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EAN : 9782842801601
128 pages
Éditeur : Sepia (18/02/2010)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 10 notes)
Résumé :

16 septembre 1989, 15h35. Attention Cyclone Hugo se dirige rapidement sur la Guadeloupe. Rejoignez les habitations ou les abris. Alerte2 déclenchée ce jour à compter de 12 heures. Préfet Région Guadeloupe. Les écoliers vont vivre une rentrée scolaire pas comme les autres. Michel abandonne ses leçons et se prépare, avec sa famille, à résister à Hugo le terrible.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Caro29
  19 mai 2018
Hugo, c'était en 1989. Je me souviens vaguement de ce que des proches qui l'avaient vécu nous en avaient raconté : l'aéroport rasé, les toits envolés, les arbres arrachés, les gens blessés, les maisons détruites… La Guadeloupe a mis des années à se remettre du passage d'Hugo. Pour avoir fait l'expérience de quelques cyclones des années plus tard, je peux dire que c'est loin d'être une partie de plaisir. Et pourtant, c'étaient des ouragans de catégorie 1 ou 2, loin de la catégorie 5 d'un Hugo ou d'une Irma.
Le livre de Maryse Condé, Hugo le terrible, m'a donc rappelé des souvenirs : avant l'arrivée du cyclone, il faut s'approvisionner, faire des réserves d'eau et de conserves (de quelques bières aussi, histoire qu'il y ait quand même du positif dans ces moments difficiles). Puis il faut penser à s'abriter. C'est ainsi que les personnes qui vivent dans des logements qui ne sont pas « en dur » sont dirigées vers les abris anticycloniques, une épreuve de plus pour elles. Dans Hugo le terrible, c'est le cas de la « servante » du narrateur Michel, une Dominicaine prénommée Gitane. le narrateur comprend la chance qu'il a d'avoir une vraie maison, tandis qu'il voit le mari de Gitane consolider le toit et les cloisons de leur case. Un travail inutile car ils vont finir par se résoudre à aller dans un abri, leur maison n'étant pas assez solide pour supporter un ouragan. Et heureusement qu'ils ont quitté leur logis car même les maisons « en dur » ont subi des dégâts. Alors les petites cases en tôle…
Après ces préparatifs, il faut entrer dans le vif du sujet : le passage de l'ouragan. C'est effrayant. Les rafales de vent et les objets qu'elles déplacent donnent l'impression que tout peut devenir un projectile. Il est difficile de se sentir en sécurité quand on a l'impression qu'un poteau électrique ou un arbre risque d'atterrir dans son salon. Les murs tremblent et les toits semblent sur le point de s'envoler. Parfois ils s'envolent pour de bon et l'on finit par se réfugier, seul ou à plusieurs, dans une pièce plus sûre, souvent la salle de bain ou les toilettes. On espère alors que le cyclone se déplacera rapidement. Car il ne laisse pas une minute de répit. Et comme Maryse Condé l'a écrit dans Hugo le terrible, « plus le cyclone marche lentement, plus c'est grave ». Enfin, gare à l'oeil ! C'est souvent pire après. La mère du narrateur lui explique qu'après l'oeil, « les vents vont redoubler de violence et qu'ils atteindront bien les 300 kms à l'heure ». Ainsi, après une accalmie de courte durée, les éléments se déchaînent de nouveau et c'est épuisant. Puis lorsque les vents se calment pour de bon et que la pluie cesse, c'est la désolation. Les gens, sonnés et hagards, sortent petit à petit pour constater les dégâts. Les arbres sont nus, les feuilles et les branches jonchent le sol, comme les poteaux électriques. Et en fonction de l'intensité de l'ouragan, des gens se retrouvent sans abri. Hugo en a laissé plusieurs milliers.
Voilà ce que Maryse Condé raconte dans son livre destiné aux jeunes lecteurs : en 1989, Hugo a frappé les Antilles. A travers le regard de son jeune narrateur Michel, elle raconte comment les habitants de la Guadeloupe s'y sont préparés, comment certains n'ont pas cru à son arrivée, car il ralentissait, ce qui l'a renforcé. Puis elle raconte comment ils ont vécu son passage, l'eau qui s'infiltre partout, les rafales de vent qui ont une sonorité particulière et la peur ressentie par les enfants et les adultes. Seul, un ivrogne, qui s'est endormi saoul le soir du passage de Hugo, s'est réveillé le lendemain matin en demandant : « Où est Hugo ? ». Comme quoi, les bières, le rhum, tout ça… Enfin, Maryse Condé évoque ce qui a suivi et qui est tellement fastidieux : la reconstruction, la remise en ordre, le rétablissement des réseaux, etc. Eh oui, il y a de quoi qualifier un ouragan de « terrible », que ce soit pour son passage ou ses conséquences. C'est ce que Maryse Condé s'est attachée à montrer dans son livre. C'est un peu court à mon goût, mais c'est réussi.
