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ISBN : 9791093552323
Éditeur : éditions de la Rémanence (28/10/2015)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 12 notes)
Résumé :

« Rien ne semblait devoir arriver. Rien ne semblait pouvoir exister d'autre que ce brouhaha cotonneux des couloirs, ces bousculades adolescentes chaque heure à la porte d'une salle de classe qu'on quittait, chaque heure, pour une autre salle de classe où tout serait pareil : chaque heure le bruit de troupeau qui s'engouffre puis freine, dérapages de semelles en caoutchouc doublés de grincements de chaises, et ensuite l'ennui, la voix soporifique du pr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Patr68
  10 février 2016
Merci à Babelio et aux éditions de la Remanence pour la découverte de cette auteure et de son livre « Mon bel orage ».
Je referme ce livre avec un sentiment plutôt mitigé. Est-ce le fait que ma fille a exactement le même âge que la jeune Lella ?
Lella, 14 ans, jeune collégienne, tombe sous le charme de son prof de dessin qui avoisine les 50 ans et de là, l'amitié naissante va dériver petit à petit sur un terrain des plus compromettants...
Comment un prof peut-il déraper à ce point ? Il la laisse sécher les cours sans rien lui dire pour qu'elle puisse le regarder peindre dans son atelier au sein du collège tout en lui offrant à chacune de ses visites un verre de vin (heureusement que je n'offre pas de verres de vin aux amis de ma fille, je n'oserai imaginer la réaction de leurs parents). Il y a ensuite toutes ces visites de villes en voiture, les promenades au bord de l'eau jusqu'à ce périple de 3 jours à Paris.
Lella je la sens pratiquement livrée à elle-même, pouvant sortir de chez elle à toute heure comme bon lui semble, mentant à sa mère sans que celle-ci ne demande plus de détails sur ses sorties.
Ce livre se lit bien et vite, toutefois je n'ai pas vraiment accroché au style d'écriture, trop poétique à mon goût pour ce genre de lecture. Je dirai même trop joyeux, comme si le sujet du livre n'était pas grave au goût de l'auteur. A mes yeux ce livre est lourd de conséquences désastreuses pour l'entourage très proche de Lella et pour ce prof dont on se demande s'il se rend compte du terrain sur lequel il s'engouffre de jour en jour.
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Mana_
  14 février 2016
Je tiens tout d'abord à remercier le site Babelio et les éditions de la Rémanence pour ce partenariat.
Je dois avouer que je ne serai jamais allée de moi-même vers un tel ouvrage, pourtant cette lecture fut vraiment intéressante, voire enrichissante.
On découvre dans ce récit Lella, jeune adolescente de quatorze ans, éperdument amoureuse de son professeur d'art plastique, monsieur Marius Gracq. Elle ne voit et ne jure que par lui (et vous pouvez voir là une petite pointe d'exagération).
Cette intrigue détient les couleurs pastelles de l'amour naissant selon le point de vue d'une adolescente bien trop mature pour son âge. Solitaire et indépendante, jamais Lella n'adoptera le comportement d'une adolescente, la rendant presque étrangère aux yeux du lecteur. Or, cette étrangeté s'intensifie par l'absence de personnalité auprès des personnages. Tout tourne et se focalise sur leur idylle, oubliant en parallèle la vie qui les entoure – une vie qui finira par les rattraper.
Un aspect intéressant de cet ouvrage, c'est l'absence totale de dialogue. Les quelques paroles prononcées par tel ou tel personnage se fond dans la masse narrative, passant ainsi inaperçues. Cela prodigue un sentiment étrange, presque claustrophobique (je sais, ça ne se dit pas mais vous comprenez l'idée…), mais cela permet surtout de mettre en avant la rétrospection et le ressenti de l'héroïne, plutôt prépondérants dans ce récit. Mais la maturité du protagoniste confère un degré de réalisme qui reste accessible à tous, et ça se lit très bien.
de plus, ce roman est l'occasion d'évoquer des thèmes graves comme la relation élève-professeur, la puberté ou encore les viols, mais avec une certaine retenue et avec une sensation de tâtonnement, si bien que nous sommes jamais choqués par le propos ou l'intrigue en général. On découvre plutôt cela avec un détachement mêlé d'acceptation.
