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EAN : 9782021114126
400 pages
Éditeur : Seuil (27/03/2014)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Sam et Sandrine Madison enseignent tous deux — elle l'histoire et lui la littérature — à l'université Coburn, en Géorgie. La nuit où Sandrine succombe à un mélange de vodka et de Demerol, on peut croire à un suicide. Le comportement singulier de Sam lui vaut cependant d’être accusé du meurtre de sa femme, malgré l'absence de preuve. Aux premières heures du procès, tout est envisageable: Sam semble sincèrement effondré et, à l'entendre, Sandrine avait de bonnes raiso... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  16 août 2015
Sam et Sandrine se sont rencontrés durant leurs études, au moment où le champ des possibles déploie son horizon illimité devant la jeunesse avide de se réaliser. Elle rêve d'ouvrir une école, il est sûr d'écrire un grand roman. Jeunes mariés, ils se rendent en voyage de noces en Europe, en Italie, en France où ils passent une journée à Albi, qui se révélera essentielle dans la compréhension de l'intrigue.

Que s'est-il passé après ce démarrage tonitruant, amoureux et enthousiaste de leur vie commune ? Ils échouent à Coburn (Géorgie), petite ville à la mentalité étriquée, infectée par le poids des conventions, endormie, pour devenir professeur de littérature américaine et anglaise en ce qui concerne Sam et professeur d'histoire en ce qui concerne Sandrine. La communauté les considère comme des privilégiés : “A leurs yeux, j'étais un homme ayant une très bonne situation, à peine pouvait-on parler de travail entre les vacances d'été, les congés sabbatiques rémunérés et toutes les fêtes religieuses que connaît l'humanité. J'étais professeur titulaire, ce qui pour la population de Coburn était le ticket gagnant pour une retraite dorée. Je ne pouvais même pas être licencié” (p.37). “N'était-ce pas justement des enseignants beaux parleurs comme moi qui farcissaient le crâne de leurs enfants d'athéisme, de socialisme ou pire, insufflaient dans leurs jeunes esprits jusqu'alors sans souillure, des rêves fumeux tels que changer le monde ou écrire un grand roman, sans pour autant leur transmettre une seule compétence qui leur permettrait plus tard de trouver un emploi, leur évitant ainsi de retourner vivre chez leurs parents pour rester assis, l'air maussade, devant la télévision, bouillant d'espoirs irréalisables ?” (p.31)

Il faut dire que Sam et Sandrine font ce qu'il faut pour se rendre odieux : pédants, condescendants, méprisants. Ils vivent en vase clos, uniquement nourris de textes anciens dont ils s'adressent des citations comme autant d'énigmes à résoudre, comme autant de preuves de leurs cerveaux sur-dimensionnés, supérieurs. La conversation la plus banale chez eux tourne autour des Athéniens ou des Spartiates. Ils passent leur temps à lire dans ce qu'ils ont pompeusement baptisé “le scriptorium”, et lorsque Alexandria (surtout pas Ali, trop vulgaire), envisage de devenir fleuriste, Sam se garde bien de l'encourager, considérant ce métier dans lequel se serait épanouie sa fille unique comme méprisable.

Mais les aléas de la vie se chargent quelquefois de rattraper ceux qui se prennent pour de purs esprits. Peu de temps après que Sandrine se découvre, via un diagnostic médical, atteinte de la maladie de Charcot, elle est retrouvée morte dans son lit, victime d'un cocktail létal de Demerol et de Vodka, ayant laissé auprès d'elle un mot abscons évoquant Cléopâtre. Pour Sandrine, “Cléopâtre symbolise peut-être avant tout une vie qui s'est perdue dans le temps, les travaux de ses chroniqueurs ayant été détruits par le feu ou par l'eau, elle-même n'ayant pas écrit ses mémoires, une femme dont il ne reste presque rien sinon un portrait – seulement un portrait imaginaire – frappé sur des pièces anciennes.” (p. 219).

