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Robert d' Humières (Autre)Maurice-Paul Gautier (Autre)
EAN : 9782070250417
168 pages
Éditeur : Gallimard (11/02/1983)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Jamais, de mémoire de vieux marin, un bateau n'avait essuyé pareille tempête que le Narcisse entre Bombay et South Foreland. La tornade les avait tenus en agonie pendant... il ne savait plus combien de jours. Le temps s'arrête dans ces cas-là. L'équipage à court de vivres et d'eau renvoyait abois pour abois aux vents et à la mer monstrueuse, de bons matelots courageux à la besogne, prompts à obéir, mais aussi à écouter les paroles empoisonnées du premier bon à rien ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  21 mai 2019
"J'ai sorti la grand'voile
Et j'ai glissé sous le vent. Sous le vent!
Fais comme si je quittais la terre. J'ai trouvé mon étoile
Je l'ai suivie un instant
Sous le vent..." Céline Dion et Garou.

Larguez les amarres, nous avons le vent en poupe, embarquez avec Joseph Conrad sur le "Narcisse" qui quitte Bombay pour l'Angleterre, en passant par le Cap de Bonne espérance.
Ce ne sera pas une croisière de plaisance!

James Wait est marin et noir. Noir, pas fin saoul comme un marin en bordée. Il est noir, vraiment noir...
" Les blancheurs de ses dents et de ses yeux luisaient distinctement, mais sa figure...était noire."

James est le dernier matelot à bord, mais il est le premier à être malade.
Il tousse beaucoup et ne peut travailler, un moyen pour échapper aux corvées ?

Méfiance, indifférence ou compassion... Branle bas de combat.
Comment vont réagir les 17 membres de l'équipage, par rapport à la différence? Celle de la couleur de peau, de la maladie et du malheur d'autrui?

Il y a Singleton le vieux loup de mer, Craik le bagarreur, Donkin le râleur et tire-au-flanc...
Quelques-uns sont de vraies têtes de noeuds, certains tiennent la barre, d'autres gardent le cap, face au vent de travers... Il faut veiller au grain !
Car le bateau va essuyer une effroyable tempête !
Il y a aussi un chat... noir, à bord. L'animal peut-il conjurer le sort (ce matelot agonisant) ou va-t-il porter malheur, car un homme va mourir ?
Comment lutter contre la mort et la vaincre?
Parés à virer lof pour lof?
Un début de mutinerie, le rafiot prend l'eau, les rats quittent le navire?

J'ai un peu chaloupé, n'ayant pas le pied marin, sur les termes techniques et maritimes de l'auteur. Il était marin ( brevet de "capitaine au long cours" en 1886) avant de devenir écrivain, c'est son troisième roman.

