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EAN : 9782203334953
56 pages
Éditeur : Casterman (03/10/2006)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 55 notes)
Résumé :
1944, dans les Ardennes belges, un petit groupe de soldats américains est en première ligne pour stopper l’ultime sursaut de l’armée allemande. De jeunes soldats sont enrôlés pour pallier les lourdes pertes occasionnées par cette contre-attaque. Parmi eux, Le Bleu prépare non sans appréhension les premiers moments de sa guerre. Positionné par son lieutenant dans un trou au pied d’une croix, il attend jusqu’au moment où… Belote, rebelote et dix de der! C’est par ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  04 juillet 2019
Comès est né à Sourbrodt, un village des Ardennes annexé par le IIIe Reich, en 1941.
En 1944, Whacht am Rhein:( chant patriotique allemand, avec un statut non officiel d'hymne national)
"Garde au Rhin" : l'offensive von Rundstedt sur les Ardennes, met la Easy company, et des recrues inexpérimentées face aux allemands, dont le but est la reconquête du port d'Anvers!

Il y a un "bleu" confronté à ce qu'il croit être des visions:
Un crâne nommé Joseph, Manfred, un prussien tué en 1914 et Amédée, l'ancien instituteur du village.
Le village est en ruines, (village détruit... par les bombardiers américains), la nature est dévastée alentours, ne reste dans ce décor terrible, qu'une croix. C'est là que les 3 morts: Joseph et ses amis attendent un quatrième... pour jouer à la belote!.

En cette nuit de Noël, le Bleu a reçu de ses parents un sapin de Noël, avec de jolies boules...
Il y aussi 2 corbeaux ...
( référence à "L'ombre du corbeau"?)
Comès parlait dans une interview des corbeaux accompagnant Odin, dans la mythologie nordique... Hugin, l'Esprit et Munnin, la mémoire.
Ce sont des messagers et des gardiens...

Ces corbeaux vont aider le " bleu"... Comment ?
Venez jouer à la belote, avec Comès, on distribue les cartes?

Historique: le village de Malmedy a été bombardé les 22,23 et 24 décembre par les alliés, faisant des centaines de morts parmi des civils belges et des militaires américains..
"Ami, entends tu le vol noir des corbeaux sur les Ardennes?
Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes..."
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jovidalens
  19 mai 2013
BD saignante, striée d'explosions, de tirs mortels dans un désert glacé où la forêt n'est plus un refuge. La nature se tait et laisse les hommes à leur folie.
Comès, dès les premières pages, plante le décor : il est capable d'exprimer, aussi, le froid, le plafond bas du ciel enneigé, dès les premières pages, de ces Ardennes dévastées, dévastées comme ce village par une erreur de tir des alliés. de sublimes pages pour décrire l'horreur et…l'indifférence ! Ce doit être le dernier album publié par Didier Comès et quelle maîtrise : dans la scénographie, dans le graphisme et … dans les bulles. L'humour y est mordant, ravageur.
« le bleu », jeune soldat dont nous ne connaitrons même pas le patronyme, a les yeux grands ouverts de la jeunesse, mais aussi écarquillés par la peur. Les yeux ronds, ne seront dessinés dans cette BD que pour les soldats sous le choc, face à leur mort imminente! Quand les soldats visent et tirent, leurs orbites sont vides : l'absence de regard pour celui que l'on tue. Pour les autres, le sergent, le regard est fermé par une paupière lourde ; est-ce que l'horreur rencontrée à maintes reprises par ces vétérans, leur fait préférer de ne pas regarder en face ? Ils détournent leurs regards vers le sol, comme seul devenir possible? le regard ne sert plus qu'à scruter l'environnement, chercher l'ennemi à abattre pour sauver sa peau. L'autre regard « ouvert » est celui de la statue du Christ, d'une totale indifférence.
« le Bleu » trimballe un colis de sa mère qu'il n'a pas eu le temps d'ouvrir, cadeau de Noël si dérisoire ! Comment peut-on imaginer, ne pas rêver de cette fête si infantile dans ce désert de neige ? Devant le colis fermé, chacun rêve de ce dont il a le plus besoin : le sergent de munitions, « le Bleu » d'un gâteau. Colis dérisoire qui parle d'un temps d'enfance et l'enfance, dans cet ouvrage est devenue meurtrière puisque meurtrie.
Le trou, au pied du calvaire, où se cache « le Bleu » n'est pas une invention graphique de l'auteur : c'est dans ces trous, creusés au cours de la campagne hivernale d'Ardennes, que se terraient les belligérants américains, et allemands. Ce fut peut être des lieux de jeux pour Comès et ses copains durant son enfance …
Ce trou, va devenir un drôle de lieu de rencontre et de chaleur humaine ( ?), presque aussi convivial qu'un bar de village : on y tape le carton, on y accueille le nouvel arrivant, on s'invective, on se raconte les dernières nouvelles, on s'engueule, et on se donne un coup de main quand il le faut. Bref, la vie quoi !
