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EAN : 9782743612092
548 pages
Payot et Rivages (15/04/2002)
3.99/5   73 notes
Résumé :
Eddie et Ray Bob roulent vers le sud, sans destination particulière. Deux potes qui se promènent tranquillement par une belle journée ? Pas vraiment. Quand Eddie veut acheter des cigarettes dans un drugstore, il dégaine son revolver. Tout droit sortis de l'univers des frères Coen, Eddie et Ray Bob vont accumuler les meurtres, ce qui ne les empêche pas de philosopher sur l'état du monde. Leur route va bientôt croiser celle de Della, une femme tout aussi redoutable qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Une bonne pioche à tous les cook…

Quel comble ! C'est à se demander si, pour être écrivain, il ne suffit pas d'être né sous le signe de la bouffe anglo-saxonne.

Comme Obélix chez les Gaulois, Cook chez les bretons (1) serait tombé tout petit dans la marmite de potion magique qui lui confère un pouvoir d'écriture extraordinaire ! Ainsi, après chaque lecture d'un Cook (2), la dernière page se termine irrémédiablement par un WOUAHHHHH…

Cette fois-ci, dans la famille Cook, je demande celui qui est né au Texas dans une famille pauvre de la classe ouvrière et a été élevé dans la communauté des prêcheurs fondamentalistes. Comment ! Un écrivain dans une sorte de secte !

Oui, oui, c'est bien lui ! Cook Christopher ! Prévoyant initialement de devenir un prédicateur pentecôtiste, il s'en est sorti durant ses années de lycée et a embrassé par la suite la carrière de journalisme, de scénariste et d'écrivain.

« Voleurs », qui est son premier roman édité en 2004, raconte l'histoire de deux hommes sortant tout juste de prison qui traversent le Texas en direction du sud-est plutôt fiers en voiture décapotable.

Parmi les deux compères, Eddie, fan de blues et intrinsèquement beaucoup moins violent que son pote Ray Bob, s'arrête à une station-service pour acheter des cigarettes. Quatre dollars tout juste dans les poches, il se voit refuser l'achat d'un paquet pour un centime seulement. Comme c'est ballot !

Néanmoins, après une vive discussion avec le gérant d'origine indienne demeurant inflexible, Eddie sort son flingue, descend le jeune homme et prend les cigarettes en laissant les quatre dollars sur le comptoir. Question de morale, oblige… On ne vole un mort, c'est bien connu !

Après cet épisode tragique, Ray Bob décide de renouveler l'opération à chaque fois qu'ils manquent d'oseille, de bière, de cigarettes ou d'essence… En pratique, il suffit de tuer le gérant d'une station-service de préférence la nuit et se servir ensuite tranquillement dans la boutique. Simple comme un bonjour vous me direz…

Découvrant les différentes contrées du Texas de Houston à la péninsule de Bolivar en passant par les marais à l'est comme dans le roman de Lansdale «Les Marécages», ce roman s'apparente à un road movie dont l'issue est plus qu'incertaine et sanglante. Pour captiver le lecteur du début à la fin, l'auteur change de narrateur selon les chapitres et permet également de rentrer plus encore dans la personnalité de chacun des personnages du roman.

Long de plus de cinq cent pages, Christopher Cook prend son temps pour narrer la course folle des deux flingueurs, très vite accompagnés de très près ou à distance par d'autres personnages véritables atypiques :
- Rule, un Ranger à leur poursuite lorsqu'il ne couche pas avec la femme de son meilleur collègue,
- Lomax, le parent d'une victime décédée dans une station-service voulant se venger avec l'aide de Dieu et surtout des armes qui pourraient tuer un éléphant,
- Della une femme célibataire avec deux enfants vivant dans la misère et confrontée à une situation inextricable depuis sa rencontre avec l'Homme Idéal.

Vous laissant, mesdames, fantasmer sur l'Homme Idéal, je reviens au titre de notre roman .

Pourquoi l'évocation de simples « Voleurs » alors qui correspond d'ailleurs au titre original en anglais? Peut-être s'agit-il de voleurs de tout ce qui appartient à autrui allant jusqu'à la vie des hommes. A méditer…

Quoi qu'il en soit, dès la lecture des premières pages du récit, la virée sanguinaire dans le roman « de Sang-Froid » de Truman Capote mettant en scène Perry Smith et Richard Hickock m'est revenue instantanément à l'esprit.

