AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 1090939205
Éditeur : Sixto (11/11/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Dans ces nouvelles à l’humour corrosif, l’auteur Yvon Coquil croise mémoire collective et souvenirs personnels. Au carrefour du polar et du roman prolétarien, il donne de la voix à ce continent silencieux, celui des ouvriers des chantiers navals. Ses personnages, des êtres au bord de la rupture, sous la ligne de flottaison, tentent encore de résister.
Ti-Jean, Arsène Mandon, Abdel, les sapajous, tous rêvent que demain la vie commence. Enfin, mettre à bas les ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Seraphita
  26 mai 2017
Qu'ils s'appellent Ti-Jean, Arsène, Abdel ou Ti-Boud, ils peinent dans une vie de labeur et s'accrochent tout autant à leur existence qu'au rêve d'un monde meilleur. Mais en rade de Brest, même si l'on vit au camping face à la mer, le travail du métal garde souvent un goût amer.
« Métal amer » est un recueil de 11 nouvelles écrites par Yvon Coquil, qui « a travaillé une trentaine d'années sur les chantiers navals à Brest, notamment en tant que charpentier-tôlier ». Ces nouvelles sont toutes traversées d'une même noirceur, écrite au fil d'une plume à l'humour corrosif. Elles ont pour toile de fond Brest, sa rade, ses chantiers navals et racontent des vies de labeur, entre précarité et solidarité de besogneux. La lutte des classes prend forme au fil des pages, les syndicats occupant une place nodale. Derrière cette trame du roman prolétarien, Yvon Coquil tisse également une oeuvre noire et policière. Sous des apparences anodines, les divers protagonistes cachent souvent bien des secrets et les chutes des courtes intrigues surprennent le lecteur, le bousculant dans ses certitudes.
Ces nouvelles noires nous entraînent à la confluence des genres et des époques, au coeur de Brest, Yvon Coquil se plaisant à faire revivre la période de l'Arsenal. A découvrir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MaminouG
  25 mars 2018
Très heureuse d'avoir pu rencontrer Yvon Coquil au salon du livre de caractère de Quintin. J'avais déjà lu deux de ses romans "Black poher" et "Dernier train pour Ouessant" à une époque où mon blog n'existait pas et j'avais beaucoup aimé. J'ai terminé "Métal amer", son dernier ouvrage, dans le train en direction de la Bretagne.
"Métal amer" est un recueil de onze nouvelles, onze moments de vie, une vie souvent dure, une vie d'ouvrier, de délaissé. Il y est question, beaucoup, de l'arsenal, celui de Brest où l'auteur fut lui-même ouvrier, il y est question de Ti-Jean, Arsène, Abdel, Ti-Boud, des personnages au bord de la rupture, il y est question d'accident du travail, et d'enquête bâclée, de rapport falsifié. Yvon Coquil se sert de ses connaissances du milieu pour dresser des portraits noirs, certes, mais emplis d'humanité.
Il trempe sa plume dans une encre anthracite juste éclairée par un humour souvent grinçant. C'est caustique et tendre, c'est triste et drôle, c'est la vie, celle des plus humbles qui travaillent dur puis se rencontrent au café du coin pour siroter un verre – ou deux, trois, ou plus – d'Anjou rouge avant de rentrer retrouver femmes et enfants. Les femmes, présentes aussi, ont une vie cabossée comme celle de la mère de Ti-Boud qui vend ses charmes au propriétaire d'une Ford porteur [d'] "une chaussure à trois bandes, puis [d'] une cheville équipée d'un bracelet électronique que masquait mal un jogging blanc."
J'aime l'écriture dynamique, sèche, simple. Elle a réussi à m'envelopper, à créer un climat tellement juste que j'avais l'impression d'être dans le paysage et de sentir le poids de la fatigue sur mes épaules. "J'avais passé deux heures dans les soutes d'une frégate en cale de radoub et je puais le gazole à plein nez…. Des caréneurs y faisaient une pause. Leurs visages étaient luisants de vaseline…. Ils avaient l'air harassé…" Et je ne parle pas des chutes de chacune des histoires, étonnantes, surprenantes, qui bousculent et font douter.
Chaque nouvelle est un hommage à ceux qui triment, qui tentent de garder la tête hors de l'eau, mais aussi la traduction d'une vénération pour une ville, Brest, personnage à part entière, Brest et son arsenal, sa rade, son pont de Recouvrance et sa rue "Jean Jau". Ne croyez pas pour autant que "Métal amer" ne s'adresse qu'aux Bretons. Si ceux-ci ont plaisir à la revisiter à travers les mots de l'écrivain, les autres pourront l'apprécier avec tout autant de bonheur, me semble-t-il.
Un ouvrage très réussi de mon point de vue.

Lien : http://memo-emoi.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
BobPolar
  18 décembre 2016
Onze nouvelles noires. Onze brassées de vie ouvrière. Un réalisme rêche teintée d'une piquante dérision. Des récits brut de décoffrage. « L'auteur a travaillé une trentaine d'années sur les chantiers navals à Brest, notamment en tant que charpentier-tôlier. Il n'aime rien tant qu'appeler la fiction pour dire sa vérité. » L'action se situe en partie dans cette « Fin de terre », dans les quartiers populaires et les cales sèches. Dans ces onze récits Yvon Coquil raconte un monde qui fut le sien, une famille avec ses hauts et ses bas, ses fureurs et ses douleurs. Témoin actif des soubresauts, luttes et détresses de cette masse dite ouvrière, il nous conte son quotidien avec cette tendresse fraternelle qui vous remue les tripes.
Les coudes sont sur les comptoirs, les corps sont meurtris par les conditions de travail, la débrouille est de mise, la grève gronde, les humeurs sont mauvaises, le syndicat n'est pas loin, le passé ressurgit. Ils font de la résistance. Même quand tombent les désespérés. Ces parcours sinueux nous les suivons sans apitoiement. Car, Yvon Coquil ne cède pas à la complainte, il les ressuscite ces oubliés des médias écrasés par un systéme aveugle. Désormais, ces anonymes ont des noms, une vie, des amis, des petits chefs tatillons, il faut simplement les voir exister pour comprendre. La vie de ces sans-grades passe à la moulinette de la courte fiction où la chute - importante pour une nouvelle et un peu moins pour les acteurs - est souvent tragique, parfois tragi-comique.
La suite sur : http://bobpolarexpress.over-blog.com/2016/12/c-est-la-chute-finale-metal-amer-yvon-coquil.html
Lien : http://bobpolarexpress.over-..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SeraphitaSeraphita   26 mai 2017
Arsène Mandon fut pris d’un rire gras : la radio évoquait une fois encore un terrible infanticide dans le Nord. Lui, habitait la cité d’urgence des Hespérides et il venait de faire le lien. Infanticide : qui tue son enfant, parricide : qui tue son père et hespéride : qui tue l’espérance. (p. 147.)
Commenter  J’apprécie          20
autres livres classés : brestVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
15399 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre