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EAN : 9782849903988
171 pages
Editions des Equateurs (21/05/2015)
3.58/5   57 notes
Résumé :
Marcel Proust se répétait Chant d'automne de Baudelaire : " J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre/ Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer, Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre, Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer ". Peut-être aucun poète ne nous t-il a laissé autant d'images durables et de vers mémorables. Il fut le poète du crépuscule, de l'ombre, du regret, de l'automne. Mais il est l'homme de tous les paradoxes. Il y a d'ailleurs... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Epictete
  23 décembre 2016
Suite au succès obtenu par le volume « Un été avec Montaigne » paru en 2013, j'ai voulu renouveler l'expérience avec Baudelaire.
Mais Baudelaire n'est pas Montaigne et ces deux ouvrages sont très différents, en raison de la personnalité de chacun des protagonistes.
Ce livre, organisé par centres d'intérêt se décline en chapitres courts et montre un contraste permanent entre le travail, les vers proposés et les commentaires de l'auteur sur la vie du poète.
Alors que le texte est censé donner une explication aux extraits de poèmes, il les met souvent en opposition soit entre eux, soit avec les façons de vivre de Baudelaire.
Cela donne deux images du sujet : son oeuvre et sa vie.
On a d'un côté un intellectuel qui évolue dans des sphères élevées et qui est également sous l'emprise du vin, des femmes (qu'il semble ne pas aimer...), du haschisch...
On a donc au fil des lignes l'expression d'une dualité permanente. « le mot travail est partout chez Baudelaire qui a toujours du mal à travailler et qui a peu écrit »
Aujourd'hui Baudelaire aurait été un rappeur, révolté, violent, asocial...
C'est un joli moment de culture que l'on s'offre en ouvrant cet ouvrage.
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lafilledepassage
  18 octobre 2018
Antoine Compagnon annonce tout de suite la couleur : il vise, avec cet essai, à reconduire le plus grand nombre dans les librairies afin qu'ils retrouvent le chemin des « Fleurs du mal » et du « Spleen de Paris ». Y parviendra-t-il ?
Faut dire que Baudelaire n'est pas un « client » facile. Tout le monde connait les vers « Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté » - qui sont certainement les vers les plus célèbres de la poésie française. Mais après ?
D'emblée je saluerai l'honnêteté intellectuelle de M. Compagnon qui dresse ici un portrait complet et sans tabou de ce génie de la poésie française, père de la poésie moderne. Mais pas que … L'auteur s'attache d'abord à montrer la richesse de la poésie de Baudelaire, tantôt qualifiée de poésie réaliste, voire morbide (on pense bien sûr au poème « la charogne »), proche de la poésie baroque, tantôt taxée de classicisme par Proust qui trouve des ressemblances entre Racine, Malherbe et Baudelaire. Bon, un écrivain qui divise les spécialistes, qui échappe à toutes les classifications, à toutes les étiquettes, moi, ça me plait, ça. Donc une bonne raison de découvrir Baudelaire. Je vois déjà un sourire poindre sur les lèvres de mon libraire.
Maintenant qu'en est-il de l'homme ? On découvre un homme qui souffre de sombres crises de cafard, atteint de flegme (pour rester polie) pathologique et de procrastination chronique, frappé d'infécondité, d'impuissance à produire. Et le paradoxe est là : cet homme qui a écrit les plus beaux poèmes de la langue française était névrosé, mal dans sa peau, constamment insatisfait de son travail, s'autocritiquant, se censurant sans cesse, se surveillant toujours.
Baudelaire était lucide dans sa création, comme il l'était dans la croyance aveugle de ses contemporains dans le progrès et dans la modernité. Il était lucide quand il pressentait la mort de l'art dans les sociétés modernes pour laisse la place au divertissement. Lucide quand il se faisait l'observateur de la désacralisation de l'art dans le monde moderne.
Eh ben tout ça me parle, tiens. Et là je me dis que vraiment je suis une idiote de ne pas (encore) avoir lu « les fleurs du mal » ou « le spleen de Paris » (je ne compte pas les poèmes analysés à l'école. Je devrais plutôt dire «disséqués », tant j'avais cette impression d'acharnement thérapeutique. Ah, quand l'école ferme des portes alors qu'elle devrait en ouvrir …). Et mon libraire se frotte les mains, il sent la cliente appâtée, alléchée, impatiente de tenir dans ses mains l'objet tant convoité.
Et puis bardaf, la douche froide ! Au fil du texte, au fil de l'analyse de l'oeuvre de ce génie, Antoine Compagnon nous révèle un Baudelaire misanthrope, convaincu que l'homme est fondamentalement mauvais, entaché du péché originel. On découvre un Baudelaire mesquin, contre le rire, hostile à la démocratie, à l'égalité, partisan de la peine de mort, ultra-libéral (désolée, mais ne s'est-il pas écrié « Assommons les pauvres ! »), méprisant les femmes (et aussi les Bruxellois et les Belges… Euh je suis vraiment mal prise, comme on dit à Bruxelles), ennemi de la presse et des journaux, qu'il accuse d'approximations, d'inexactitudes, … Et là, ben cela m'a rappelé quelqu'un, là de l'autre côté de l'océan. Non, plus sérieusement, je n'ai pas du tout apprécié cette part sombre, cette face cachée du génie.
