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ISBN : 2226400745
Éditeur : Albin Michel (02/05/2018)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
lorettelaure
  28 juillet 2018
Un ouvrage « clef » à lire absolument !
Catherine Coquery-Vidrovitch nous fait découvrir ce que le programme scolaire a longtemps occulté. Notre société moderne a été construite sur les bases de l'esclavage ….
L'auteur nous enseigne que ce type d'asservissement existe depuis les grandes guerres de conquêtes. Or celles-ci sont à l'origine des richesses des « grandes civilisations »
Le mot « slave » signifie « esclave », et correspond à la population de l'Europe de l'Est. Les esclaves existent au moins depuis la civilisation sumérienne au 3ème millénaire avant JC. C'est leur exploitation qui a permis la grandeur de certaines sociétés (et la richesse de notre patrimoine actuel).
Dans les pays islamiques, les esclaves étaient des étrangers non musulmans, souvent blancs. Un islamiste ne pouvait, en théorie, pas devenir esclave. (Les juifs et les chrétiens s'auto-protégeaient de la même manière par des clauses d'interdiction de soumettre les coreligionnaires à l'esclavage) de nombreux pays africains ont de ce fait adopté les religions monothéistes pour tenter d'éviter l'esclavage (ce qui n'était pas toujours très efficace, à cause de la barrière de la langue et aussi surtout des intérêts particuliers).
Même le pape avait des esclaves !
En Afrique noire, la vraie richesse consistait à posséder des êtres humains arrachés à leurs pays d'origine. L'exploitation gratuite des étrangers extorqués à leurs familles étaient aussi le mode de fonctionnement des Grecs et des romains.
L'exploitation sexuelle fait bien-sûr partie de ce système.
Dans ce monde où prédominaient le rapport de force et l'enlèvement, les femmes de « bonnes familles » étaient cloitrées chez elles.
Au Maghreb, les esclaves servaient à tout : usage domestique et sexuel, main d'oeuvre dans les champs, les mines d'or, soldats….etc. Après la mise en place de l'Islam, toute personne non islamiste était susceptible d'être esclavagée ce qui encourageait les pays africains à adopter cette religion. Parmi les esclaves les deux tiers étaient des femmes (plus facile à soumettre). Elles étaient utilisées dans tous les domaines y compris l'armée. Les harems étaient constitués d'esclaves.
En Afrique noire l'esclavage était pratiqué à grande échelle comme ailleurs. Un cheval valait 15 à 20 esclaves. Malgré les différences au niveau des croyances, celle du culte des ancêtres prédominait dans tout le continent noir. Or, un être humain qui ne pouvait honorer ses aïeux devait non seulement s'attendre à ce que le sort s'abatte sur lui, mais aussi avoir honte de ne pas accomplir ce devoir. L'esclave, arraché à son milieu, n'était pas considéré comme victime, mais comme coupable, et honteux.
Le mot « esclave » était une injure. le mot « nègre » aussi car il faisait référence à cet état. Les travaux sales comme le nettoyage des villes étaient réalisés par cette main d'oeuvre gratuite. Ces gens inspiraient alors le dégoût et on pouvait le leur signifier en toute impunité.
S'il tentait de fuir, généralement très éloigné de chez lui, l'esclave était freiné au départ par la barrière des langues, puis par des intérêts (mariage …. Etc..). En fuyant, il prenait le risque de se faire capturer par son maître, puis torturer, ou de redevenir esclave ailleurs.
Certaines villes africaines étaient aussi développées qu'en Europe ou au Maghreb. du début du XVIème siècle à la date de la conquête marocaine (1591), Tombouctou fut l'un des plus grands centres universitaires du monde. D'autres empires de ce continent ont eu leurs années de gloire….
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CineKino
  20 décembre 2018
Je suis légèrement déçu par ce livre, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi. Sans doute que j'en attendais trop. J'espérais une somme sur le sujet, un ouvrage très complet nous plongeant dans cette longue histoire. C'est pourtant un peu le cas, avec des chapitres s'intéressant successivement aux sociétés africaines anciennes, à l'ère portugaise, aux Antilles, aux révoltes, aux Etats-Unis ou encore aux abolitions, pour finir sur les esclavages de nos jours. Sans oublier une très intéressante introduction sur les sources, les définitions et les nombres, ainsi que quelques pages de photos et gravures en couleurs. Tout cela issu d'un beau travail de recherches, on le sent.
Malheureusement, les textes, sans être ennuyeux ou inintéressants, ne m'ont jamais passionné, ce qui s'est traduit par une lecture étalée sur plusieurs semaines, ce que je fais rarement. Ils sont peut-être trop linéaires, descriptifs, sans ambition transversale. Ils me faisaient penser, au moins les premières dizaines de pages, à des commentaires de documentaires télévisés, mais sans les images qui vont avec, ce qui n'aide pas à se repérer dans le temps et surtout l'espace (notamment pour les sociétés africaines anciennes). Plutôt que des cahiers de photos couleurs déconnectés du texte, il aurait mieux valu quelques cartes et autres documents graphiques en cours de lecture pour illustrer les propos. le livre étant issu d'une série de films pour Arte, sans doute a-t-il été construit de la même façon, même si les commentaires ont été reformulés (du moins je le suppose, je n'ai pas vu ces films).
Au final, je recommande tout de même ce livre très documenté, mais il y avait sans doute encore mieux à faire avec le riche matériau de départ.
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DOGONColas
  11 août 2018
Voici un ouvrage d'une grande honnêteté intellectuelle sur la question des traites africaines qui a le mérite de considérer le temps long – du VIe au XXe s – et de multiplier les espaces étudiés (donc de ne pas se limiter à la traite atlantique). La précision et la rigueur de l'auteur sont appréciables de même que les allusions aux recherches actuelles, toujours en cours, et à la question des sources disponibles.
Même si un format universitaire m'aurait convenu, je reste très redevable à cet ouvrage pour les connaissances dévoilées et considère que l'effort de vulgarisation est réussi. L'oeuvre est bien sûr à lire en parallèle du documentaire éponyme diffusé par ARTE mais ce n'est pas obligatoire.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
DOGONColasDOGONColas   09 août 2018
La croyance que "les Noirs vendaient leurs frères" est absurde. Les Africains ne vendaient pas leurs "frères", ils vendaient des étrangers à leur terroir, à leur société, à leur État, donc des ennemis potentiels ou réels dont la couleur - qui n'étonnait que les Blancs - importait peu voire pas du tout. Car sur un continent relativement immense où tout le monde était noir ou à peu près, la notion de couleur ne créait aucune affinité particulière. Le racisme anti-Noirs est né en Afrique du Nord (avant de s’exacerber dans l'Atlantique) à partir du moment où la traite a commencé à se préciser avec le sud, alors qu'auparavant la majorité des esclaves étaient blancs; c'est la traite qui a engendré le racisme, et non le contraire. La traite a aussi créé au fil des siècles des conditions d'insécurité généralisée dans la plupart des régions subsaharienne. Cela favorisa le manque de confiance de chacun envers chacun, une guerre de tous contre tous, pouvant entraver la mise en place d'institutions solides et générant une méfiance considérable des populations. Ce sont des mentalités qui sont restées durablement présentes sur le continent.