Comme j'ai déjà pu le laisser entendre auparavant, les personnages se comptent sur les doigts d'une main, car on en retient principalement que deux. Bien sûr, nos deux protagonistes évoquent des proches, en rencontrent d'autres, mais de manière fortuite et hasardeuse, si bien qu'on les oublie rapidement pour se focaliser seulement sur leur idylle.
Lella est donc une adolescente pas comme les autres. Très mature, bornée et amoureuse, elle ne se rend pas compte que son obsession pour son professeur entraîne une relation immorale selon les critères de notre société.
A ses côtés on découvre Marius Gracq, professeur d'art plastique. Ce qui m'a le plus surprise avec lui, c'est que presque lui qui paraît le plus immature dans le couple. En effet, âgé de plus ou moins la cinquantaine ce qui inclue un écart d'au moins une trentaine d'années, il n'a pas l'air de prendre conscience de « l'horreur » de cette romance, l'entretenant au contraire, au lieu de prendre ses responsabilités pour tout arrêter. Voilà, cela m'a un peu chatouillée à la lecture et j'avais besoin de l'indiquer ici !
Ce qui m'a laissée la plus subjuguée, et d'une surprise agréable, ce fut la plume de l'auteur. Douce, légère et poétique, elle procure ce sentiment de voler au-dessus des mots et de butiner avec délice les petites péripéties qu'elle nous propose (désolée pour cette métaphore filée, mais c'est ainsi que j'arrive à exprimer mon ressenti). Très agréable à lire donc, et surtout on ne voit pas le livre défiler grâce à elle. Vraiment, c'est ce qui a conduit à rendre ce livre tout simplement unique.
En conclusion, un livre très intéressant qui nous livre avec légèreté et poésie une idylle proscrite par les critères de notre société. Si les personnages manquent de personnalité et ont des rôles inversés, cela n'enlève en rien la curiosité que l'on ressent envers ce qu'ils vivent, et on se surprend à lire ce livre d'une traite. Une belle expérience !
Lien : http://la-riviere-des-mots.b..
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coquinnette1974
  27 avril 2018
Mon bel orage de Héloïse Combes m'a été envoyé par net galley et les éditions de la Rémanence.
Lella est une jeune fille de 14 ans, qui a un coup de foudre pour son professeur de dessin, qui lui a la cinquantaine. Ils se tournent autour, deviennent amis... Il la couvre quand elle sèche les cours et vient le rejoindre dans le préfabriqué, quand il peint. Il la dessine.. Et .. ça dérape.
Ce court roman m'a mis mal à l'aise !
Lella est une gamine de 14 ans, elle se jette dans les bras de son professeur beaucoup plus âgé qu'elle. Il pourrait mettre des barrières mais il se laisse séduire. Vu la différence d'age, la jeunesse et la naïveté de Lella, j'avoue avoir trouvé ce roman un peu malsain.
L'écriture est très jolie, voir carrément poétique, et du coup c'est un peu mal choisi vu la gravité du sujet !
Mon sentiment sur ce roman est très mitigé, je l'ai lu d'une traite ; mais je ne sais pas vraiment ce que j'en ai pensé !
D'où le trois étoiles.
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babella
  18 décembre 2015
J'ai découvert l'auteur Héloïse Combes à travers un beau livre paru chez Gallimard, et, ayant eu envie d'en lire davantage, je me suis procuré Mon bel orage.
C'est un court mais dense roman. le style y est affirmé, les mots sont choisis avec beaucoup de soin. L'histoire - une histoire d'amour entre une adolescente et un homme mûr - aurait de quoi dérouter, mais elle est menée avec tant de justesse et de poésie qu'il n'en est rien. C'est un livre singulier, profond et beau, avec une force claire et obscure à la fois. Les ombres et les lumières y cohabitent, la beauté et la douleur aussi. Un livre qu'on lit comme on regarde l'orage, avec un mélange de crainte et de fascination.
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lesmotsdelilly
  18 février 2016
Je tiens tout d'abord à remercier Babelio et les éditions de la Remanence pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir cette auteure ainsi que son livre « Mon bel orage ».
