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Aaron Cometbus (Autre)Emmanuel Parzy (Traducteur)
EAN : 9782912631305
173 pages
Tahin Party (11/09/2020)
4.2/5   10 notes
Résumé :
Aaron Cometbus, auteur et éditeur incontournable de fanzines punks américains, a longtemps été bouquiniste à New York. Dans En Chine avec Green Day, il disait être devenu "un libraire grincheux" . Dans ce nouveau vagabondage underground, il nous plonge dans le milieu des collectionneurs acharnés de livres improbables. Toute une galerie de personnages truculents et hors du temps s'animent sous nos yeux : vendeurs des rues, pilleurs de vide-greniers, clochards céleste... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Contrairement à mon habitude (une mauvaise habitude ?) de commencer un livre, puis deux, voire trois et de les lire ensuite en alternance, j'ai lu "Un bestiaire de bouquiniste" -presque- d'une seule traite.

Il faut dire que le sujet m'intéressait beaucoup, autant comme lecteur curieux, chineur, qu'en tant qu'ancien marchand de livres d'occasion (oui, c'est ce qu'on appelle bouquiniste !)

Ce court livre, ni roman, ni essai, mais plutôt chronique, au ton chaleureux et enlevé, nous fait découvrir la faune (le fameux bestiaire du titre !) de bouquinistes new-yorkais.

Des commerçants riches aux vendeurs de rue parfois semi-clochards, les bouquinistes de New-York, ont leurs habitudes, leur argot et même leur hiérarchie informelle.

Bien sûr, tous ces personnages sont typiquement new-yorkais, mais dans les grandes lignes, sont-ils si différents des bouquinistes français (ou belges, ou finlandais, ou moldo valaques..) ?

Et leur clientèle, et leur rapport à la clientèle, est-il radicalement différent de ce côté de l'Atlantique ?

Bon, vous avez, je pense, deviné ce que je vais répondre à ma question : Non, bien sûr que non ! Les amateurs, lecteurs, amoureux, vendeurs de livres sont sensiblement les mêmes partout, et ça c'est formidable..!

Vous ne trouvez pas ?!
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Truculente ethnographie des bouquinistes new-yorkais par l'un de ses membres. Aaron Cometbus, auteur, éditeur de fanzines et marchand de livres d'occasion, rassemble ses souvenirs sur un milieu qui a ses « propres lois ».
(...)
Commencé comme une galerie de portraits, permettant de présenter les codes, les spécificités, les coutumes et traditions du métier, ses mythes et ses astuces, ce récit se structure progressivement en narration dont une histoire d'amour improbable sert de fil conducteur. Et c'est aussi et surtout une longue déclaration d'amour aux livres : « Les livres ne sont pas des denrées périssables qui tournent dans la semaine. C'est de l'art à accrocher aux murs, un rappel d'où vous étiez, un futur vers lequel tendre. »

