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ISBN : 2915830347
Éditeur : L'Echappée (26/03/2011)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :

Nous connaissons tous l'histoire des sciences telle que nous l'avons apprise dans les manuels scolaires : comment, grâce à son télescope, Galilée démontra que la Terre n'est pas au centre de l'univers ; comment Newton découvrit l'existence de la gravité en voyant tomber une pomme ; comment Einstein résolut les mystères de l'espace et du temps grâce à une simple équation... Le récit tradition... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
NicSirkis
  13 décembre 2012
Ce livre balaye des tonnes de préjugés et son maître mot est: Who did the work?
L'auteur y démontre que de tous temps, depuis la préhistoire jusqu'à l'ère actuelle des nouvelles technologies, la "raison d'état" a confisqué les racines des découvertes, monopolisant les connaissances en volant les travaux élaborés pendant toute leur vie par une foule de savants polyvalents restés dans l'anonymat.
Dans un regrettable constat, Cooner rétablit les faits occultés car la production des savoirs a toujours été subordonnée à la recherche de profit. Il dénonce l'élitisme scientifique, le leurre de la neutralité des sciences, les conflits d'intérêt de l'économie de marché qui étouffent la démocratisation des savoirs, et cela depuis la nuit des temps, de l'homo-sapiens jusqu'au gaspillage et à la gabegie des labos de recherche.
Dans ce passionnant pavé découpé en longues périodes pluriséculaires, l'auteur réhabilite la moitié de l'humanité - les femmes - dont les vies sont plus souvent retenues dans les contes de fées que dans les livre d'Histoire. Connor démontre qu'à la naissance de l'humanité, chez les chasseurs-cueilleurs, même si les rôles étaient plutôt répartis entre les hommes à la chasse et les femmes à la cueillette, cette dernière activité avait une importance primordiale car la sélection des végétaux qu'elles choisissaient nécessitait déjà une observation, une expérimentation, un savoir qui allait vers l'aube de la première pharmacopée.
Tout au long de l'ouvrage, il nous rappelle comment le rôle des femmes a été perpétuellement dénigré, des sages-femmes par les obstétriciens, aux femmes revendiquant: "notre corps nous-mêmes", sans parler des horreurs abominables que subirent les "guérisseuses" aux plantes médicinales qui périrent sur des bûchers car soi-disant "sorcières" possédées par Satan.
Avec un immense respect, une patience infinie et magnifiquement argumentée, Connor ressuscite tous les métiers oubliés de ces travailleurs opiniâtres et autodidactes qui ont tiré leur époque vers le progrès et dont la postérité a englouti les efforts dans le mépris de l'oubli en laissant de grands savants usurper avec habilité le grain de leurs observations et le capital de leur vie d'expérience... Et on nous enseigne donc la géométrie de Thalès, le théorème de Pythagore, la République de Platon, la physique d'Aristote, en passant par Galilée, Newton, Darwin, vous connaissez le chapelet des prestigieux découvreurs!
Le résultat des courses est bien entendu qu'à défaut de naître une cuiller en argent entre les lèvres... mieux vaut, vue l'idéologie raciste fruit du colonialisme européen, naître blanc, homme, "caucasien", occidental, riche, c'est à dire du côté "dominant" révisionniste qui sut effacer les origines séculaires de découvertes en astronomie, architecture, algèbre, chirurgie, issues des civilisations chinoise, arabe, mésopotamienne, phénicienne, amérindienne, etc... ou tout simplement des couches plébéiennes peu honorables et donc indignes de l'intérêt de leur propre société.
Ce livre, paru en anglais en 2005 sous le titre: A People's History of Sciences - Miners, Midwifes and "Low Mechanicks" - Nation Books, New-York, est un bouquin à offrir à tous les adolescents qui bachotent, pour remettre à leur juste place tant d'idées reçues qui les intoxiquent!
Lien : http://chevre-feuille.fr
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gigi55
  26 février 2013
Une histoire alternative des sciences qui rend hommage aux obscurs qui ont contribué à leur manière à la construction du savoir scientifique, on peut citer "les arpenteurs, les mineurs, les potiers, les pipiers, les verriers, les vitriers, les polisseurs de verre, les miroitiers, les lunetiers, les fabricants d'optique, les fabricants de perles et de verroterie, les facteurs de cors, les souffleurs de verre, les teinturiers, les pigmentiers, les vitrailliers, les émailleurs, les vernisseurs, les marchands de couleurs, les peintres, les décorateurs, les dessinateurs, les tailleurs de billes et de boules, les briquetiers, les tuiliers, les chaufourniers, les plâtriers, les constructeurs de fours, les porcelainiers, les creusetiers, les maçons, les tailleurs de pierres, les sculpteurs, les architectes, les cristalliers, les graveurs sur pierre, les joailliers, les serruriers, les armuriers, les couteliers, les rémouleurs et les forgeurs, les estampeurs, les pointiers, les fabricants d'outils, les fabricants de ressorts, les arbalétriers, les plombiers, les fondeurs de caractères, les imprimeurs, les chaudronniers et les fondeurs de cuivre, les horlogers, les fabricants d'instruments mathématiques, les fondeurs et les affineurs, les planteurs de canne et de tabac, les liniers, les dentelliers, les tisserands, les malteurs, les meuniers, les brasseurs, les boulangers, les vinificateurs, les distillateurs, …(p. 244) qui tous ont oeuvré anonymement.
Sur le plan de l'histoire des sciences, Clifford Donner se situe résolument dans le camp des empiristes, et sans doute de l'utilitarisme anglo-saxon contre le rationalisme de la science académique.
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mouette_liseuse
  21 septembre 2014
S'inspirant de la démarche d'Howard Zinn pour l'histoire des Etats-Unis, Conner l'applique à l'histoire des sciences. Les grandes découvertes ne sont jamais le fait d'un seul, mais d'une foule d'anonymes qui ont apporté leurs expériences ou leurs observations, mais n'a pas été prise en compte, car l'histoire officielle préfère avoir des repères simples avec ses hommes exceptionnels. Très intéressant même si parfois la démarche est un peu artificielle.
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felixgilles
  05 novembre 2011
Une histoire des sciences qui s'attache à réhabilité l'importance des "petits", ceux qui on fait progresser la science dans l'ombre depuis la nuit des temps. Les grands noms de l'histoire des sciences ne seraient pas grand chose sans les artisans, commerçants, navigateurs et tous ces corps de métiers qui vivaient la science par l'expérimentation bien loin des "purs" penseurs.
Un livre essentiel pour rappeler que le progrès scientifique est souvent venu d'en bas. Les élites scientifiques au mieux ignorait le savoir populaire, au pire le combattait expliquant ainsi ces longues périodes de stagnation scientifique.
La science appartient à tout le monde et chaque nouvelle avancé est autant le mérite de son inventeur que de tous ceux qui l'ont précédés, aidés, côtoyés. Un réquisitoire parfait contre la brevétisation à outrance de notre époque.
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jullius
  25 juin 2019
Nul besoin d'être un scientifique pour se plonger et savourer cet excellent livre. Il suffit d'avoir du goût pour la vérité et la justice.
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