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The Expanse tome 4 sur 10
EAN : 9782330093181
800 pages
Actes Sud (01/11/2017)
  Existe en édition audio
4.04/5   288 notes
Résumé :
Les portes ouvertes par la protomolécule au cours des événements décrits dans le roman précédent La Porte d'Abaddon, permettent à l'humanité d’accéder à des milliers de planètes.

Source : Wikipedia
Que lire après The Expanse, tome 4 : Les feux de CibolaVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Distrayant et page turner.

Premier monde accessible après avoir traversé les anneaux. Nommé Ilus pour les quelques Ceinturiens qui y ont émigré. New Terra par la société mandatée par les Nations Unies pour l'explorer et l'exploiter. La confrontation est-elle inévitable ? Envoyons donc Holden pour servir de médiateur. Mais les intérêts des uns ne sont pas forcément ceux des autres et si la planète s'y met aussi… Car n'oublions pas les créateurs de la protomolécule et ceux qui les ont détruits.

Il faut avouer qu'on est un tout petit peu déçu. Des milliers de mondes s'ouvrent à la colonisation. Des enjeux et des intérêts absolument incalculables et des factions à même d'y foutre un bordel sans nom, mais au lieu de ça, on a un planet opéra aux tous petits enjeux très locaux (bon, petits pour nous, mais vitaux, littéralement, pour ceux impliqués).

Cela posé, sur les possibilités politiques stratégiques qu'on pourrait avoir dans cet univers, (peut être le prochain tome ? ) j'ai réellement apprécié ma lecture.
Planète intéressante et pleine de surprises.
Personnages digne d'intérêt (les gentils comme les méchants). On ne présente plus l'équipe de Holden mais les rôles secondaires ne le sont pas moins.
Si le pitch est simple, les catastrophes s'enchaînent pour notre plus grand plaisir (après un démarrage un peu long malgré tout).

Plus accessible que les tomes précédents (moins ennuyeux ? ) Peut-être une des raisons de mon regain d'intérêt pour la licence ?
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« Au beau milieu de la zone baptisée Boucles d'or, la quatrième planète intérieure était Ilus. New Terra. Étude de Béring 4. Sujet RCE 24771912-F23. Peu importe le nom qu'on lui donne. »

C'est la planète choisie par un groupe de Centuriens pour y reconstruire leur vie. C'est aussi la planète pour laquelle la RCE (Royal Charter Energy) a obtenu les droits d'exploitation du lithium. Comme de bien entendu, c'est la seule ressource monnayable des Centuriens.

Avasarala envoie donc James Holden comme négociateur pour désamorcer la crise. Quand il arrive, la situation s'est déjà fortement dégradée, des terroristes centuriens ont fait des dégâts (humains et matériels) et les représailles de la part de la RCE ne se feront pas attendre. Holden a peu de chances de voir la situation s'améliorer. Cette planète est un véritable piège mortel.

Comme toujours j'ai beaucoup aimé le passage d'un point de vue à un autre : James Holden, Basia Merton, Dimitry Havelock et Elvi Okoye.

Très bon moment de lecture qui se poursuivra avec le tome 5.





Challenge SFFF 2022
Challenge pavés 2022
Challenge cycles/séries 2022
Challenge mauvais genres 2022
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En neuf romans et un recueil de nouvelles, sans doute la plus passionnante série de science-fiction spatiale et politique de ces dernières années.

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2024/05/11/note-de-lecture-the-expanse-james-s-a-corey/

Tout démarre (en tout cas, on le croira longtemps) à bord du Scopuli, un vaisseau spatial d'apparence anodine en transit entre les astéroïdes Cérès et Éros. D'apparence anodine seulement, car il est en réalité en mission pour l'Alliance des Planètes Extérieures, organisation semi-clandestine qui conteste activement la domination politique et économique de la Terre et de Mars sur le reste du système solaire, myriade d'astéroïdes habités, de lunes jupitériennes ou saturniennes et de stations spatiales qui constituent la frontière active de l'économie globale sous le nom générique de « la Ceinture ». Lorsque le Scopuli est mystérieusement attaqué par ce qui semble être une bande pirate lourdement armée et bien déterminée, une certaine Julie Mao semble être la seule survivante à bord.

Le Canterbury, transportant de la glace entre les anneaux de Saturne et Cérès (l'eau est une question cruciale pour la vie sur ces « planètes extérieures » – qui n'en sont pas vraiment -, bien entendu), capte alors un signal de détresse venant du Scopuli. Arrivé sur place, l'équipage de la navette dépêchée par le lourd vaisseau de transport réalise que le signal en question était un leurre. Alors qu'un étrange vaisseau furtif surgit de nulle part et détruit le Canterbury, Holden, le second du bord, embarqué à bord de la navette, décide de transmettre en clair à l'ensemble du système solaire l'attaque qui vient d'avoir lieu ainsi que la présence de technologies martiennes au sein du système de leurre utilisé – ce qui crée un tollé dans les opinions publiques et un état de guerre, de facto, entre Mars et les différentes entités de la Ceinture. Consignés à bord du Donnager, vaisseau de ligne martien arrivé le premier sur les lieux du crime, Holden et ses compagnons d'infortune assistent impuissants à la destruction de celui-ci par de nouveaux vaisseaux furtifs inconnus, fuient de justesse à bord d'une corvette martienne qu'ils vont bientôt rebaptiser Rossinante, et informent le système solaire que l'analyse d'une puce électronique des assaillants récupérée à bord par miracle indique cette fois une fabrication… terrienne. Désormais, la Terre, Mars et la Ceinture sont tous au bord de la guerre totale.

