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Françoise Cartano (Traducteur)
ISBN : 2266147978
Éditeur : Pocket (20/01/2005)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 640 notes)
Résumé :
Il y avait le père, Henry Wingo, pêcheur de crevettes, violent, buté. La mère, Lila, belle, ambitieuse, monstrueuse. Et les disputes, les cris, les coups...
Luke, le fils aîné, Tom et Savannah, les jumeaux, auraient peut-être pu, malgré tout, sortir indemnes de leur enfance saccagée. Car ils avaient l'île Melrose, les marais, le parfum d'eau salée de la Caroline du Sud, l'or de ses lunes et de ses soleils... Peut-être auraient-ils échappé aux stigmates du pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
  31 janvier 2014
Voila un des plus beaux livres qu'il m'a été donné de lire ces derniers temps. Roman d'une rare intelligence sur le drame et la tentative de résilience qui s'ensuit, ce texte nous raconte l'histoire d'une famille de la Caroline du Sud avec ses névroses et ses joies comme toute famille, mais dont la vie insulaire et la relative pauvreté accentuent les effets. Savannah, la soeur du narrateur et poète de talent ira faire soigner sa schizophrénie latente à New York, et c'est à la demande de sa psychanalyste que son frère Tom racontera toute leur histoire.
J'ai dévoré ce pavé bien construit, bien écrit, avec beaucoup de simplicité mais aussi beaucoup de beauté dans les descriptions avec leurs interférences sur les personnages, de précision dans l'analyse psychologique des personnages et leurs rapports entre eux sans le moindre manicheisme, beaucoup d'efficacité dans les dialogues, beaucoup d'habileté dans la progression du récit qui nous fait parcourir un cheminement sûr et haletant, et dans lequel on ne s'ennuie pas une minute. Les temporalités sont justes et on passe du récit du narrateur à la réalité impitoyable peu à peu arrachée par la psy, et d'un passé un peu embelli à l'aveu ancré dans une réalité brutale : la folie de Savannah, sans être gêné le moins du monde.
Tout sonne juste, sans pathos, sans caricatures, les personnalités sont profondes et vraies, les réactions des personnages sont parfaitement ajustées aux situations et aux circonstances et la clarté du style contribue largement à donner une grande humanité au récit.
Ce livre, prêté par une amie, aura été une de mes plus belles découvertes. Un grand merci à elle, et à Conroy bien sûr !
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patrick75
  30 juin 2012
Cinq étoiles! pour ce livre, il n'y aurait presque rien à rajouter.
J'apprécie les récits de ce genre, qui s'étalent pratiquement sur une vie entière, qui donnent du temps au temps. Ici, l'histoire d'une famille déchirée par l'adversité, la dureté de certaines existences. On y trouve du tragique, de l'humour, des larmes mais également des joies, en fait, on y trouve la vie!
Un véritable moment d'évasion .Vous n'y trouverez pas une écriture " léchée"
mais vous y trouverez de l'humanité.
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basileusa
  29 avril 2014
Magnifique !! Pour moi ce livre est un chef-d'oeuvre.
C'est l'histoire d'une famille de Caroline du Sud de trois enfants,les Wingo ,qui est relatée par l'un des trois . Un père violent ,une mère dont le statut social passe avant tout et qui n'a jamais les réactions attendus pour ses enfants et un cadre magnifique : les marais de Colleton .
C'est Tom ,à la suite de la tentative de suicide de sa soeur jumelle, qui raconte leur enfance mouvementée et difficile .
C'est un pavé de plus de mille pages mais on ne voit pas le temps passer ! C'est tellement bien écrit et Tom fait preuve d'humour à toute épreuve . Par exemple lorsque ses trois filles voient leur grand-père ,il leur dit "attention ,il cogne".
Plusieurs fois ,j'ai du reprendre mon souffle après certaines scènes particulièrement dure pour les enfants Wingo.
Au milieu de tout ça ,il y a beaucoup d'amour et d'entraide entre les trois enfants et avec leur grand mère un peu exubérante et aussi des moments très forts ,très beaux.
C'est un roman qu'on n'oublie pas ,qui vous fait ressentir beaucoup d'émotions ,qui a une atmosphère particulière .