Article complet sur le blog :
Lien : http://bibliothequefahrenhei..
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Merci à Sarah Gastel sans qui je n'aurais pas fait ce voyage extraordinaire.
Amoureuse des livres, j'aime acheter en librairie, mais flâner dans les allées des bouquinistes c'est autre chose.
J'ai vraiment peur qu'ils disparaissent, car c'est une espèce en voie de disparition. Que seront les quais de Paris sans ses bouquinistes ?
Ce livre nous raconte cette faune de New-York mais je ne trouve pas nos bouquinistes français pas si différents.
J'aime la couv' et la forme adoptée. Un découpage en 26 lettres, les lettres ne sont-elles pas le matériau nécessaire à toute narration ? Mais encore plus subtile, ce qu'annonce le titre, faire des bouquinistes un bestiaire. Ce terme à deux significations : ouvrage consacré aux bêtes, par exemple les fables que nous connaissons tous mais il désigne aussi le gladiateur qui combattait les bêtes féroces à Rome.
Les bouquinistes sont des personnages hauts en couleur : « Adam est plus acariâtre, Byron plus loquace, Piker Paul plus pathétique et Linebaker Lenny plus aromatique, mais Craig est le véritable expert en livres à qui chacun demande son opinion, cette dernière étant toujours respectée. »
Pour eux c'est une véritable chasse, une quête qui va du tout-venant à la pépite. Ce n'est pas une activité qui assure qui rassure.
« Adam est propriétaire d'un appartement dans le Lower East Side, acheté pendant sa vie de jeune travailleur en costume cravate-mais il ne peut y habiter car ses frais d'hypothèque sont trop élevés. Un jour il y prendra sa retraite. Pour le moment, l'argent qu'il gagne en le louant lui permet de rester en vie. »
Le lecteur est hors du temps, il se reconnait dans ce fouineur à la recherche pas nécessairement d'un ouvrage rare, mais de ce livre qui sera pour lui une pépite.
C'est tout un monde qui s'ouvre à nous, parfois certains bouquinistes sont excédés par le lecteur mais souvent il a la mémoire tendre pour quelqu'un qu'ils ne connaissent que pour ces instants volés au temps qui court : « Mon préféré était un homme que nous appelions l'Enigmatique Letton, d'après le roman policier de Simenon. C'était un véritable polyglotte, qui, de toute évidence, parlait couramment chaque langue existante. Avec sa pipe et sa veste de tweed, il ne semblait pas juste téléporté d'un autre pays, mais aussi d'un autre siècle. Et pourtant, il n'avait pas du tout l'air de se sentir étranger. Son comportement ajoutait à son charme et à son côté mystérieux. »
Finalement bouquinistes et lecteurs ne sauraient survivre sans livres.
J'ai vogué dans ce milieu, j'ai vu ces tonnes de livres, les reliés, les écornés, les survivants.
Si comme moi vous possédez beaucoup de livres, avez-vous pensé à ce qu'ils deviendront après votre mort ? Souhaitez que ce bestiaire existe encore, car il offre plusieurs vies à ce qui vous a accompagné.
Car je crois comme Aaron Cometbus que « Les livres ne sont pas des denrées périssables qui tournent dans la semaine. C'est de l'art accroché aux murs, un rappel d'où vous étiez, un futur vers lequel tendre. Ils sont à la fois familiers et mystérieux. »
Cette bande de loups, comme les mousquetaires, tous pour un, un pour tous m'a fait rêvée et m'a aussi rendue mélancolique.
Je vous invite à faire ce voyage, c'est drôle, tendre, combatif.
©Chantal Lafon-Litteratum Amor 3 octobre 2020.
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Aaron Cometbus est un marginal, punk, débrouillard, un peu chelou, et se plonger dans son oeuvre est d'un bonheur....Dans ce texte, il retraçe à la fois une partie de sa vie, le monde très spécifique des bouquinistes (en voie de disparition) et l'atmosphère encore un peu crade de New-York depuis les années 80. Un bestiaire de bouquinistes est un petit bijou pour toustes les amoureuxses de librairies, de récit de vies marginales, de la complexité urbaine et des possibles qui s'y jouent.

Ce texte est également une archive importante du monde du livre et un grand merci aux éditions Tahin Party de l'avoir rendu accessible en français. Cometbus y donne une ligne à suivre pour perpétuer une édition indépendante et une librairie libre....Vive Cometbus !
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
J'ai fait la moitié de l'alphabet en m'extasiant sur les vertus de New-York et du gang d'excentriques qui perpétue sa mémoire de papier. J'ai de la chance de vivre ici et d'avoir ce travail. C'est un boulot difficile, et une ville où il est dur de se débrouiller. C'est peut-être la raison pour laquelle deux bouquinistes seront tellement heureux de se croiser dans la rue: tous deux ont survécu !
Les bouquinistes ont des vies austères, comme les rabbins ou les prêtres. Aucune fortune, juste la satisfaction de ne pas rendre le monde pire qu'il est. (p. 93)
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A quarante ans, Adam quitta son travail et se dirigea vers Sixth Avenue avec une pile de livres à vendre à la criée. Sa crise de la quarantaine se transforma en carrière, de même qu'une lettre de suicide peut parfois devenir un brillant début littéraire.
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Ces travailleurs sous stress ont la vie dure, car dans ce métier, les personnes bordéliques ne sont pas juste tolérées, elles sont acclamées. Lorsqu'un journal publie l'éloge funèbre d'une énième librairie forcée à mettre la clé sous la porte, on découvre toujours qu'il y avait un gentil excentrique à la tête du navire, de ceux qu'on ne fait plus aujourd'hui. (p. 43)
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C'est un métier solitaire, et ces instants sur le parking avant l'ouverture restent la principale activité sociale pour beaucoup de bouquinistes, surtout ceux qui vendent sur internet. Qui peut leur en vouloir d'être légèrement passéistes ? La profession est par nature entièrement centrée sur les choses du passé.
(p. 8)
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Y aurait-il une catégorie supplémentaire de bouquiniste dans cette fichue boîte de sardine qu'est New-York ? Oui. Huit millions de façons de mourir, et huit millions de façons de vendre des livres. Les touristes sont les seuls à acheter.
Notre héros du jour tient à sa table à Union Square (...) . mais voilà le truc : tous ses livres sont gratuits- libres comme devraient l'être tous les humains et animaux. (p. 125)
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