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EAN : 9782743625412
128 pages
Payot et Rivages (08/05/2013)
3.81/5   26 notes
Résumé :

Ce que Conrad ne pouvait savoir quand il rédigea Amy Foster, ce qu'il pouvait à peine pressentir, c'est qu'il vivrait lui-même un jour, dix ans plus tard, une épreuve analogue à celle de son Yanko : Polonais de naissance, marié à une Anglaise, malade, fiévreux, délirant, il parlerait polonais dans son délire et soulignerait ainsi, à son grand dam, l'irrémédiable incommunicabilité qui r&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Court roman sur le thème, ô combien actuel, du réfugié, qui a été publié en 1901.

Une famille d'un pays de l'est de l'Europe va vendre deux vaches et un terrain à ce qui s'avérera être des usuriers pour permettre à leur fils de connaître l'Amérique. L'Amérique n'est pas le but du voyage, le bateau les transportant étant apparemment volontairement sabordé et voilà notre personnage s'échouant en Angleterre, dont il ne parle pas la langue. Il sera vite traité de clochard et de fou et devient un pestiféré. C'est la simple du village, Amy Foster, qui, seule, lui sourira. Il ne faut pas oublier que c'est elle qui porte le titre de ce roman.

En quelques pages, tout est dit et bien dit.

Bref, efficace, contemporain. A lire.
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Amy Foster de Joseph Conrad ou l'histoire d'un homme "rejeté mystérieusement par la mer pour périr dans un désastre suprême de solitude et de désespoir"
L'homme c'est Yanko, abusé par des églefins il a quitté l' Austro-Hongrie pour émigrer en Amérique et le voilà posé dans le Kent, honni, haï par tous, considéré comme un fou malfaisant...Seule Amy Foster aura un geste de bonté envers lui ...Il est léger, souple et aérien, ils sont lourds, raides la tête baissée, il est joyeux, il aime chanter et danser, ils sont tristes, muets et rigides.. et surtout ils ne le comprennent pas, devrais-je plutôt dire qu'ils ne veulent pas le comprendre lui qui est autre et différent.
Ecrit en 1901, ce texte n'a malheureusement pas pris une seule ride force est de le constater.
Un texte court à découvrir cela va sans dire mais un conseil ne lisez surtout pas avant la préface rédigée par André Topia ,le traducteur, elle est par trop bavarde je pense le lecteur apte à découvrir par lui-même ce texte et ensuite d'aller découvrir ou non l'avis éclairé d'un "spécialiste"...
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Poignant et terriblement d'actualité.
Que le sujet devait être douloureux pour Joseph Conrad : il met une double distance dans ce court récit : celui qui écrit ne fait que relater une histoire racontée par un de ses amis...
Polonais, Tchèque, Serbe...on ne saura. Ses parents et amis ont vendu tous leurs biens pour lui payer le voyage de cette lointaine Europe de l'Est vers la mythique Amérique. Il est un jeune homme plein de force et de beauté qui a reçu une éducation toute de finesse et de générosité. Sauf qu'il va se retrouver sur un bateau qui sombre près des côtes du sud de l'Angleterre. Unique rescapé, choqué et affamé, les villageois le prennent pour un sauvage, au mieux un fou, incapables qu'ils sont de comprendre pas plus son langage que sa situation, même en sachant l'horreur du naufrage. Seule une jeune femme simplette et un hobereau plus averti que ses concitoyens lui fourniront de quoi se nourrir et le gîte et le travail et le respect. Mais quoi qu'il fasse d'utile et de noble et de généreux il sera systématiquement rejeté par la communauté. Aucun repli ne lui est possible. Entre cette jeune femme et cet homme un amour naîtra, incandescent comme un feu de paille.
Ne sommes nous pas pareils à ces villageois ? Sommes nous capables de voir en ces flots d'émigrants que chacun d'eux est l'enfant précieux bourré de talents, de possibles dans une autre réalité ? Et non un parasite inculte dont il faut se prémunir.
Sylvie Monod, qui signe la postface, souligne 'l'irrémédiable incommunicabilité qui règne entre individus d'origines nationales différentes".
Belle parabole. Plus d'un siècle après que vous ayez écrit cette nouvelle, au temps des "réseaux sociaux", Monsieur Conrad, la rencontre avec l'autre est toujours aussi difficile et périlleuse quoi qu'on en dise.
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Une nouvelle qui est racontée à travers la parole du médecin du village, Kennedy. Témoin de tous les évènements de par son métier, il met la lumière sur deux personnages aussi généreux que reclus.
Tout d'abord, la jeune Amy Foster, muette de la voix et des yeux. Elle n'est pas d'une beauté éblouissante, mais on distingue dans son caractère un peu étrange un certain charme qui attire les plus curieux. A côté, on découvre Yanko et son histoire. Un jeune Polonais qui rêvait de gagner beaucoup d'or en Amérique pour l'offrir à sa famille, se voit malheureusement escroquer et manque de se faire noyer par ses entourloupeurs. Il échouera sur une côte anglaise où il vivra rejeté d'une société qu'il pensait encore plus ouverte que la sienne.