Suicide ? Oui mais... Non mais... Sam est suspecté de son meurtre ou suicide assisté, et voilà que commence le roman, construit comme une machine de guerre qui va dynamiter le lecteur, victime de son intensité. 10 jours de procès qui composent les dix parties du récit. Que ceux qui n'apprécient guère les romans de procédure judiciaire américaine, dont le sens échappe à bon nombre d'européens, ne s'inquiètent pas. Car ces 10 jours ne sont qu'un prétexte pour permettre à Sam, au fil des témoignages, de mentalement s'échapper, de sortir de son corps, pour se remémorer son histoire d'amour avec Sandrine. Il remonte aux origines. Lui, insensible, distant, pratiquement sans affect, plonge dans son passé pour tenter de comprendre comment et pourquoi il est dans le box des accusés.

Il est inutile de dire un mot sur le style, l'originalité, la puissance et l'intelligence des intrigues de Thomas H. Cook qui révèle en outre dans “Le dernier message de Sandrine Madison”, une culture littéraire impressionnante, puisque je veux croire que tout le monde est déjà au courant de ses qualités. Après avoir lu cette magnifique histoire, vous vous demanderez peut-être, comme moi : “Mais qu'ai-je fait de ma vie ?”. “Est-elle bien en conformité avec ce que j'ai rêvé ?”

ps : mention spéciale pour le personnage d'April, femme blessée, considérée comme une pauvre idiote par Sam, je vous laisse la découvrir. Eh bien non, je ne vais pas tout révéler... A vous de jouer...

