AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782748901429
182 pages
Éditeur : Agone (23/10/2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Pour Orwell, « le concept de vérité objective est celui de quelque chose qui existe en dehors de nous, quelque chose qui est à découvrir et non qu’on peut fabriquer selon les besoins du moment ». Le plus effrayant dans le totalitarisme n’est pas qu’il commette des « atrocités » mais qu’il s’attaque à ce concept. Pourtant, cette perspective d’un monde d’où l’idée de vérité objective aurait disparu n’effraie guère la plupart des intellectuels de gauche. Qu’ils se récl... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

critiques presse (1)
Lhumanite   14 janvier 2013
Tout en mettant en lumière les limites de
 la conception pragmatiste de la vérité,
Conant rend à Orwell son mérite principal : avoir montré, à travers un chef-d’œuvre romanesque, à quel point étaient intimes les rapports qu’entretiennent les idées de vérité et de liberté.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
lrntvlrntv   25 juillet 2020
Diverses versions de chacune de ces huit remarques sont présentes de manière récurrente à travers toute son œuvre. En effet, tout au long de sa vie, Orwell, pour assurer son existence,  écrit comme un forcené dans divers hebdomadaires des chroniques, des éditoriaux et des critiques de livres, se plagiant souvent lui-même d’un texte à l’autre. Il en résulte dans son œuvre une extraordinaire quantité de répétitions des idées auxquelles il tenait le plus (souvent mot pour mot). Des versions des remarques 1″ à 8" figurent à diverses reprises dans ses articles de presse et, comme il réécrivait ses articles sous forme d’essais mûris et achevés, et qu’il transposait des passages entiers de ses essais dans ses romans, tous se retrouvent dans ses essais et ses romans. […]

Remarque 1″ : Le sentiment que le concept même de vérité objective disparaît du monde est terrifiant, et il doit l’être.

Remarque 2″ : Les faits existent indépendamment de nous, et nous pouvons plus ou moins les découvrir.

Remarque 3″ : Il faut sans cesse lutter pour effacer les distorsions qui affectent notre vision des faits et qui sont dues à notre personnalité aussi bien qu’aux diverses formes de préjugés et d’illusions sur soi dont tout observateur est nécessairement victime.

Remarque 4″ : Certains problèmes moraux ne sont pas insolubles. Il est possible de voir l’immoralité innommable de certaines actions.

Remarque 5″ : Il y a des vérités historiques objectives. Les faits historiques sont indépendants de ce que nous disons ou croyons qu’il est arrivé dans le passé.

Remarque 6″ : Il existe un lien important entre politique et littérature. La littérature constitue un moyen de combattre un certain type de corruption du langage qui facilite la tâche de ceux qui cherchent à cacher la vérité. Les ennemis de la liberté intellectuelle cherchent donc à tenir la question « vrai ou faux ? » aussi loin à l’écart qu’ils le peuvent quand ils discutent aussi bien de politique que de littérature.

Remarque 7″ : Le personnage principal de 1984 est le dernier être humain en Europe, le seul gardien qui reste de l’esprit humain. Un libéral est quelqu’un qui pense que l’esprit humain ne survivra qu’aussi longtemps que nous concevrons la vérité comme quelque chose qui est à découvrir, et non comme quelque chose que nous fabriquons selon les circonstances. La pire chose que nous puissions faire, ce n’est pas être cruel mais saper la capacité de quelqu’un à concevoir la vérité en ces termes.

Remarque 8″ : La bonne prose est comme un carreau de fenêtre. Elle rend la vérité manifeste et intégralement visible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lrntvlrntv   25 juillet 2020
Dans le monde de 1984, chacun vit coupé de la réalité et de ses propres concepts : peu importe qu'une affirmation corresponde ou non à ce qui est , ce qui compte, c'est qu'elle soit conforme au consensus social du moment, c'est-à-dire aux exigences, explicites ou non, du pouvoir. On comprend, par contraste, pourquoi la vérité objective est condition de liberté : puisqu'elle est "quelque chose qui existe en dehors de nous, quelque chose qui est à découvrir", elle est hors de tout pouvoir humain, et l'esprit qui y accède échappe de ce seul fait à tout emprise. Tant que Winston continue de croire que "2 + 2 = 4", il reste libre face à Big Brother. [Jean-Jacques Rosat, dans la préface]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lrntvlrntv   26 juillet 2020
Tôt dans ma vie, je m'étais aperçu qu'un journal ne rapporte jamais correctement aucun événement , mais en Espagne, pour la première fois, j'ai vu rapporter dans les journaux des choses qui n'avaient plus rien à avoir avec les faits, pas même le genre de relation vague que suppose un mensonge ordinaire. J'ai vu rapporter de grandes batailles là où aucun combat n'avait eu lieu et un complet silence là où des centaines d'hommes avaient été tués. J'ai vu des soldats qui avaient bravement combattus dénoncés comme des lâches et des traîtres, et d'autres qui n'avaient jamais essuyé un coup de feu salués comme les héros de victoires imaginaires , j'ai vu les journaux de Londres débiter ces mensonges et des intellectuels zélés construire des superstructures émotionnelles sur des événements qui n'avaient jamais eu lieu. [...] Ce genre de chose m'effraie car il me donne souvent le sentiment que le concept même de vérité objective est en passe de disparaître du monde. [George Orwell]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
lrntvlrntv   26 juillet 2020
Pour les constructivistes, l'idée de la vérité "comme quelque chose qui existe en dehors de nous" relève d'une métaphysique obsolète et d'une conception dogmatique du savoir , pour les disciples de Foucault, nous sommes censés avoir appris de lui que "la vérité est liée circulairement à des systèmes de pouvoir qui la produisent et la soutiennent" , et l'idée s'est largement répandue que, puisqu'en démocratie chacun compte pour un et qu'aucune instance ne saurait avoir autorité sur les consciences, la vérité objective est incompatible avec la démocratie : les seules philosophies appropriées seraient des variantes plus ou moins radicales de la formule : "à chacun sa vérité". [Jean-Jacques Rosat, dans la préface]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
lrntvlrntv   26 juillet 2020
Orwell n'a jamais vu de contradiction entre le socialisme par en bas, égalitaire et démocratique pour lequel il se battait, et la "mentalité libérale". Bien au contraire, au cœur de sa pensée politique il y a l'idée que, s'il n'assume pas l'héritage libéral, le socialisme devient le pire obstacle à toute politique d'émancipation. L'histoire du XXe siècle ne lui donne pas tort : toutes les tentatives de réaliser le socialisme en méprisant la "mentalité libérale" en la combattant ont débouché sur des formes de domination inédites, sur l'inégalité, l'asservissement et les massacres de masse. [Jean-Jacques Rosat, dans la préface]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : relativismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
332 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre