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ISBN : 2363390083
Éditeur : Finitude (24/03/2012)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 50 notes)
Résumé :
"Je suis une pute de rue. Pas une call-girl ou quelque chose comme ça; non, une vraie pute de trottoir, à talons hauts et cigarettes mentholées."

Elle est directe, Nanou, pas le genre à faire des manières, non, pas le genre à se voiler la face, à se faire des illusions sur sa vie ou celle de ses clients. Elle est juste là pour donner un peu d'amour, et eux sont là pour en recevoir.
Dominique, Emmanuel, Victor, Luc, Jipé ou Robert, ils ne demand... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
  07 février 2013
Elle couche Nanou, la Putain de Saint-Lazare, sur le papier… elle couche ses pensées, sa routine, son quotidien d'arpenteuse de trottoir. Et puis il y a ses clients, leur vie, leur histoire, une galerie de portraits cabossés insérés dans son journal intime comme autant de courtes nouvelles.
Ni tout à fait sordide, ni complètement désespéré, ce premier roman du tout jeune Oscar Coop-Phane est une perle de concision crue et désenchantée, une parcelle pourtant sensible et tendre de poésie brute, humaine, simplement humaine.
Prix de Flore 2012 pour ce petit ouvrage très attachant. Oscar Coop-Phane y fait preuve d'une sensibilité sans mièvrerie qui augure, on le souhaite, un avenir littéraire riche de promesses. "Demain Berlin", son deuxième roman, vient déjà de sortir… A suivre.

Lien : HTTP://MINIMALYKS.TUMBLR.COM/
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Shool
  02 avril 2013
« Je suis une pute de rue. Pas une call-girl ou quelque chose comme ça ; non, une vraie pite de trottoir, à talons hauts et cigarettes mentholées. »


Voilà un livre qui décoiffe. On démarre sur les chapeaux de roue. Attachez vos ceintures, c'est parti !
Les dents grasses, un goût d'animal, un corps gênant. Pas de doute, nous sommes dans la peau d'une prostituée qui gagne bien sa vie.
Et elle a décidé de nous prendre à témoins pour quelques pages. Elle a décidé de nous écrire son histoire. Enfin pas tout à fait son histoire, mais le conte d'une journée passée.
On e va pourtant pas seulement la suivre elle, mais nous allons partir à la conquête des hommes qui viendront la voir. Ils sont plusieurs, alcoolique, avec des chiens, ou simplement trop seuls.
Chacun a son histoire mais tous ont un point commun : leur âme leur fait mal. Ils ont besoin de se défouler, de changer leur quotidien. Parce que la solitude ça fait peur. Ca fait mal.
Alors les voilà, le suns après les autres, prés de notre pute qui écrit son journal. Elle ne parle jamais des rapports sexuels. Une honte la submerge. elle se sent dégueulasse. Elle a beau frotter jusqu'au sang, sa peau garde l'odeur âcre des hommes qui lui rendent visite. Et si elle assouvi leurs désirs, elle a choisi de ne pas leur mentir : l'existence n'est qu'un long chemin de solitude. Il faut vous le mettre dans le crâne. Vous êtes seul, et vous le resterez.
Face à vous même,
Quoi que vous fassiez,
Ou que vous alliez…
Vous êtes




Seuls.



Au delà de ces propos repoussant, dérangeant voir complètement ahurissant (ah bon?), l'auteur nous propose un petit moment complice avec la prostitution.
C'est une espèce de petit bonus.
On est seul… Avec elle. Elle, qui travail quand elle nous écrit. Qui peut nous exciter. Qui s'amuse avec des non-dits et attend de nous croiser, tous, au détour d'une rue.
Avec une écriture archaïque et assez inégale, l'auteur tend vers le mouvement glauque, si on part du principe qu'il existe, pour nous faie ressentir les émotions qui sont bien loins de nous.
On se lève à cinq heures du matin. On prend vite un café pour pas louper le train ou le métro, on court sans cesse. Et elle nous regarde passer.