Parallèlement à ces événements déclencheurs (et de quelle ampleur !), Josephus Miller, enquêteur au sein de la société privée Hélice Étoile, qui détient le contrat de sécurité sur Cérès, est embauché en marge de ses activités officielles pour retrouver la trace de Julie Mao, qui se révèle être l'une des filles de Jules-Pierre Mao, l'un des plus riches multi-milliardaires du système solaire, aux commandes d'un conglomérat hautement diversifié. Bientôt, alors que le Rossinante cherche à échapper aux recherches de la Terre comme de Mars, l'enquête s'étend et révèle qu'une certaine protomolécule secrète, possiblement extra-solaire, n'est peut-être pas étrangère aux cataclysmiques événements en cours…

Publié en neuf volumes (plus un dixième contenant plusieurs nouvelles dans le même univers) entre 2011 et 2022, « The Expanse » est certainement l'une des plus passionnantes séries littéraires de science-fiction – et au-delà – créées ces dernières années, justement récompensée par le prestigieux prix Hugo en 2020.

Issue à la base d'un univers de jeu (en ligne et sur table) développé en extrême détail par Ty Franck, que son ami l'auteur Daniel Abraham rejoint sous le pseudonyme commun de James S.A. Corey pour en extraire les romans, la série se distingue par la profondeur et la logique de son background, par son sens rebondissant de l'aventure et des développements de personnages, par la richesse de la véritable cosmopolitique du système solaire qu'elle imagine, par le réalisme de ses anticipations technologiques (même s'il a bien fallu, d'emblée, inventer la propulsion Epstein – avec ses accélérations inhumaines et donc ses adjuvants chimiques indispensables – pour que les distances à l'intérieur du système solaire se comptent en mois plutôt qu'en années), mais peut-être surtout par la puissance du réalisme politique (et d'ailleurs de diverses formes de Realpolitik) qui y est déployé.

Dans leur excellent article de novembre 2018 pour Science Fiction Studies (« Solar Accumulation : The Worlds-Systems Theory of The Expanse »), Brent Ryan Bellamy et Sean O'Brien, avec une approche post-marxiste particulièrement adaptée au terrain et à l'enjeu, montrent élégamment comment « The Expanse » met en scène la mainmise continuée du capital (largement incarné par l'entreprise Protogen de Jules-Pierre Mao, mais pas uniquement par elle) sur les « sauts » de l'accumulation et sur le transfert hégémonique (pour reprendre ici notamment le vocabulaire précis de Michael Hardt et Toni Negri dans leur « L'Empire » de 2000) : dans ce modèle à trois mondes pour le 23e siècle, la rareté des ressources et l'épuisement écologique hantent la Terre, la colonie martienne a pris son autonomie (sous des formes qui sont à la fois un bel hommage et un rude désaveu à la « Trilogie martienne » de Kim Stanley Robinson, se rapprochant davantage in fine du « 2312 » du même auteur) et les minerais de la Ceinture préservent l'illusion de la poursuite d'un système d'accumulation « à l'infini » (qui jaillira encore renforcé du formidable rebondissement introduit dans le tome 3, « La Porte d'Abaddon », par l'une des actions encore moins prévisibles de la « proto-molécule » – si l'on persiste ici à essayer de ne pas trop dévoiler les éléments à moyen et long terme de l'intrigue). Derrière Fernand Braudel et Karl Polanyi, les auteurs de l'article lisent ici l'influence souterraine de Giovanni Arrighi et de son « Long vingtième siècle » de 1994. On pourrait ajouter que l'imagination déployée dans la série illumine son inconscient politique, au sens de Fredric Jameson, et que le mélange détonant de réchauffement climatique, d'épuisement des ressources et d'astro-capitalisme résonne étrangement tant avec l'Andreas Malm de « L'anthropocène contre l'histoire » qu'avec les Irénée Régnauld et Arnaud Saint-Martin de « Une histoire de la conquête spatiale ». Une fois de plus la terrible première phrase du « En panne sèche » d'Andreas Eschbach s'impose : « Même la dernière goutte d'essence permet encore d'accélérer ».

