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ISBN : 2715235526
Éditeur : Mercure de France (03/09/2015)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Ma chance à moi, Stéphanie St-Clair, Négresse française débarquée au beau mitan de la frénésie américaine, fut qu’à mon arrivée Harlem commençait à se dépeupler de ses premiers habitants irlandais, puis italiens, lesquels cédaient la place jour après jour, immeuble après immeuble, à toute une trâlée de Nègres venus du Sud profond avec leur accent traînant du Mississippi et leur vêture ridicule en coton de l’Alabama. Dès le premier jour sur cette terre d’Amérique, je... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  07 mars 2016
Jusqu'à présent, la seule femme gangster américaine dont j'avais entendu parler était Ma Barker qui fit régner la terreur dans le Middle West avec ses fils. Mais à la même époque, une autre femme de tête, une Martiniquaise dénommée Stéphanie St. Clair dirigeait un gang spécialisé dans la loterie clandestine à Harlem. Je croyais que ce personnage vu dans le film Les Seigneurs de Harlem dans lequel Dutch Schultz, Lucky Luciano et Bumpy Johnson se faisaient la guerre était fictif. Il n'en est rien.
Dans Madame St-Clair, Reine de Harlem, Raphaël Confiant retrace la vie extraordinaire de "Queenie" , arrivée sans un sou sur le sol américain en 1912. Initiée au crime via le gang irlandais des 40 voleurs, cette femme intelligente, farouchement indépendante et futée mena rapidement sa barque, mais se vit finalement obligée de verser sa dime à la mafia italienne. Femme, Française, noire, catholique, jeune, seule à Harlem, elle fut toujours animée d'une détermination farouche, bien décidée à échapper à la misère et à la tutelle masculine: «Simplement, une femme dans la mafia, c'était comme qui dirait un chien dans une yole, selon l'expression créole qu'affectionnait ma mère. Un éléphant dans un magasin de porcelaine, disait ce bon français que je ne connaissais que par les livres. Servir de petite main, ça oui, les gangsters noirs ou blancs l'acceptaient volontiers. Messagère, accoucheuse de secrets sur l'oreiller, livreuse de gamelles de nourritures des heures indues de la nuit à ces messieurs qui tenaient conférence ou, moins insignifiant, espionne, voilà l'essentiel des tâches qui étaient réservées à la gent féminine. Quant à moi, je récusais tout net cette condition subalterne qui nous était imposée. »
Stéphanie St-Clair fera de sa singularité une force. Elle traversa deux guerres mondiales, la Prohibition, la crise de 1929, connut les règlements de compte, les violences raciales, les mouvements pour les droits civiques, et termina paisiblement ses jours dans la Grosse Pomme.
Nous traversons le siècle à travers ses souvenirs. Queenie est une femme résolument moderne, emblématique de ces Roaring Twenties , une "Flapper », admiratrice de Louise Brooks. Confiant dépeint avec maestria cette Amérique marquée par des changements économiques et culturels majeurs qui se heurtera de plein fouet à une autre Amérique, celle de la peur, de la Prohibition, du Jeudi noir. Dans cette biographie romancée, les gangsters qui ont marqué la culture populaire ( Dutch Schultz, Ellsworth Johnson, Meyer Lansky, Luciano…) côtoient les différentes figures de l'intelligentsia afro-américaine (Countee Cullen, W.E.B. du Bois, Marcus Garvey, Sufi Abdul Hamid…). le thème de l'Identité, de l'Altérité, serpente au fil des pages. Stéphanie St-Clair est une fille de la Caraïbe au milieu de noirs américains. le contraste entre son île natale à la société stratifiée (pauvres, noirs, blancs, Indiens, bourgeoisie mulâtre, grands blancs, fonctionnaires métropolitains, se croisent sans se côtoyer) et une nation où l'obsession de la race frôle la démence (avec des pages glaçantes sur le K.K.K. et l'Eté rouge de 1919) est saisissant.
On ne pourra pas oublier de sitôt cette Reine de Harlem.