A lire !!
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Iboo
  05 octobre 2012
S'il est un infime reproche que je pourrais faire à ce livre, c'est qu'il me soit arrivé entre les mains après Beach Music que j'ai tant aimé.
J'ai mis un certain temps à lire le Prince des Marées car, hormis le fait qu'il contient plus de mille pages, la Caroline du Sud et l'esprit sudiste n'avaient plus de secret pour moi depuis Beach Music. N'étant, de plus, pas franchement passionnée par le football, fusse t-il américain, les mystères de la pêche à la crevette et, encore moins, par tout ce qui, de près ou de loin, commence par "psy"... certains passages m'ont semblé un peu longuets et les descriptions quelque peu redondantes. Les éclats de lune qui scintillent sur la frange des vagues et la splendeur des couchers de soleil sur les marécages du comté de Colleton, ça va deux secondes.
Mais... car il y a un "mais". Et ce "mais" c'est l'écriture de Pat Conroy qui, immanquablement, me réveille dès que je commence à glisser vers la lassitude.
Aux deux tiers du bouquin, une parenthèse de trente pages dans laquelle est relaté un conte pour enfants. Diantre ! J'ai bien envie de le sauter mais je crains que cela n'entrave ma compréhension de la suite de l'histoire. Allez ! Je me lance, de mauvaise grâce toutefois.
Mon intuition légendaire (mais bien sûr que si !) a porté ses fruits car, à partir de cet instant, je suis restée cramponnée au roman jusqu'au dernier mot, de la dernière ligne, de la dernière page.
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Missbouquin
  05 septembre 2011
"A quoi ressemblait la vie dans votre famille, Savannah ?
- C'était Hiroshima, répondit-elle.
- Et à quoi ressemble votre vie depuis que vous avez quitté cette merveilleuse famille ?
- Nagasaki, dit-elle, toujours sans se retourner.
- Donnez-nous le titre du poème que vous avez écrit en l'honneur de votre famille, dis-je.
- "Histoire d'Auschwitz", dit-elle.
- Et maintenant, nous arrivons à la question cruciale. Qui aimez-vous plus que tout au monde ?
- J'aime mon frère, Tom Wingo. Mon jumeau merveilleux, formidable."
Voici le résumé de ce magnifique livre que je viens de terminer, véritable hymne à la famille et incomparable description de la Caroline du Sud, Etat de pêcheurs de crevettes, racistes et conservateurs.
Pat Conroy, né en 1945 en Géorgie, nous livre ici un extraordinaire roman, impressionnant par sa profondeur, la richesse de ses enseignements et de ses expériences presque traumatisantes, à l'instar du héros, Tom Wingo. Dès le début, ce dernier nous fait comprendre qu'il a vécu une enfance horrible et que deux événements majeurs ont marqué sa vie d'adulte. A 37 ans, il considère qu'il a raté sa vie. A l'occasion d'une nouvelle tentative de suicide de sa soeur jumelle, il va se confier au psy qui tente de comprendre cet acte désespéré. Il revient alors longuement sur sa vie, sur sa famille surtout. Et petit à petit, les pièces se mettent en place.
On assiste ici à un véritable appel au secours d'un homme qui se noie dans son passé, qui ne parvient pas à le dépasser, à pardonner. Comme s'il s'enfonçait sans cesse dans les marais de son enfance, dans la boue de sa mémoire.
Pat Conroy est un formidable conteur, (je sentais presque l'odeur des crevettes à la fin ...), qui heureusement a doté son personnage d'un humour cynique essentiel permettant de relativiser l'horreur des événements racontés. Je garderai toujours en mémoire des scènes extrêmement fortes, qu'elles soient positives ou négatives, comme l'affaire avec Todd Newbury, ou la lutte pour sauver le marsouin blanc, et enfin l'action de Luke ... Pat Conroy a parfaitement rendu l'esprit d'une ville des années 1980 dans ce coin perdu des Etats-Unis, en décrivant ses luttes, ses ruptures, ses habitants.
