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Paul Le Moal (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070385652
553 pages
Éditeur : Gallimard (25/09/1992)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 119 notes)
Résumé :
Ce roman raconte l'histoire d'une république d'Amérique latine avec ses coups d'État, ses guerres civiles, ses luttes pour la démocratie, ses intellectuels libéraux, ses aventuriers, ses traîtres et, derrière tout cela, l'impérialisme américain. Des aventures incessantes révèlent les caractères déchirés entre le bien et le mal, hantés par l'angoisse et le sentiment de culpabilité. Les luttes se déroulent, comme toujours chez Conrad, dans des décors d'une grande forc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  27 avril 2020
Magnifique !
Depuis longtemps, je voulais lire ce livre, surtout depuis ma lecture de Lord Jim. J'en attendais donc beaucoup, et j'ai été comblé.
L'histoire raconte la vie politique, sociale et sentimentale dans un petit pays de l'Amérique du Sud, à travers un éventail de personnages, de portraits magnifiques et d'évènements douloureux. Cela se passe au Costaguana au tout début du siècle, cet état, son histoire, sa géographie seraient inspiré du Panama, qui a été créé en 1903, en se séparant de la Colombie. le style de Joseph Conrad est bien reconnaissable : l'écriture est belle, élégante et dense, chargé d'images riches, les sentiments des personnages sont subtilement développés, jamais caricaturaux. Joseph Conrad nous parle de destins, au sens le plus large, à travers la politique, la liberté, la richesse, le travail, la foi, l'amour...
et ce qui caractérise aussi sa littérature, c'est cette manière de nous amener lentement, tout en douceur, par une suite de chemins de traverse, avec des errements, des portraits divers, en étendant l'intrigue pour nous faire respirer l'air de ce pays, de nous amener vers une conclusion inéluctable et pourtant surprenante, haletante, avec cette manière de dire dans son écriture :” je connais la fin, mais attendez et écoutez ça d'abord”. J'ai refermé ce livre avec le souffle coupé, comme on dit pour la musique, le silence après le mot “Fin”, c'est encore de la littérature. Ce livre restera marqué dans ma mémoire.
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milan
  18 décembre 2015
Quel livre! très difficile d'en parler sans trahir, minimiser ou spoiler. Dans ce livre, Conrad a crée un pays: le Costaguana, et l'a doté d'un peuple avec son histoire, de coutumes, d'institutions, de villes, et particulièrement une ville Sulaco, où l'intrigue (même ce mot est réducteur) se déroule. C'est un pays latino-américain, qui se relève tant bien que mal d'une longue série de révolutions et de coups d'états, et qui connait une période de transition paisible sous la présidence de Ribeira, qui veut transformer sa nation et la moderniser à l'image des états européens. le peuple costaguanien est formé d'indiens, majoritaires, qui vivent un peu "comme des sauvages" selon les dires de l'élite économico-bourgeoise blanche, principalement espagnole, mais qui comporte aussi des anglais et des italiens. Ce parti des Blancos détient la plus grande part des richesses du pays, symbolisées dans la ville de Sulaco par l'office maritime, la société de chemin de fer et surtout par la mine de San Tomé, cadeau empoisonné à un un anglais nommé Gould, qui finira par causer sa mort, mais qui une fois entre les mains de son fils Charles, sera transformé en la première puissance économique du pays, dirigé de loin par des capitaux américains. Ce qui est fascinant dans ce livre c'est sa construction: le récit de la révolte des costaguaniens pour chasser le parti blanc et récupérer le pouvoir, l'entrée en scène des personnage, l'un après l'autre : Charles Gould et sa femme, venus d'Europe pour gérer l'héritage maudit du père, la famille Viola, avec à sa tête le vieux patriarche, ancien garibaldien pétri d'idées