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EAN : 9782290120491
251 pages
J'ai lu (03/02/2016)
3.42/5   88 notes
Résumé :


"Presque toute la population de Ginger Whisker habite dans des maisons troglodytes. Nous vivons comme des taupes ou plutôt comme des wombats, puisque nous sommes australiens. Mais qu'est-ce que je suis venu foutre dans ce satané trou perdu ?"

Rien ne va plus dans la vie de Simon Crown. A trente-cinq ans, il est déjà divorcé. La station de radio dont il est propriétaire est au bord de la faillite. Pas la moindre trace d'opales dans la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Si vous aimez la chaleur, allez donc faire un tour en plein bush australien à 1300 kms d'Adélaïde, dans la petite ville de Ginger Whisker où la température moyenne est de 49/50° tous les jours sous un soleil de plomb…. En plus l'eau n'est pas très bonne à boire, extraite à 300 mètres dans le sous-sol, elle a un goût salé et produit à la fois un effet laxatif et vomitif, reste donc la bière ou/et le whisky, enfin tout ce qui est alcoolisé et bien frais, alors évidemment comme il faut se désaltérer, les habitants de Ginger Whisker boivent beaucoup, beaucoup trop.
Mais que faire d'autre à Ginger Whisker ? Quelques durs à cuire creusent des galeries dans les mines dans l'espoir d'y trouver le Filon d'opale qui fera d'eux des milliardaires, le reste des habitants se réfugie dans les maisons troglodytes, seuls lieux vivables sans avoir recours systématiquement à la climatisation. Rien que le fait de traverser la rue pour se rendre au pub constitue une épreuve, il faut le faire en apnée sinon vous avez l'impression de respirer du feu…. On se demande ce qu'est venu faire ce brave Simon Crown dans ce coin perdu du désert. Bien qu'étant propriétaire de la seule station de radio de la région et d'une mine d'opale (sans opale), il est au bord de la faillite et n'a pas d'autre choix que de s'associer avec le diable.
Avec sa verve coutumière, Kenneth Cook nous a concocté une histoire qui, si elle n'est pas sans rappeler la spirale infernale de son roman Cinq matins de trop, se pare d'un humour corrosif et implacable comme le soleil du désert, et rappelle le ton léger et moqueur de ses trois recueils de nouvelles : le koala tueur, La vengeance du wombat et l'Ivresse du kangourou. A déguster sans modération, mais à l'ombre de préférence….



« Quel looser attachant, ce Simon Crown, doux rêveur et entrepreneur à l'esprit cynique, gentleman alcoolique entouré de goujats sans scrupules… Publié en 1977, le blues du troglodyte est sans doute le roman de Kenneth Cook où l'auteur se dévoile le plus. Sachez qu'il a été plusieurs fois ruiné dans sa vie, et qu'il était connu pour inviter son banquier du moment à un « liquid lunch » (déjeuner bien arrosé) au cours duquel il parvenait à obtenir des prêts inouïs (et difficilement remboursables). Drôle, encombré d'une conscience qui ne le lâche pas, empêtré dans une succession de situations absurdes, scandaleuses et insoutenables… On retrouve bien là le narrateur des nouvelles du bush. [...] Cook écrit sans artifice, avec son coeur, ses tripes, son humour et un esprit tranchant [...] du grand Cook, assurément. » Mireille Vignol (traductrice attitrée de Kenneth Cook).

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Comment définir Kennet Cook sinon de ne pas prendre au sérieux ses "délires" comme lui le fait .
ses histoires au fin fond du bush australien où peu d'âmes sensées voudraient vivre; un désert, de la chaleur, beaucoup d'alcool, une histoire rocambolesque , des bons et des méchants et en prime des références à d'autres titres de l'auteur, le tout emballé par une écriture simple, un monologue introspectif ,mais pas trop quand même, un questionnement sur la vie dérisoire de "son héros".
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Simon Crown est un loser dans toute sa splendeur : à trente-cinq ans, il est en instance de divorce et est parti s'installer en plein Outback, à Ginger Whisker, au milieu des mines d'opale et des maisons troglodytes, qui sont le seul moyen de supporter la chaleur suffocante de la journée, avec les pubs, extrêmement nombreux proportionnellement à la taille de la ville, emplis de mineurs une fois que le travail est terminé. A la fois propriétaire d'une station de radio et d'une mine, il est criblé de dettes, passe ses journées et ses nuits à boire, selon les heures bière ou whisky. Et puis, un jour, au milieu de ce quotidien pathétique, son banquier lui propose un partenariat avec un des pontes de la ville afin de lui permettre d'éponger ses dettes, et peut-être même de faire fortune. le sang de Simon, imbibé d'alcool comme d'habitude, ne fait qu'un tour…