La série littéraire a donné lieu entre 2015 et 2022 à une série télévisée particulièrement réussie sous l'égide de Mark Fergus et Hawk Ostby. le casting y colle magnifiquement aux personnages imaginés par James S.A. Corey, que ce soit du côté de l'équipage du Rossinante (Steven Strait en James Holden, Dominique Tipper en Naomi Nagata, Cas Anvar en Alex Kamal et Wes Chatham en Amos Burton), de l'enquêteur Josephus Miller (Thomas Jane) et de son fameux chapeau, de la marine martienne Roberta Draper (Frankie Adams), de chefs ceinturiens tels que Fred Johnson (Chad Coleman) ou Anderson Dawes (Jared Harris) – l'une des seules vraies libertés que s'est permise l'écran, en assemblant plusieurs personnages littéraires pour sa version de Camina Drummer, jouée par Cara Gee, est sublime – ou encore de la haute fonctionnaire terrienne Chrisjen Avasarala (Shohreh Aghdashloo). le scénario est particulièrement fidèle aux romans d'origine, et la série a réussi à éviter le « piège de la précipitation » à la Game of Thrones au moment de conclure son aventure télévisuelle, préférant s'arrêter entre deux tomes à un moment où nombre d'arcs narratifs avaient atteint leur terme et où d'autres commençaient tout juste à s'ouvrir, pour, n'est-ce pas, ne pas insulter l'avenir.

J'avais insisté dans l'épisode 9 (à regarder ici) de Planète B, l'émission science-fiction et politique conçue pour Blast par Antoine Daer, notre librairie Charybde et les éditions La Volte, sur l'importance donnée par la série littéraire à une forme actualisée de lutte des classes du 23e siècle, à l'échelle du système solaire : la série télévisée amplifie encore cette thématique, dès sa présentation d'ensemble, en signalant d'emblée le contraste entre les élites terriennes et leurs masses inscrites au revenu minimum d'existence, les Martiens largement militarisés et les salariés de la Ceinture, précaires et fortement exploités par les propriétaires des moyens de production. Par bien des aspects, l'article d'Emma Johanna Puranen, « The Ethics of Extractivism in Science Fiction » (Strange Horizons, 2022), souligne le même point. Il en est de même du « Work, Horror and The Expanse » de Jamie Woodcock et du somptueux (on en reparlera ci-dessous à propos de langage) « We should have brought a poetry grad student: Higher education and organised labour in The Expanse » de Heather Clitheroe et Mark A. McCutcheon, deux articles à lire dans « The Expanse Expanded: A Special Issue of Red Futures », dont l'ensemble des onze contributions (à lire ici) méritent bien davantage qu'un simple détour.

Dans son passionnant article, « The Modality in Which Class is Lived : Literalizing Race and Class in The Expanse » (dans SPELL: Swiss Papers in English Language and Literature, « The Genres of Genre: Form, Formats and Cultural Formations », 2019), Bryan Banker note par ailleurs comment James S.A. Corey, en dépeignant les Ceinturiens dans leur unité et dans leur variété, rend concret ce que les théories contemporaines de l'identité gardent dans le domaine de l'abstrait, et plus particulièrement le lien difficilement déconnectable entre race et classe (ce que la série télévisée souligne aussi de son côté), ce dont on reparlera plus bas à propos de langues et de langage.

Dans les mots de la série littéraire comme, naturellement, dans les images en parfaite continuité de la série télévisée, on sera frappé par la force de l'esthétique spécifique développée dans « The Expanse ». Lorsque les deux membres de James S.A. Corey sont interrogés sur leurs influences, ils citent régulièrement (aux côtés de la série « La Grande porte » de Frederik Pohl, pour des raisons évidentes, mais qui obligeraient à dévoiler ici certaines surprises des tomes 3 et 4) « Alien ». On se doute bien que ce n'est pas à propos de forme de vie extra-terrestre prédatrice que cette influence se manifeste : c'est avant tout à propos de précision technique imaginée et de vie matérielle omniprésente. Ici, le vide c'est le vide, les semelles électromagnétiques ne comptent pas pour du beurre, les hémorragies internes ne peuvent pas coaguler en apesanteur, et le silence est omniprésent (là où justement, on le sait, on ne vous entend pas crier). Même le célèbre duo contestant les conditions de travail formé par Dennis Parker (Yaphet Kotto) et Samuel Brett (Harry Dean Stanton) dans le premier film de Ridley Scott, en 1979, trouve son écho ici (comme le soulignent Heather Clitheroe et Mark A. McCutcheon dans leur article sus-cité), dans l'une des rarissimes représentations d'activité syndicale dans la science-fiction contemporaine (et toute l'ambiguïté subtile du personnage d'Anderson Dawes – et de l'interprétation qu'en donne à l'écran Jared Harris).

Dans le même article, on trouve une analyse portant à un degré encore supérieur cette esthétique de la matière, lorsque Miller explique à Holden, dans les tomes 3, 4 et 5, à diverses reprises, l'importance de l'incarnation de l'humanité vis-à-vis de l'immatérialité qui est désormais l'apanage des Constructeurs (je n'expliquerai pas ce terme ici, sinon ce serait un spoiler significatif), d'une manière que ne renierait pas « un enseignement marxiste de la distinction entre infrastructure et superstructure ». Et que dire dans ce cas du trait encore souligné par un autre article du même numéro spécial de Red Futures, celui de John Roselli, « The Heart of the Expanse: Discovering Humanity in the Void » ?