De plus, il a réussi à dessiner des personnages qui n'ont rien de positif, mais l'on se sent pourtant très proches d'eux : Tom, peureux, lâche mais pourtant terriblement sensible; Savannah, blessée, moraliste, qui méprise le Sud qui l'a fait devenir ce qu'elle est; Luke, finalement le plus grand de la fratrie, le plus touchant; mais je ne vous en dit pas plus ...
En bref, un roman qui m'a proprement bouleversé, au point que j'ai eu du mal à en commencer un autre pendant les quelques jours qui ont suivi. Certes, il est extrêmement dur, mais le lecteur se retrouve emporté au coeur de cette petite ville, dans cette famille, et on ne peut reposer le livre qu'une fois terminé (ce qui est embêtant car il fait quand même 500 pages, avec une écriture bien serrée ...)
Pour conclure, un livre à lire absolument car il vous fait vivre une expérience de lecture extraordinaire, et qu'il restera longtemps dans votre mémoire ...
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Citations & extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
IbooIboo   05 septembre 2012
"Hé, où allez-vous ? demanda-t-il ?
- Je rentre chez moi", dis-je sans me retourner. Je l'entendis courir derrière moi.
"Pourquoi ?
- Parce que tu es trop nul, mon petit gars. Va donc faire du violon, ça fera plaisir à tes parents. En plus, je ne supporte pas ton attitude. Et si moi je ne la supporte pas, je vois mal comment tu pourrais un jour t'imposer comme meneur dans une équipe. Bouger un peu ton cul de pleurnichard pour devenir un quarterback."

"(...) Mais tu es un sale petit con et j'aimerais t'aider à comprendre pourquoi tu es comme ça."
Il respira un grand coup, tremblant, désemparé.
"Va te faire enculer, mon pote, dit-il d'une voix qui annonçait les larmes.
- C'est déjà fait. Je me suis fait enculer en acceptant de te rencontrer.
- Je n'ai rien à voir là-dedans, dit-il, contrôlant sa voix avec difficulté.
- C'est là que tu te trompes, Bernard, dis-je, prêt à porter le coup de grâce mais la mort dans l'âme tandis que ma voix se faisait plus froide et plus cinglante. J'ai rarement vu de gosse aussi mal dans sa peau de toute mon existence. Et je sais déjà une chose, à ton sujet, alors que je ne te connais que depuis cinq minutes. C'est que tu n'as aucun ami dans ce foutu monde. On doit se sentir seul pendant l'hiver, là-bas, à Phillips Exeter, non, Bernard ? Est-ce qu'ils te cherchent ? Je sais que tu es rejeté, mais est-ce qu'en plus tu leur sers de tête de Turc, Bernard ? Est-ce que ta vie là-bas ressemble à un cauchemar ? Est-ce qu'ils te molestent, Bernard ? Vois-tu, je connais bien les garçons et je sais comment ils traitent les inadaptés. Comment s'appelle ton copain, Bernard ? Dis-moi son nom."
Il se mit à pleurer, tenta de ravaler ses larmes, mais elles jaillirent de ses yeux comme le flot trop puissant par-dessus la digue.
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MarymaryMarymary   05 août 2015
Puis Savannah sortit de la maison. Et il se passa alors quelque chose que je suis incapable d'expliquer, une chose que je ressentis au moment où ils coururent l'un vers l'autre, que je ressentis au plus profond de moi, en un lieu intouché qui vibra d'un mystère instinctuel, enraciné dans l'origine des espèces - indicible, encore que je fusse conscient que ce qui s'éprouve peut être nommé. Ce ne furent ni les larmes de Savannah, ni celles de mon père qui déclenchèrent cette résonance, cette farouche musique intérieure, faite de sang, de ferveur, d'identité. C'était la beauté et la peur de la parenté, des liens ineffables de la famille, qui faisaient chanter une flamboyante terreur et un amour paralysé à l'intérieur de moi. Mon père était là, source de toutes ces vies, source de toutes ces larmes, mon père qui pleurait maintenant, qui sanglotait, sans honte. Les larmes étaient de l'eau, de l'eau salée, et derrière lui je voyais l'océan, j'en sentais l'odeur, avec le goût de mes propres larmes, la mer et la douleur en moi, fuyant dans le soleil, et mes enfants qui pleuraient de me voir pleurer. L'histoire de ma famille était une histoire d'eau salée, de bateaux et de crevettes, de larmes et de tempêtes.