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jauchatpitre
  07 décembre 2015
L'incroyable portrait de Stephanie Saint Claire, martiniquaise au caractère pugnace qui va s'affranchir d'un destin tout tracé dans son Ile natale, s'émanciper des barrières sociales d'une société ségrégationniste et machiste pour devenir une figure de la pègre de Harlem : Queenie la Reine de la loterie clandestine.
Le très beau portrait d'une femme extraordinaire, mais aussi une plongée dans un New York des années 20 en pleine effervescence entre prohibitions, petits trafiques et crise financière. Une ville, haute en couleurs, qui se construit au gré des flux migratoires d'une population Européenne et Afro Américaine fuyant misères et persécutions ; un joyeux foisonnement où l'on rencontre policiers corrompus, mafieux, gangsters, porte flingues, femmes de ménages serviles, courtisanes le tout se retrouvant dans des cabarets au nom évocateur tel que le Cotton Club. L'auteur nous donne l'occasion de découvrir l'avant-garde de la culture Afro Américaine et son intelligentsia dans les balbutiements de ce qui deviendra la lutte pour les droits civiques et nous livre de somptueux extraits de textes de Countee Cullen ou du Jazzman Duke Ellington.
Un livre entraînant, instructif et divinement écrit par la plume fougueuse et railleuse de Raphael Confiant
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Sangaile
  26 février 2017
Stéphanie St-Clair détient un destin hors du commun.
Servante chez une famille béké en Martinique, elle sent déjà qu'elle ne pourra jamais vivre éternellement sur la terre de sa mère.
Jeune fille au fort tempérament, elle s'envole pour la France où elle rencontre à Marseille, un homme qui nourrit son désir de partir vivre l'American Dream.
A peine arrivée aux Etats-Unis, elle est immédiatement confrontée à la misère, au racisme et à la violence qui règne à Harlem. Mais loin de subir et de se laisser marcher sur les pieds, celle que l'on appellera Queenie, décide de se construire une place au sein de cette impitoyable organisation. Au fil des pages, nous plongeons dans une épopée trouble, dans laquelle nous découvrons - parmi tant d'autres- la période de la prohibition - où la course de vente illégale d'alcools en tout genre devient l'un des principaux enjeux économiques, où les confrontations sanglantes entre les gangs sont nombreuses et où la corruption des forces de l'ordre est monnaie courante.
Raphaël Confiant nous conte la vie palpitante de cette femme qui a su s'imposer- non seulement en tant que femme mais également en tant que noire - en gardant la tête haute et le sang froid.
D'étrangère à membre de gang, Stéphanie St-Clair devient la puissante banquière de la loterie clandestine d'Harlem dans les année 20 et s'inscrit dans L Histoire bien qu'elle ait été oubliée.


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MissAlfie
  24 mars 2017
Qui dit gangster américain au début du 20e siècle dit mafia italienne, Al Capone et compagnie. du moins, c'est ce que je croyais ! Car avec Madame St-Clair, reine de Harlem, Raphaël Confiant lève le voile sur le destin d'une femme martiniquaise hors du commun, qui tint Harlem entre ses mains pendant de nombreuses années et sut résister de nombreuses années face aux parrains italiens et irlandais du secteur.
Il imagine une Stéphanie St-Clair à la fin de sa vie, contactée par un neveu à qui elle va conter son histoire. Comme toute histoire orale, le récit se permet des liberté avec la chronologie et fait parfois preuve de redites, mais qu'importe. On se laisse porter par cette femme particulière, une femme de poigne, une femme noire, qui pose aussi la question de sa place dans la société.
Martiniquaise, noire, femme, Stéphanie St-Clair cumule les particularités dans un monde où les noirs sont parqués dans le ghetto de Harlem, où les clubs fréquentés par les blancs huppés sont dans ce même quartier, où aller écouter du jazz revient à s'encanailler. C'est une photographie de l'époque que Raphaël Confiant nous propose à travers cette histoire plus noire qu'elle n'y paraît (et sans mauvais jeu de mots !). Pour autant, je n'ai pas retrouvé le petit plus, cette écriture si diverse et vibrante qui m'avait totalement emballée dans le bataillon créole. Une chouette lecture néanmoins !
