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EAN : 9782290021064
253 pages
J'ai Lu (30/11/-1)
3.96/5   73 notes
Résumé :


Cet ouvrage ne traite pas seulement de l'absence physique du père; il s'interroge sur le silence qui isole aujourd'hui le père de son fils et qui donne au fils l'impression d'avoir été mal paterné. Et si ce père manquant avait engendré un fils manqué ?

Cette question cruciale a amené Guy Corneau à se demander :

- pourquoi l'homme d'aujourd'hui est si mal dans sa peau?
- pourquoi il a peur de l'intimité ?
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  04 septembre 2019
Décédé en 2017 Guy Corneau est un analyste jungien canadien et promoteur de l'expression théâtrale thérapeutique.
J'avais été interpellé par le titre de ce livre en miroirs : étais je un père manquant au fils manqué, un fils manqué au père manquant, ou peut-être les deux ?
La lecture des premiers chapitres devait rapidement ramener les choses à leur juste niveau, aussi rassurante à titre personnelle, que décevante quant au contenu du livre.
En effet, même s'il n'y est pas seulement question de l'absence physique des pères et de l'impact sur leurs fils, les exemples cités illustrent surtout des circonstances extrêmes, génératrices de véritables traumas, ce qui ne fut, dieu merci, mon cas ni comme fils, ni comme père... nul n'est jamais à l'abri d'une brusque rupture psychologique révélatrice de tendances masquées, mais si cela devait survenir il ne me semble pas que cet ouvrage me serait d'une quelconque utilité, trop réducteur dans ses illustrations.
En outre, l'ouvrage s'éloigne ensuite de la réflexion sur le rapport père-fils proprement dit pour explorer la condition de l'homme dans la société contemporaine, ouvrant par exemple d'intéressants questionnements sur la façon dont le genre masculin assume ou non ses parts fondamentales d'agressivité dans ses rapports aux autres et notamment dans ses pulsions sexuelles, sur sa difficulté à communiquer, à confier à autrui son intimité, et par suite la façon dont il "joue des rôles" lui permettant de détourner ses névroses : bon garçon, éternel adolescent, séducteur invétéré...
Le livre s'appuie sur des cas d'école et l'illustration par des mythes fondateurs.
Pour moi ce livre, qui eut en 1989 le mérite d'explorer toutes ces questions, est aujourd'hui clairement daté. L'invitation aux pères à "décadenasser" leurs sentiments a été très largement suivie par les pères des nouvelles générations. Cela s'est fait assez vite et assez bien. malgré les archétypes sociaux portés par leurs parents, l'entourage, et même parfois leurs femmes. Certes il reste du chemin, notamment par une action judiciaire plus efficace à l'encontre des pères abandonnant du jour au lendemain toute responsabilité ou levant la main sur leurs enfants , conjointe ou ex conjointe -doublée d'une prise en charge thérapeutique bien sûr- ; mais la grande majorité des fils devenus pères ont évolué, rejoignent les thérapies ou les cours de yoga quand nécessaire, et les cas cliniques cités par Guy Corneau ne sont plus représentatifs. A l'heure des mariages homosexuels et des débats sur la pma, une étude des fils -pères issus de couples monogenre eût été intéressante...
Bref, peut-être suis-je passé à côté de ce livre... lu peut-être trop tard ? Malgré une plume de bonne facture, des ouvertures intéressantes sur l'homme et l'évolution de ses rôles sociaux, le titre était peut-être trop accrocheur, dans une mise en garde collective aujourd'hui décalée.
Même si ces fondamentaux sont utiles à rappeler au vu des drames qui vivent encore certaines familles, je serais sans doute plus intéressé par des ouvrages plus récents approfondissant justement ce savant dosage de ying et de yang que les nouveaux fils et pères tentent d'établir au quotidien.
Enfin, peut-être me faut-il aussi admettre que je ne suis pas très fan de ces ouvrages de "développement personnel" s'appuyant sur des cas thérapeutiques décortiqués via des grilles d'experts, préférant enrichir l'analyse personnelle et le partage d'expériences par des lectures de romans ou d'ouvrages de réflexion générale tout aussi pertinents.
