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ISBN : 2752905858
Éditeur : Phébus (10/03/2011)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 47 notes)
Résumé :
" Le meilleur roman historique depuis Ivanhoé " : tel fut l'accueil de la critique à la sortie de ce livre (1890) que Conan Doyle considérait - avec Sir Nigel, qui lui fait suite à sa façon - comme son œuvre la mieux inspirée, regrettant seulement que le succès de la série des Sherlock Holmes lui ait porté quelque ombrage.

Quel régal pour des lecteurs français que d'entendre la guerre de Cent ans racontée par un Anglais !

La guerre es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Ys
  15 août 2012
La Compagnie Blanche se situe à la frontière entre fresque médiéviste et roman de chevalerie. de l'une, on a le style très descriptif, le souci de réalisme historique, la variété des situations, des anecdotes et des personnages, qui font renaître une époque avec beaucoup de verve – dans les tavernes, les abbayes et les châteaux, dans les bois et sur les champs de bataille, à travers les ripailles, les tournois et les jacqueries. de l'autre, on a les aventures à chaque coin de page, l'idéal chevaleresque tout empanaché de blanc, les héros aux grands noms – le Prince Noir, Chandos, Robert Knolles, et même du Guesclin qui ne tient pas une place négligeable dans l'affaire.
Très littéraire, cet idéal aurait pu devenir un peu trop éthéré, un peu agaçant même, sans la truculence qui l'entoure, ponctuée de jolies touches d'humour et de dérision. Anecdotes et dialogues hauts en couleur, personnages sympathiques donnent à l'ensemble un bel entrain – la tête dans les étoiles et les deux pieds bien plantés sur terre.
Sans doute aurais-je plus complètement accroché si cette fresque s'était assortie d'un travail un peu plus poussé sur le caractère d'Alleyne et son évolution au fil des aventures qui l'éloignent de la vie monastique, mais cette longue balade à travers le Moyen-Âge n'en fut pas moins un plaisir ! Et puis la guerre de Cent Ans vue par les anglais – et surtout les archers anglais – ne peut que réjouir la médiéviste en moi.
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fabienBx
  09 janvier 2015
Tout comme Maurice Leblanc estimait que son personnage Arsène Lupin avait gravement compromis sa carrière dans le monde des lettres, le créateur du célébrissime Sherlock Holmes considérait ce dernier comme sa malédiction personnelle, ayant même -infructueusement- tenté de le tuer.
La rédaction des aventures de Sherlock Holmes était en effet, à son idée, une activité alimentaire devant lui permettre de se consacrer à sa véritable vocation : le grand roman historique dans la veine de Walter Scott, dont il était un fervent admirateur.
Si le public n'a probablement rien perdu en ce qui concerne la production littéraire de Maurice Leblanc, il a en revanche la chance de pouvoir disposer de 2 oeuvres majeures de Conan Doyle : "La Compagnie Blanche" et "Sir Nigel".
Alors qu'il rédigeait à la hâte "Une étude en rouge" (1887) et "Le signe des quatre" (1890), Conan Doyle a effectué sur la "Compagnie Blanche" (1891) un énorme travail de rédaction et lui a consacré d'incessantes recherches documentaires, tant était obsessif son souci de perfection littéraire et historique.
Les aventures de Sherlock Holmes auraient-elles été aussi haletantes si elles n'avaient pas été conçues dans la fièvre de l'urgence ? Probablement pas ... Mais de son côté, la "Compagnie Blanche" a bénéficié plus qu'aucun livre de Conan Doyle de l'attention de son auteur, qui considérait ce roman comme son chef d'oeuvre.
15 ans après, son indissoluble attachement le ramenait à la jeunesse de son personnage fétiche dans "Sir Nigel", et ce second volet est au moins aussi achevé que le premier. Bien que rédigés à un intervalle de temps considérable, l'auteur concevait ces 2 romans comme un diptyque, pouvant être lu dans un ordre indifférent.
Si le style de Walter Scott est parfois fastidieux pour un lecteur moderne, ce n'est absolument pas le cas de celui de Doyle. Ces 2 volets consacrés à la guerre de 100 ans véhiculent un souffle épique qui vampirise littéralement le lecteur et l'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. L'écriture -d'une remarquable limpidité- et la nervosité de la plume, sont en outre servies par une excellente traduction.
L'ensemble constitue sans aucun doute une pierre de touche du roman historique.
Difficile, donc de ne pas les dévorer l'un après l'autre.
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Laureneb
  20 février 2019
Honnêtement, malgré les éloges de la 4ème de couverture, je préfère les nouvelles et romans de Sherlock Holmes à la Compagnie blanche. J'apprécie pourtant la période historique de la guerre de Cent Ans. Mais plus qu'un roman historique, j'ai lu un roman initiatique, avec un jeune héros innocent qui découvre le monde - tel le naïf Perceval en quelque sorte, avec ses horreurs comme ses beautés. Les épisodes attendus d'un tel cadre historique se succèdent à un rythme effréné : lutte contre des brigands, siège de donjons, attaque de pirates...