Lien : http://croqlivres.canalblog...
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quentin06
  15 juillet 2015
li avec avidité l'essor social d'une jeune noir,
dans l'amerique de la prohitition
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   30 août 2015
À force de fréquenter ces gens, j’avais réussi à grappiller des bribes de leur langue si belle à l’oreille, mais si affreuse, à mon humble avis, à l’écrit. Tout particulièrement « Conàs a tà tu ? » (Comment vas-tu ?), expression qui me fut maintes fois utile plus tard lorsque à Harlem, la police se mit à me harceler et à m’arrêter sous des motifs divers. Nombre d’agents étaient irlandais ou d’origine irlandaise et il me suffisait de prononcer, quoique assez mal, quelques mots dans leur langue pour qu’ils s’attendrissent sur-le-champ et me laissent filer.
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rkhettaouirkhettaoui   30 août 2015
... la règle d’or de la mafia : ne se tuer qu’entre soi et ne jamais, au grand jamais, toucher aux policiers, aux juges ou aux politiciens. Jamais ! Ces derniers, il suffisait de leur graisser la patte pour qu’ils deviennent aussi doux que des agneaux ou, pour certains, aveugles aux pires trafics. Et les trafics, tricheries, magouilles et compagnie, on trouvait ça surtout dans le milieu des courses où ça pariait des dizaines de milliers de dollars officiellement, et trois fois ou quatre fois plus clandestinement.
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jauchatpitrejauchatpitre   03 décembre 2015
Le début de l'une d'elle, en Sicilien, me revint à l'esprit et sans trop savoir pourquoi je me mis à la fredonner:

Mi votu e mi rivotu suspirannu
Passu la notti' ntera senza sonnu
E li biddizzi toi jeu cuntimplannu
Mi pasa di la notti sino a ghiornu..

Une sorte de miracle se produisit. Lucky Luciano, le grandissime chef de la mafia de New York ferma les yeux, s'agrippant au bord de mon fauteuil, et des larmes se mirent à couler sur ses joues. Des larmes douces et claires. Des gouttes de rosée dans la pénombre de l'après-midi finissant dans ce salon aux lourds rideaux à moitié tirés. Cette scène sembla durer une éternité. Son garde du corps, embarrassé, vint l'aider à se relever.
- Je...je vous fais une nouvelle offre, Madame Saint Clair..."
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LecturienneLecturienne   18 février 2016
Pas facile du tout d'intégrer ce milieu du business d'alcool clandestin et surtout de m'y faire une place, car il était hors de question pour moi de croupir dans mon état de gagne-petit. J'étais venue en Amérique pour réussir ma vie, c'est-à-dire avoir une maison confortable, des domestiques sous mes ordres, des employés dans l'entreprise que je monterais et des hommes aimants à mes pieds qui me couvriraient de fleurs et de bijoux. Ce n'était nullement un rêve, mais une certitude ancrée en moi dès l'instant où j'avais quitté ma Martinique natale, la prédiction d'une vieille quimboiseuse y étant pour beaucoup. Simplement une femme dans la mafia, c'était comme qui dirait un chien à bord d'une yole, selon l'expression créole qu'affectionnait ma mère. Un éléphant dans un magasin de porcelaine, disait ce bon français que je ne connaissais que par les livres.
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LecturienneLecturienne   18 février 2016
La nuit, après l'amour, j'avais, en bonne insomniaque, des difficultés à trouver le sommeil et j'observais mon amoureux qui respirait la bouche à demi ouverte, son visage d'ange couvert d'une fine rousinée de sueur. Est-ce que je l'aimais ? Était-ce vraiment cela l'amour, cet oublie du quotidien, cette désinvolture à l'égard du lendemain, cette impression qu'on avait l'éternité devant soi ? A force de sonder mon cœur, je découvris, à mon grand dam, qu'il ne chantait point, mais qu'il remerciait la personne qui se trouvait à mes côtés d'être là, simplement là. Cela aurait été une autre personne, belle d'une autre manière, serviable et dévouée à ma personne, mais d'une autre façon, que j'aurais éprouvé selon toute probabilité le même sentiment.
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