AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782915830347
560 pages
Éditeur : L'Echappée (26/03/2011)
4.16/5   16 notes
Résumé :
L'histoire des sciences que l'on nous apprend dans les manuels scolaires, c'est Galilée démontrant que la Terre n'est pas au centre de l'Univers, Newton découvrant la gravité, Einstein résolvant les mystères de l'espace et du temps grâce à une simple équation...Bref, l'épopée d'une poignée de grands hommes aux grandes découvertes.
Pourtant, les sciences sont depuis toujours une œuvre collective. Cliffod D.Conner retrace l'histoire des savoirs établis par les ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
folivier
  26 novembre 2018
Essai historique très intéressant, permettant de mettre en perspective l'histoire des découvertes et grandes inventions à la lumière des savoirs populaires accumulés au fil des siècles. Au travers des époques c'est la recherche quotidienne de solutions à des problèmes concrets se posant aux gens ordinaires et les échanges entre groupes humains, artisans, villages, guilde de métiers, qui a permis de constituer des savoirs expérimentaux et parfois même théoriques qui seront synthétisés, collectés par des hommes en position d'être entendus à leur époque, généralement des puissants ou tout du moins des personnes faisant partie ou proche des élites des sociétés.
Cependant, j'ai trouvé qu'au delà de l'apport documenté et historique, la thèse de Conner enfonce tout des même des évidences. Il me semble évident que tout actes humains, toutes réflexions, toutes pensées ne surgit pas du néant, comme une révélation mais est forcément le résultat de l'apport de milles idées, découvertes, échanges, essais accumulés au cours des années, des siècles précédents. Nous ne sommes que la résultantes de tout cela.
C'est l'angle et la thèse de Conner qui le démontre très bien mais au fil des pages devient un peu répétitif.
Par ailleurs, Conner dit lui même en fin de volume : "les idées scientifiques ne sont pas des agents historiques autonomes, (...) la grande idée est dans l'air du temps elle avait des antécédents et n'attendait plus que d'être enfin reconnue. Si tel individu hors du commun n'avait pas agencé la dernière pièce du puzzle, un autre n'aurait guère tardé à le faire à sa place. (...) glorifier les idées de (Newton) ne fait pas avancer la compréhension historique : c'est l'apparition de ces idées à un moment particulier et en un lieu particulier qu'il faut expliquer" (p463 Ed Point Seuil), or c'est de mon point de vue ce qu'il manque à cet essai. Conner est focalisé sur l'origine des idées, des expériences, des savoirs en oubliant bien souvent d'analyser le contexte social, psychologique, philosophique, sociétal, politique, ou lorsqu'il en parle il effleure les sujets sans réellement les creuser.
Donc pour qui s'intéresse aux technologies, à la science, mais également et surtout à l'histoire de l'humanité, ce livre reste intéressant mais pour celui qui cherche à comprendre l'enchaînement des évènements et la compréhension de pourquoi ici et à ce moment, l'essai de Conner reste un peu faible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
gigi55
  26 février 2013
Une histoire alternative des sciences qui rend hommage aux obscurs qui ont contribué à leur manière à la construction du savoir scientifique, on peut citer "les arpenteurs, les mineurs, les potiers, les pipiers, les verriers, les vitriers, les polisseurs de verre, les miroitiers, les lunetiers, les fabricants d'optique, les fabricants de perles et de verroterie, les facteurs de cors, les souffleurs de verre, les teinturiers, les pigmentiers, les vitrailliers, les émailleurs, les vernisseurs, les marchands de couleurs, les peintres, les décorateurs, les dessinateurs, les tailleurs de billes et de boules, les briquetiers, les tuiliers, les chaufourniers, les plâtriers, les constructeurs de fours, les porcelainiers, les creusetiers, les maçons, les tailleurs de pierres, les sculpteurs, les architectes, les cristalliers, les graveurs sur pierre, les joailliers, les serruriers, les armuriers, les couteliers, les rémouleurs et les forgeurs, les estampeurs, les pointiers, les fabricants d'outils, les fabricants de ressorts, les arbalétriers, les plombiers, les fondeurs de caractères, les imprimeurs, les chaudronniers et les fondeurs de cuivre, les horlogers, les fabricants d'instruments mathématiques, les fondeurs et les affineurs, les planteurs de canne et de tabac, les liniers, les dentelliers, les tisserands, les malteurs, les meuniers, les brasseurs, les boulangers, les vinificateurs, les distillateurs, …(p. 244) qui tous ont oeuvré anonymement.
Sur le plan de l'histoire des sciences, Clifford Donner se situe résolument dans le camp des empiristes, et sans doute de l'utilitarisme anglo-saxon contre le rationalisme de la science académique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
NicSirkis
  13 décembre 2012
Ce livre balaye des tonnes de préjugés et son maître mot est: Who did the work?