Ce jeune héros est entouré d'une troupe de joyeux compagnons - au sens de la "merry England", ce monde perdu idyllique, ou plutôt recréé dans l'imaginaire des écrivains du XIXème siècle industriel et du début du XXème qui face aux horreurs de la guerre moderne se réfugient dans la vision rêvée d'une Angleterre campagnarde, fraternelle, avec une vie en communauté. Si la fraternité d'armes permet le rapprochement, les barrières et les distances sociales restent préservées : le héros ne peut épouser sa belle que lorsqu'il est devenu digne d'elle, l'archer est proche du chevalier sur le champ de bataille, mais lui doit tout de même le respect. D'ailleurs, un épisode marquant est la révolte de paysans français contre leur seigneur, une situation qui est décrite comme impossible en Angleterre. de même, les campagnes anglaises sont verdoyantes, tandis que les terres de France sont désolées et ravagées.
Dommage que la partie véritablement épique n'arrive qu'à la fin, que les véritables exploits guerriers ne soient que survolés - mais c'est ce qui prouve que ce n'est pas un roman de chevalerie, ou plutôt, que ce n'est pas une épopée.
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Folfaerie
  02 février 2010
Conan Doyle ne s'est pas contenté d'être le père de Sherlock Holmes. La popularité de ce dernier, au contraire, a souvent masqué la part la plus importante de son oeuvre. L'écrivain du reste se piquait d'être un auteur de romans historiques, sa véritable passion. On lui doit donc cette Compagnie Blanche qui lui valut des critiques dithyrambiques à sa sortie en 1890.
Ce récit nous fait partager les aventures d'un étudiant, nommé Alleyne Edricson, devenu écuyer de Sir Nigel, et qui s'en va guerroyer en France, accompagné de joyeux drilles, à la tête de cette fameuse Compagnie Blanche, composée des plus valeureux archers d'Angleterre. Mais il ne faut pas s'arrêter à cette intrigue, en apparence fort simple. Ce roman possède d'indéniables qualités, à commencer par celle de se démarquer de l'univers de Walter Scott par exemple, avec lequel on pourrait être tenté de faire la comparaison. La Compagnie Blanche est menée à un rythme effréné, sans temps morts, et avec un humour décapant, ce qui fait souvent défaut dans l'oeuvre de Scott. Autre élément intéressant, l'époque. le récit se déroule en effet durant la guerre de Cent ans (on y croise, entre autres, du Guesclin) et Conan Doyle s'applique à chanter les louanges de la France, pour n'en retenir que les bons côtés : les beaux paysages, la bonne chère, la bravoure des chevaliers français... Cela est sans doute dû aux origines écossaises de l'auteur... Et puis les principaux ingrédients d'un bon roman de chevalerie sont réunis, avis aux amateurs !
Conan Doyle rescussite les hauts faits d'armes, l'atmosphère des tournois, les duels acharnés et les combats héroïques, tout ceci pour l'honneur des dames, avec un grand souci du détail et de la rigueur historique, sans jamais pourtant alourdir le récit. Les scènes de bataille sont extrêmement bien rendues, un vrai souffle épique passe sur le roman. Puisqu'on ne sait plus aujourd'hui écrire des romans de chevalerie, tâchons de découvrir ou redécouvrir les grands classiques du genre, en commençant par cette Compagnie Blanche.
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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JulyF
  02 décembre 2015
Je cherchais un roman de Conan Doyle, et je suis tombée sur celui-là : petit roman d'aventures pendant la guerre de Cent Ans, suivant notamment l'initiation à la bravoure chevaleresque du jeune Alleyne, noble qui a grandi dans un monastère. Les péripéties sont classiques, les personnages plutôt sympathiques, notamment le vieux chevalier dégarni toujours prêt à un duel glorieux.
On sent derrière quelques passages le message politique de Sir Arthur : critique du catholicisme, avec ses moines et sa hiérarchie, exaltation de la liberté des sujets anglais face au joug supporté par les serfs français, mise en avant d'un patriotisme raisonné n'empêchant pas les personnes éduquées et de bonne volonté de s'entendre, et de se charcuter quand le devoir l'exige. La conclusion est d'ailleurs un appel à la mobilisation des Britanniques pour leur nation : en fermant le livre, je le pensais plus proche de 1914 que de 1890... Mais cela n'empêche pas d'apprécier le style suranné de ce roman d'aventures.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
JulyFJulyF   03 décembre 2015
"Far down the course of time I can see [France] still leading the nations, a wayward queen among the peoples, great in war, but greater in peace, quick in thought, deft in action, with her people's will for her sole monarch, from the sands of Calais to the blue seas of the south." (...)
"What of [England] ?"(...)
"My God !" she cried, "what is this that is shown me ? Whence come they these people, these lordly nations, these mighty countries which rise up before me ? I look beyond, and others rise, and yet others, far and farther to the shores of the uttermost waters."
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LaurenebLaureneb   10 février 2019
A cette époque, le ciel était proche des hommes. Les interventions directes de Dieu se manifestaient dans le tonner et l'arc-en-ciel, la tempête et les éclairs. Pour le croyant, des nuées d'anges et de confesseurs ou de martyrs, des armées de saints et de sauvés se penchaient toujours vers leurs frères frères de l'Eglise militante : ils les relevaient, les encourageaient, les aidaient.
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LaurenebLaureneb   13 février 2019
La terre de France ! ... Ces mots résonnaient dans les oreilles des jeunes Anglais comme une sonnerie de bugle. La terre où leurs pères avaient répandu leur sang, la patrie de la chevalerie et des exploits guerriers, le pays des braves, des femmes élégante, des résidences princières, des sages, des raffinés et des saints... Elle était là, la terre de France, si tranquille, toute grise sous les nuages lourds.
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