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ISBN : 9791092173123
Éditeur : L'Ire des marges (01/03/2016)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Peut-on croire à la puissance de l’art face à la trivialité du monde? La beauté peut-elle nous sauver ? Jean-Noël y croit.
Tel un converti, avec le fanatisme de celui qui sait d’où il vient et qui rejette ce qui l’a construit.

Peut-on croire à l’art quand une actualité, immédiatement contemporaine de l’écriture de ce roman, déchire le voile du réel, et que la violence s’y engouffre ?

Collapse, de Brigitte Comard, se lit dans un s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
verobleue
  17 octobre 2017
Dans la multitude des titres proposés par MC, il m'arrive de choisir un livre à cause du titre. « Collapse », j'ai coché car j'aime la sonorité de ce mot. Un autre avantage du choix aléatoire, c'est qu'il me permet de découvrir un auteur, ici, Brigitte Comard. Merci à Masse Critique et aux Editions L'Ire des Marges de me permettre de faire ces choix.
Ce livre, format livre de poche, ne possède pas de dos, comme s'il était inachevé et est livré dans un écrin de carton.
Collapse ou effondrement. En médecine, le collapsus désigne une chute de la pression d'un liquide corporel qui crée un « effondrement » d'un organe creux et mou. La plupart du temps, il est utilisé pour désigner le collapsus cardio-vasculaire.
« Collapse » c'est l'effondrement de ce qui fait la vie de Jean Noel Gomez.
Au début du récit, Jean-Noël prend conscience d'un problème fondamental. Il a changé de travail, par attrait de l'argent et parce qu'il permettait une ascension sociale fulgurante. Payé pour licencier des gens, il se rend compte que décider « qui est le maillon faible dans l'ensemble du personnel » n'est pas réellement attrayant. Son enthousiasme s'effrite au « lien de subordination » qu'il entretient avec son employeur, Marie Louise Dartignan, 60 ans, 4 ième fortune de France, l'Impératrice du poulet à la découpe. Lui qui s'est laissé séduire se voit manipulé.
Alors qu'il absorbe des évidences de différents domaines, la conscience de la complexité de ses problèmes commence à augmenter. À ce stade, il s'inquiète de l'image qu'il renvoie chez ses subordonnés, sa manière d'entreprendre le travail pour lequel il a été engagé, l'indifférence qu'il doit montrer aux problèmes humains, son rapport à l'argent. Sans compter le fait de vivre éloigné de sa femme.
Il ressent des difficultés à hiérarchiser ses problèmes. Il réalise qu'une solution dans un domaine risque d'aggraver un problème d'un autre côté. Il devient réticent à reconnaître les nouveaux problèmes parce que cela lui est déjà assez difficile et cela ne fait que diluer l'effort qu'il doit déployer pour résoudre le problème prioritaire.
Tout ce qu'il entreprend est réduit à néant. Jean-Noël entrevoit la possibilité qu'il pourrait ne pas y avoir de solution. Lui, qui utilise la démarche analytique, classique, rationnelle, éprouve tellement de difficultés à identifier clairement toutes les causes complexes, qu'il perd son efficacité habituelle
Jean-Noël se rend compte que la situation difficile englobe tous les aspects de sa vie. Ceci inclut tout ce qu'il fait, comment il le fait, ses relations à autrui. Il réalise qu'aucun effort d'intelligence humaine ne peut résoudre la situation et ne cherche plus de solution car pour lui, c'est un gaspillage d'efforts.
Avec la mort de sa femme, tuée par des terroristes, la dépression s'installe chez lui. La possibilité d'un espoir disparaît pour être remplacée par l'obscurité du désespoir.
Grâce à deux de ses employées, Jean Noël organise ce qu'il appelle son immobilité. « Dormir, pour résister à la douleur du jour ». Il commence son chemin intérieur, reformule sa conscience, la conscience de soi et/ou celle d'une certaine forme de perception transcendante. Pour quelqu'un qui fait ce cheminement, c'est comme manifester le message de Gandhi : «Devenez le changement que vous voulez voir dans le monde» au niveau personnel le plus profond. Dans un langage clair : Pour guérir le monde, commencez d'abord par vous guérir.
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bendanco
  27 juin 2016
Quand on commence à lire le livre d'une amie on a forcément une appréhension : vais-je aimer, que vais-je lui dire si ce n'est pas le cas. Mais dès l'incipit de « Collapse » l'appréhension s'est dissipée : « Ce n'est pas une voix qu'elle a cette femme, c'est une vitre brisée. On passe à travers en se blessant. », la beauté de la métaphore m'a fait percevoir que la lecture m'apporterait beaucoup et j'espère ne pas froisser Brigitte si j'écris qu'« Hydroponica » était le livre de quelqu'un qui sait écrire, alors que « Collapse » est le livre d'un écrivain (oui, je sais, mais toutes les féminisations ne m'agréent pas et si c'est là ma seule manifestation de machisme, je crois qu'on pourra me la pardonner). Peut-être parce qu'elle est « née un matin d'avril (…) dans une ville blanche où l'on ne pleurait jamais sur la mort d‘un enfant à moins qu'il ne soit blanc. », Brigitte Comard est particulièrement sensible aux violences «ordinaires», ordinaires parce que beaucoup ne les voient plus. C'est en effet de violence ordinaire qu'il est surtout question dans ce beau roman qui dit des choses essentielles sur notre époque. le mensonge qui est notre lot quotidien, on ne dit pas toujours tout ce qu'on pense, les compromis qu'on passe forcément pour continuer à vivre. Ce roman dit surtout des choses essentielles sur la Vie, cette Vie qui est un bien si précieux et qui continuera quoi qu'il advienne, d'une manière ou d'une autre, du moins tant qu'il y aura une planète Terre. Je voudrais parmi ces choses essentielles citer deux courts passages, parce qu'ils sont vrais et beaux : cette « volonté collective et malade de détruire la beauté. La beauté sous toutes ses formes » et il ne s'agit pas seulement du terrorisme et sur le deuil : « On ne guérit pas de la perte, on se remodèle à partir du manque » Lisez « Collapse » aux éditions L'ire des marges et ne vous étonnez pas de l'absence de dos, c'est volontaire, peut-être parce que la vie est en éternelle construction.