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araucaria
  24 août 2022
Même si ce livre analyse principalement les rapports entre les pères et leurs fils ou les fils et leurs pères, il pourrait facilement impliquer toute la famille en invitant les femmes. Celles-ci n'ont elles pas à souffrir également d'un père manquant, ou absent et d'une mère manipulatrice, égocentrique, jalouse...? C'est la sphère familiale dans son ensemble qui doit être analysée, décortiquée.
Ici, en l'espace de sept chapitres, l'auteur nous explique :
- le père manquant
- Les fils manqués
- La peur de l'intimité
- L'agressivité réprimée
- le sang du père
- (La) Bienfaisante dépression
- le silence brisé
Très intéressée par les quatre premiers chapitres, je le suis moins par les suivants car moins convaincue par les explications de Guy Corneau.
Le sang du père, expliqué d'après l'histoire de Perceval (Chrétien de Troyes) me semble être un chapitre assez confus, et l'auteur suis des chemins tortueux.
La bienfaisante dépression ne me satisfait pas davantage. Quelle touche un homme ou une femme cette maladie laisse des séquelles qui sont rarement bénéfiques.
Le silence brisé... espoir qui est parfois vain. La parole étant souvent cadenassée, laissant les protagonistes face à leurs souffrances et leurs interrogations.
De ce livre, qui confronte père et fils, je retiens surtout que le rôle de la mère est primordial et que certains comportements sont insidieux, car si le père peut être absent, violent, blessant, les mères peuvent l'être également, de plus elles sont souvent castratrices et ceci n'est pas sans dommage sur l'avenir des fils. Combien d'hommes rencontrons-nous, parfois d'un âge avancé d'ailleurs, qui ont toujours le petit doigt sur la couture du pantalon, prêts à obéir à "maman", à la mettre sur un piédestal où jamais personne ne pourra la détrôner, passant ainsi à côté de leur propre vie de famille (lorsqu'ils en ont une) pour ne jamais contrarier la "déesse mère"!
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simoncailloux
  09 mai 2020
Ce livre explique l'importance de la présence du père à son fils pour mener à bien la construction de l'individu en devenir, en effet, le fils se dissocie psychologiquement d'abord de la mère et puis du père pour au fil de son expérience de vie devenir comme il se doit un être unique que nous avons tous été appelé à devenir.
Avec un père manquant, l'identité en devenir foire. Bien entendu, il n'y a pas de modèle d'homme idéal. Nous sommes tous issus d'un passé plus ou moins déficitaire, qui nous projette en avant, nous forçant à des adaptations créatrices.
Tout être humain a besoin d'attention pour éviter le sentiment d'abandon qui paralyse l'être dans le « faire face aux difficultés. »
Une fois le rôle du père défini, l'auteur nous explique des cas de déviances possibles engendrées par un père manquant.
Je cite celui de Vincent le bon garçon qui se doit d'être toujours bon et compréhensif, même lorsqu'on abuse de lui. Sa bonne réputation et l'image que les autres se font de lui revêtent une importance capitale.
Il y a le ca d'Éric, éternel adolescent. Il demeure secrètement convaincu de son génie et de sa supériorité. Il s'enferme dans rêves et fantasmes. C'est un adolescent éternel qui vit dans le mythe de ce qui est cool. Il prend sa vie en rêves démesurés et toutes actions pratiques, utiles demeurent lettre morte chez lui. Il a un mal fou à se discipliner. Éric n'appartiendra jamais à une femme autre que sa mère et ne sera jamais réellement enraciné dans l'existence.
Il y a le cas de Gaëtan, l'homosexuel. Les homosexuels qui ont connu un père acceptable sont rares. Pour Gaëtan, la peur de l'autre se concrétise dans la peur du sexe de la femme. Ce n'est pas la femme-compagne, la femme-amie qu'il craint, c'est celle qui a un corps, un sexe. Il trahit peut-être ainsi son attachement à la mère dont le sexe lui demeure inconnu. Gaëtan obéit, sans le savoir, à l'injonction de ne pas appartenir à une autre femme. Par compensation, il voue un culte quasi religieux aux grandes stars, telles Marylin Monroe, Greta Garbo. Cette vénération de la femme déesse reflète une fascination pour l'image de la mère qu'il aurait voulu garder intacte, parée à jamais de ses attributs divins. Comme c'est le cas pour sa propre mère, ces stars demeurent des femmes intouchables et, justement, Gaëtan ne veut pas toucher à la femme ;
Il y a le cas de Narcisse, le mal aimé qui souhaite « être désiré » à tout prix. Contrairement à ce que l'on croit, Narcisse n'est pas un homme qui s'aime trop ou qui n'aime que lui-même. C'est quelqu'un qui manque terriblement d'amour parce qu'il n'en a pas eu suffisamment étant jeune. Sa quête d'amour est féroce, d'autant plus qu'elle demeure inconsciente ; il adoptera le mode de « plaire à tout prix » pour tenter de remplir le trou qui l'habite.