L'auteur y démontre que de tous temps, depuis la préhistoire jusqu'à l'ère actuelle des nouvelles technologies, la "raison d'état" a confisqué les racines des découvertes, monopolisant les connaissances en volant les travaux élaborés pendant toute leur vie par une foule de savants polyvalents restés dans l'anonymat.
Dans un regrettable constat, Cooner rétablit les faits occultés car la production des savoirs a toujours été subordonnée à la recherche de profit. Il dénonce l'élitisme scientifique, le leurre de la neutralité des sciences, les conflits d'intérêt de l'économie de marché qui étouffent la démocratisation des savoirs, et cela depuis la nuit des temps, de l'homo-sapiens jusqu'au gaspillage et à la gabegie des labos de recherche.
Dans ce passionnant pavé découpé en longues périodes pluriséculaires, l'auteur réhabilite la moitié de l'humanité - les femmes - dont les vies sont plus souvent retenues dans les contes de fées que dans les livre d'Histoire. Connor démontre qu'à la naissance de l'humanité, chez les chasseurs-cueilleurs, même si les rôles étaient plutôt répartis entre les hommes à la chasse et les femmes à la cueillette, cette dernière activité avait une importance primordiale car la sélection des végétaux qu'elles choisissaient nécessitait déjà une observation, une expérimentation, un savoir qui allait vers l'aube de la première pharmacopée.
Tout au long de l'ouvrage, il nous rappelle comment le rôle des femmes a été perpétuellement dénigré, des sages-femmes par les obstétriciens, aux femmes revendiquant: "notre corps nous-mêmes", sans parler des horreurs abominables que subirent les "guérisseuses" aux plantes médicinales qui périrent sur des bûchers car soi-disant "sorcières" possédées par Satan.
Avec un immense respect, une patience infinie et magnifiquement argumentée, Connor ressuscite tous les métiers oubliés de ces travailleurs opiniâtres et autodidactes qui ont tiré leur époque vers le progrès et dont la postérité a englouti les efforts dans le mépris de l'oubli en laissant de grands savants usurper avec habilité le grain de leurs observations et le capital de leur vie d'expérience... Et on nous enseigne donc la géométrie de Thalès, le théorème de Pythagore, la République de Platon, la physique d'Aristote, en passant par Galilée, Newton, Darwin, vous connaissez le chapelet des prestigieux découvreurs!
Le résultat des courses est bien entendu qu'à défaut de naître une cuiller en argent entre les lèvres... mieux vaut, vue l'idéologie raciste fruit du colonialisme européen, naître blanc, homme, "caucasien", occidental, riche, c'est à dire du côté "dominant" révisionniste qui sut effacer les origines séculaires de découvertes en astronomie, architecture, algèbre, chirurgie, issues des civilisations chinoise, arabe, mésopotamienne, phénicienne, amérindienne, etc... ou tout simplement des couches plébéiennes peu honorables et donc indignes de l'intérêt de leur propre société.
Ce livre, paru en anglais en 2005 sous le titre: A People's History of Sciences - Miners, Midwifes and "Low Mechanicks" - Nation Books, New-York, est un bouquin à offrir à tous les adolescents qui bachotent, pour remettre à leur juste place tant d'idées reçues qui les intoxiquent!
Lien : http://chevre-feuille.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          21
mouette_liseuse
  21 septembre 2014
S'inspirant de la démarche d'Howard Zinn pour l'histoire des Etats-Unis, Conner l'applique à l'histoire des sciences. Les grandes découvertes ne sont jamais le fait d'un seul, mais d'une foule d'anonymes qui ont apporté leurs expériences ou leurs observations, mais n'a pas été prise en compte, car l'histoire officielle préfère avoir des repères simples avec ses hommes exceptionnels. Très intéressant même si parfois la démarche est un peu artificielle.
Commenter  J’apprécie          40
gigi55
  02 novembre 2018
Traduit de l'anglais "A people's history of science" de Clifford D. Conner, ce livre donne une vision entièrement nouvelle de l'histoire des sciences. Vous ne trouverez pas une liste de découvertes et d'inventions avec le nom du savant qui en est à l'origine. Non, vous trouverez un inventaire des techniques, savoir faire et connaissances des métiers tels qu'ils se sont développés au fil du temps sous l'effet de l'ingéniosité et de l'inventivité des artisans, paysans, pécheurs, mineurs, sages-femmes, ...
Une histoire du peuple en action.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
xTHX1138xxTHX1138x   15 février 2020
Au commencement était le Verbe.
Evangile selon Saint Jean

Au commencement était le Verbe ? [...]. Non. Au commencement était l'Action !
Goethe, Faust
Commenter  J’apprécie          10

autres livres classés : peupleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Pas de sciences sans savoir (quiz complètement loufoque)

Présent - 1ère personne du pluriel :

Nous savons.
Nous savonnons (surtout à Marseille).

10 questions
351 lecteurs ont répondu
Thèmes : science , savoir , conjugaison , humourCréer un quiz sur ce livre