Avec un personnage principal pareil, qui suinte l'anti-héros dès les premières lignes, l'on ne peut que prendre ce roman au second degré, et heureusement, parce que plus les pages filent, plus les situations sont déjantées, jusqu'à la scène quasi finale complètement surréaliste, summum et de la vie dépravée ayant cours à Ginger Whisker, et de la loose de Simon, comme toujours subissant les évènements qui ont lieu autour de lui et avec lui. Déjanté aussi est l'esprit de Simon, que nous suivons par l'intermédiaire d'une narration à la première personne, et qui passe son temps à dériver dans des digressions égocentrées on ne peut plus futiles, ne faisant que renforcer le pathétique du personnage. Personnage somme toute pathétique, mais qui finit par être, un peu, attachant.

Derrière notre anti-héros se dessine également une image pas forcément plus glorieuse de l'Australie des marges, géographiques s'entend, qui se laisse vivre au rythme de la chaleur du désert, à la recherche de la moindre occasion de faire de l'argent, plus ou légalement, de boire jusqu'à plus soif, de trouver un sens à une vie bien morne.

En somme, une deuxième bonne surprise estivale que ce Blues du troglodyte.
Lien : https://lartetletreblog.com/..
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Simon Crown, 35 ans, divorcé (c'est important pour lui), propriétaire d'une radio et d'une mine d'opales qui ne lui rapportent rien ni l'une ni l'autre, traîne sa ruine, son alcoolisme et sa déprime de pub en pub dans ce patelin de Ginger Whisker, paumé au fin fond de l'Outback australien.

Sa première question, quand il se lève : "Combien de verres/bouteilles hier, et de quoi au juste ?"

La deuxième :"Par quoi on commence, bière ou whisky ?"

Le reste de la journée se passant ensuite à essayer d'éradiquer les symptômes de gueule de bois sévère et de raccrocher les wagons à propos de ce qui a pu se passer la veille quand il était dans le brouillard…

C'est qu'il n'est pas très chanceux, Simon, pas très réfléchi non plus, sinon que ferait-il dans ce trou, vivant également dans un trou (si si, une maison troglodyte, techniquement c'est un trou !), à cavaler après l'idée qu'un jour ses possessions seraient rentables ?

Comme il n'est pas bien conséquent par-dessus le marché, ces qualités rares vont l'amener à rencontrer des personnes peu fréquentables, à prendre de regrettables décisions, et à le plonger dans une mouise totale noyée de flots d'alcool sans fin.

On est loin de la franche rigolade des histoires du bush croquées par le génial Kenneth Cook qui voyait des koalas tueurs partout et subissait la vengeance de wombats assoiffés de sang, dans cet Outback qu'il avait sillonné de long en large.

Mais la vie de Kenneth Cook n'était sûrement pas que de la franche rigolade non plus.

Il brosse le portrait d'un paumé gardant un soupçon d'élégance dans l'ironie, se flanquant dans les pires situations avec une constance remarquable, qui a sûrement beaucoup à voir avec l'auteur lui-même.

Je ne doute pas qu'il ait eu une certaine expérience de ce qu'il décrit là.

Sa plume se réjouit assez férocement des misères de ce brave Simon et de ses choix contestables, mais le rattrape toujours par les bretelles au moment où on finirait par le trouver insupportable.
Ses descriptions hallucinantes des environs de Ginger Whisker, des étendues désertiques recouvertes de carcasses de bagnoles et de canettes à perte de vue autour des mines d'opales sous un soleil de plomb, de cette chaleur à laquelle il est impossible d'échapper sauf à traîner d'un pub climatisé à l'autre, m'ont plongée la tête la première dans un univers assez désespérant, toujours relevé de cette raillerie moqueuse que Cook manie avec un dextérité sans faille.