Comme Daniel Abraham, l'une des composantes du duo James S.A. Corey, a longtemps été un proche collaborateur de George R.R. Martin (impliqué notamment de très près dans les déclinaisons en bandes dessinées et romans graphiques du premier livre du « Trône de Fer », entre 2011 et 2014), il a beaucoup été écrit sur le foisonnement d'intrigues, de personnages, de situations géopolitiques (médiévales ou non), de coups de théâtre, de trahisons et de rebondissements de toute nature qui hantent « The Expanse » comme « Game of Thrones ». Disons-le tout net : en la matière, il me semble que l'élève (si élève il y eut) a su magnifiquement dépasser le maître (même si celui-ci n'est pas directement responsable de l'achèvement télévisé de sa série), et ce pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, l'art (presque) immémorial du feuilleton (celui défendu jusqu'au bout avec acharnement par un Valerio Evangelisti, par exemple) est ici construit de manière ouverte : pas de dénouement inexorable (dont seules, finalement, les modalités et la place des personnages candidats et candidates restent à débattre : comment s'ouvrira le grand Mur ? qui tuera le Roi des Morts ? qui vaincra la détermination de Cersei ? qui règnera sur Westeros ?), mais au contraire une narration ouverte, qui excelle à enchaîner les intrigues dont la résolution même donne naissance à une autre, qui manie avec une réjouissante expertise l'enchevêtrement des niveaux des différents arcs narratifs – et qui n'utilise jamais de deus ex machina, même soigneusement dissimulé comme chez son illustre prédécesseur. Toujours dans le numéro spécial de Red Futures cité plus haut, l'article de Horst Trenkwill-Heiser, « The Expanse or: How Holden Kept Worrying and Learned to Embrace Division », propose un éclairage supplémentaire et passionnant sur ce point.

Ensuite, même des situations hautement interrogatives (Attention spoilers ! Que peut bien f… la protomolécule sur Vénus ? Comment communique-t-on avec les Constructeurs ? Pourquoi Miller est-il toujours là ? Où se situe la démarcation entre guerre de libération légitime et terrorisme aveugle ?) sont résolues avec grâce et logique, en parfaite cohérence (coucou Daenerys !) avec l'évolution intime et politique des personnages (et sans recours à de mystérieuses et rétrogrades « lois de l'hérédité »).

Enfin, « The Expanse » se caractérise par un véritable refus du manichéisme instinctif et instantané. Même les « pires » personnages (scientifiques dévoyés, ultra-milliardaires mégalomanes, politiciens corrompus, officiers rebelles ou indépendantistes jusqu'au-boutistes et terroristes) présentent plus que de simples lueurs d'humanité, offrent des justifications souvent complexes et pour partie « écoutables » et présentent une cohérence interne extrêmement forte qui ne se limite pas à « être psychopathe » ou « être sociopathe » (même si ces éléments sont bien entendu régulièrement disponibles). Et les « meilleurs » personnages ont leur beau contingent de failles, mais cela est relativement plus courant dans les grandes fresques dont nous traitons dans ce paragraphe. L'article « Heroism in the Expanse » de Mary B. Smith (toujours dans Red Futures) est particulièrement précieux pour pleinement apprécier cette dimension-là.

En tant qu'oeuvre de science-fiction, « The Expanse » se livre à un intense travail de démythification de l'anticipation. Comme le soulignent à leur manière Irénée Régnauld et Arnaud Saint-Martin dans leur récent « Une histoire de la conquête spatiale » du côté historique et sociologique ou Gil Bartholeyns dans son également récent « L'occupation du ciel » (dont on vous parlera très prochainement sur ce blog) du côté purement fictionnel, il n'y a pas ici de vertueux changement de paradigme ayant pris place d'ici le 23e siècle. le capitalisme et l'extractivisme triomphent, la foi en la croissance (on ne parle plus guère de ruissellement, toutefois, à part sous sa forme résiduelle et minimale de revenu universel maintenu au plus juste) resplendit de toute part, et la science poursuit imperturbablement sa marche en avant – sans souci réel du bonheur du plus grand nombre. C'est le « Réalisme capitaliste » de Mark Fisher qui est ici, plus que jamais, aux commandes. Il n'y a pourtant là rien de réellement dystopique, à proprement parler : le fait même de distinguer au plus haut degré la puissance des rapports sociaux, comme cela a été développé plus haut et comme cela est devenu au fond si rare dans la science-fiction contemporaine, suffit à obtenir ce précipité chimique aussi inquiétant que passionnant.

On pourra noter que Ian McDonald dans son excellente « Trilogie Luna », en se contentant finalement, au plan socio-politique, d'ironiser sur les nouveaux ultra-riches du système solaire en gestation (en parfaite cohérence, ceci dit, avec sa focalisation sur une nouvelle ère des « barons-voleurs ») ne parvenait pas à obtenir la même puissance de shock & awe systémique que « The Expanse » – et que Kim Stanley Robinson, dans son remarquable « 2312 », ne pouvait, lui, comme souvent, se résigner à un futur dans lequel aucune prise de conscience de masse n'aurait pu changer significativement les fondations de la société et de la polis.