Une dualité étonnante : Eddie et Perry attirés par la culture musicale pour l'un, l'écriture pour l'autre, Ray Bob et Richard quasiment condamnés dès leur naissance à une vie socialement défavorisée et délinquante au Texas.

Hormis les points communs de ces personnages et leur violence froide, le récit et la construction des deux romans divergent complètement par la suite.

Pour conclure, la seule critique négative que je ferai à cette oeuvre (réalisée par un vrai chef) se situe dans la construction même du récit. Pour ma part, j'aurai réduit sensiblement les deux premiers tiers du roman en omettant certains passages et augmenté largement la dernière partie qui s'avère palpitante.

Figurant dans la collection Rivages qui m'est chère doublement, je ne peux que vous suggérer vivement de découvrir cet auteur et ce roman au style marquant (voir la citation du traducteur) et à la noirceur quasiment palpable.

Bonne dégustation…


(1) Les Bretons du récit ne concernent pas les habitants de la Bretagne actuelle, région occidentale de la France, mais les anciens habitants (période à cheval sur le début de l'ère chrétienne) de l'actuelle Grande-Bretagne, ou plus précisément de l'actuelle Angleterre, qui sont aujourd'hui nommés « Bretons insulaires ».

(2) L'anglais Robin et le sanglant «J'étais Dora Suarez »,
l'australien Kenneth et le surprenant « À coups redoublés »,
ou encore l'américain Thomas H. et ses démoniaques « feuilles mortes ».
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La vieille Cadillac décapotable blanche prend de la vitesse pour s'insérer sur l'autoroute. L'air qui s'engouffre derrière le pare-brise ébouriffe Eddie et Ray Bob. le duo est parti pour une équipée criminelle à travers le Texas, d'Austin à Houston. Ils se financent en attaquant des épiceries ou des stations-service, tuant sans un remords pour voler un pack de bières et un fonds de caisse. Cette virée sauvage nous renvoie aux mythes si américains du banditisme (Butch Cassidy et le Kid, Bonnie & Clide), et de la route : il faut rouler pour rouler, sans destination réelle. Eddie et Ray Bob sont pistés par Rule, un Texas Ranger expérimenté dont le flair commence à s'émousser. La deuxième partie du roman se déroule dans l'Est du Texas, un territoire au climat humide - semblable à la Louisiane voisine, composé de bayous et de forêts de pins. Les marais sont riches de zones impénétrables, terrains idéaux pour une chasse à l'homme. Les descriptions poétiques de la faune et des paysages sont suivis de paragraphes au style oralisé qui, s'ils surprennent au départ, permettent de fluidifier efficacement le récit. L'auteur livre des considérations écologiques en évoquant la surexploitation des forêts ou l'industrie du pétrole qui marquent les paysages texans. le livre possède aussi une touche sociale quand Cook dépeint avec humour les tracas d'une mère isolée en quête de l'homme idéal ou les destins tragiques des familles du Sud profond. le roman jouit d'une excellente réputation en France qui me semble amplement méritée.
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Toujours en quête de nouvelles escapades au pays du polar, je découvre, au détour d'une petite fouille chez Rivages/Noir (probablement le meilleur fournisseur en la matière), un certain Christopher Cook. Place au bayou Texan, au climat orageux, à la convergence du naturel et du détraqué. Je parle aussi bien du panorama que des humains supposés le peupler. C'est dans cet épicentre que Christopher Cook trouve son mode d'expression. Il est surprenant, troublant, lancinant mais envoûtant.

Le polar est un genre qui ne déroge pas à la règle d'or établie pour tous les autres, c'est à dire qu'il n'y en a pas. Vous trouverez presque autant de manières de traiter les histoires que d'histoires elles-mêmes. À titre personnel, je suis un amoureux du polar hard-boiled pour sa capacité à brasser beaucoup de sujets sans donner l'impression d'y toucher (200, 300 pages, pas de gras, pas de frime et rideau). Puis sont arrivés James Ellroy, qui a poussé la règle dans ses retranchements avec les pavés composant sa trilogie politico-noir Underworld USA, et Don Winslow qui s'est approprié le ton pour en maculer ses thrillers, nouvelles ou fresques au pays des cartels. Deux héritiers majeurs doublés de fantastiques conteurs. En résumé, c'est un style que j'apprécie particulièrement.