républicaines, et condamné à l'exile loin de son Italie natale, du capitaine Mitchell, ancien marin anglais, à la tête de la compagnie maritime, du docteur Monygham, au passé trouble sous l'ancienne dictature, des membres de la famille Avellanos, une des plus anciennes bourgeoisies espagnoles du pays, du général Montéro et de son frère Perdito, responsables de la révolte populaire et du coup d'état qui s'en suit, de Martin Decoud, sorte de dandy parisien, improvisé journaliste à Sulaco et qui aura un rôle décisif dans l'histoire (mais pas moins que d'autres), du père Corbellan, mi fanatique mi réaliste, dont la mission est de christianiser absolument tous les indiens, et tant d'autres, tous ces personnages entrent donc en scène, non pas en file indienne, mais selon la pertinence de leurs ambitions, pensées et rôle dans l'histoire. Celle ci est d'ailleurs présentée par des allées retour très subtils entre le passé et le présent, et ces mêmes allées retours sont découpés de façon à servir le rythme de l'histoire; ainsi, la vie d'un personnage peut être présentée d'un seul jet, ou bien s'étaler sur plusieurs chapitres, et tout ce ci se passe sans accroc, sans peser sur la lecture. l'intrigue va crescendo, dominée par l'ombre des îles alentours: les Isabelles, par la mine de San Tomé , tantôt sauveur, tantôt malédiction, et surtout par les ambitions et états d'âmes des protagonistes, puis tout redevient calme, mélancolique. Et Nostromo dans tout ça? et bien c'est un ancien marin gênois, recruté pour gérer les activités du port , mais qu'on sollicite pour à peu près tout, tant il est fort, courageux, ingénieux, fidèle et honnête. En fait, sur les 600 et quelques pages, Nostromo n'apparaît que peu relativement, et il est très difficile à cerner. Ce qu'il en ressort, c'est qu'il un homme vaniteux, mais d'une vanité naïve, innocente, qui ne demande qu'une chose: c'est que tout le monde soit conscient de sa valeur. Il se démène corps et âmes, sans rien demander d'autre en retour, jusqu'au jour où il se révolte, mentalement, contre ces "riches" qui volent et vivent aux dépends des pauvres paysans, plus encore, qui le font en toute légitimité de coeur, pensant faire ce qui est juste, et qui utilisent ces pauvres, qui l'utilisent lui, pour servir leurs passions , qu'elles soient subites ou projetées sur le long terme, et qui passent à un autre projet sans se soucier des conséquences de leurs décisions sur lui notamment. Je pourrais en dire tellement plus, mais ce ne sera jamais assez, en tout cas sans dévoiler des passages importants de l'histoire. Ce qu'il faut en retenir, c'est l'incroyable modernité de ton du livre, tout semble si familier, si actuel, si précis. La ville et son quotidien font penser à Cent ans de solitude, avec ses couleurs chatoyantes et sa lumière aveuglante, mais sur une tonalité moins "magique". Les personnages sont ficelés à la manière de Dostoïevski, avec leurs passions profondes et complexes, il y a du suspense, de la réflexion, de la poésie, du réalisme. Enfin, pour résumer, un petit extrait :" Les intérêts matériels ne souffrent, dans leur développement, ni paix ni repos. Ils ont leurs lois et leur justice, une justice inhumaine et fondée sur des expédients, une justice qui ne s'embarrasse pas d'aucune loyauté et ne comporte ni la continuité ni la force que donnent seuls les principes moraux."
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FlorisFlorensium
  25 septembre 2016
Oeuvre imposante et intimidante, tant par l'ambition que par la longueur : plus de cinq cent pages, soit le plus long roman de Conrad. Parfois considéré comme le meilleur, même si Lord Jim et l'Agent Secret sont de sérieux concurrents. le projet est immense, au point qu'un critique anglais l'a comparé à Guerre et Paix : donner bien sûr vie à une pleine galerie de personnages, mais surtout corps à une contrée imaginaire d'Amérique du Sud, le Costaguana et en exposer les enjeux politiques et économiques.