Davide Mana (« The Politics of Anthropocene: Environment and Society in The Expanse »), Grigor Velkovsky (« The Expanse on the Cyclical Nature of History ») et Marcin Stolarz (« The Future Society of
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Grâce à l'ouverture de l'anneau, des milliers, que dis-je, des millions de planètes sont désormais accessibles aux humains.
Une 1ère colonie composée de rescapés de Ganymède s'installe sur Ilus. Ceux-ci sont confrontés aux prétentions de la RCE (Royale Charter Energy) qui, mandatée par les Nations-Unies, veut s'approprier toutes les richesses de cette nouvelle terre.
Le seul à pouvoir désamorcer la crise à venir est évidemment Holden.
Je suis moins séduite par ce tome.
Si j'ai trouvé que les dangers présents sur la planète étaient plutôt bien vus, il m'a pourtant manquée des éléments pour comprendre le système de défense de la planète.
En outre, si Elvi est plutôt sympathique de naïveté, les passages où elle fantasme comme une ado sur Holden m'ont particulièrement gonflée.
Pour finir, j'ai trouvé quand même étrange qu'avec potentiellement des milliers de planètes à leur disposition, la RCE s'acharne à vouloir prendre possession d'une terre déjà occupée par les Ceinturiens. S'estimer propriétaire d'une terre déjà occupée, c'est absurde, non ?
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James Corey The expanse. Tome 4. Les feux de Cibola. LP. 874 pages. 2 étoiles
Voici ma critique, les points positifs et négatifs qui explique l'évaluation.
Les points POSITIFS :
p. 252 : prise de conscience d'une menace alien « passive ».
Jusqu'à la page 350, on ne lâche plus le bouquin… 😊
Les points NEGATIFS et incohérences (càd les décisions « insensées » qui nécessiteraient un éclaircissement, une motivation, ….
A partir de la page 420 le récit s'essouffle. Pourquoi ne pas avoir terminé le récit à cet endroit, pris du repos avant d'écrire la suite au tome suivant ?
Sinon, pourquoi les éditeurs ne font pas leur job d'aider l'écrivain en relevant les incohérences, les essoufflements ?
p.449. C'est la crise. Holden charge Carol d'informer les habitants…Pourquoi ne pas avoir aussi réuni tout le monde à la mairie pour permettre à Holden dont c'est la responsabilité essentielle d'expliquer et de répondre aux questions et de focaliser l'attention de tous sur l'ennemi commun ? C'aurait été « naturel » : contre l'ennemi commun même les bactéries « individuelles » adoptent ce type de comportement...
Autre page. Elvi aurait pu exiger la construction de nouveaux dômes pour remplacer ceux perdus : cela me semble essentiel, vu la situation. Sinon pourquoi ? Qu'est ce qui justifie cette absence de réaction d'Elvi.

De 520 sur 70 pages : le récit est complètement dilué. Lecture en diagonale ! Je déteste avoir à faire ça… 😊
p. 604 à 612 : 8 pages de remplissage entre la fin de l'action précédentes et la reprise du récit.
Jusqu'à la page 679 : l'histoire pèche par excès de redites et d'effets larmoyants.
p. 687, le job de Havelock est de faire parvenir à son employeur son rapport sur la situation. Pourquoi ne profite-t-il pas du départ de Marty pour le lui remettre ?
p. 693, le vaisseau est attaqué par une navette. Pourquoi attendre qu'elle soit tout proche pour les dégommer ? Et les débris de la navette feraient des « trous » dans la coque du Rossi un vaisseau de guerre (le meilleur de l'empire) ?!?. Un vaisseau conçu pour résister à des vitesses extraordinaire (avec probabilité de toucher un « corps flottant ») et aux agressions ennemies de missiles nucléaires (voir tomes précédents). Mort de rire…Cela ne tient pas la route.
A PARTIR DE LA PAGE 700, tout part en couille… 😊
p. 729. Des mécanos en sortie dans l'espace vont essayer de « détruire » le Rossi ?... : expliquer comment (voir ma remarque précédente).
p. 730. On apprend que Holden tient aux amphétamines et ne dort plus depuis…4 jours (de 30 heures) ! Pourquoi fait-il cela (explications, motivation, …) ? Inutile puisque Amos veille sur son sommeil ! Cela n'apporte rien au récit.
Vous savez quoi ? Elvi rejoint Holden… 😊
p. 731. L'auteur parle d'un vaccin anti-viral…Cela n'existe pas. Car les virus mutent très rapidement et l'anti-virus fabriqué à partir des « vieilles souches » devient vite obsolète… : voir la littérature / les cours d'épidémiologie.
p.733. Holden s' »embête » et joue à Tetris sur son smartphone jusqu'à ce que sa batterie soit presque à plat. Il part en expédition de l'autre côté de la planète sans eau ni nourriture… ??? Il a quel âge : 10 ans ?
p. 750. Une brigade d' « assaut» qui a appris à tirer il y a quelques jours (des mécanos) est en sortie scaphandre dans l'espace (1ère fois de leur vie). Elle est équipée de « torpilles fabriquées maison »…
Ils envoient leurs torpilles alors qu'ils sont à 20 minutes du Rossi et le touchent ? Comment réalisent-ils ce miracle ??? Cela n'a aucun sens…Ou alors il manque une explication.
p. 760. Une vague de plusieurs centaines de mètre de haut a dévasté la planète. Pas de description. Mais on peut facilement imaginer l'effet sur le paysage : au minimum tout est laminé…les routes sont détruites, les arbres déracinés, la boue recouvre uniformément tout yc. les trous.
Holden a fait un trajet en train sur une ligne enterrée qui permet d'atteindre le côté opposé de la planète. Et Elvi va essayer de le rejoindre en chariot élévateur. Par la route qui n'existe plus ? Et ils partent sans nourriture ? Combien de km par jour dans un paysage dévasté sans route, tout étant recouvert de boue…Cela n'a aucun sens. Or dans le mot science-fiction il y a le mot science… !
C'est choquant…
Le seul intérêt par rapport à cette succession d'incohérence, c'est la poursuite de l' « association » Holden / Miller. Et le dénouement.
J'explique de manière détaillée pourquoi la cote de cet ouvrage est largement surévaluée. Tant qu'on ne réagira pas ensemble, on aura des récits de SF bâclés. Or j'ai envie de lire de bons récits. C'est un problème facile à résoudre quand même Corey est doué…Il manque un ingénieur logique, expérimenté et adorant la SF dans le groupe de relecture…J'invite l'éditeur à y réfléchir.
Au vu des critiques Babelio…j'ai eu tort de me procurer toute la série jusqu'au tome 6 (que j'ai lue).
Aussi j'annonce que les ouvrages / tomes suivant de Corey vont souffrir de manquements analogues. C'est épuisant de faire une critique aussi « négative » : je déteste ça…😉…
Mais j'ai besoin d'expliquer pourquoi cela ne va pas : on ne peut pas laisser aller ces auteurs ainsi sans qu'ils ne fassent l'effort de se corriger. Et puis diminuer le nombre de page de moitié est un must…Souvent la dernière moitiés devient complètement abherrante, c'est l'impression que cela me donne à la lecture des ouvrages SF des nouveaux auteurs américains (Scalzi, Corey,…).
Beaucoup de marketing et une décevante/irritante à l'arrivée.