Pas de ça ici.
Christopher Cook signe une épopée bien plus abstraite, souvent contemplative et spirituelle, anti-spectaculaire au possible. La question n'est pas réellement de savoir comment tout cela va finir. On s'en doute un peu. Et bien que l'aspect choral amène son auteur à quelques choix surprenants, Voleurs chemine inexorablement vers une issue plus ou moins acquise. L'intérêt de Cook se polarise autour d'un quatuor de personnages autant produits de leur environnement mortifère qu'artisans de sa triste perpétuation. Si vous vouliez de l'humour, vous en aurez les cent premières pages. Après, accrochez-vous car ça ne va pas rigoler des masses.

Le soleil cogne. On respire mal. le smog recouvre les villes. Les raffineries/stations de pétrole tournent à plein régime. Les forêts sont mutilées par les usines de papiers. Les rentiers se frottent les mains, les industriels s'essuient les pieds sur la couche d'ozone, les policiers sont fatigués. Les brigands aussi. Comment espérer un revirement ? Au bout de combien de temps peut-on prier pour qu'il arrive ? C'est un peu le problème à ce stade. L'écrivain n'a que faire de ce qui pourrait générer de l'excitation, il semble nettement plus exalté par ce dernier round entre américains déboussolés. On le comprend, surtout qu'il a tendance à enrichir lentement ses personnages en faisant grincer la mécanique au passage. Toutefois, opter pour la langueur comme rythme de croisière peut jouer contre Voleurs, le récit ne progresse que par à coups entre plusieurs phases de stagnation. Il faut attendre les 100 dernières pages pour que les choses s'accélèrent enfin. Une impression de remplissage pas inutile mais dont l'indolence paraît exagérée. Il faut se reposer sur l'aspect psychologique pour tempérer ce problème de tempo.

Prenons Johnny Ray sur lequel le regard s'adoucit légèrement (presque une performance vu le profil du sociopathe) à mesure qu'il épaissit le nombre de feuillets. le constat est moins flagrant pour Eddie, Della ou Rule, bien que les chapitres tendent à ajouter des nuances à leurs portraits. En majorité peu flatteurs. Mais je pense qu'une telle étude de caractère aurait marché d'avantage sur moi avec une écriture moins lourde. Cook mise sur le temps, veut faire sentir ce poids, cette fatigue à son lecteur. Il y arrive. Presque comme si l'intention était de livrer une poésie écologique macabre sur cette Amérique condamnée. Jusque dans sa prose, Cook semble livrer le tout d'un seul tenant (description, réflexions, dialogues) L'expérience rebute comme elle méduse.

J'ai beau avoir mes réserves, ça mérite d'y jeter un oeil, même les deux. Jusque dans son titre, Voleurs est un peu une énigme, comme le monde qu'il dépeint. Un monde sans réponse apparente, ce qui n'empêche pas d'aimer s'y aventurer.
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Une fuite en avant meurtrière et sans fin, mais aussi une traque solitaire à travers le Texas des grandes et petites villes, des plages et des marécages intérieurs : Voleurs est un magistral exercice - réussi - de roman noir. Chapeau Mr Cook !

Dangereux paumés à la dérive, Eddie et Ray Bob traversent le Texas en décapotable, jalonnant leur trajet de meurtres et de viols. Avec leur logique, leur philosophie, leur passé qui leur colle à la peau et parfois leur passion.

Pour Eddie en tout cas, passionné de musique, dont la vie bascule lorsqu'il rencontre et embarque Della, elle aussi en cavale. Parce que côté Ray Bob, c'est plutôt désespéré pour rattraper quoi que ce soit.

À leurs trousses, un Rangers, un vrai, Rule et son chien, parti traquer le duo avec la foi du chasseur qui sait qu'il mettra le temps mais qu'il y parviendra.

Cette longue traque (un peu plus de 500 pages) va monter crescendo. Une histoire classique de gendarmes et de voleurs en somme...

Sauf que l'atmosphère créée par Cook est exceptionnellement prenante dans ce Texas bouillant où la sueur est omniprésente et que sa maîtrise des codes du noir - meurtres, viols, sexe, violence gratuite... - est magistrale. Sans oublier l'humour, vrai ou noir, omniprésent.

Sans parler des personnages, qui tout en ayant tous quelque chose à se reprocher, deviennent finalement attachants.