"Amy Foster" relate donc cette différence de caractère et d'origine qui rend l'intégration et la vie difficiles, même lorsque deux êtres tout aussi à l'écart se rencontrent. Si la première agira de manière craintive, le second gagnera peu à peu en folie. Amy ne comprendra jamais cette double origine qui habite Yanko. Et Yanko n'arrivera jamais à partager la richesse de son pays et de sa langue avec qui que ce soit.
Cette nouvelle est forte en émotion, surtout lorsqu'elle touche les sujets sensibles du plurilinguisme et de l'immigration. Ce que Conrad a vécu, il le retranscrira dans cette courte histoire. Et on ne peut pas en rester insensible.
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Conrad s'intéresse dans cette nouvelle à deux coeurs simples, un peu comme chez Flaubert. La figure la plus émouvante est celle du naufragé, un migrant polonais, montagnard (goral), parti aux États-Unis pour y faire fortune, mais dont le navire s'échoue sur la côte anglaise. Conrad, lui même polonais, raconte le choc de cultures différentes. Il est sans doute bien placé pour décrire le désarroi de l'étranger de bonne volonté qui ne comprend pas les regards durs et le rejet. Un destin tragique, incompris jusqu'au bout. Même par l'unique personne qui lui avait témoigné de l'amour. Un sujet qui ne date pas d'hier...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Elle tomba amoureuse en silence, obstinément - peut-être sans pouvoir l'éviter. Cela vint lentement, mais lorsque cela arriva, ce fut avec le caractère d'un puissant sortilège ; l'amour comme le concevaient les Anciens : une impulsion irrésistible, fatale - une possession ! Oui, elle avait cela en elle qui la prédestinait à être hantée, possédée par un visage, par une présence; inéluctablement ; comme si elle était une adoratrice païenne d'une idole sous un ciel joyeux - pour finir par être réveillée de ce mystérieux oubli de soi, de cet enchantement, de ces transports, par une crainte qui ressemblait à la terreur inexplicable d'un animal...
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...mais dans son pays, même si l'on ne voulait rien leur donner, on parlait gentiment aux mendiants. Dans son pays, in n'enseignait pas aux enfants à jeter des pierres à ceux qui imploraient la pitié.
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Il se souvenait de la souffrance qu’il ressentit dans sa misère et sa détresse, de son étonnement douloureux en s’apercevant que personne ne la voyait ni ne la comprenait, de son désarroi en découvrant que tous les hommes étaient furieux et toutes les femmes insensibles. Il est vrai, disait-il, qu’il les avait abordés comme un mendiant ; mais dans son pays, même si l’on ne donnait rien,on parlait gentiment aux mendiants. Dans son pays, on n’apprenait pas aux enfants à jeter des pierres sur ceux qui imploraient la pitié.
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Ce fut la mort sans phrases. Le navire de Hambourg, d'un seul coup rempli d'eau, se retourna en sombrant, et lorsque le jour se leva, il n'y avait même pas un bout de bois sur l'eau.
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Je me demande s’il se rendait compte à quel point elle n’avait rien d’une beauté. Se trouvant parmi des êtres d’un genre si différent de ce qu’il avait eu coutume de voir, il n’avait peut-être pas la capacité de juger ; ou peut-être était-il séduit par ce qu’il y avait de divin dans la pitié de la jeune fille.
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Un navire de croisière qui s'échoue. le commandant qui prend la fuite. Une trentaine de passagers qui perd la vie. Ca c'est passé il y a quelques années, vous vous en souvenez. Pour un marin, déserter le bord c'est le déshonneur suprême. Et pour un romancier, c'est l'occasion de sonder les abysses de l'âme humaine.
« Lord Jim » de Joseph Conrad, un classique à lire chez Folio.
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