Si les vétérans, comme l'armée, ferment les yeux devant l'absurdité de leurs actions, la Religion est , vertement raillée. C'est elle qui subit la charge la plus violente (de mon point de vue) de Didier Comés. le prêtre et le sacristain sont « réincarnés » en corbeaux, les charognards de nos compagnes, et les corbeaux sont des charognards intelligents qui ont une vie sociale. La page où ces deux corbeaux rapportent au Crâne un oeil « récolté » sur un corps, oeil dont ils font cadeau au Crâne, est sarcastiquement violente : la masse des hommes n'est qu'un « stock » où les hommes d'église puisent ce dont ils ont besoin, sans aucun intérêt, aucun apitoiement, pour aucun de ces hommes, du moment qu'ils en tirent un profit pour leurs pairs, ou obligés ! Et pour parachever l'allégorie, quand ils quittent la croix sur laquelle Ils étaient perchés, ils conchient sur Jésus-Christ. Cette page et ces deux dernières cases valent bien, par leur « panache » acerbe et leur brio, certaine tirade théâtrale !
Le Jésus-Christ est si absent de ce monde, que sa « représentation » est assumée par un fantôme ! Et ce fantôme ne souhaite qu'une chose : qu'un homme meurt dans son trou pour faire le quatrième à la belote ! L'homme n'est qu'un pion, autant pour l'armée que pour l'église.
Troisième charge, un peu moins virulente tout de même, vise l'instituteur de nos campagnes, celui « qui aime prendre de la hauteur », qui est mort, piteusement d'une cirrhose et si antipathique que même les autres fantômes ne veulent venir jouer à la belote avec lui ! Il ne lui reste plus qu'à espérer qu'un pauvre diable vienne mourir dans son trou !
Et puis la guerre a de ces beautés ! C'est comme un superbe feu d'artifices, sauf, que seuls les morts apprécient ce spectacle : une double page où chaque case explose, le bruit des explosions assourdit le lecteur et les cris des blessés et des agonisants crèvent les tympans.
Se retrouvent dans cette BD les thèmes chers à son auteur.
La nature est le champs d'un fantastique-réaliste, espace bizarrement clos, ici en lieu de combat meurtrier. Avec Comés, le lecteur est dans un univers faussement ouvert ; ses personnages créent une sorte d'arène, de cirque pour un jeu pervers.
La sorcellerie ? Plus de sorciers : perdus les chapeaux pointus, les filtres et les poupées piquées d'épingles. Efficacement remplacés par la guerre, toujours prête à ravager pour libérer ?! Qui pose la même question du pouvoir, le plus sombre : celui de mener à la mort.
Des personnages récurrent comme le nain (qui peut parfois être drôle) est ici représenté par deux enfants tués accidentellement : petit fantôme qui veut tuer, petit fantôme qui veut soigner , symbole de la Mort et des ses deux aspects dans l'imaginaire humain.
Cette BD a été publiée environ sept ans avant la mort de Didier Comès, et la mort y apparaît moins affreuse que la vie de ces soldats venus en libérateurs, de ces populations victimes de cette libération. L'humour est noir, de ce beau noir dont nous ravi l'auteur. le propos, sous couvert historique, est grave, intime. Il « prend aux tripes ».
Et pour conclure : ouvrez la BD à la dernière page = un bijou je vous dis !
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tchouk-tchouk-nougat
  25 avril 2018
Décembre 1944. Les américains prennent place sur le front des Ardennes Belges. Avec eux il y a de jeunes recrues comme "le bleu" qui vivent leur première guerre. On lui donne l'ordre de se planquer dans un trou d'obus au pied d'une croix et d'attendre les ordres. Quel n'est pas sa surprise en découvrant que ce trou est en fait déjà occupé par... trois fantômes jouant à la belote!
Un ouvrage un peu onirique avec la compagnie de ses fantômes que seul le bleu peut voir. Il y a Amédée l'ancien instituteur du village détruit par erreur par l'aviation américaine, lui il se prend pour Jésus sur sa croix. Il y a Manfred allemand et Joseph tous deux morts pendant la guerre de 14. Pour passer le temps ils jouent à la belote. Ils ont pris le gamin en affection et même s'ils aimeraient un quatrième mort pour jouer à la belote avec eux, ils vont l'aider dans l'offensive qui s'annonce.
J'ai trouvé l'ambiance bien rendue, il faut dire que Comès sait vraiment bien rendre le noir et blanc. Les contrastes et lumières sont saisissantes. le trait plutot fin, très simple dans les visages, laisse toute sa place au contraste entre le noir et le blanc.
Après l'histoire ne m'a pas plus transcendé que ça. c'est sympa à lire, un peu fantastique, un peu onirique. Mais il manque un peu de matière pour en faire quelque de plus dense au niveau du scénario.