Alors je reste avec cette question : vais-je ou non lire la poésie de Baudelaire, en sachant que je n'aurais pas du tout apprécié cet homme s'il avait été contemporain ? Peut-on apprécier un auteur quand on exècre l'homme dans la vie de tous les jours ? Ou doit-on faire la part de choses, dissocier l'oeuvre de la personnalité de l'auteur ?
Et mon libraire ? Eh bien il attendra encore un peu, le temps que je tranche la question …
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Franz
  26 novembre 2021
« Dante d'une époque déchue ».
Fort du succès de l'émission radiophonique sur France Inter et des ventes livresques afférentes, le docte Antoine Compagnon aura intelligemment occupé une partie de l'été 2012 à parler de Montaigne puis en 2013 de Proust et en 2014 de Baudelaire, notre semblable, notre frère.
Le petit livre du professeur au Collège de France est réjouissant car il secoue les poncifs et les approximations qui collent aux ailes de géant du poète. Trente-trois courts chapitres de quatre pages formatés balaient la vie et l'oeuvre d'un homme englué dans son siècle, pétri de turpitudes mais prompt à en extraire des clartés sidérales. Antoine Compagnon pose son propos dans l'introduction intitulée « C'était hier l'été ». Baudelaire est l'homme des couchants, du crépuscule. Il est casanier hormis un long voyage aux Indes imposé et détourné à l'île Maurice pour un retour anticipé à Paris, la tête illuminée en cours de route par un idéal de vie pressenti dans les parfums et l'indolence, la liberté et la beauté des corps. Baudelaire n'était pas un homme affable. Certaines de ses idées arrêtées, aujourd'hui hors de leur contexte social, peuvent paraître déplacées et indignes d'une telle intelligence. Sa poésie néanmoins demeure et elle touche durablement le lecteur contemporain. Il est probable qu'elle franchisse les siècles sans même être favorisée par « un grand aquilon ». L'oeuvre se suffit à elle-même. Antoine Compagnon a conçu ses interventions sur les ondes en ancrant Baudelaire dans son siècle. Bien qu'il cite régulièrement des fragments des « Fleurs du mal » ou du « Spleen de Paris », le professeur ne donne pas un cours de prosodie. le premier chapitre, « Mme Aupick », s'ouvre avec un extrait d'un superbe et rare poème sans titre puis brosse à grands traits les relations entre Baudelaire et sa mère. Viennent ensuite les thèmes et sources baudelairiens récurrents, la mer, le spleen, le miroir, Paris, les femmes, la photographie, etc. le petit livre avec sa couverture rouge à rabat a d'agréables vertus apéritives. Il donne envie d'aller fureter dans l'oeuvre roborative, éparse et fragmentaire d'un des dandys des lettres qui a su, magicien vaudou, réveiller les mots.
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Lune
  17 juillet 2018
Charles Baudelaire n'avait que faire de la sympathie d'autrui, nous ne lui en accorderons effectivement aucune.
La lecture d' »Un été avec Baudelaire » se fera ou du moins essayera de se faire avec empathie afin de ne pas entraver les explications.
L'oeuvre constamment citée est abordée « reliée » à son temps. Il est nécessaire de le percevoir.
Baudelaire éructant sur le progrès crée le mot « modernité » et quoi qu'il dise ou écrive s'inscrit au centre de son époque.
Celle-ci marque son écriture, ses déversements nauséabonds sur la société, la démocratie, l'art « moderne », les artistes, la femme, etc… mais on y trouve aussi, redondante et obsédante l'idée du péché originel.
La construction rigoureuse des vers fut admirée par ses contemporains et par Anatole France, Marcel Proust, Paul Claudel… et l'est toujours.
Le fond, quant à lui, demande une connaissance de l'homme et de l'époque pour mieux comprendre le sens de certains vers porteurs de la quintessence et de l'homme et de l'époque.
Antoine Compagnon tente d'en dégager les différentes ramifications. Comme il l'écrit, il n'est guère facile de passer un été avec Baudelaire.
Baudelaire et ses contradictions, tantôt une lueur, tantôt on approuve, tantôt il agace, tantôt on le déteste. Psychanalyse ou psychiatrie ont dû l'étudier…
Le « trop » aboutit à peu.
Misanthrope, misogyne, dandy maladif, il bave, éructe, écrase, méprise, rejette et nous assène sa colère sans jamais construire.
Par exemple, les « notations » tenues sur la Belgique dont Antoine Compagnon avoue ne pas les citer tant il les trouve « mesquines ».
Tout cela passe mal.
Un homme, une histoire, des positions, des vers, des poèmes en prose, des déclarations journalistiques.
