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ISBN : 2021087069
Éditeur : Seuil (10/09/2015)

Note moyenne : 3.11/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Philip Anders, critique littéraire, s’interroge : pourquoi son ami l’écrivain Julian Wells s’est-il tranché les veines dans une barque, au milieu de l’étang de sa propriété des Hamptons ? Le suicide est irréfutable, ses raisons impénétrables.
En enquêtant sur leur passé commun ? un voyage en Argentine du temps de la dictature militaire, au cours duquel leur jolie guide Marisol avait disparu ? mais aussi sur l’œuvre de Julian, hantée par des tueurs aussi abom... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  23 août 2018
Julian Wells, écrivain-voyageur, s'est suicidé, seul dans une barque, au milieu de son étang, dans les Hamptons. En se taillant les veines. Pourquoi ce geste si brutal ? C'est ce que se demande aujourd'hui son meilleur ami, Philip Anders, critique littéraire new-yorkais. Aurait-il su trouver les mots pour l'empêcher de se donner la mort ? Avec Loretta, la soeur cadette de Julian, ils essaient de trouver un sens à tout cela. de nature plutôt sombre et réservée, Julian a beaucoup écrit sur les tueurs en série, tel que Andreï Tchikatilo, sur la cruelle comtesse Báthory, sur les tortures de Cuenca ou encore sur le drame d'Oradour-sur-Glane. Des sujets pour le moins tragiques qui auront, au fil des voyages et des écrits, fait sombrer l'écrivain. Mais, Philip se rappelle aujourd'hui que son meilleur ami a beaucoup changé depuis leur retour d'un voyage en Argentine, de nombreuses années auparavant. Un séjour au cours duquel les deux jeunes hommes firent la rencontre de Marisol, une guide...
De Paris à Iguaçu en passant par Oradour-sur-Glane, Londres, Rostov ou encore Buenos Aires, Philip Anders nous emmène sur les traces de son ami, Julian Wells, dans le seul but de comprendre le geste de son ami. Et tenter d'en dresser un portrait, aussi juste soit-il, grâce à ses propres souvenirs, aux romans de l'écrivain et à sa soeur, Loretta. Sur fond d'espionnage, de tragédies historiques et de références littéraires, Thomas H. Cook nous plonge dans un roman profondément noir. Comme dans la plupart de ses romans, il s'intéresse ici aux relations familiales mais aussi au Mal, à la duplicité, aux apparences, à la mémoire historique, à la vérité ou encore à l'amitié. Croyances, doutes et méprises jusqu'au twist final inattendu. Un roman psychologique érudit, surprenant et enrichissant malgré quelques longueurs. L'écriture, quant à elle, se révèle dense, riche et intelligente.
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nameless
  25 décembre 2015
A la suite du suicide incompréhensible de Julian Wells, son ami Philip Anders, critique littéraire, et sa soeur Loretta, correctrice dans une maison d'édition, vont remonter le cours de la vie du défunt dans un douloureux pélerinage qui va les entraîner aux quatre coins du monde, partout où Julian s'est rendu pour récolter la matière des histoires dont il était un spécialiste reconnu : celles de tueurs en série, dictateurs sanguinaires, contemporains ou appartenant à l'Histoire. Car c'est bien dans la trajectoire déroutante de Julian, qui ne rentrait chez lui que pour mieux en repartir, que Philip et Loretta espèrent trouver des réponses aux questions qui les hantent. Pourquoi Julian s'est-il donné la mort ? Pourquoi n'ont-ils rien vu venir ? Quel est donc ce crime dont il s'accuse dans la dédicace de l'un de ses livres à son ami, “A Philip, le seul témoin de mon crime” ? Pourquoi s'est-il tranché les veines sur une barque au milieu d'un étang, comme pour vider son corps de sa culpabilité ?

Espagne, France, Hongrie, Ukraine, c'est finalement en Argentine qu'ils termineront leur périple mortifère, là où des années plus tôt, au cours d'un voyage d'agrément qu'avaient partagé Philip et Julian, ce dernier avait été marqué au fer rouge par la disparition mystérieuse de Marisol, leur guide touristique, dans un contexte politique de didacture qui rendait banals et quotidiens les rapts, tortures et autres assassinats institutionnels.

On peut difficilement donner davantage d'éléments sans déflorer le trentième et éblouissant roman de Thomas H. Cook. Pour la première fois, à ma connaissance, l'auteur sort son intrigue du huis-clos familial comme pour mondialiser ses questionnements obsessionnels sur la culpabilité, la filiation, les conséquences de chaque acte, le travail de mémoire auxquels il ajoute plus spécifiquement dans ce roman, la duplicité, (“Le moment où le visage de la personne que l'on croit connaître change, où l'on soupçonne qu'il y a une chose terrible derrière son masque” p. 209-10), la trahison (“la trahison, c'est comme un glissement de terrain dans l'âme, non ?” p. 148), qu'il analyse à travers des faits historiques, le massacre d'Oradour-sur-Glane ou la dictature militaire qu'ont subie les argentins entre 76 et 83. Pour faire simple, je dirais que Thomas H. Cook transpose ses thèmes de prédilection du niveau familial au niveau planétaire.