L'univers de l'opale, ça râpe et de petites paillettes roses se collent partout.
Du rose, il n'y en a pas ailleurs dans ce roman rugueux !
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Décadence dans le bush australien.

Simon Crown, looser alcoolique, tente, tant bien que ma,l de maintenir à flot sa vie et ses finances.
Propriétaire de la radio locale de Ginger Whisker, localité perdue au milieu du désert australien et d'une mine d'opale, il n'a guère de perspective. Sa radio ne décolle pas, sa mine ne donne rien et son banquier ne souhaite plus lui faire crédit. Il boit pour oublier. Bière, vin, whisky, gin tonic tout est bon pour se désaltérer.
Quand il n'est pas à la radio, il est au pub.
Looser, rarement sobre, mais avec des valeurs et une certaine éthique, tout de même.

Quand Ron Dalton lui propose de racheter la moitié de ses parts dans la radio et la mine d'opale et de lui verser un salaire mensuel, Simon Crown voit là enfin la chance d'éviter la faillite et d'apaiser ses angoisses.

Simon Crown signe l'accord en étant incapable d'en comprendre la teneur puisqu'une fois encore il est dans un état second compte tenu de tout ce qu'il a ingurgité.
Satisfait et inquiet, Simon se demande bien pourquoi Ron Dalton investit dans une radio qui ne fait aucun bénéfice et une mine qui pour l'instant ne donne pas d'opale.
Quand enfin il comprendra les raisons de l'investissement de Ron Dalton, il sera tiraillé entre l'idée d'en profiter et le fait de rester éthique.
Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas dévoiler l'issue de cette aventure.


Kenneth Cook nous embarque dans la vie déjantée de Simon Crown, ses doutes, ses erreurs, ses réflexions futiles et drôles et son incapacité à rester sobre pour faire face aux évènements.
L'ambiance du bush, la lumière étourdissante, la chaleur étouffante sont parfaitement retranscrites.
L'écriture est envoutante. En quelques pages, vous avez le sentiment de connaître personnellement Simon Crown.

Dérision et autodérision pour ce récit attachant.
Un très bon moment de lecture.


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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
J'ai un double problème quand je m'endors : j'ai toujours peur de ne pas me réveiller et toujours conscience qu'il va probablement falloir que je finisse par me réveiller.
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Tony aime donner l'impression qu'il est un obsédé sexuel enragé, réfrénant ses pulsions grâce aux limites imposées par sa philosophie, contrairement au reste d'entre nous qui réfrénons nos pulsions grâce aux limites imposées par nos capacités.
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Je regagne donc ma station de radio - notre station de radio - déconcerté ; je me sens mieux grâce à la bière tout en sachant que lorsqu'elle cessera de faire effet, je me sentirai pire - ou sinon pire, en proie au besoin d'en boire davantage. Mais après tout, pourquoi n'en boirais-je pas plus ? Pourquoi ne passerais-je pas ma vie bourré comme un coing ? C'est un concept plutôt logique, quand on y réfléchit. S'il y a une créature au monde qui a besoin d'aide extérieure pour traverser la vie, c'est bien l'homme... cette frêle créature.
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Je pénètre dans l'obscurité du bar où la climatisation lutte en vain contre l'énergie qui se dégage de trois ou quatre cents corps d'hommes en sueur.
Ils sont tous roses. Ca me surprend toujours. Ils sortent des puits de mine ou d'extraction à ciel ouvert et vont droit au pub, chaque centimètre carré de chair exposée incrusté de poussière rose. On dirait qu'ils sont tous maquillés à la truelle.
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Je cohabite avec des milliers de fantômes qui s'agitent dans mon cerveau : ma femme, mes dettes et la futilité de mon existence que je rends encore plus futile en perdant mon temps à réfléchir à sa futilité.
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