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murielB34
  06 novembre 2017
Tout d'abord merci à Babelio et aux éditions L'Ire des Marges de m'avoir permis de découvrir ce roman !
Déjà, et une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de l'objet livre que j'ai reçu, tellement j'ai été étonnée : un roman « cousu collé » et non pas relié, rangé dans un étui en carton. Rien que pour cela, je me suis rendue compte qu'on m'avait confié quelque chose de différent, de particulier, de précieux, à manipuler avec respect. Pour être totalement honnête, j'ignore quel a été l'impact de ce ressenti sur ma lecture.
Cette lecture maintenant. Ici il est question de Jean Noel, cadre de haut niveau qui, à défaut d'être réellement reconnu pour ses compétences et son investissement, dispose d'un poste en or, particulièrement bien rémunéré. Jusqu'ici semble-t-il peu sensible à ce qui l'entoure, et aux conséquences de la mission que la PDG du groupe lui a confiée (licencier une partie du personnel), il va progressivement ouvrir les yeux et découvrir la réalité de son entreprise, spécialisée dans l'agroalimentaire.
C'est cette évolution que nous raconte Brigitte Comard, la transformation de cet homme qui d'un coup retire ses oeillères, sort de son clair-obscur quotidien, pour découvrir une vérité crue, brute : la structure dans laquelle il travaille, dont il est l'un des représentants, l'un des « top managers » n'est rien d'autre qu'une machine à broyer, au sens propre comme au sens figuré. Et qu'il fait partie intégrante de ce système, qu'il participe à ce broyage, qu'il en est l'un des rouages.
Et ça, elle nous le décrit avec un style incroyable, une plume à la fois créative et acérée, sans concession et poétique. Par son écriture, comme par son récit elle nous présente (nous impose ?) sa vision d'un univers professionnel destructeur et déstructurant, qui a perdu tout repère et toute limite. Une vision noire, qui pose question.
Je tiens une nouvelle fois à vivement remercier Babelio car avec ce livre, j'ai découvert une auteure engagée et une maison d'édition vers lesquelles je ne serais pas forcément allée. Et vous l'avez compris, je vous le recommande chaudement !
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marinecaquineau
  21 octobre 2017
J'ai reçu ce livre via la masse critique. J'avoue que c'est le titre, que j'ai trouvé original qui m'a happé. Ma surprise a été de taille lorsque j'ai reçu ce livre qui ne possède pas de dos et qui est enfermé dans un étuis cartonné. Cela m'a encore plus donné envie de me plonger dans ce livre.
Je suis rentrée dans ce court livre sans rien en savoir et ce qui le rend si unique. Je ne suis vraiment pas déçue.
J'ai découvert une plume très poétique qui nous parle de la VIE. Beaucoup de sujets sont abordées dans ce roman est c'est ce que j'ai aimé.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
bendancobendanco   27 juin 2016
Apprend-on encore des poésies aux enfants? On les bourre de compléments alimentaires, mais leur apprend-on encore de la poésie? Leur donne-t-on encore cette discipline rude d'apprendre par coeur, d'imprimer dans sa mémoire, dans son âme, marquée à jamais cette essence d'humùanité que constitue le poème. Parfois, je les vois ces petits errants, tatoués de partout, percés de toute part, et je me demande ceci: n'appellent-ils pas désespérément, par le marquage physique débile qu'ils s'infligent, une réponse à leur besoin de beauté? A-t-on besoin de se planter des épingles dans le corps, de l'encre sous la peau, lorsque vous est offerte la force d'accepter de la boire à celle des pages de poésie? Là où nous devrions élever dans leurs cerveaux les sanctuaires de la beauté, nous les laissons se faire des trous partout. D'où fuient leurs pauvres petites âmes errantes. Ces enfants manquent de poésie comme on manque d'air ou d'eau, vides et secs qu'ils sont de n'être plus nourris, et nous prenons pour de joyeuses irruptions de jeunesse ce qui n'est peut-être rien d'autre qu'une agonie.
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verobleueverobleue   16 octobre 2017
Il n'y a pas d'équivalent à la honte de subir la trahison de son corps dans des toilettes publiques. Le pantalon aux chevilles , une bombe atomique dans le ventre, je me vide en tirant la chasse pour couvrir l'explosion sonore de cette reddition physiologique.
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verobleueverobleue   16 octobre 2017
Nous y avons beaucoup pensé, pendant des mois : mais elle aussi a été attirée par cette promesse d'argent qui coule à flots, attirée comme un papillon par la lumière. Nous ne manquions de rien, nous étions même très privilégiés, nous avons voulu faire l’expérience d'en avoir encore plus. Tout le reste est une fable. Tout ce que nous avons construit ensuite comme prétextes, ma carrière, une opportunité qui ne se présenterait pas, un monde nouveau à connaître. Rien ne tenait devant la seule raison qui soit pour accepter de travailler pour l'Impératrice : nous voulions notre poids en or.
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verobleueverobleue   16 octobre 2017
[...]seuls les grands brûlés peuvent savoir la douleur.
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verobleueverobleue   16 octobre 2017
[...] ici, les salariés sont qualifiés par leur fonction, comme des outils. Comme il y a des trancheuses, et des empaqueteuses, il y a des facturières et des comptables avec des numéros de bureau.
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