Les événements se déroulent à Sulaco, ville portuaire du Costaguana, dont la mine fait l'objet de toutes les convoitises des sociétés européennes. A la mort de son père, Charles Gould décide de reprendre la mine et de la réouvrir.
Si la chronologie du roman s'avère moins infernale qu'annoncé dans l'introduction, certains événements peuvent sembler brumeux. Conrad joue avec son lecteur et s'autorise certains retours en arrière ou à l'inverse accélère le déroulement. Il est parfois nécessaire de jeter un oeil à la séquence des événements synthétisée en introduction.
Si Nostromo n'est pas un simple roman d'aventure, il n'est pas avare en rebondissements; Conrad est à son affaire et sait trousser quelques scènes fortes, notamment la soirée où Decoud et Nostromo tentent de mettre à l'abri le trésor de la mine, véritable noyau central du roman. On y trouve là quelques belles pages d'une ambiance étouffante qui ne manqueront pas de ravir ceux qui ont aimé Au Coeur des Ténèbres. Toutefois Conrad n'est pas Stevenson et il y a toujours chez lui un surcroît de précision qui c'est malheureux à dire nuit un peu au plaisir de lecture, là où l'écossais sait stimuler l'imagination par un art plus vague et lacunaire.
Mais Nostromo est surtout un grand roman sur l'aliénation par l'argent et le matériel. Conrad le fait ressentir sur les différents personnages qui animent Sulaco : presque dès le début ils apparaissent désossés, fantomatiques, tout à leurs objectifs de concrétisation de profit. Nostromo est lui tout défini par son prestige personnel et ne vit que par et pour ce prestige : on se doute bien que cela finira par devenir un fardeau. Les quelques uns apparaissant un tant soit peu positifs sont ceux ayant connu la torture des troupes montiéristes : Monygham et le père Corbelan. le péché originel tient sans doute à ce que Charles Gould fait passer la justice derrière l'ordre lorsqu'il décide de faire réouvrir la mine, et de s'accommoder d'un pouvoir autocratique. Notons que cet aspect politique de l'oeuvre est hélas toujours d'actualité : il ne s'agit rien moins que de l'alliance entre ultra-libéralisme et autoritarisme.
Nostromo est un roman assez nettement pessimiste, où les personnages contemplent leurs gouffres et peu en réchappent, mais Conrad sait être toujours fin, aussi bien dans l'exposition des motifs politiques (après tout, l'influence de Gould a aussi ses côtés positifs et protège en partie les mineurs) que dans ses saillies psychologiques, voyez plutôt cette belle citation
"La vie, pour être vaste et pleine, devait, à chaque moment du présent, contenir le soucis du passé et de l'avenir. Notre tâche quotidienne doit être accomplie pour la gloire des morts et pour le bien de ceux qui qui viendront après nous."
C'est finalement cet équilibre qui m'a frappé dans ces quelques cinq cent pages. le "monstre" était plutôt fin.
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memma
  05 novembre 2016
Le roman relate les circonstances dans lesquelles l'Ouest du pays fictif du Costaguana se déclare indépendant, en particulier grâce à la richesse que lui procure l'exploitation de sa mine d'argent. L'histoire est sans doute inspirée par l'indépendance de Panama de la Colombie qui a eu lieu en 1903, un an avant la parution du livre.
La situation politique décrite est complexe pour qui (comme moi) a du mal à dominer les troubles de l'Amérique du Sud à la fin du XIXe siècle. En gros, l'Ouest du Costaguana est gouverné par des notables encore très européens et par ailleurs prêts à pactiser avec les Etats-Unis (la mine d'argent, par exemple est possédée par un anglais et financée par un banquier américain). En opposition, le gouvernement, installé à l'Est de l'autre côté des montagnes, a été pris d'assaut par une des révolutions populaires présentées comme permanentes dans la région. Cette situation est typique de l'endroit et de l'époque et elle est décrite de façon très rigoureuse.