De l'homme seul qui n'a comme unique ami qu'un chien en train de mourir à l'homme qui vit avec sa femme qu'il aime mais qu'il trouve vraiment trop grosse, on a des personnalités bien différentes et travaillées en quelques pages.
Avec une entrée en fanfare et un engouement rapide pour cette histoire, on fini quand même par se lasser quelque peu de certains personnages. Peut-être parce que leur vie est justement bien trop plate…
On reste cependant concentré dans le texte, et rien ne nous ferait tourner la tête quand on est plongé dans cette écriture atypique.
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Maldoror
  26 décembre 2012
Le Zénith-Hôtel, pour des vacances ou pour autres choses, je ne vous le recommande pas. L'endroit est glauque à souhait. À côté, une masure nord-coréenne ferait quasiment figure de palais des mille et une nuits. Cela n'a donc  rien de surprenant que la narratrice, Nanou, "une putain pour l'éternité" de 26 ans, n'y fasse pas beaucoup mieux qu'y passer le temps, ses nuits, qu'y survivre. Il est à l'image de sa vie désabusée, morne, sans espérance. Pourtant la seule étoile de l'hôtel serait bien cette Nanou, "une vieille putain plumitive", dont le passe-temps et le moyen de surnager sont donc d'écrire. Car elle le fait bien. Ses sujets sont ses clients ; car pour sa part, elle se livre peu, et presque malgré elle, par bouffée, par trop-plein, par le même besoin que celui qui la pousse à écrire, mélangeant ainsi le moyen et l'objet. Elle n'aime pas sa vie. Elle se plaît donc à inventer celle de ses clients. Elle y voit et ne retient que les mêmes soucis, la même solitude profonde, la même maladresse à vivre, le même manque d'adaptation à leur vie, le temps qui passe, l'usure du quotidien. Ce n'est pas gai. C'est gris. Et malgré tout, ce n'est pas noir, et on a du mal à dire que c'est triste car elle nous parle d'humains avec une tendresse latente, une solidarité de condition, une absence de jugement et de méchanceté, de la lucidité, nous inspirant des sentiments certainement très mêlés : la sensation de partager cette même humanité, une certaine empathie et un zeste de pitié.
Ce roman est une vraie réussite par la délicatesse et la profonde humanité des propos, empreints d'une lucidité bienveillante. Ces portraits de "la France d'en bas" ne portent en eux aucune peinture sociale, mais, dans la diversité de quotidiens rudes dans lesquels certains sont submergés, une certaine poésie surgit.
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Laurence64
  18 octobre 2012
Zénith-Hôtel ou le quotidien non sublimé d'une prostituée qui arpente le bitume urbain. le verbe cru et sincère, Nanou se raconte, dans les murs de la chambre d'hôtel qui l'abrite, dans sa chemise de nuit déchirée qu'elle aime parce que les hommes ne la voient pas.

Pourtant, elle ne les déteste pas, ces hommes, Elle les plaindrait presque. Elle comprend, Nanou, la détresse ou la tristesse de parcours aussi froissés que des draps après l'amour. Ceux de Dominique, Emmanuel, Victor, Luc, Jipé, Robert. Des bouts de vie misérables, juste assez misérables pour éprouver le besoin de se frotter à une vieille putain.
Et du haut de ses 23 ans, Oscar Coop-Phane peint les petites gens avec une tendresse infinie .C'est triste, c'est d'une sensibilité aux couleurs d'un papier mural fané. C'est un fort joli premier roman.
Commenter  J’apprécie          90
Bazart
  28 novembre 2012