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orhal
  29 août 2007
Avec l'élégance de son encre noire et de ses respirations blanches, Comès nous propose un album simple, ironique et curieux. L'histoire se passe dans les Ardennes belges en décembre 1944, dans un no men's land creusé par les bombardements allemands. On suit "Le Bleu", jeune américain sans expérience du combat. Il n'est pas effrayé pour autant, il ne se prend pas pour un héros. Il est juste là comme il serait ailleurs. Il suit sa troupe sans broncher. Son sergent l'installe dans une planque, un trou d'obus dans un cimetière, pour faire le guet. Une fois abandonné là, le Bleu se rend compte qu'il n'est pas seul dans cette tranchée de fortune. Joseph, un crâne borgne, Manfred, un uniforme prussien, et Amédée, crucifié fièrement sur une croix, sont trois fantômes de la guerre de 14. Ils passent leur mort là, à jouer à la belote et à boire du schnaps. le Bleu ne s'inquiète pas de leur paranormale présence. Il profite simplement de leur présence amie. Après une première attaque allemande, notre jeune soldat doit avancer avec sa troupe et se frotter aux ennemis, prévenu des dangers par deux corbeaux-revenants, anciennement curé et sacristain. Les deux charognards philosophent sur leur condition et enterrent leur religion à coup de sarcasmes et de flatulences. "La chair à canon est devenue chair à corbeaux", mais lorsqu'elle est trop fraîche, elle n'est visiblement pas digeste. Et les chars grondent et avancent encore...
Comès offre ici un récit légèrement cynique et absurde, un petit moment de plaisir, quelques sourires et un sentiment d'impuissance face à la destinée. Non sans cette poésie qui caractérise l'auteur, cette bd surprend par son originalité, dans ce contexte historique surexploité. A lire, non pas la fleur au fusil, mais la malice à l'esprit.
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badpx
  16 septembre 2018
Je venais de finir le tome 8 de l'ambulance 13 qui se fini dans la dernière offensive sur la Meuse le 9 Novembre 1918, pour arriver directement dans la dernière grande bataille de la seconde guerre Mondiale, pas très loin de la Meuse, puisque c'est la fameuse bataille des Ardennes.
J'aime beaucoup de ce dessin en noir et blanc uniquement. Pas besoin de nuance pour montrer les horreurs de la guerre.
Quand au récit, je ne sais pas quoi en penser, cette histoire de fantômes me laisse un peu dubitative. Cela permet de mettre en relation les soldats de la première guerre mondiale, et ceux de la seconde... et après ?
Alors oui, ces fantômes où ces réincarnations en corbeau ont toutes un discourt assez cynique et grinçant quant aux atrocités qui se déroulent autour d'eux, mais je n'ai pas accroché à l'histoire.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
cascasimircascasimir   04 juillet 2019
Après avoir traversé un village quasiment détruit, les soldats arrivèrent au lieu dit: "le calvaire".
C'est à cet endroit qu'ils devaient établir leur périmètre de défense face aux collines boisées tenues par l'ennemi.
Ici, commence l'histoire incroyable, vécue par le jeune soldat, surnommé " le Bleu".
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   25 avril 2018
-Des chars! Ce soir! Juste avant la nuit de noël!... Mais nous pensions être à l'abri d'une surprise, nous espérions une trêve...tacite!
-Tu es bien naïf mon garçon! Le champ de bataille n'est pas un lieu où le respect et la courtoisie ont cours! ici n'existent plus que mort et désolation!
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jovidalensjovidalens   19 mai 2013
- Les pauvres, ils se dirigent droit dans la gueule du loup ! Je crois reconnaître le gamin qui se trouvait dans le trou de Joseph. Nous devrions le prévenir du danger, Joseph semblait avoir de la sympathie pour lui !
- Laissons-le suivre son destin ! ... Il n'est pas bon de vouloir influer sur le cours des choses ! Les voies de Dieu sont impénétrables !
- Ah ! Oui, Dieu ! ... Notre "saigneur" ! ... peut être, mais le corps de ce jeune soldat ne l'est pas, surtout aux balles allemandes !
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jovidalensjovidalens   19 mai 2013
- Vous aviez parlé d'un troisième fantôme, je ne le vois pas !
- Ah oui ! Il est la-haut sur la croix....Il aime prendre de la hauteur.
- Mais, c'est Jésus-Christ !...
- Pas vraiment. Tu sais le Jésus il ne peut pas être partout. ça, c'est Amédée, "Monsieur" Amédée Trissot, l'ancien instituteur du village... Lui qui a bouffé du curé toute sa vie, pète plus haut que son cul ...Il a usurpé la place de "l'autre".
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jovidalensjovidalens   19 mai 2013
- Dites-moi Monsieur Le Curé, vous y croyez toujours à ces conneries de paradis et d'une éternité de bonheur et de félicité ?
- Evidemment ! N'avons-nous pas oeuvré toute notre vie pour y parvenir ?
- Et vous pensez que se retrouver dans la peau de fantômes charognards y ressemble ?
- ... Mon cher sacristain, j'ai comme l'impression que nous nous sommes... fait avoir !
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