Bizarrement, Conrad, d'ordinaire peu favorable au colonialisme, envisage ici la révolution et les mouvements populistes qu'elle génère jusqu'à l'Ouest de façon très négative. C'est peut-être que la véritable révolte - chez Conrad - est individuelle et c'est celle de l'aventurier. Le personnage de Nostromo, initialement complètement inféodé aux puissances en place (il est "notre homme", l'homme des gens), décide de voler et de cacher l'argent qu'on lui confie. Cette décision le projette dans une marginalité rêveuse qui est de l'ordre de l'aventure. Il devient quelqu'un ; il s'appartient enfin.
C'est un roman horriblement difficile à comprendre, à cause des variations temporelles permanentes : je m'y suis acharnée. Le mieux est peut-être cependant de s'y laisser glisser. Déconnectées de la trame narrative, des scènes deviennent alors particulièrement visibles, d'autant qu'elles sont répétées au gré du roman : entre tant d'autres, l'arrivée - symbolique - du Président démis chevauchant un âne, le réveil de Nostromo renaissant sur la plage, et surtout l'extraordinaire fin où le véritable nom de Nostromo est crié vers la mer, acquérant ainsi enfin la dimension héroïque recherchée. C'est une des plus belles fins de roman que j'aie pu lire.
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PtitVincent
  21 mars 2020
Après avoir lu « Au coeur des ténèbres », le livre qui inspira le film de Coppola « Apocalypse Now », j'avais envie de découvrir un autre livre de Joseph Conrad. Conseillé par un client, je plongeais alors dans ce livre riche et dense. Nous sommes au XIXe siècle, dans un pays d'Amérique du sud ou plus exactement dans une enclave séparée par des montagnes du reste du pays. Dans ce port et cette ville, tout est régi en fonction de la mine d'argent qui fait vivre la région mais attire les convoitises d'hommes de pouvoir. Car le pays est en proie à de nombreuses révolutions. Au grand dam du propriétaire de la mine, Charles Gould, un homme obsédé par l'exploitation de sa mine, celle-ci ayant ruiné déjà deux générations de sa famille. Sa femme, anglaise, se préoccupe plutôt de la population et notamment d'un révolutionnaire italien et de ses filles. Nous suivons donc toute une galerie de personnages, du médecin au mondain, du prêtre évangélisateur à la demoiselle de la grande bourgeoisie, et bien d'autres encore, sans oublier le peuple en arrière-plan qui subit plus que tout, les aléas de la politique nationale. Ainsi que le fameux Nostromo que tous respectent et admirent, du propriétaire à une grande partie de la population et qui pourtant reste un personnage particulièrement énigmatique. Si tout le monde loue son honnêteté et son courage, personne ne sait vraiment ce que pense cet homme, qui apparaît et disparaît régulièrement au fil du récit. Un homme qui semble privilégier avant tout la gloire qui sortira de ses actions à toute autre richesse. Un roman qui se met en place tout doucement pour s'accélérer au fil des pages, au gré des révolutions, des drames, sans oublier un trésor qui sera la clé finale du récit. Un livre qui demande une certaine concentration, mais qui au final laisse une trace dans les mémoires. Un grand classique.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
RortyRorty   12 mai 2020
La vie pour être vaste et pleine, devait à chaque moment du présent contenir le souci du passé et l’avenir. Notre tâche quotidienne doit être accomplie pour la gloire des morts et pour le bien de ceux qui viendront après nous.
p. 1001 édition La pléiade
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RortyRorty   12 mai 2020
L’action console. Elle est l’ennemie de la pensée et l’amie des illusions flatteuses.