Qui était réellement Julian Wells ? Des indices sont semés au fil des pages. Avec son érudition habituelle, sa culture littéraire étourdissante, l'auteur cite des romanciers comme Graham Greene, Eric Ambler, renommés pour leurs romans d'espionnage dans lesquels les doubles vies, les faux-semblants, les mensonges ont la part belle. Le père de Philip est un ancien diplomate à la retraite....

Sans détective, sans enquête policière, sans cadavres démembrés, ce qui prouve une fois encore qu'il conviendrait de décoller de Thomas H. Cook cette étiquette d'auteur de romans “policiers”, pour en faire une fois pour toutes, un grand auteur sans extension réductrice de son talent, il sonde l'âme humaine dans sa noirceur la plus absolue en procurant au lecteur un indéfinissable malaise. Car ne sommes-nous pas tous, peu ou prou, des Julian Wells ? Qu'avons-nous à cacher ?

“Joue le chaton, dissimule la tigresse” (p. 155)

Très joyeuses fêtes à toutes et tous !
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LePamplemousse
  21 septembre 2015
Julian Wells était un écrivain passionné, hanté par le Mal, il a écrit plusieurs livres portant sur des tueurs célèbres ou des horreurs commises dans divers pays du monde, que ce soit l'histoire d' un tueur en série russe, d'une comtesse sanguinaire, les nombreuses disparitions en Argentine ou le drame d' Oradour sur Glane en France.
Il se suicide un jour au retour d'un voyage, sans que rien ne laisse supposer qu'il n'allait pas bien.
Son meilleur ami et sa soeur mènent alors une sorte d'enquête pour comprendre cette mort, et cela les amènent à creuser toute la vie de Julian, et à revenir sur un événement qui a longtemps hanté Julian : la disparition de son guide touristique, lors d'un voyage effectué 30 ans plus tôt.
Petite déception pour le dernier roman de cet auteur que j'aime beaucoup.
Sans trop révéler l'intrigue, je dirais juste que Thomas Cook a utilisé la même recette que dans plusieurs de ses précédents ouvrages, à savoir une intrigue davantage psychologique que basée sur l'action, et une révélation finale surprenante.
Sauf que dans ce dernier roman, je me suis un peu ennuyée, j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs, des passages sans intérêt direct avec l'histoire principale, et que la fameuse révélation finale n'avait franchement rien de fracassant, je me doutais d'une bonne partie depuis le début.
Le roman fait moins de 300 pages mais il m'a semblé un peu long et j'ai eu l'impression de tourner en rond et de toujours revenir sur un même événement.
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Ambages
  28 décembre 2016
"La trahison, c'est comme un glissement de terrain dans l'âme."
Philip Anders se demande s'il connaissait si bien que cela son ami Julian Wells. Ce dernier s'est donné la mort, un soir, seul sur une barque flottant sur un lac. Philip ne comprenant pas ce suicide, décide de creuser dans le passé, dans la vie de Julian pour trouver des réponses. Pensant trouver ainsi les mots qu'il auraient pu dire à son ami s'il avait été sur la barque avec lui, pour l'empêcher de commettre l'irréparable. Ils se connaissent depuis l'enfance et sont tous deux amateurs de lettres, simplement le premier est devenu critique littéraire et Julian a décidé d'écrire des livres sur les tueurs les plus abominables de l'histoire. Afin de s'imprégner au mieux de la réalité des lieux et des esprits Julian a toujours parcouru le monde, sans attache réelle, à l'exception de sa soeur et de Philip. Mais Philip s'aperçoit qu'il n'était pas là sur la barque. Il commence alors à mettre ses pas dans ceux de la personne qu'il admirait, Julian. "J'étais allé à Paris, à Oradour-sur-Glane, à Londres, à Budapest, à Cachtice, à Rostov et maintenant j'étais revenu à Buenos Aires." En creusant le passé des souvenirs font surface et des phrases de Julian lui reviennent : "Quand on vit dans le mensonge, la vérité se paye au prix fort." Que pouvait bien signifier ces petits cailloux éparpillés dans sa mémoire ? "Refuser de grandir, disait-il, est une forme de crime." Qu'avait bien pu faire Julian ? "Avant le crime, il y a la dissimulation." Lui aurait-il caché des choses importantes, lui qui pensait tout partager avec Julian. 
J'ai beaucoup apprécié ce roman à suspens, impossible de le lâcher sans l'avoir terminé d'une traite. Thomas H. Cook a une belle plume. En outre, c'est bien construit, bien étayé et on fait un tour du monde, certes des abominations, mais c'est aussi une partie de notre histoire. le chapitre "Après" est remarquable pour clore le roman, bref je voulais savoir ! Est-ce une bonne idée ? Oh mon père, est-ce vraiment une bonne idée ?  ...."parce qu'il n'existe pas de réponse à notre zachem."
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Crossroads
  24 janvier 2018
Cook fait partie de mes auteurs doudou.
J'aime à me retrouver en sa compagnie, me laisser bercer par sa plume ensorcelante et embarquer dans les méandres du temps qu'il distord souvent avec brio. Dany, de son prénom.
Julian Wells est mort.
L'eau tue. La tasse il a bu, aidé en cela par le tailladage en règle de ses deux veines.
Le gars a coulé comme une pierre. Un bloc minéral de douleur qui plongea ses proches dans un profond désarroi.
Philip Anders, ami de l'écrivain trop tôt disparu et dont le suicide apparaît comme une évidence, se résoud difficilement à ce dénouement morbide.
Pourquoi ? Et si oui, comment ? Combien le p'tit chat dans la vitrine ?
Un premier leitmotiv qui le taraude désormais et auquel il se jure bien d'apporter des réponses afin de retrouver les nuits sereines et réparatrices, à base d'huiles essentielles de jojoba et d'acides aminés essentiels, qui étaient les siennes auparavant...
C'est dans un passé lointain que la réponse tu trouveras, Philip.
Pas hier. Pas avant-hier. Pas av... oui, bon, ça va, on a compris.
Mais en des temps lointains, bénis de joie et d'insouciance, que tu partageais alors avec Juju le ténébreux aux quatre coins du monde.
Alternant passé et présent, comme d'hab, Cook innove rarement dans la construction de ses écrits, le mieux représentant l'ennemi du bien, très certainement.
Un policier habilement torché à l'écriture fouillée, c'est déjà pas mal, mais si, en plus, l'on en ressort avec 0,0003 points de QI en sus, alors là c'est Byzance.
C'est pourquoi Cook, dans un noble souci de satisfaction client, répondra une fois encore à mes attentes en vantant les mérites si particuliers de quelques spécimens notoires, véritables pointures dans leur domaine, le petit monde feutré des assassins multirécidivistes. Ainsi croiserons-nous la délicieuse Erzsébet Bathory, avantageusement surnommée la Comtesse sanglante ou bien encore Tchikatilo, l'Éventreur rouge de Rostov. Ma préférence allant à ce dernier, question de sensibilité commune, j'imagine.
Le crime de Julian Wells est loin d'être échevelé.
Cook est un adepte forcené de la lenteur.
En maître coq soucieux du travail bien fait, Cook joue avec L Histoire et les secrets de famille sans faire dans la nouvelle cuisine et c'est précisément ce que j'aime chez lui.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   01 novembre 2015
L’une de ses plus sombres et de ses plus brillantes histoires. À découvrir sans faute.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   23 août 2018
Ce n'est pas tant qu'on vieillit, me dis-je, mais plutôt qu'on vieillit dans le déclin de ses facultés intellectuelles doublé de la dégradation physique, et que cette épreuve est d'autant plus cuisante qu'on a conscience que rien ne s'améliorera jamais plus. Aucune aube nouvelle ne sera plus lumineuse que celle qui vient de se lever, et cette tristesse est d'autant plus profonde qu'elle s'accompagne de la peur de la mort.
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namelessnameless   23 décembre 2015
Dans les grands textes mythiques, elle est toujours d'une rare beauté, celle dont la perte tourmente un homme. Depuis que l'apparition d'Hélène sur les remparts de Sparte éblouit pareillement les hommes de deux armées ennemies, nous faisons peu de cas, en littérature du moins, des filles au physique quelconque.

