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Michel Contat (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070496433
288 pages
Éditeur : Gallimard (15/11/1996)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Quatorze improvisations sur la mort de celui qui fut l'un des plus grand saxophonistes de jazz : Gilles Anquetil, Patrick Bard, Yves Buin, Jean- Claude Charles, Jerome Charyn, Max Genève, Michael Guinzburg, Jean-Claude Izzo, Jon A., Jackson, Thierry Jonquet, Bernard Meyet, Michel Le Bris, Jean-Bernard Pouy et Hervé Prudon.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ImagoProduction
  29 mars 2020
Si un livre devait être chroniqué dans cette rubrique, c'est bien ce recueil publié en 1996 à la Série Noire avec son bandeau jaune « Jazz et Polar ». Treize nouvelles, préfacées par notre confrère de Télérama, Michel Contat et écrites par des auteurs de polars, rendent hommage au génial saxophoniste, retrouvé mort à 34 ans dans l'East River en septembre 1970.
Chacun des auteurs décrit sa vision du musicien, de sa musique et de sa mort. Pour Gilles Anquetil : « L'été indien brûlait ses derniers feux. Lui seul le savait : il s'était porté disparu ». Certains parlent de son passage en France, comme soldat puis pour ses deux fameux concerts à la fondation Maeght. Comme Yves Buin « Ayler ne cachait plus le bla-bla mystique. Il pensait, faisait dans le lyrisme sacré et prosélyte. La seule violence qu'il se permettait et exprimait, c'était au travers de son saxo avec son gros son dans l'aigu et le suraigu ».
Albert_Ayler
J. Charyn met ses mots sur le free jazz d'Ayler « J'allai supplier les patrons de club parce qu'il allait bien trop loin avec son sax, comme s'il le faisait crisser vers Dieu, et il n'y avait que Dieu et une poignée de musiciens qui pouvaient vraiment l'écouter ». En toute fin, Michel le Bris qui fut rédacteur en chef de Jazz Hot revient sur le son d'Ayler : «Le vibrato […] c'est quand tu as le coeur qui déborde, ton âme qui se soulève. Que quelque chose passe à travers toi, que tu veux donner. » JC Izzo, qui s'en étonnera, retient d'Albert sa négritude et son amour des femmes.
JB Pouy fait le parallèle entre la peinture de le Tintoret et la musique d'Ayler, il lui fait dire après quelques libations « … look il disait, it's comme my music, I play saxophone as Tinetorette, look at ces coups de pinceaux, holy ghost, this guy is a bridge entre les temps… » Hervé Prudon, poète polar perdu, conclut « Quelqu'un l'a attrapé à bras-le-corps et l'a porté jusqu'au pont, et l'a jeté dans les eaux noires du fleuve. Fleuve aux effluves fauves vivifiant fort breuvage. ». Beaucoup évoquent aussi Coltrane, inspirateur, mentor. Ayler joua à son enterrement. Coltrane.
Laissons le Bris clore cet article : « Tu te souviens dans Meditations : The Father, the Son, and The Holy Ghost ? le père, c'était Coltrane, le fils, Phaorah Sanders. Et le Saint-Esprit, c'était Albert Ayler. Tu ne peux pas savoir comme al était fier quand Coltrane lui a expliqué çà.»
Et à la coda, un très court texte comme un chorus final de John Jackson.

Lien : https://www.lejazzophone.com..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ScierieScierie   03 avril 2021
Ils veulent tuer la musique. (...) Je rêve encore d'une musique faite de toutes les musiques. Je rêve de lambeaux de musique, de scories, de rebuts, de bouts de mélodie, de reliquats de rengaine, de restes incandescents. Oui, je rêve de mettre le feu à ce bazar de rythmes. Je suis un recycleur de petits riens. (...)
Pourquoi disent-ils que je suis le diable ? Je marche pour ne plus entendre leurs voix. Le seigneur est bon. Il me laisse crier.
Je n'ai jamais triché.
A la Fondation Maeght, Calder, Miró et Giacometti m'ont compris. L'homme qui marche, l'homme si frêle, si fragile, si pur, l'homme de Giacometti, c'est moi. (...) Ma musique est ma berceuse et ma course. Elle révolte les autres, moi, elle me sauve. J'ai raison. Je sais que j'ai raison. (...) Je joue l'amour, mais je sème la haine. Je n'y comprends rien à la haine. (...)
Pourquoi hurlaient à Pleyel ?
Cette question me tue. La réponse aussi. (...) Mon cri les a enragés, moi qui ne voulais que chanter la paix. Je deviens faible. J'étais si fort. Je ne savais les affronter qu'en les aimant.
J'étouffe dans ces rues. Où est le fleuve ? (...)
Maman je n'ai plus peur. Le fleuve est là.(...)
Ma musique ne va jamais s'envoler. Elle ne m'a pas englouti.
Je vais simplement m'effacer à la surface de l'eau. Avant de disparaitre je vais crier. Tu sais, ce cri silencieux et éternel.
Je ne te quitte pas, maman. Je vais ailleurs.
Au pays des fulgurances, des suraigus et de la bonté. Au pays où tout le monde est naïf. J'ai été fou. J'ai été bon aussi. Que l'eau est belle ! Je ne me tue pas. Je vais sauter dans le fleuve comme on saute dans la musique. Je n'appellerai personne à l'aide.
Regarde, maman, je nage.
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crapettecrapette   05 avril 2012
Cette musique était bien une perle que la grosse huître du monde avait sécrété autour d'un grain de sable humain qui blessait la chair. On y entendait, indicernables, la souffrance et la joie.( p.9 préface de Michel Contat)
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crapettecrapette   11 avril 2012
Tout corps placé dans un fauteuil à bascule subit une oscillation d'avant en arrière proportionnelle au volume de rhum avalé. (p.105 Le retour de Maître Misère de Jean-Claude Charles)
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crapettecrapette   05 avril 2012
Bébert de quoi j'Ayler. ( p.217 Tinetorette et Toquaille de Jean Bernard Pouy)
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Videos de Michel Contat (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Contat
Les rencontres philosophiques de Monaco // Colloques 2018 La Maison de la philosophie 2018 avec : Bernard E. Harcourt : foucault et le pouvoir Catherine Chalier : Levinas et le visage Robert Maggiori : Jankélévitch et l'amour Sandra Laugier : Wittgenstein et le language Geneviève Fraisse : Beauvoir et le sexe Miguel de Beistegui : Deleuze et le désir Michel Contat : Sartre et la liberté Camille Riquier : Bergson et le temps Géraldine Muhlmann : Arendt et le mal Marlène Zarader : Heidegger et la mort Gérarld Bensussan : Derrida et l'hospitalité Sabine Prokhoris : Freud et le rêve
Musique © Clara Dufourmantelle
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