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Myrinna
  17 février 2016
Même fatigué, on peut lire du Condé ! L'auteur retrace les aventures d'une famille guadeloupéenne affrontant le cyclone Hugo, le terrible. le lecteur se sent impliqué par le récit. Par contre, le style n'est pas toujours au rendez-vous. En effet, il existe deux coquilles qui se sont glissées dans le texte (cf. : autant emporte le vent, ensuite, lors d'un dialogue entre le narrateur et une tierce personne). Même si cela pourrait se justifier car le narrateur est un jeune ado de 11 ans. Même si ce n'est pas la révélation littéraire, ce roman a le mérite de nous distraire, de nous emporter au coeur d'une catastrophe naturelle sur une île enchanteresse.
Je tenterais de nouveau l'aventure avec cette auteure…
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Krystania
  22 juillet 2012
16 septembre 1989, j'avais presque 14 ans, j'étais en classe de 3e,..., quand j'ai vécu le cyclone Hugo. J'ai lu ce livre en 2009, à l'âge de 34 ans : c'est comme ci j'avais eu en main la machine à remonter le temps, je ne l'échangerai pour rien monde. Maryse Condé nous fait revivre cet évènement avec une très grande précision, sans oublier d'y ajouter quelques touches d'analyse de la société guadeloupéenne (sa marque de fabrique), bien sûr en restant à la portée des jeunes.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Caro29Caro29   14 mai 2018
J’avais complètement oublié tous les tours que Frédéric m’avait joués et même que deux jours plus tôt, il avait voulu m’enivrer avec de l’alcool mexicain. Tout cela faisait partie d’une ancienne vie, brumeuse et lointaine, car il me semblait que ma vie serait désormais divisée en deux parties. Avant Hugo, après Hugo.
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Caro29Caro29   10 mai 2018
J'ai demandé à mon père :
- Et si le cyclone arrivait pour de bon ?
Il n'a pas répondu à ma question et a seulement dit :
- Va te coucher.
Parfois je ne comprends pas les grandes personnes. C'est à croire qu'elles oublient qu'elles ont été des enfants ou des adolescents, qu'elles ont eu peur, qu'elles se sont senties toutes faibles dans l'existence avec au cœur un grand besoin de réconfort. J'aurais aimé que mon père au lieu de m'envoyer au lit comprenne ce que j'éprouvais et m'accorde un peu de temps. Sans doute pense-t-il qu'à treize ans, je dois simplement obéir. Toujours obéir.
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Caro29Caro29   14 mai 2018
Soudain, les grands vents se sont levés.
Ils se sont mis à courir et à faire la ronde autour de la maison. On aurait dit ces hordes de chevaux à moitié sauvages comme on en voit dans les westerns américains qui, ayant rompu leurs lanières et piétiné leurs enclos, galopaient, hennissaient furieusement, se cabraient dans la nuit. A certains moments, elles frappaient de leurs sabots de fer les fenêtres et les portes tandis que venaient s'ajouter à ce vacarme, le miaulement, le jappement ou le feulement d'autres bêtes aussi féroces qui prenaient part au sabbat.
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KrystaniaKrystania   22 juillet 2012
Et pourtant tout le monde en parle de ce cyclone qui doit venir sur nous. Il paraît qu'à la météo, on l'a déjà baptisé: Hugo. Victor Hugo est mon poète préféré. Je connais ses vers par cœur. Aussi, je trouve que ce n'est pas juste de donner le nom d'un écrivain qui avait l'amour des enfants et des pauvres gens à un semeur de tristesse, de malheur et de deuil.
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Vidéo de Maryse Condé
Bruno Doucey et Murielle Szac lisent un extrait du recueil "Naître ici", de Nassuf Djailani, qui vient de recevoir le prix Fetkann ! Maryse Condé 2020 dans la catégorie poésie. Paru en septembre 2019.
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