"Ce sont les voiliers qui ont découvert le monde, et ils charrient, dans leurs sillages, bien des légendes".
Olivier de Kersauson.
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Renod
  29 novembre 2017
Une voile blanche traverse l'Océan Indien tranchant la mer de son sillage. le bâtiment qui vagabonde à la croisée des flots et du ciel, parait infime, perdu au coeur de ces immensités. Et pourtant, cet agrégat de planches et de voiles est un monde à part entière, peuplé d'une foule disparate partageant les vices et les vertus de l'humanité. "Le Narcisse", c'est le nom de baptême de ce navire, quitte Bombay et se dirige vers l'Angleterre en contournant l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. L'équipage est composé de marins expérimentés ayant déjà oeuvré sur ce bateau, mais aussi d'hommes ramassés sur les quais du port de Bombay. Deux nouveaux matelots se distinguent dès leur arrivée sur le pont : Donkin n'a aucun bagage et se montre fourbe et revendicatif ; James Wait est un grand noir à l'allure distinguée mais qui va tomber rapidement malade. La traversée va réserver de nombreuses épreuves aux marins et aux officiers. La mer se montrera ou trop calme, ou déchainée, à l'image de l'état d'esprit de l'équipage.
Amateurs d'aventure maritimes, de prose poétique et d'exégèse littéraire, prenez place à bord du Narcisse. Attention, le voyage s'annonce rude puisque le texte est dense, truffé de termes techniques, d'allégories à interpréter et d'envolées lyriques. Cela casse souvent le rythme du récit mais peu importe, puisque l'essentiel est de s'extasier au spectacle de la mer et de méditer sur la destinée de l'humanité.
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stcyr04
  11 février 2021
Le troisième roman de Joseph Conrad narre le périlleux voyage de retour, du port de Bombay aux quais fuligineux de la cité londonienne du voilier le Narcisse. le périple est émaillé de deux dangers majeurs qui menacent un navire en de telles occasions : une tempête effroyable et un début de mutinerie. Les problèmes semblent débuter à l'arrivée d'un nouveau matelot, James Wait, un homme noir à la respiration catarrheuse. L'homme se fait immédiatement porter pâle, se dit mourant, passe la traversée, dans le poste d'équipage. Ses compagnons d'infortune se voient la proie d'une fascination inexplicable, entrainés qu'ils sont par un esprit de corps et par des sentiments humanitaires face à cet être mystérieux et lui prodiguent des soins dévoués comme s'il eut été une statuette vaudou en son antre. Craik l'entoure de sa sollicitude inquiète, Donkin, tire-au-flanc fomenteur de révolte y reconnait un bon compagnon de flemmardise, Podmore, le cuistot du bord, sorte de fou de Dieu voit dans cet homme noir une âme damnée qu'il est de son devoir de sauver des flammes de l'enfer. Seul Singleton, un vieux loup de mer, échappe à l'envoutement général, reste en retrait, et lorsqu'il s'exprime ses mots on la force et la certitude de l'arrêt du destin. Quoi qu'il en soit l'arrivée du bateau se fera attendre tant que ce "Wait" demeurera à son bord.
Ce premier roman maritime de Joseph Conrad possède déjà de belles qualités. On y trouve un certain accent homérique, de saisissantes descriptions, une ambiance lourde de potentialités inquiétantes et une connaissance des étranges ressorts humains. On est un peu médusé devant un certain regard qu'on qualifierai de nos jours de franchement raciste : le nègre du "narcisse" est un être assez abject, impudent, manipulateur et qui ne brille ni par le courage ni par l'entrain à travailler pour la communauté.
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chartel
  19 février 2018
Ce livre est un témoignage précieux d'un monde disparu, supplanté à la fin du XIXe siècle par les bateaux à vapeur: celui des grands voiliers marchands. Conrad nous embarque sur le Narcisse de Bombay à Londres, de l'Océan indien à l'Océan atlantique, entre tempête apocalyptique et calme plat mortel. L'aspect documentaire est remarquable. le vocabulaire iodé du marin: gaillard d'arrière, écoutille, lisse, épontilles, beaupré, guindeau, manchon d'écubier, vergues ou dunette, pique la langue du lecteur et le fait tanguer au rythme de la houle. Plus qu'un roman d'aventure, "Le Nègre du Narcisse" est une ode aux hommes de mer. Conrad excelle dans des descriptions à couper le souffle et dans de magnifiques portraits de personnages des micro-sociétés qu'étaient ces navires: le vieux marins, le cuisinier, le bosco (le second, figuré par le personnage magnifique de Baker), le charpentier, le capitaine bien sûr.
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Ys
  13 juillet 2017
A bord du Narcisse, joli voilier au départ de Bombay, les hommes se sont réunis, quasi au complet, dans le poste d'équipage. Des hommes rudes, de tout âge et de tout horizon. Deux scandinaves aux allures de géants enfantins, un gamin tout droit sorti des rues de Londres, un petit bonhomme teigneux, en haillons, qui connait bien mieux ses droits que ses devoirs et en tirera toujours le meilleur prétexte pour tirer au flanc, le vieux Singleton, avec son corps couvert de tatouages et sa vénérable barbe blanche, impassible au-dessus du vacarme des hommes. Et puis, au tout dernier moment, l'ultime retardataire arrive : Jim Wait, un Noir étrange au regard méprisant et à la toux caverneuse, qui ne tarde pas à affirmer ouvertement qu'il va bientôt mourir, n'a embarqué que dans l'espoir de rejoindre à temps l'Angleterre.
Il n'a pas l'air si malade, pourtant, et le doute s'installe aussitôt dans l'équipage : n'est-il pas plutôt un imposteur, qui ne se prétend mourant que pour échapper, lui aussi, au travail ? Faut-il le plaindre et l'aider, ou bousculer ses mensonges ? Incapables de se décider, craignant à la fois de se faire manipuler et de manquer à la plus simple humanité, les hommes se retrouvent dans une pénible position d'entre-deux, réduits même, bientôt, à un véritable esclavage moral par ce type imbuvable qui accueille leurs mille attentions avec la plus capricieuse arrogance et qu'ils ne peuvent se décider, pourtant, à laisser tomber.
