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EAN : 9782228895927
244 pages
Éditeur : Payot et Rivages (30/04/2002)

Note moyenne : 3/5 (sur 7 notes)
Résumé :

En Afrique, Anita Conti (1899-1997) est une légende. De l'embouchure de la Mellacorée jusqu'au rio Nunez, de la Casamance à la Gambie, la première femme océanographe française demeure " la Dame blanche ". C'est qu'après la deuxième guerre mondiale elle est chargée d'établir les cartes de pêche des côtes africaines. L'enjeu est considérable : il s'agit de sauver les populations de la famine et de corriger leurs terribles carences en protéines. Anita Conti r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
nadiouchka
  11 mars 2018
Anita Conti (1899-1997), surnommée « La Dame de la mer », a hérité de ses parents le goût des voyages. Passionnée par la mer et les sciences s'y rattachant, on lui confie des missions pendant lesquelles elle apprend le dur labeur « d'observatrice des mers » et où elle établit des cartographies de zones de pêches.
Malgré un beau mariage, elle ne peut pas se contenter d'une vie tranquille et sa passion pour le milieu maritime la fait devenir photographe, écrivain et première femme océanographe.
Elle a ainsi passé sa vie, seule femme à bord, à parcourir aussi bien les mers du Nord que les côtes de l'Afrique de l'Ouest, allant de Dahomey à Terre-Neuve. Elle avait l'habitude de dire : »La mer est un miroir qui nous renvoie à notre propre ignorance ».
La lecture de l'Avant-Propos nous éclaire bien sur ses intentions :
« Dans les années soixante, Anita Conti se consacra presque exclusivement à l'Afrique noire. A ceux qui l'interrogeaient sur son travail elle répondait alors : « J'étais chargée d'études maritimes en vue d'améliorer le régime alimentaire des populations privées de protéines. Ce sujet exigeait des observations urgentes sur la pêche du poisson dans l'Ouest africain.
Tout au long des missions océanographiques qui me furent confiées, je me consacrai à l'observation des techniques de pêche maritime. Une seule question m'a toujours habitée : faut-il développer l'exploitation des richesses océaniques ? Est-ce vraiment nécessaire ? ».
C'est avec toutes ses notes prises pendant ses pérégrinations africaines, mais seulement après cinq ans, lors de son retour de Terre-Neuve, qu'Anita a écrit « Géants des mers chaudes ».
Pour cette expédition, elle embarque sur le « Hardi » qui subit tout de suite les violences de la mer : « Le Hardi roula violemment bâbord, poussé de travers. A cet instant, le sondeur ne marquait plus rien de lisible, son éclair se répétait de zéro à dix en lueurs folles. Hardi était au bord d'invisibles roches, il était bousculé par la mer, et la mer s'ouvrait en gouffres ». (page 21).
Pendant tout ce livre, on va assister aux luttes incessantes, non seulement de l'équipage qui appelle Anita « La Dame blanche » et qui se montre aux petits soins pour elle. Mais il y a aussi toutes les épreuves endurées par l'héroïne qui, en faisant escale à Dakar, se demande si elle va arriver à supporter tout l'inconfort de sa mission mais finalement, c'est « l'animal en elle » qui choisit.
Nouvel embarquement, cette fois sur « L'Ivindo » où elle va connaître le manque de sommeil, les caprices de la mer et du ciel, les multiples et diverses traditions alimentaires de l'équipage composé de personnages variés avec chacun sa religion - et donc une nourriture spéciale, ce qui fait que sur le pont du bateau des nombreux réchauds fonctionnent afin de satisfaire chacun à cause de des croyances.
Mais ceci est un détail quand on lit les multiples événements et incidents survenus pendant les opérations d'Anita. On y côtoie de nombreux requins – on assiste à quelques unes de ses analyses et surtout, l'enjeu est très important. D'ailleurs, elle n'a peur de rien et surtout pas de se « salir les mains » quand elle veut examiner profondément certaines prises.
Peur de rien, la Dame blanche, ne manque jamais de courage même au plus fort des incidents, souvent graves. L'équipage est ébahi devant son audace.
Évidemment, par sa formation d'océanographe, cela se ressent dans l'écriture mais j'ai trouvé que c'était bien intéressant car on n'assiste pas seulement à une expédition maritime puisque la science est présente.