Je n'ai pas pour habitude de lire ce genre d'histoire, pourtant le résumé m'a plût et j'ai décidé de me lancer.
C'est donc l'histoire de Lella, âgée de 14 ans, qui tombe amoureuse de son professeur d'art plastique, celui-ci ayant la cinquantaine. On va suivre tout au long de ce récit leur cheminement étant donné leur relation, ainsi que les sentiments de la jeune fille.
Le détournement de mineur, la pédophilie, est un thème qui me semble très intéressant à exploiter dans une histoire. Et ici, je n'ai pas été totalement satisfaite, probablement à cause de l'écriture de l'auteur qui se focalise beaucoup sur les descriptions et moins sur les sentiments de ses personnages.
D'ailleurs, je n'ai pas réussi à m'attacher à ceux-ci, ni à ressentir quoi que ce soit pour eux. Lella semble assez sûr que ce qu'elle veut et Marius est un peu plus effacé et se laisse conduire par la jeune fille. Par ailleurs, dans une histoire pareille, j'aurais normalement du ressentir du dégoût pour le professeur ou de l'exaspération et là rien. Ils leur manquent de la profondeur.
Ceci est très probablement dû à l'écriture, jolie et, poétique de Héloïse Combes, qui est très agréable à lire et je pense que c'est le point fort de ce livre. Les tournures de phrases, les images et les descriptions sont belles. Cependant, je ne suis pas sûr que cela sert l'histoire. En effet, à cause des très nombreuses descriptions, je me suis sentie spectatrice de celle-ci, j'avais l'impression que tout se déroulait derrière un brouillard sous mes yeux.
Pour conclure, je dirais que l'auteur à une très belle écriture, bien que trop de description, pour ce roman en tout cas. Mais que l'histoire et surtout les personnages manquent de développement et d'approfondissement.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
babellababella   22 janvier 2016
Il a souri. J’ai remarqué les filets grisonnants près des tempes, les cheveux lissés vers l’arrière. Au-dessus des oreilles, le mouvement docile vite contrarié par une ondulation puis le reste de la chevelure tout en fougue et broussaille, les plis aux coins des yeux, la fossette sur la joue gauche et les éclaboussures de peinture un peu partout, sur le front, sur le menton, et là, dans l’encolure, où la chemise laissait échapper un triangle de peau. J’ai eu envie de pleurer. J’ai eu envie de plonger mon museau dans ce triangle de peau, à l’endroit précis où les clavicules et le sternum forment un Y où dort comme un creux d’ombre tendre –entre la tension du cou et la rudesse d’un torse mâle, un petit renfoncement de peau glabre et rosée- et je suis partie en courant, chaise renversée, porte claquée sous la pluie furibonde, partie sans au revoir ni capuchon, avec mes quatorze ans affolés qui battaient la chamade dans ma poitrine et à la main un torchon blanc à rayures rouges.
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eleonoramissaeleonoramissa   24 octobre 2015
« Rien ne semblait devoir arriver. Rien ne semblait pouvoir exister d’autre que ce brouhaha cotonneux des couloirs, ces bousculades adolescentes chaque heure à la porte d’une salle de classe qu’on quittait, chaque heure, pour une autre salle de classe où tout serait pareil : chaque heure le bruit de troupeau qui s’engouffre puis freine, dérapages de semelles en caoutchouc doublés de grincements de chaises, et ensuite l’ennui, la voix soporifique du prof, l’ennui, la craie blanche qui crisse sur le tableau vert sombre, l’ennui, le néon qui crépite toujours un peu, une gomme qui tombe, le vol métallique d’une punaise qui traverse la pièce et bute sur la vitre, un papier qu’on froisse, un rire étouffé, l’ennui…
C’est arrivé pourtant. Dans le préfabriqué de tôle qui tenait lieu de salle de dessin à l’écart des grands bâtiments. Une brèche soudain dans le cœur lourd du géant noir.»
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babellababella   18 décembre 2015
J’aurais voulu encore trouver au fond de moi cet aplomb, ce détachement, ne pas avoir levé la tête, pas ses yeux de mer dans mes yeux, pas ce tressaillement, ce déplacement des choses, à peine, ce presque rien survenu irrémédiablement. Tout oublié, tout oublié, tout oublié…
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