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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Des siècles auparavant, les Européens avaient envahi la coquille vidée par les épidémies des Amériques. Ils s’étaient massés à bord de navires en bois équipés de vastes voiles en toile, et avaient fait confiance aux vents et à la compétence des marins pour les emmener des terres qu’ils connaissaient à celles qu’ils appelaient le Nouveau Monde. Pendant parfois six mois, des fanatiques religieux, des aventuriers, et des pauvres désespérés avaient confié leur vie aux vagues peu charitables de l’océan Atlantique.
Dix-huit mois plus tôt, Elvi Okoye avait quitté la station Cérès sous contrat avec la Royal Charter Energy. L’Edward Israel était un vaisseau énorme. Jadis, presque trois générations en arrière, il avait été l’une des unités coloniales qui avaient convoyé l’humanité jusqu’à la Ceinture et le système jovien. Lorsque le flux s’était tari et que la pression de l’expansion avait atteint ses limites, l’Israel avait été transformé en transport d’eau. L’ère de l’expansion était terminée, et le romantisme de la liberté cédait le pas devant les détails pratiques : l’air, l’eau et la nourriture, dans cet ordre. Des dizaines d’années durant, le vaisseau avait été une des bonnes mécaniques du système solaire, et puis l’Anneau s’était ouvert. Tout avait changé une fois encore. Dans les chantiers navals Bush et sur la station Tycho, on avait lancé la construction d’une nouvelle génération de vaisseaux coloniaux, mais la modernisation de l’Israel avait été plus rapide.
La première fois qu’elle était montée à bord, Elvi avait humé un parfum d’émerveillement, d’espoir et d’excitation dans le ronronnement des recycleurs d’air de l’Israel et dans les angles de ses couloirs à l’ancienne. Le temps de l’aventure était revenu, et avec lui le vieux guerrier, son épée aiguisée de frais et son armure à nouveau brillante, après avoir été ternie pendant des années. Elvi avait compris que c’était là une projection psychologique qui en disait plus sur son propre état d’esprit que sur quoi que ce soit de physique concernant le vaisseau, mais cela n’avait pas amoindri l’impression. L’Edward Israel était un vaisseau colonial à nouveau, avec des soutes bourrées de bâtiments préfabriqués et de sondes de haute altitude, de labos industriels et même d’un Femtoscope à dispersion séquencée. Ils avaient une équipe d’exploration et de cartographie, une équipe d’étude géologique, une équipe d’hydrologie, le propre groupe de travail exobiologique d’Elvi, et bien d’autres encore. L’équivalent en docteurs d’une université et d’un labo gouvernemental de post-doctorants. Entre l’équipage et les colons, un millier de personnes.
Ils constituaient tout à la fois une cité dans le ciel, un bateau de pèlerins en route pour Plymouth Rock et le voyage de Darwin à bord du Beagle. C’était la plus grande et la plus belle aventure pour laquelle l’humanité se soit jamais embarquée, et Elvi avait gagné sa place dans l’équipe d’exobiologie. Dans ce contexte, imaginer que l’acier et la céramique de l’appareil étaient imprégnés d’un sentiment de joie était une illusion admissible.
Et tout cela était sous la direction du gouverneur Trying.
Elle l’avait vu à de nombreuses reprises pendant les mois passés à accélérer et décélérer, puis à négocier le lent et singulier passage entre les anneaux, avant d’accélérer et de décélérer de nouveau. Ce n’est que juste avant leur largage qu’elle lui avait parlé face à face.
Trying était un homme fluet. Sa peau acajou et le poudré neigeux de sa chevelure lui rappelaient ses oncles, et son sourire facile rassurait et apaisait. Elle s’était trouvée sur le pont panoramique, à feindre de croire que les écrans à haute résolution permettant d’observer la planète étaient de vraies baies vitrées, que la lumière de ce soleil inconnu se reflétait réellement sur les vastes mers troubles et les hauts sommets glacés pour venir frapper ses yeux, même si la gravité de la décélération signifiait qu’ils n’étaient pas encore en orbite libre. C’était un spectacle étrange et magnifique. Un unique océan parsemé d’îles. Un continent immense qui s’étalait confortablement à travers la moitié d’un hémisphère, plus large à l’équateur puis s’effilant progressivement vers le nord et le sud. Le nom officiel de ce monde était Béring Survey 4, d’après la sonde qui la première avait établi son existence. Dans les couloirs, à la cafétéria et dans la salle de gym, ils avaient fini par tous l’appeler New Terra. Sur ce point au moins, elle n’était pas la seule à s’être laissé emporter par un certain romantisme.