- Les fondamentaux : Les nombres -
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DOGONColasDOGONColas   09 août 2018
[...] quelle que soit dans le monde la société concernée, on ne doit pas uniformiser la condition de l'esclave ; d'une part, dans toutes les sociétés esclavagistes, il y en eut des formes variées, les unes particulières, les autres proches des esclavages que l'on trouve dans d'autres parties du monde. Ainsi, dans le monde arabo-musulman, la complexité des parcours est extrême : au Maghreb, ou Occident arabe, et au Machrek ou Proche-Orient, la réalité n'est pas la même. Être esclave en Andalousie, à Médine ou en Irak recouvre des situations diversifiées qu'on ne peut expliquer par une seule caractéristique, celle de l' "esclavage musulman". Partout aussi, le statut général recouvre des conditions de travail extrêmement diversifiées, depuis l'esclavage de base soumis aux plus durs travaux [...] jusqu'à des cas de "réussites" sociales et économiques incontestables [...].

- Les fondamentaux : La réaction des esclavisés -
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DOGONColasDOGONColas   11 août 2018
La fuite devient le premier mode de résistance dans les colonies américaines. Il fallait pour ce faire beaucoup de courage et un élément déclencheur pour surmonter sa peur : par exemple le fait que le maître vendre une partie de la famille, la femme, le mari, les enfants, ou une injustice particulièrement intolérable. Fuite ou vengeance, comme l'assassinat du contremaître, interviennent à ce moment-là, quand cette petite sphère qu'on est arrivé à construire malgré tout et à laquelle on se raccroche dans cette vie si difficile est menacée. [...] Peu de troupes peuvent pourchasser les fuyards. La poursuite des fugitifs coûte cher, il faut armer des hommes, constituer des milices de colons, et même utiliser des esclaves pour partir à la recherche des marrons : certains le font avec la promesse d'être libérés s'ils capturent assez de marrons.

- La fuite et le marronnage -
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DOGONColasDOGONColas   10 août 2018
L'insularité va laisser sa marque particulièrement cruelle sur l'esclavage africain. Sur des espaces limités, où l'océan rend la fuite impossible, va se constituer un milieu concentrationnaire où de part et d'autre domine la peur : du côté africain, celle des mauvais traitements, du côté blanc celle des révoltes. [...] Les Antilles constituent le milieu par excellence de la violence, seule arme de résistance active possible pour les Noirs, et surtout recours systématique des Blancs contre l'inquiétante majorité que constitue pour eux la masse de leurs esclaves. Pour assurer leur soumission complète, ils entendent les terroriser. Cette violence est d'autant plus accentuée qu'elle se développe en vase clos en milieu insulaire, pendant longtemps sans contrôle de l'État.

- Les Antilles au XVIIe et au XVIIIe siècle -
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DOGONColasDOGONColas   10 août 2018
Après leur tentative infructueuse d'utiliser les Indiens autochtones, les Anglais firent d'abord appel à tous ceux dont ils voulaient se débarrasser en Grande-Bretagne ; les pauvres et les indigents, les criminels et les condamnés à la prison. Cromwell contribua massivement à cette tentative, notamment en déportant après la guerre à la Barbade beaucoup d'Irlandais : prisonniers politiques et prisonniers de guerre. [...] L'introduction de la canne à sucre changea la donne. Car l'ensemble de ces migrants blancs, volontaires ou non, ne suffisait pas à la tâche. Les planteurs se mirent à acheter des esclaves africains, d'abord aux Hollandais et aux Portugais.

- Les Britanniques dans les îles -
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Videos de Catherine Coquery-Vidrovitch (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Coquery-Vidrovitch
Catherine Coquery-Vidrovitch - Les routes de l'esclavage : histoire des traites africaines
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