Un texte court mais saisissant, au goût de rouille et
de chair. P
Le Zénith-Hôtel, c'est celui où loge Nanou, une "pute
de rue, une vraie pute de trottoir, à talons hauts et
cigarettes mentholées". le roman se passe sur une
seule journée, et trois types de narrations se
cumulent : le journal de Nanou, qui raconte par le
menu le déroulement de ses journées, les gestes du
quotidien dans sa chambre miteuse de l'hôtel
parisien. Puis les portraits de ses clients, le plus
souvent des hommes que la vie n'a pas épargnés. Des
cabossés, des âmes faibles. On y croise un taulard à
l'enfance martyrisée, un pion désabusé, le propriétaire
d'un chien boîteux, un fou de la bécane, etc. Des
hommes "pris sur le vif", dans leurs vies qui ne sont
pas si reluisantes. Ces portraits se terminent,
toujours, par les quelques paroles échangées avec
Nanou avant de passer à l'acte.
Un roman envoutant et séduisant, meme si un peu court et manquant un peu de chair, mais assurément un début prometteur pour ce jeune écrivainqui devrait continuer sur sa lancée puisque son
prochain roman sera publié en janvierprochain.
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critiques presse (3)
Culturebox   09 novembre 2012
Oscar Coop-Phane, en digne lecteur d'Emmanuel Bove ou de Henri Calet, déborde d'affection pour ses personnages, à la belle humanité jusque dans leurs faiblesses.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   16 mai 2012
Le ton vif, syncopé de cette galerie de portraits témoigne d'une belle maturité et d'une empathie certaine. Etonnant, pour un premier roman d'un auteur de 23 ans!
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   02 mai 2012
Oscar Coop-Phane n'a pas gâché [notre] temps, en écrivant ce texte poétique et triste com­me un dimanche solitaire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
LolokiliLolokili   08 février 2013
On ne partage rien. Ils sont seuls quand ils me tringlent. En face d’eux, ce n’est rien qu’un corps qui attend, un corps absent, qui pense à autre chose, qui essaye simplement de ne pas avoir trop mal. Ils ne peuvent pas ne pas le sentir ; ils ne peuvent pas oublier qu’ils sont seuls avec moi. On croit qu’ils viennent me parler, qu’ils sont malheureux, que je les aide. Je ne leur donne rien d’autre que l’image la plus crue de leur existence ; le reflet de leur misère.
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LolokiliLolokili   12 février 2013
Faire comme ses parents et moisir dans un pavillon de province en écoutant la radio, ça lui donne franchement mal au cœur. Il vomit les feux de bois, la parabole sur les tuiles romaines, la corde à linge derrière la maison, tout ça, ces images de son enfance, sa mère qui râle parce que Papa boit trop de Pernod, les barbecues avec les copains, les matchs de foot à la télé, le film du dimanche soir et le papier peint dans la chambre à coucher.
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LolokiliLolokili   10 février 2013
C’est le petit mystère de Robert. Il a un secret, une cicatrice qu’il ne peut pas montrer. C’est à vif pourtant et ça ne cessera pas de l’être. Aussi longtemps qu’il vivra, il la gardera en lui cette plaie béante. « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes », aurait-il pu dire s’il avait eu du génie et qu’il s’était appelé Henri Calet.
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LolokiliLolokili   07 février 2013
Je remplis des pages, j’aligne des phrases. C’est un travail inutile. Il m’occupe pourtant. Je pourrais écouter la radio ou finir des sudoku, lire le journal ou regarder par la fenêtre. J’écris ; je ne sais pas pourquoi. J’esquinte le temps. « Il a la peau dure le salaud ».
Je suis une vieille putain plumitive. Ce n’est pas bien malin.
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SepoSepo   02 octobre 2014
Voyage au bout de la solitude:

Il n'y a pas de marée. Seulement ces deux ombres qui promènent avec elles des idées de fin du monde. Elles marchent comme à leurs habitudes, ce sera une promenade comme il y en a eu des milliers d'autres. Non, rien de sensationnel, rien d'époustouflant; seulement deux ombres, la première sur deux pieds, l'autre en laisse. Personne ne les remarque. Elles se déplacent pas à pas ces vies sans mouvement; elles dégringolent de plus en plus, elles roulent comme deux petites billes en verre poli sur une pente imaginaire. Elles volent au-dessus des hommes les deux ombres, Victor et Bâton dont personne ne se soucie.p.69
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Videos de Oscar Coop-Phane (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Oscar Coop-Phane
En des temps reculés mais finalement pas tant que ça, on a jugé des animaux. du XIIe au XVIIIe en gros, ont pu défiler à la barre, veaux, vaches, cochons... jugés pour avoir au détour d'un chemin croqué la joue d'un bébé ou renversé le roi de son cheval. C'est de cette curiosité judiciaire effarante que s'empare le jeune auteur Oscar Coop-Phane dans le Procès du cochon (Grasset), une fable aussi nerveuse dans sa forme que profonde dans les questionnements qu'elle pose à l'heure actuelle (absurdité de la justice, spécisme...).
En savoir plus sur "Le Procès du cochon" : https://www.hachette.fr/livre/le-proces-du-cochon-9782246812371
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