De cette mission, Anita Conti a ramené de nombreuses photographies (d'ailleurs son matériel avait du être sérieusement protégé à cause de l'eau de mer).
Je n'en raconterai pas plus sur cette expédition et les citations pourraient être nombreuses.
Je dirai seulement que le combat fut acharné, les incidents nombreux mais l'auteure a toujours su réagir avec un grand sang-froid, aidée par ces hommes qui l'accompagnaient, de magnifiques « Géants noirs », courageux et sachant faire abstraction, eux-aussi, de leurs peurs et de leurs souffrances.
A la fin du livre, quand survient un événement majeur, tragique, et au moment où tout semblait perdu, l'héroïne écrit : « La mer est un fleuve de bêtes.
Une grande pirogue est contre nous : des hommes parlent, de vrais hommes. Ils sont attentifs. Leur pirogue ne s'enfonce pas, elle est solide.
Aucun de nous ne fait un geste. Les hommes nous prennent avec un grand soin délicat.
Ils nous sortent de la mer ». (page 245).
Fin de l'histoire et quelle histoire ! Et dire que ce n'est que le début de ses expéditions maritimes !
Une grande dame que Anita Conti et qui peut donner à réfléchir (mais qui fut aussi un exemple) à d'autres aventuriers de la mer. Elle a ouvert la porte à un grand enjeu et celle-ci reste ouverte car il y a encore beaucoup à faire.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   14 mars 2018
Oui, c’est peut-être un diassane, ou alors une raie géante, un céphaloptère, une bête ailée, une diawate… En simple français, je préfère raie cornue, ou raie à cornes, ou raie-vache. Mon cerveau rumine ce plaisir :
- Vache, raie-vache… Vache, vache, vache.
Ma pirogue escalade un dôme vert ;
A longs coups de pagaies en arrière et en sciant, les hommes tentent de freiner. Moi, avec mon harpon serré sur le cœur, je me sens vraiment un poids inutile, je n’agis plus. Autour de moi l’air est devenu flou, la pirogue vole dans un rêve.
P.227
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nadiouchkanadiouchka   17 mars 2018
La honte me brûle le visage : c’est ça l’inconnu, le pouvoir de l’inconnu. Il vous appelle, on s’élance, on s’élance pour le rejoindre, il fuit… Dans cinq minutes, que l’on soit blanc ou noir, chacun s’apercevra que ce fanfaron de Boubacar a mouillé sa cotte sur une roche ou sur une épave. C’est perdu de bateaux pourris là-dessous ! Nos lignes ont ragué dans quelque vieux chaland sombré plein de cacahuètes… Sous vingt-pieds d’eau, un chaland ou une bête géante, c’est tout pareil…
P.204
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nadiouchkanadiouchka   11 mars 2018
Ainsi va la vie… et notre bateau continuait son travail jour et nuit, nuit et jour. Une usine en marche n’a pas de répit ; son équipage non plus. Pourtant, je rêvais à la terre… l’inaccessible terre, la ligne pâle qui s’allongeait parfois comme une ombre, à l’est, au ras de l’horizon – et nous repartions vers le large et la ligne d’ombre s’effaçait.
Il n’y avait plus que la mer, et le travail et les alertes : sous-marins par ci… torpille par là… canonnades.. SOS…
Je rêvais de la terre.
P.16
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nadiouchkanadiouchka   13 mars 2018
En poursuivant le rêve que je viens d’atteindre sans le saisir, je pensais avoir murmuré des syllabes qui lui donnaient sa vérité : ô Afrique noire, j’aimais l’évocation de ta puissance énorme et sombre, embrasée d’un éternel soleil, et mon désir centré sur l’unité d’un nom appelait un seul être qui n’aurait eu qu’un seul visage.
En t’approchant, j’ai fait comme partout au monde, j’en ai vu mille, et chacun d’eux en masquait mille autres… Sans doute je n’oublierai jamais le premier accostage à travers les barres écumeuses de l’Atlantique ni le premier sommeil sur le sable.
P.24
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nadiouchkanadiouchka   09 juin 2018
C’est vrai, on n’habite pas Dakar. On y arrive, ou bien on la quitte, ou bien on s’y trouve en transit. Moi, j’y étais comme les autres, en transit – en instance d’ailleurs.
P.39
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