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marina53
  07 janvier 2016
Samuel et Sandrine se sont rencontrés au cours de leurs études. Ils ont des projets, elle d'ouvrir une école, lui, d'écrire un roman. Ils se sont mariés peu de temps après et ont eu une fille, Alexandria, aujourd'hui adulte. Ils se sont installés à Coburn, en Géorgie. Elle est professeur d'histoire, lui, de littérature américaine et anglaise. Aucun projet ne prend forme, le couple en pâtit. Vient le temps de la rancoeur, de la déception. Lorsque Samuel découvre le corps de sa femme sans vie, il ne semble guère affecté. Pour lui, cela ne fait aucun doute: elle s'est suicidée. Mais son comportement étrange, parfois cynique, interpelle les autorités locales qui pensent aussitôt à un meurtre, et ce, malgré l'absence véritable de preuves. Il est alors inculpé et jugé...
Le roman commence au premier jour du procès. Tel un spectateur, nous écoutons les témoins se succéder durant les 10 jours que durera le procès. Se dévoilent ainsi sous nos yeux les personnalités de Samuel et Sandrine, leurs sentiments et émotions, ainsi que ce qui se cachait dans leur couple. Personnages au fort caractère, sûrs d'eux, très cultivés, ils suscitaient aussi bien la jalousie que le mépris. Mais qu'a-t-il pu bien se passer entre eux pour que Sam en vienne à tuer sa femme, comme le pensent la plupart des habitants de Coburn? L'a-t-il vraiment tuée ou s'est-elle suicidée? Thomas H. Cook nous fait douter tout au long du roman et finit par une pirouette fine et inattendue. Il donne la parole à Samuel qui nous livre certains moments de sa vie avec Sandrine, se réfugiant ainsi dans son passé. Malheureusement, il devra faire face aux chefs d'accusation qui s'accumulent. Intelligent, rondement mené et servi par une écriture riche, ce roman captivant ne délivre ses ficelles qu'à la toute fin.
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Crossroads
  18 janvier 2016
Sandrine Madison n'est plus.
Absorption de médocs, à l'excès.
Ne reste que son mari et sa détresse.
En y repensant, y aurait bien une très légère tracasserie supplémentaire pour Sam, son procès à venir pour assassinat...
Un Cook masterchef, rien de moins, avec le Dernier Message de Sandrine Madison.
L'exercice du huis clos lasse rapidement ou fascine d'entrée de jeu, c'est selon.
Avec ce procès particulièrement bien torché, Cook, comme dans bon nombre de ses bouquins, distille le doute tel le bouilleur particulièrement habile qu'il est.
Coupable, innocent, une question qui taraude le lecteur envoûté par cet équilibriste des mots sachant tenir en haleine comme personne.
Alternant audience proprement dite et quotidien des Madison avant que Sandrine ne se plante méchamment sur la posologie à respecter, Cook instaure un climat de doute perpétuel quant à la réelle motivation de ses deux acteurs sur le déclin.
Un couple qui se désagrège un peu plus chaque jour, l'amour qui se fait la malle, bien malin qui pourrait décréter Sam coupable d'homicide ou simplement victime expiatoire d'une femme manipulatrice à l'imagination fertile et aiguisée.
Cook sait écrire.
Cook sait conter.
Cook sait bien, très beaucoup bien même.
Un dernier message qui ne devrait pas rester lettre morte...
4,5/5
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Dixie39
  01 avril 2017
Dans ce roman, on suit un procès du premier à son dernier jour. Sur le banc des accusés : Sam Madison, universitaire pédant, se trouve mis en examen pour le meurtre de sa femme, Sandrine.
Aurait-il maquillé en suicide cet acte tragique ? Rien ne semblait plus aller entre les deux époux, et l'annonce de la maladie de Charcot dont souffre sa femme, n'aurait-elle pas été l'élément déclencheur d'une mise en scène pour nous faire croire au geste désespéré de Sandrine ?
Ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre, ce n'est pas le déroulement du procès, mais cette plongée dans le passé des personnages et le psychisme de Sam : Suivre ses pensées, remonter le temps avec lui, pour comprendre tout ce qui a pu le désigner comme coupable potentiel, le sentir indifférent, puis petit à petit, ferré et aux abois comme une bête éblouie, tétanisée par les phares d'une voiture.
"Quel foutu jeu de dé, le coeur humain."
Le rythme est lent, posé, mais on ne s'y ennuie pas. Certains portraits sont vraiment ciselés d'une main de maître : Morty, l'avocat est une caricature à lui tout seul ; j'ai bien aimé le couple Avril-Clayton, je l'ai trouvé assez touchant… l'empathie par contre, n'est pas d'emblée là pour Sam, avec cette question qui nous taraude tout du long : l'a-t-il tuée ou ne l'a-t-il pas tuée ?
Le délitement de cette grande histoire d'amour, de ce coup de foudre sous la plume de Thomas H. Cook est palpable : On les voit tous les deux pris au piège des petites déceptions quotidiennes, englués dans une réalité qui escamote leurs grandes aspirations et leurs rêves les plus fous.
Et tout cela éclairé peu à peu par le dernier message de Sandrine Madison
"Ce n'est pas important Sam. Écoute-moi maintenant. Parce que je sais comment te sortir de cet enfer."
Lien : http://page39.eklablog.com/l..
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Ellane92
  11 avril 2017