Un être double, un être à part qui a peut-être gêné Antoine Compagnon que l'on sent moins à l'aise qu'avec Montaigne.
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Junie
  23 juillet 2015
Si pour vous, passer l'été est une suite ininterrompue de plaisirs, entre sieste sous le pommier, ballades au clair de lune et soleil levant sur la mer, ne lisez pas ce livre!
Baudelaire est l'homme de l'obscurité, du Mal, de la misère morale, des brouillards de Londres et des bas_fonds de Paris.
Il déteste son siècle qui veut du Progrès, de la vitesse, de l'efficacité, des omnibus et des becs de gaz.
Il recherche le Beau et le Sublime, mais ne voit autour de lui que du grotesque et du vice. le Dandy amateur de peinture apprécie Delacroix et méprise les artistes académiques, mais aussi poser devant l'objectif de Nadar. Normal, pour un poseur!
Il déteste à peu près tout le monde, sa vie n'est que torture morale et faiblesse physique. Les femmes ne valent guère que par le plaisir fugitif qu'elles donnent. Et la démocratie est une illusion bonne à jeter aux chiens.
Finalement, Baudelaire, c'est Houellebecq, la poésie en plus.
Et quelle poésie!
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critiques presse (1)
Telerama   24 juin 2015
Avec beaucoup de clarté et loin des lieux communs, Antoine Compagnon tente d'élucider le geste poétique de l'auteur des “Fleurs du mal”.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
zenzibarzenzibar   10 août 2015
Ensuite, Baudelaire est un sujet autrement plus périlleux que Montaigne.

L'auteur des Essais, on l'aime pour sa franchise, sa modération et sa. modestie, sa bienveillance et sa générosité. C'est un ami, un frère, "parce
que c'était lui, parce que c'était moi»., et il est l'auteur d'un seul grand livre que l'on garde volontiers à son chevet, dont on relit chaque soir quelques pages afin de mieux vivre, plus sagement, plus humainement.

Alors que le poète des Fleurs du Mal, et plus encore celui du Spleen de Paris, est un homme blessé et amer, un cruel bretteur, un fou génial, un agitateur
d'insomnies.
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Tortuga30Tortuga30   13 août 2015
Or, pour dénoncer ou pour louer le réalisme d'Une Charogne, la peinture complaisante d'une nature non plus belle et bonne, mais corrompue et corruptrice, laide et répugnante, il fallait avoir oublié la tradition de la Vanité..."souviens toi que tu es mortel"

Il est certain que si l'on veut creuser cette situation, on trouvera au fond de la pensée du rieur un certain orgeuil inconscient. C'est là le point de départ : moi, je ne tombe pas; moi, je marche droit, moi mon pied est ferme et assuré. Ce n'est pas moi qui commettrais la sottise de ne pas voir un trottoir interrompu ...
Le Sage ne rit qu'en tremblant... une maxime lue chez Bossuet. Le rire vient de l'idée de sa propre supériorité. Idée satanique...
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lafilledepassagelafilledepassage   08 octobre 2018
Après tout, le « mot trop grossier » de Baudelaire sur Hugo n’est peut-être pas aussi illisible que je l’avais cru. Y revenant, aidé, je lis sous les fines hachures : « Vraiment il m’emmerde.» Voilà comment le poète du Cygne s’exprimait en privé sur le poète des Contemplations.
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seb037seb037   05 août 2015
Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace.
"-Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez y voir qu'avec déplaisir ?"
L'homme épouvantable me répond : "-Monsieur, d'après les immortels principes de 89, tous les hommes sont égaux en droits ; donc je possède le droit de me mirer ; avec plaisir ou déplaisir, cela ne regarde que ma conscience."
Au nom du bon sens, j'avais sans doute raison ; mais, au point de vue de la loi, il n'avait pas tort.
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lafilledepassagelafilledepassage   12 octobre 2018
La conclusion reste pourtant certaine : avec sa modernité, Baudelaire résiste au monde moderne, industriel, matérialiste, américanisé, comme il dit, et à sa tendance au renouvellement incessant de toutes choses, rendues désuètes aussitôt qu’elles sont produites. Or ce mouvement inéluctable affecte aussi les œuvres de l’art, transformées en articles de mode et en marchandise.
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Videos de Antoine Compagnon (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Compagnon
https://www.laprocure.com/product/849493/compagnon-antoine-un-ete-avec-colette
Un été avec Colette Antoine Compagnon Éditions des Equateurs et France-Inter
Adapté d'une série d'émissions diffusées sur France Inter, l'ouvrage évoque le parcours et l'oeuvre de Sidonie Gabrielle Colette, cette dernière étant marquée par quatre grandes figures : Claudine, Sido, Gabrielle et Colette elle-même. Pionnière de la transgression et de la provocation, l'écrivaine française est désignée pour présider l'académie Goncourt grâce à ses romans empreints de liberté. ©Electre 2022
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