C'est un livre au contenu complexe, qui mérite d'être lu et relu.
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vallalectrice
  28 juin 2017
Un livre, que tous les pères et tous les fils devraient lire. Malgré le titre un peu étrange et peut être "repoussant" car on peut avoir peur de tomber dans tout ce que l'on a manqué dans son éducation et sa relation père/fils, ce livre est remplis d'espoir, de bonnes nouvelles.
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ladymoonlight
  13 août 2019
Des vignettes cliniques avec des patients illustrant les troubles du comportement engendrés par l'absence de figure paternelle. Une belle galerie de portraits avec une explication juste du mauvais "paternage" en introduction. Beaucoup de références symboliques et de mythes fondateurs de la psyché, puisque l'auteur est d'orientation psychanalytique Jungienne.
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Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   17 août 2022
Nous sommes tous prisonniers du mythe de la poupée gonflable. La poupée sexuelle que l'on peut gonfler, utiliser, crever, réparer, ranger ou remplacer à volonté est l'apothéose d'une civilisation du "tout-à-jeter". Nous n'acceptons pas que nos amantes portent les marques de leur vie ou de leurs enfantements. Nous voulons que le miroir soit toujours vierge, idéal ; sans doute pour arriver à nous cacher les marques que nous affichons nous-mêmes. Nous les voulons parfaites et réparables mais il nous semble tout naturel qu'elles acceptent notre embonpoint, nos traces d'acné, nos tenues négligées, nos barbes hirsutes, nos odeurs, nos crânes chauves, etc.
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araucariaaraucaria   11 août 2022
Pour autant que les mythes nous révèlent les structures de base de l'histoire, nous pourrions dire que le silence du père et la plainte du fils se trouvaient déjà annoncés par le mythe chrétien. Le mythe central qui a guidé les premiers millénaires de notre évolution est étonnamment marqué par l'absence du père. Tout au début, Saint Joseph verra sa paternité niée et il participera très peu à la vie active de son fils Jésus. On ne le retrouvera pas au bas de la Croix avec Marie et les autres apôtres. Et c'est bien Marie, tenant son fils mort dans ses bras, que Michel-Ange immortalisera dans sa Pietà. Les dernières paroles du Christ sur la Croix, quant à elles, ne peuvent être plus explicites : "Père, pourquoi m'as-tu abandonné?"
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araucariaaraucaria   16 août 2022
(Or), tant qu'un homme n'est pas affranchi de sa mère, il ne peut aimer une autre femme : sa libido, sa force de vie, demeure enchaînée au complexe maternel. Cela signifie qu'il ne peut pas faire le sacrifice de ses propres besoins pour répondre à ceux de l'autre.
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Bruno_CmBruno_Cm   25 décembre 2016
... il apparaît essentiel de comprendre qu'une famille monoparentale sans père peut prédisposer les enfants à l'accoutumance aux substances toxiques ; le père n'est pas là pour barrer la route aux besoins symbiotiques du fils. En conséquence, celui-ci n'apprend pas à résister à ses besoins oraux ou à ses pulsions agressives. Il apparaît donc fondamental que les pères prennent conscience de ces réalités et apprennent à mieux assumer leurs responsabilités auprès des enfants, surtout après une séparation.
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araucariaaraucaria   12 août 2022
Avoir été aimé de façon non ambivalente par le père signifie qu'il s'est montré attentionné, qu'il s'est réellement intéressé à nos projets, tout en prenant la peine de poser lui-même certaines limites, créant ainsi le cadre sécurisant indispensable à notre développement harmonieux. Il ne s'est pas lâchement caché derrière sa femme pour imposer ses opinions et ses décisions; il a su révéler ses forces et ses faiblesses plutôt que d'être simplement évasif, ou pire, bêtement autoritaire.
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