– À quoi pensez-vous, docteur Okoye ? demanda Trying de sa voix douce, et Elvi sursauta.
Elle ne l’avait pas entendu arriver, ne l’avait pas vu à côté d’elle. Il lui sembla qu’elle devait peut-être s’incliner, ou débiter une sorte de rapport formel. Mais il affichait une expression tellement aimable et amusée qu’elle renonça.
– Je me demande ce que j’ai fait pour mériter tout ça, répondit-elle. Je suis sur le point de découvrir la première biosphère authentiquement extraterrestre. Sur le point d’apprendre des choses sur l’évolution qu’il était littéralement impossible de connaître avant ce jour. J’ai dû être une personne très, très bonne dans une vie passée.
Sur les écrans, New Terra luisait dans les tons brun, or et bleu. Les vents atmosphériques d’altitude étalaient des nuages verdâtres sur la moitié du pourtour de la planète. Elvi se pencha vers ce spectacle. Le gouverneur émit un petit rire.
– Vous serez célèbre, dit-il.
Elvi le regarda avec étonnement et toussota un rire gêné.
– J’imagine que je le serai, n’est-ce pas ? dit-elle ? Nous faisons des choses que l’humanité n’a encore jamais faites.
– Certaines choses, dit Trying. Et d’autres que nous avons toujours faites. J’espère que l’histoire se montrera tolérante avec nous.
Elle ne savait pas trop ce qu’il voulait signifier par cette formule, mais avant qu’elle puisse le lui demander, Adolphus Murtry arriva. Individu mince aux yeux d’un bleu froid, Murtry était le chef de la sécurité, et il se montrait aussi dur et efficace que Trying était paternel. Les deux hommes s’éloignèrent de concert, laissant Elvi seule avec le monde qui allait être sien à explorer.
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La navette lourde était aussi imposante que certains vaisseaux qu’Elvi avait déjà empruntés. Ils devraient bâtir une aire d’atterrissage à la surface juste pour supporter sa masse. Elle transportait les cinquante premières structures, les divers laboratoires de base et – ce qui était plus important – un dôme à périmètre rigide.
Elle traversa le couloir bondé de l’appareil, se laissant guider par son terminal personnel pour rejoindre le siège anti-crash qui lui avait été assigné. Au début des premières colonies sur Mars, les dômes à périmètre rigide avaient été une question de survie. Un système pour retenir l’air et bloquer les radiations. Sur New Terra, c’était pour limiter la contamination. La charte signée par RCE stipulait que leur présence laisse le moins de traces de pas possible. Elle avait entendu dire qu’il y avait déjà d’autres gens à la surface de la planète, et elle espérait qu’eux aussi prenaient soin de déranger au minimum les sites qu’ils occupaient. S’ils ne prenaient pas ces précautions, les interactions entre les organismes locaux et ceux qu’ils apportaient seraient complexes. Peut-être impossibles à démêler.
– Vous semblez troublée.
Fayez Sarkis était installé dans un siège anti-crash dont il bouclait les larges sangles du harnais en travers de sa poitrine. Il avait grandi sur Mars, et avait le corps longiligne et la tête lourde hérités d’une croissance en gravité réduite. Il paraissait très à son aise dans son siège anti-crash. Elvi se rendit compte que son terminal lui confirmait son arrivée à destination. Elle s’assit, et le gel se modela autour de ses cuisses et de ses reins. Elle avait toujours le réflexe de vouloir se redresser, dans ces circonstances, comme un enfant dans le petit bassin. Si elle se laissait glisser dans cette matière, elle avait trop l’impression d’être dévorée.
– Je pensais à la suite, répondit-elle en s’obligeant à basculer en arrière, contre le dossier. Beaucoup de travail en perspective.
– Je sais, dit Fayez avec un soupir. Le temps de repos est terminé. Et maintenant nous allons devoir gagner notre salaire. Il n’empêche, ça a été amusant le temps que ça a duré. Je veux dire, sauf quand nous allions à 1 g plein.
– New Terra est un peu au-dessus, vous savez.
– Ne me le rappelez pas, fit-il. Je ne sais pas pourquoi nous n’avons pas pu commencer par une jolie planète en balsa avec un puits de gravité civilisé.
– Question de chance.
– Oui, eh bien dès que nous aurons signé pour une planète décente, de type Mars, je demande mon transfert.