p. 614-615 édition de la pléiade
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stcyr04stcyr04   06 juillet 2012
Ainsi parlait le grand personnage, le millionnaire dont les dotations d’églises étaient proportionnées à l’immensité de son pays natal, le malade à qui les médecins adressaient, à mots couverts, leurs terribles menaces. C’était un homme aux membres robustes et au ton pondéré, dont la solide corpulence prêtait à la redingote à revers de soie un air de dignité parfaite. Avec ses cheveux gris de fer et ses sourcils encore noirs, il avait le profil lourd d’une tête de César sur une vieille monnaie romaine. Il y avait, parmi ses ancêtres, des Allemands, des Écossais et des Anglais ; mais des traces de sang danois et français lui valaient à côté d’un tempérament de puritain, une imagination ardente de conquérant. Il sortait, pour Charles Gould, de son habituelle réserve, à cause de la chaleureuse lettre d’introduction qu’il avait apportée d’Europe, et plus encore peut-être en raison de son goût instinctif pour la fermeté et la décision, partout où il les rencontrait et quelque but qu’elles poursuivissent.
— Le gouvernement du Costaguana jouera son jeu jusqu’au bout, ne l’oubliez pas, monsieur Gould. Et qu’est-ce que c’est que le Costaguana ? Le gouffre sans fond où s’engloutissent les emprunts à 10 pour 100 et les autres placements imbéciles. L’Europe y a jeté ses capitaux à deux mains, pendant des années. Nous n’en avons pas fait autant. Nous savons, dans ce pays, rester à l’abri quand il pleut. Bien entendu, nous interviendrons un jour : il le faudra. Mais rien ne nous presse. Le temps lui-même travaille pour le plus grand pays du monde. C’est nous qui donnerons partout le mot d’ordre, dans l’industrie, le commerce, la loi, le journalisme, l’art et la religion, depuis le cap Horn jusqu’au détroit de Smith, et plus loin même, si nous trouvons au pôle Nord une affaire intéressante. Alors nous pourrons nous occuper à loisir des îles lointaines et des autres continents. Nous mènerons, bon gré, mal gré, les affaires du monde. Le monde n’y peut rien… ni nous non plus, peut-être !
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liberligerliberliger   25 novembre 2012
On le croyait méprisant et aigri, alors que sa vraie nature était constituée par sa capacité d'éprouver la passion et par la sensibilité de son tempérament. Ce qui lui manquait, c'était l'indifférence polie des hommes du monde, cette indifférence qui engendre une indulgence désinvolte vis-à-vis de soi et des autres ; une indulgence qui se trouve aux antipodes de la vraie sympathie et de la compassion humaine. Le manque d'indifférence expliquait son tour d'esprit sarcastique et ses paroles mordantes.
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stcyr04stcyr04   05 juillet 2012
L’intelligence de doña Emilia n’avait rien de masculin. Un esprit viril n’est point, chez une femme, la marque d’une essence supérieure, mais en fait un être imparfaitement différencié, d’un intérêt stérile et médiocre. L’intelligence toute féminine de doña Emilia lui facilita la conquête de Sulaco, en éclaira le chemin pour sa générosité et sa douceur. Elle savait causer de façon charmante, mais n’était pas bavarde. La sagesse du cœur, qui ne s’occupe ni d’édifier, ni de détruire des théories, non plus que de combattre pour des préjugés, sait éviter les paroles oiseuses. Ses pensées ont la valeur d’actes de probité, de tolérance et de compassion. La véritable tendresse d’une femme, comme la virilité d’un homme, se manifeste par une sorte de conquête continuelle. Les dames de Sulaco adoraient madame Gould.
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Vidéo de Joseph Conrad
Les aventures de Jim et sa rencontre avec Marlow forment un des romans les plus profonds de la littérature. Ce roman d’aventure est surtout un roman psychologique qui nous donne l’occasion de réfléchir sur l’existence, le courage, la lâcheté et sur la difficulté de rester lucide. Conrad, le pessimiste, nous montre, à travers le personnage de Jim, toute la difficulté d’être un idéaliste.
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