il te plait.
- Ta gueule ! Tu l'as fermée toute la soirée et tu l'ouvres pour me donner des ordres ?
Ses pupilles sont en feu. Je détourne immédiatement le regard. Je veux qu'il fixe la route, je ne veux pas d'accident, pas de problème, juste le calme, le calme, oui, le calme et le silence.
Pendant que Joshua fonce, en hurlant sur les véhicules qui le ralentissent, mon portable bipe.
Adri : C'était hyper chouette cette soirée avec vous :-) Vous êtes un couple magnifique et vous êtes trop bien assortis. Je sais que je me répète, mais tu as de la chance, soeurette ! Profite à fond
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
DreamBookeuseDreamBookeuse   16 novembre 2020
756. Je compte en silence jusqu’à 756 et, enfin, sa colère s’arrête. D’habitude elle se calme aux alentours de 500. J’en ai déjà passé quelques soirs à compter, compter, compter. C’est ma technique pour penser à autre chose, pour tenir bon et me convaincre que ça s’arrêtera bientôt. Et ça s’arrête toujours, comme un tour de montagnes russes se termine à l’arrivée. Pendant ses crises, il m’embarque de force dans son wagon, sans ceinture de sécurité. Il roule à vive allure, il hurle dans les descentes et je reçois tous les chocs. Ceux des mots, ignobles, coupants, rageurs. Ceux des gestes de trop. Les premiers étaient presque doux, à peine visibles. Autour du poignet ou dans le bas du dos. Des accidents, pas grand chose. Une bouscule qui tourne mal. […] Ce soir, une fois de plus, je ne reconnais pas l’homme que j’aime. Et j’ai envie de m’enfuir, de le planter là avec ses méchancetés, quelques heures ou juste quelques minutes, pour qu’il comprenne qu’il dépasse les bornes et que ça suffit. Jamais, je n’en ai la force ni le courage. Toujours, j’endure en attendant l’accalmie. Parce qu’il est capable du pire comme du meilleur et que, dans un couple, comme il aime me l’expliquer, il n’y a jamais qu’un seul coupable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
SaiwhisperSaiwhisper   12 juin 2020
Être sous l'emprise de quelqu'un, Marin, c'est perdre la liberté de penser et d'agir par soi-même. L'autre colonise ton esprit au point où tu ne te crois plus capable de rien sans lui. C'est faux, mais tu n'en sais rien parce que ton corps et ton esprit sont trop affaiblis. Tu es englué.
Commenter  J’apprécie          70

Videos de Marie Colot (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Colot
L'illustratrice Françoise Rogier met en images avec ses pinceaux l'album « La forêt de travers » lu par l'autrice Marie Colot.
Une rencontre diffusée dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles 2021.
Notre sélection Jeune Adulte Voir plus
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Deux secondes en moins 3

Quel est le titre du manga que Soline apporte à Igor quand il est à l’hôpital ?

Monster hunter orage
Monster hunter
Monster allergy
Monster

7 questions
10 lecteurs ont répondu
Thème : Deux secondes en moins de Marie ColotCréer un quiz sur ce livre

.. ..