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Jean-Paul Manganaro (Traducteur)
ISBN : 2020374196
Éditeur : Seuil (12/08/2000)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le Palmier de Palermeest le récit d'une vie traversée de remords, de souvenirs d'enfance, de souvenirs liés aux déplacements d'une ville et d'une époque à l'autre. Ce roman évoque la violence de la guerre et de la mafia dans la Sicile et l'Italie de l'après-guerre à aujourd'hui. Le protagoniste, Gioachino Martinez, écrivain sicilien, devient très tôt orphelin et présume de sa responsabilité dans l'assassinat de son père. Ce sentiment de culpabilité le poursuit tout ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
mireille.lefustec
  08 novembre 2016
Titre italien "Lo spasimo di Palermo" paru en 1998.
Lu en italien à sa sortie. Relecture actuelle.
Dans un petit hôtel à Paris "La deuxième muse", où la décoration est inspirée de l'histoire du cinéma, tandis qu'il attend de rencontrer son fils, exilé pour cause de terrorisme, l'écrivain Gioacchino Martinez se souvient de son enfance en Sicile, pendant la guerre, de la tragédie enfantine, oubliée, qui a marqué sa vie, et d'un autre traumatisme, de moindre importance mais pas moins obsédant : un film que l'on passait aux jeunes garçons :" Judex ou les aventures d'un justicier en manteau noir", interrompu par les alertes, la guerre qui menaçait.
La vie de Giacchino est elle-même mutilée, blessée par la fuite d'une Sicile féroce et la désillusion de Milan, la ville refuge, qui a trahi l'espoir. Blessée également par la conscience d'avoir donné en héritage aux enfants un Pays à haïr, du désamour pour une littérature dégradée, complice de trop de fautes. Blessée par la déchirure envers une épouse très aimée qui a partagé la même lointaine tragédie, une femme qui n'a pas réussi, comme lui, à oublier pour survivre.
A Paris, il va à la cinémathèque Gaumont pour voir enfin, en entier, le film tronqué de son enfance.
A Palerme, il rencontre un autre Judex, comme la projection de celui du passé, un magistrat sans manteau, mais qui croit en l'Etat, en la loi qu'il administre, un homme qui, en allant voir sa mère, rencontrera une fin atroce.
Lo Spasimo montre impitoyablement les douleurs de l'époque présente. En ces pages, aucune absolution pour personne. le vieil écrivain est révolté, écrasé par la violence du monde : la Seconde Guerre, les "années de plomb", la puissance de la mafia sicilienne.
Vincenzo Consolo a écrit un texte sombre et envoûtant. Il conte "le chaos d'un monde et d'une époque, les débris de mémoire qui font un homme, sa défaite lorsqu'il renonce à la révolte, l'impossible retour vers l'ordre rêvé de l'enfance." (Pierre Sorgue)
L'écriture est d'une très grande qualité. Consolo était considéré comme le meilleur écrivain de son temps.
Ma deuxième lecture renforce ce que j'avais ressenti.
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isabellelemest
  24 juin 2013
Bien qu'il se défende d'écrire des romans, un genre qu'il juge imparfait, et ne veuille pas raconter une fiction, l'auteur, dans ce bel ouvrage à la prose poétique et remplie de références et d'allusions littéraires ou artistiques, se contente d'évoquer en des tableaux Impressionistes, rapides ou plus développés, quelques-unes des brisures de la vie de Gioacchino Martinez, son enfance dans la Sicile en guerre marquée par la tragédie - il a plus ou moins volontairement révélé aux occupants la cache de son père - puis son amour de toute une vie pour la jolie Lucia, qui semble avoir sombré dans la maladie mentale, enfin le drame que représente pour lui l'exil à Paris de son fils, engagé dans les révoltes des "années de plomb". de Palerme à Milan, le narrateur revient enfin dans la capitale sicilienne gangrenée par la mafia et la spéculation immobilière, pour y périr dans l'attentat de juillet 1992 qui coûta la vie au juge Falcone.
Une écriture superbe, dense, allusive, pleine de dégoût pour les maux italiens et ceux de son île, une exigence de hauteur et de pureté, un livre non seulement beau, mais aussi poignant. Il mérite bien son titre original "Les affres de Palerme".
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
mireille.lefustecmireille.lefustec   08 novembre 2016
Mur qui s'écroule, intérieur qui se révèle, fuite haletante, limier qui ne lâche pas prise, issue parmi des ruines fouettées par la pluie, ironiques statues en perspective, crânes sur les chapiteaux, masques sur le bord des fossés, magasins réduits en cendres, livres qui se dissolvent dans les mains, elle accroupie au centre d'un carrefour, elle, hurlant et sanglotant, étendue dans la chambre, revenant du seuil extrême, de la terreur de l'insuline, qui entre et sort par la porte donnant sur l'abîme, le temps est figé dans ce passage continu, dans l'absence, tout au fond il y a les séquences, les connections fermes et vraies.
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isabellelemestisabellelemest   24 juin 2013
Il passa des jours à remettre de l'ordre dans les livres. C'est par eux qu'il devait commencer, par leur géographie claire, leurs limites certaines, par leur confort, pour pouvoir s'orienter, reprendre la route.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   08 novembre 2016
Ce n'est pas moi que tu refuses, mais tous les pères, ma génération, celle qui n'a pas fait la guerre, qui aurait dû reconstruire, après le désastre, ce pays, former une nouvelle société, une vie en commun, civilisée et juste.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   08 novembre 2016
Jamais Aurelia et Chino n'étaient allés à la ville, ils n'avaient jamais entendu tant de vacarme, de hurlements appels boniments, tant vu courir et peiner au milieu des décombres, poutres fils ferrailles tôles tufs gravats, immeubles au coin des rues encore debout, tapisseries et faïences exposées à l'air, jarres et bidons écroulés sur les pavés, statues renversées, flèches d'église tranchées et coupoles éventrées.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   08 novembre 2016
Bonheur, plénitude d'exister, c'était peut-être cela, en ce lieu, en cette maison qui était pour elle aboutissement, émerveillement de tous les jours, joie secrète, pudeur d'un amour, d'un destin inespéré. Qui calmait, effaçait peu à peu les mélancolies, les offenses, l'aversion et les bassesses de son père, la séquestration du collège.
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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