Page 80 - Seuil
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AmbagesAmbages   11 décembre 2016
- Julian m'a dit que sur les murs des cellules du goulag, les prisonniers ont écrit un mot plus que tout autre, reprit-il au bout d'un moment. On ne s'y attendrait pas, à ce mot. Ce n'est ni maman, ni papa, ni Dieu.
Il parut être à nouveau en compagnie de mon ancien ami, scrutant la gravité de ses traits.
- C'est zachem.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demandai-je.
- Ça veut dire ''pourquoi''.
Le regard d'Eduardo se fit plus noir, plus intense.
- Je pense qu'il était aussi gravé dans l'esprit de Julian, ce mot, dit-il. Et qu'il y a été gravé par une trahison.
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namelessnameless   24 décembre 2015
Il y a des ponts qui, une fois franchis, ne permettent pas de revenir en arrière, et il ne reste plus qu'à tirer le meilleur parti de la rive qu'on a choisie.

Page 27 - Seuil
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zofiamiuzofiamiu   22 juin 2016
Julian a toujours été proche des prostitués, mais je ne crois pas qu'il ait jamais sollicité leurs services.
- Parce que vous pensez qu'il aurait dû ? demandais-je.
René réfléchit, puis leva sa main droite et ferma le poing.
- Quand on est avec sa femme, avec ses enfants, et même avec ses amis, on est comme ça, dit-il. Mais quand on est avec une pute, on est comme ça.
Il ouvrit sa main comme s'il libérait un oiseau de sa cage.
- On peut lui dire les vérités qu'on cache aux autres, poursuivit-il. Qu'on déteste la vie qu'on mène, que ses amis sont stupides, qu'on est détruit par son travail, qu'on est un imposteur à ses propres yeux.
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Videos de Thomas H. Cook (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas H. Cook
Evidence Of Blood Trailer 1998
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