On n'est pas loin d'un classique du genre !
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Premier roman de l'année, première critique, première bonne appréciation, que dis-je, premier coup de coeur.
Merci M. Jeranjou, votre belle appréciation de ce livre me l'avait fait mettre dans ma liste des livres à découvrir, et je ne peux que vous en remercier.
Dans le style road-movie américain (mais un road-movie n'est-il pas toujours américain?), "voleurs" mérite le détour.
Eddy et Ray-Bob traversent le pays en y laissant quelques traces de sang sur leurs passages, car lorsqu'ils ont besoin de quelquechose, ils se servent, et ne font pas dans la dentelle.
Dans ces deux crapules, il y a le tout méchant, et je dirai presque, le tout gentil, à qui l'on pardonnerait presque d'avoir commencé cette épopée sanglante.
Dans les personnages principaux, il ya le ranger, qui se lance à leur poursuite un peu à l'aveuglette, il y a aussi le mari d'une des victimes, le collègue trompé, sa femme, et celle qui a tué l'homme idéal.
Il y a surtout l'Amérique, traversé par tous ces personnages, et merveilleusement décrite par l'auteur, peut-être même un petit peu trop, notamment dans la dernière partie, mais ce sera mon seul reproche.
Un très grand roman, dans la veine de "de sang froid" de Truman Capote.
J'ai aimé, adoré, et je le dis très fort. Un conseil pour les amateurs du genre.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
« Mais je dirais aussi que le Christopher Cook de Voleurs, avec sa façon de ne pas mettre de tirets de début de dialogue (ce n’est pas une nouveauté littéraire, mais cela ne facilite pas la tâche du traducteur), ses néologismes, son vocabulaire moderne, ses accélérations brutales du récit et ses longs moments de descriptions m’a posé beaucoup de problèmes. »

Pierre Bondil, traducteur
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Elle posa la main sur la poitrine du garçon, joua avec une pointe de sein. Petite et dure, comme le culot d'une balle de revolver calibre vingt-deux. Elle vit le tatouage bleu au-dessus, se hissa un peu pour discerner les lignes et les notes de musique. Il est joli, ton tatouage, dit-elle. T'es musicien ?
Plus maintenant. C'est ce que je veux dire, n'empêche, par tout est rapide. La façon que ça fonctionne, la vie. Quand il y a quelque chose de bien qui t'arrive, t'as intérêt à l'attraper à deux mains avant qu'il soit trop tard.
Ça, c'est pas bête, dit-elle, c'est pas bête du tout. C'est ta philosophie ?
Eddie souleva la tête et la tourna pour pouvoir discerner son visage. Puis il la reposa sur l'oreiller, il regarda le plafond. Il dit, J'en ai pas, de philosophie, je suis trop occupé à vivre.
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On ira pêcher dans mon bateau. (dit Bubba Bear)

Tant que l'océan est calme, dit Eddie. Moi, j'attrape le mal de mer dans une baignoire.
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La circulation en ville était infernale, heure de pointe à longueur de journée. Foncer puis freiner, Rule jurait en regardant cette brume bronze jaunâtre de particules de carbone, en suspens au-dessus du paysage. Il méprisait cet endroit. Un fait : la ville la plus polluée de la nation. Capitale mondiale du cancer. Saleté, crasse, un tas de fumier en ciment suppurant. Trop de gens, trop de bruit. Barrios, ghettos, quartiers à loyers élevés avec gardes et grilles de sécurité. Pauvreté et richesse joue contre joue. Une ruée folle sans fin, le rugissement humain de l’excès. Un désastre latent. Houston : une ville horslaloi, l’Ouest sauvage.
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Le barouf des pneus souligna le passage entre rampe et route quand la Caddy quitta le ferry pour la chaussée à deux voies défoncée qui chevauchait le long doigt plat de la péninsule Bolivar vers le nord. Tapis végétal de part et d'autre, herbes aux huîtres, chiendent dactyle, joncs diffus. Salines marécageuses tout de suite après côté baie, là où dans les eaux chiches et changeantes chauffaient bourbiers et parcs à huîtres. Côté golfe, derrière une frange de champs de chardons coriaces, se dessinait une succession de dunes basses arrondies puis la pente modeste de la plage modelée par la marée. Baie et golfe enserrant l'étroite bande de terre. La péninsule dans toute sa longueur et sa largeur formant un compromis ténu que rompaient en assauts périodiques ouragans et tempêtes.
Il faut aller jusqu'à Crystal Beach, dit Della. C'est une ville, genre. Il faut la dépasser.
Ils roulaient en silence sous le bleu de l'immense voûte céleste et le blanc osséinien de nuages vastes comme des montagnes gagnées d'appesanteur. Accompagnés par un soleil de fin d'après midi qui inclinait à l'ouest son large globe. Ample cercle jaune citron sans circonférence, à la chaleur impitoyable. Écrasés par tout cela ils allaient leur chemin, et par le vide.
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