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OwlyOwly   13 avril 2010
J’ai grandi en Caroline du Sud où je suis devenu un homme, un Blanc sudiste, et je vivais avec brio la haine que j’avais consciencieusement appris à nourrir contre les Noirs lorsque le mouvement en faveur des droits civiques m’est tombé dessus sans crier gare, au détour d’une barricade, me démontrant à la fois mon ignominie et mon erreur. Comme j’étais un garçon réfléchi, sensible et épris de justice, j’ai fait mon possible pour me réformer et jouer un petit rôle insignifiant dans ce mouvement, ce dont je me suis empressé de tirer un orgueil plus qu’excessif. Puis je me suis retrouvé à l’université où je suivais la préparation militaire des Officiers de Réserve composé exclusivement de jeunes mâles de race blanche, et je me suis fait craché dessus par des militants pacifistes que mon uniforme dérangeait. J’ai fini par rejoindre les rangs de ces manifestations, mais je n’ai jamais craché sur quiconque ne partageait pas mes opinions. Je pensais passer tranquillement le cap de la trentaine, en brave contemplatif à l’humanisme irréfutable, lorsque le mouvement de libération de la femme m’a coincé au détour d’une avenue et, une fois de plus, je me suis retrouvé du mauvais côté de la barricade. Apparemment, j’incarne tout ce que le XXe siècle compte de turpitudes.
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IbooIboo   21 août 2012
- Sans vouloir vous choquer, Tom, la première fois que je l'ai vue, elle était en train de se couvrir de ses propres excréments.
- Je ne suis pas choqué.
- Pourquoi ?
- Je l'ai déjà vue se couvrir de merde. Ça choque la première fois. Eventuellement la deuxième. Ensuite on s'habitue et cela devient une composante du décor.
- Où l'avez-vous vue la première fois ?
- A San Francisco. Elle faisait une tournée de lectures. Elle s'est retrouvée dans un authentique asile de fous. L'endroit le plus sinistre que j'aie jamais vu. J'étais incapable de dire si se tartiner de merde relevait de l'expression de la haine de soi ou d'une façon personnelle de repeindre sa chambre.
- Vous faites de l'humour sur la psychose de votre soeur. Vous êtes vraiment quelqu'un de bizarre !
- C'est la manière sudiste, docteur.
- La manière sudiste ? dit-elle.
- L'immortelle expression chère à ma mère. Nous rions quand la douleur se fait trop forte. Nous rions quand la pitié de l'humaine condition devient trop pitoyable. Nous rions quand il n'y a rien d'autre à faire.
- Quand pleurez-vous ?
- Après avoir ri, docteur. Toujours. Toujours après avoir ri.
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VanessaVVanessaV   09 novembre 2012
Pour décrire notre enfance dans les basses terres de Caroline du Sud, il me faudrait vous emmener dans les marais, un jour de printemps, arracher le grand héron bleu à ses occupations silencieuses, disperser les poules d'eau en pataugeant dans la boue jusqu'aux genoux, vous ouvrir une huître de mon canif et vous la faire gober directement à la coquille en disant "Tenez. Ce goût-là, c'est toute la saveur de mon enfance." Je dirais: "Inspirez fort", et vous avaleriez cet air dont la saveur serait inscrite dans votre mémoire pour le reste de vos jours, arôme exquis et sensuel, impudent et fécond des marais, parfum de Sud caniculaire, du lait frais, du sperme et du vin répandus, avec, toujours, un relent d'eau de mer. Mon âme se repaît comme l'agneau de la beauté des terres baignées d'eau de mer.
J'ai le patriotisme d'une géographie singulière sur la planète; je parle de mon pays religieusement; je suis fier de ses paysages.
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Videos de Pat Conroy (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pat Conroy
Rencontre avec Pat Conroy, le célèbre romancier américain, en Caroline du Sud, dans Les carnets de route de François Busnel consacrés au Sud des États-Unis (2011)
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