L'esprit de contradiction, la méfiance et la mort sont du voyage, et avec elles, évidemment, un dangereux élément de discorde que seuls pourront désamorcer, peut-être, les caprices de la mer et la poigne d'un très grand capitaine.
Oubliez les romans de mer aventureux, aux mille rebondissements : tout repose ici essentiellement sur l'ambiance, la splendeur imposante de l'océan, les ferments complexes de l'âme humaine, mis à macérer en vase clos jusqu'aux abords de l'explosion. Une tension se crée peu à peu, un malaise prenant, un suspense subtil autour du possible mensonge. Les caractères sont bien moins travaillés que dans Lord Jim, et ce texte n'en a pas la puissance tragique si captivante, mais la finesse psychologique est là, de même que le talent pour créer un personnage en quelques mots, lui donner corps et couleur, âme et voix. Nous sommes ici - et ce n'est pas si courant - dans les entreponts des marins et non sur le gaillard d'arrière, au coeur même de l'équipage dont le narrateur est un membre indistinct, ni plus cultivé ni plus perspicace que les autres au moment où se déroule le récit. Parfaitement placé pour saisir les contradictions, les complexités de ces hommes simples qui ne servent souvent, dans les autres romans, qu'à faire avancer le bateau ou introduire un vague élément de conflit social.
Un beau roman sur la solidarité et le sens du devoir, sur les failles et les forces de l'âme humaine confrontée à sa propre fin, relevé par une scène de tempête formidable, l'une des meilleures sans doute qu'il m'ait été donné de lire et qui mériterait presque, à elle seule, la découverte de ce petit livre.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   23 novembre 2017
Le voyage avait commencé et le navire, fragment détaché de la terre, continuait solitaire et rapide comme une petite planète. Alentour, les abîmes du ciel et de la mer joignaient leurs inaccessibles frontières. Une immense solitude circulaire se déplaçait avec le navire, toujours changeante et toujours semblable, à jamais monotone et à jamais majestueuse. (...) Le navire avait son propre avenir ; il vivait de la vie de ces êtres qui foulaient ses ponts ; pareil à cette terre qui avait livré à la mer, il portait un poids insupportable de regrets et d'espoir.
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cascasimircascasimir   21 mai 2019
Un froid soleil luisait sur les crinières blanches des brisants noirs. Sous la forte haleine des grains d'ouest, le navire, voilure allégée, se couchait lentement, obstiné mais docile. Il dériva de ci de là, peinant à l'effort acharné de se frayer sa route, à travers l'invisible violence des vents. Il plongea tête la première, dans l'ombre des creux lisses...
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RenodRenod   24 novembre 2017
Le ciel bas sur l'horizon se teinta des délicates couleurs rose et jaune pareilles à l'intérieur d'un coquillage rare. Et plus haut, où luisait un éclat de perle, apparut un petit nuage noir tel un fragment oublié de la nuit serti en une bordure d'or étincelant. Les rayons lumineux voletaient à la crête des vagues. Tous les regards se tournaient vers l'est. Le soleil inonda les visages las.
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YsYs   05 juillet 2017
Le vieux Singleton, le plus âgé des marins brevetés du navire, était assis à l'écart sur le pont sous les lampes, torse nu, sa puissante poitrine et ses énormes biceps entièrement couverts de tatouages, comme un chef cannibale. Entre les dessins bleu et rouge, sa peau blanche luisait comme du satin ; son dos nu s'appuyait à une flasque du beaupré, et il tenait un livre à bout de bras, devant son grand visage hâlé. Avec ses lunettes et sa barbe blanche vénérable, il avait l'air d'un patriarche sauvage et instruit, incarnation d'une sagesse primitive sereine dans le tohu-bohu blasphématoire du monde.
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RenodRenod   28 novembre 2017
La terre sombre s'étendait solitaire au milieu des eaux comme un puissant navire étoilé de lumières vigilantes - un navire portant la charge de millions de vies - un navire chargé de scories et de joyaux, d'or et d'acier. Ce vaisseau se dressait immense et fort, gardien de traditions sans prix et de souffrances innombrables, rempart de glorieux souvenirs et de vils oublis, d'ignobles vertus et d'éclatantes transgressions. Quel grand navire !
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Videos de Joseph Conrad (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Conrad
Rencontre animée par Alain Nicolas
De Buenos Aires à Madrid, en passant par Paris et le Kent, ce roman nous entraîne au coeur des questionnements sur l'identité, la transmission, l'exil et l'écriture. Fils d'un immigré roumain installé à Buenos Aires, le narrateur, écrivain, décide de partir vivre à Paris. Dans un café, il prend l'habitude de lire les lettres que son père lui envoie et se remémore alors l'histoire de sa famille. Quand il apprend que son père est lui aussi en train d'écrire un livre, il se sent dérouté. Et voilà que vient s'intercaler une autre histoire, celle de Józef et de son épouse, Jessie, tous deux installés en Angleterre. Józef est écrivain lui aussi, d'origine polonaise, exilé en Angleterre : l'immense écrivain Joseph Conrad pourrait bien devenir le personnage du prochain roman de notre narrateur argentin.
À lire – Eduardo Berti, Un père étranger, trad. de l'espagnol par Jean-Marie Saint-Lu, éd. La Contre Allée, 2021.
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