Moi qui lis un certain nombre de romans policiers et de thrillers, je suis souvent surprise par les livres que l'on peut dénicher dans cette catégorie d'ouvrages. le dernier message de Sandrine Madison est assez loin des canons habituels du genre : il n'y a pas de policiers (à part en tant que témoins au procès), il n'y a pas de courses poursuites, de dangers, voire de suspense : ce livre relate dix journées de la vie de Sam Madison, professeur de littérature de la petite université de Coburn, où Sandrine enseignait l'histoire. La première journée suivie est celle de l'ouverture du procès : Sam est accusé du meurtre de sa femme, alors que lui affirme qu'elle s'est suicidée. Il n'y a donc qu'un seul suspect dans ce livre, héros qui doute de beaucoup de choses, y compris de son innocence, et le suspense, si l'on peut dire, est relatif à la mort de Sandrine : s'agit-il d'un suicide, ou bien l'a-t-on aidé ? Sam sera-t-il reconnu coupable ou innocent ?
Je n'ai personnellement jamais douté dans ce livre. Ni des actes ou absences d'acte de Sam, ni, pour ne pas spoiler, "du pourquoi et du comment" on se retrouve dans cette situation.
J'ai beaucoup apprécié de me promener dans les souvenirs de Sam, de le voir petit à petit passer par différentes émotions (comme l'étonnement, le mépris, la colère, la peur... et même la tristesse !), comprendre et évoluer. T. H. Cook nous dresse un joli portrait croisé de femme volontaire et brillante au travers de son évocation de Sandrine par Sam, mais aussi de leur fille, de sa soeur, d'un ami... Une très chouette découverte, que je vous conseille vivement !
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critiques presse (2)
LeFigaro   11 août 2014
Thomas H. Cook utilise avec maestria le cadre le plus codé pour nous faire vivre de façon haletante le crescendo psychologique d'un suspense diabolique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   02 avril 2014
Thomas H. Cook se garde de juger, il observe son héros, le fait évoluer avec une grande finesse psychologique et pousse le lecteur à réfléchir sur la complexité et la fragilité des sentiments.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   09 septembre 2018
- Les jurés y croiront ?
Morty s’enfonça contre le dossier de sa chaise et agita la main.
- Qui sait ? Tout peut partir dans n’importe quelle direction. Il y a deux femmes parmi les jurés, on ne peut pas dire que ce soient des beautés. Il se peut qu’elles aient une dent contre les jolies filles. Et les hommes ? Je doute qu’ils aient une femme comme Sandrine dans leur lit. Il se peut qu’ils n’éprouvent guère de sympathie envers un homme pour qui c’était le cas.
Il y réfléchit un moment, puis ajouta :
- Cela dit, la majorité des femmes ordinaires n’en veulent pas aux jolies femmes. Et la plupart des hommes qui ont épousé une beauté.
Il dirigea son regard vers la fenêtre et parut ne voir rien d’autre que l’impénétrabilité des choses.
- Quel foutu jeu de dés, le cœur humain, murmura-t-il.
Il jeta un coup d’œil à la pendule.
- Allez hop, dit-il, remontons sur le ring.
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Dixie39Dixie39   26 mars 2017
Après avoir regagné leurs places, les jurés continuèrent soit de regarder solennellement droit devant eux, soit de jeter des coups d’œil à leurs mains ou de suivre la danse d'une hypothétique lumière aux quatre coins de la salle, douze citoyens qui, soudain, furent exactement cela à mes yeux, non pas les provinciaux haineux de l'imagination débridée de Morty, mais des braves gens qui avaient une chose à faire et l'avaient faite de leur mieux.
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BazartBazart   23 avril 2015
« Le procès de Samuel Madison pour le meurtre de sa femme entre dans son quatrième jour au tribunal de Coburn, après trois journées de témoignages des personnels de l’aide médicale d’urgence, ainsi que celui du médecin légiste du comté. M. Madison est accusé d’avoir assassiné sa femme, Sandrine, le 14 novembre 2010. M. Madison était professeur de littérature au Coburn Collège, poste dont il est démissionnaire. On ignore encore s’il témoignera en son nom propre. Coburn Sentinel 14 janvier 2011 »
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namelessnameless   13 août 2015
Il y a des moments où nous sentons que quelque chose se déplace et nous savons - nous le savons avec une certitude absolue - qu'un rouleau compresseur a commencé de nous broyer. Un beau matin, quelque part dans le royaume des ombres de l'âge moyen, nous nous regardons dans le miroir et voyons que le temps nous inflige ce qu'il a infligé à tout le monde avant nous.

Page 22 - Points/Seuil
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Shan_ZeShan_Ze   17 février 2017
Tout cela lui donnait, aux yeux du monde, l'apparence d'une femme qui ne s'attendait pas à mourir. Ou bien, dans un registre moins accusateur, celle d'une femme qui s'abandonnait à un érotisme tranquille mais délicieux, une femme qui avait accueilli la mort comme un amant qu'elle aurait dans la peau.
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Vidéo de Thomas H. Cook
Evidence Of Blood Trailer 1998
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