– Vous et la moitié de Mars.
– Exactement ! Un endroit avec peut-être une atmosphère respirable. Un champ magnétique pour que nous ne devions pas tous vivre comme des taupes. C’est comme si le projet de terraformation était déjà achevé, sauf que je serais encore vivant pour le voir.
La réflexion fit rire Elvi. Fayez participait à l’équipe de géologie et au groupe de travail sur l’hydrologie. Il avait étudié dans les meilleures universités en dehors de la Terre, et pour le connaître depuis longtemps elle savait qu’il était au moins aussi effrayé et ravi qu’elle. Eric Vanderwert arriva et prit le siège voisin de celui d’Elvi. Elle le salua d’un sourire poli. Dans l’année et demie depuis Cérès, nombre de relations romantiques ou, quand elles ne l’étaient pas, au moins sexuelles s’étaient nouées entre les membres des diverses équipes scientifiques. Elvi s’était tenue à l’écart de ces embrouillaminis. Elle avait appris très tôt que les complications sexuelles et le travail formaient un mélange toxique.
Eric adressa un petit signe de tête à Fayez, puis tourna son attention vers elle.
– Excitant, dit-il.
– En effet, répondit Elvi, et en face d’elle Fayez roula les yeux.
Murtry apparut et passa entre les sièges anti-crash. Son regard ne ratait rien – les sièges, les harnais, le visage des gens se préparant au largage. Elvi lui sourit, et il réagit d’un hochement de tête sec. Rien d’hostile, juste professionnel. Elle vit qu’il la jaugeait, non pas de la façon sexuelle dont un homme peut considérer une femme, plutôt comme un chargeur s’assurant que les crampons magnétiques d’une caisse sont bien enclenchés. Il hocha la tête une nouvelle fois, apparemment satisfait qu’elle ait bouclé correctement son harnais, et poursuivit son inspection plus loin. Quand il fut hors de vue, Fayez partit d’un petit rire bas.
– Le pauvre ronge les murs.
– Ah oui ? dit Eric.
– Il nous a tenus au garde-à-vous pendant un an et demi, non ? Et maintenant nous descendons, et lui reste en orbite. Il est pétrifié à l’idée que nous nous fassions tous tuer pendant son quart.
– Au moins il se soucie de nous, remarqua Elvi. Rien que pour ça, je l’aime bien.
– Vous aimez tout le monde, la taquina Fayez. C’est pathologique, chez vous.
– Et vous, vous n’aimez personne.
– Et c’est ma pathologie, conclut-il en souriant.
L’alarme trois-tons se fit entendre et le système de messages publics s’alluma.
– Mesdames et messieurs, je m’appelle Patricia Silva et je suis votre pilote sur ce petit vol sans histoires.
Un chœur de rires s’éleva des sièges anti-crash.
– Nous allons nous désarrimer de l’Israel dans environ dix minutes, et la durée de la descente est estimée à une cinquantaine de minutes. Donc, d’ici une heure vous respirerez un air totalement nouveau. Le gouverneur est à notre bord, donc nous allons faire en sorte que tout se passe au mieux afin de pouvoir vous offrir une prestation de qualité en bonus.
Tout le monde était porté à la frivolité, donc, même la pilote. Elvi sourit et Fayez lui répondit de même. Eric se racla la gorge.
– Eh bien, dit l’hydrologue sur le ton feint de la résignation, nous sommes tous arrivés jusque là. Je suppose qu’il nous faut finir.
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Les gens pouvaient prétendre autant qu’ils le voulaient qu’il n’y avait pas de drogués, de prostituées et d’enfants non vaccinés, quand l’épidémie se répandait tout ce qui importait était qui respirait le même air que vous.
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Des explosions apocalyptiques, des réacteurs hors service, des terroristes, du meurtre de masse, les limaces de la mort, et maintenant une épidémie de cécité. Cette planète est terrifiante. Nous n’aurions pas dû venir ici.
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- En combien de temps pouvez-vous nous amener à destination?
- Assez vite, si le confort n'est pas votre priorité.
- Concoctez-nous un trajet rapide et soulevez-la poussière, dit Holden avec un petit sourire.
- En poussant la machine, on peut arriver là-bas dans environ soixante-treize jours.
- Soixante-treize jours... répéta Holden.
- Enfin, soixante-douze virgule huit.
- Ah, l'espace... marmonna Holden en échangeant son sourire contre un soupir. C'est vraiment trop grand.
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"The Expanse, tome 7" de James S.A. Corey lu par Thierry Blanc l Livre audio
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